00:00Je m'appelle Franca, nom d'artiste, je vis à Gans, dans le sud-ouest.
00:09La sculpture c'est une passion que j'ai commencé entre 8 et 10 ans.
00:14J'ai appris un métier, un métier de chaudronnier, qui m'a ouvert les portes de la 3D,
00:21c'est-à-dire 3 dimensions, traçage, dessin industriel, dessin aéronautique,
00:25et transformation des métaux en feuilles.
00:27Toutes ces techniques ont servi pour réaliser les œuvres que je crée aujourd'hui.
00:32A chaque sculpteur, je pense à chaque artiste, en tout cas qui travaille à la matière,
00:37correspond une matière.
00:39C'est l'énergie qu'on va y mettre et la réponse qu'on va recevoir de cette matière
00:45qui correspond au tempérament.
00:49Et l'inox, c'est une matière qui est très complexe à transformer,
00:54et ce qui m'intéresse aussi, c'est avoir de la résistance.
00:58Les hommes que je crée correspondent aussi au fait que j'aime me confronter à l'exercice
01:04et puis à la performance.
01:08Mon atelier, je mets la musique, c'est très important pour moi la musique.
01:13C'est la matière qui m'inspire, mais surtout c'est la manière de la transformer aujourd'hui,
01:18c'est-à-dire d'être plutôt, on va dire, brutal.
01:22Mais dans l'œuvre, il n'y a pas de brutalité.
01:26Et c'est justement ce contraste-là qui m'intéresse.
01:32Le processus de fabrication, c'est technique.
01:35On soude, on découpe, on soude, on meule, et après on nettoie.
01:42Pour obtenir une surface pôle miroir, c'est un protocole industriel qui est appliqué manuellement.
01:49Vous partez d'un grain à poncer 80 jusqu'au 3000 en passant par des grains à poncer différents.
01:56Une fois que vous avez réalisé tout le protocole en papier,
02:00vous passez avec des tampons en tissu et de la pâte à polir, il y en a trois.
02:05C'est un travail de patience laborieux.
02:09Il faut avoir énormément de volonté pour réaliser les finitions.
02:14Tous les outils que j'ai pour transformer la matière, c'est des outils que j'ai créés.
02:20Ils n'existent pas dans le commerce.
02:24Le processus de création des effets de miroir, des effets d'image,
02:29ça a été une recherche d'abord de l'observation.
02:32Quand j'étais jeune, par exemple, j'étais assis sur un quai de port
02:35et je regardais les reflets de l'eau sur les coques de bateaux.
02:39Et je me suis aperçu que l'acier inoxydable avec le soleil reflétait ce genre de dessin.
02:45Je me suis dit comment je pourrais faire pour avoir des images dans la matière.
02:48Pour créer ces images déformées, ces images irréelles, je déforme l'inox.
02:54L'idée, c'est qu'il faut que ce soit une œuvre abstraite et éventuellement spectaculaire.
03:00Donc je transforme la matière de cette manière-là, c'est-à-dire que j'observe,
03:05je déforme, je remets en place, j'impacte d'un côté, j'impacte de l'autre,
03:10je mets en place, j'observe, je recommence.
03:14Parce que ce n'est pas évident de gérer ce que me donne la matière aussi et la transformation.
03:19C'est de l'abstrait, c'est de l'aléatoire, c'est de la surprise, c'est la découverte.
03:25Quand vous marchez et que vous vous déplacez devant mes œuvres,
03:28dans l'œuvre, il y a ce que j'appelle la fluidité.
03:32C'est ce qui se passe dans l'image.
03:34Et cette image, elle se déplace, elle passe d'un côté à l'autre,
03:38elle revient, elle retourne, donc vous vous déplacez.
03:42Et vous avez toute cette histoire de transformation de la matière.
03:45Et ça, c'est la matière.
03:48C'est le spectateur, la perception de l'individu
03:51qui fait qu'elle prend un sens.
03:54Ce n'est pas simplement un rond, c'est plutôt ce qu'elle dégage,
03:59ce qu'elle écrit et ce qu'elle contient à l'intérieur.
04:04C'est le spectateur, c'est la perception de l'individu,
04:08c'est le spectateur, c'est la perception de l'individu.
04:13J'utilise des œuvres en opposition, des œuvres colorées,
04:17ce que j'appelle des stabiles.
04:19Et je m'en sers pour voir exactement que donne le reflet dedans.
04:25Et donc là, on a un personnage, une fleur, un cœur,
04:30quelque chose qui apparaît à un certain endroit.
04:33Les psychés, installation de sculptures,
04:36c'est ce que j'utilise.
04:38Quelque chose qui apparaît à un certain endroit.
04:41Les psychés, installation de sculptures monumentales à l'extérieur,
04:45en général, sont constituées de trois panneaux identiques,
04:50plus un certain nombre de stabiles
04:54qui apportent de la couleur à l'extérieur, etc.
04:57Les psychés, c'est un début, pour moi,
05:01d'installation d'œuvres à l'extérieur
05:03et une œuvre monumentale dans laquelle le spectateur
05:06ne se retrouverait jamais en passant devant.
05:09Le spectateur dans l'œuvre pourra se déplacer,
05:13mais entièrement dans un monde imaginaire sans s'apercevoir.
05:16Ça serait comme un rêve, se promener dans un rêve.
05:20Ce qui est important pour moi, c'est aussi que le public joue
05:24et s'amuse avec les œuvres.
05:26La plupart des gens, quand ils se mettent devant
05:29et qu'ils commencent à jouer avec, ils sourient, ça leur plaît,
05:32ils rigolent et puis ils s'amusent.
05:34Ils commencent à prendre des photos, à faire des films,
05:36et je n'ai jamais vu ce qu'ils ont vu,
05:38puisqu'on n'est pas tous la même hauteur,
05:41la même perception, le même œil,
05:44donc je découvre encore des choses.
05:46C'est génial, ça ne s'arrête jamais.
05:48Un individu, une œuvre,
05:51alors que c'est la même pour tout le monde.
05:54Ça, c'est bien.
06:04Sous-titrage Société Radio-Canada
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