- il y a 2 ans
Apolline de Malherbe reçoit Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur et candidat dans la 10e circonscription du Nord, dans "Face-à-Face" sur BFMTV et RMC, ce vendredi 5 juillet 2024.
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00:00Il est 8h30 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV, bonjour Gérald Darmanin, merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions.
00:07Vous êtes ministre de l'Intérieur et puis vous êtes vous-même candidat dans le Nord.
00:11Avant de commencer cette interview, je voudrais rappeler les règles du jeu, parce que vous êtes ce matin Gérald Darmanin ici pour parler à la fois en tant que candidat et en tant que ministre de l'Intérieur.
00:21Et on va parler du national, mais pas spécifiquement de ce qui se passe dans votre circonscription.
00:26Et je le dis parce que nous devons une égalité stricte de temps de parole et donc on ne peut pas parler de ce qui se passe à l'intérieur même des circonscriptions.
00:33C'est important juste de rappeler les règles du jeu.
00:36Je voudrais qu'on commence par la violence de cette fin de campagne, cette violence qui est débridée dans le pays, on le sent, une tension.
00:44Jérôme Forquet qui était mon invité sur RMC ce matin parlait d'une France à vif, mais ça s'est manifesté jusqu'à une violence physique vis-à-vis des candidats.
00:52J'ai essayé de faire la liste, Prisca Thévenot et son équipe à Meudon, Marie Dauchy, candidate ARN, agressée en Savoie, Bernard Dupré, militant dans le camp d'Olivier Véran, agressé jeudi matin alors qu'il collait des affiches.
01:04Une militante violemment agressée, menacée de mort à Neuilly-sur-Seine alors qu'elle collait des tracts pour le candidat LR.
01:10Un membre de l'équipe de Thomas Messier, porte-parole du Parti Horizon qui a été agressé à Angoulême.
01:14Nicolas Conquer, candidat LR agressé à Cherbourg.
01:17Hervé Breuil, candidat ARN qui a été hospitalisé après une agression à Saint-Étienne.
01:22Un militant ARN agressé sur le marché de Talence.
01:25Il y a aussi un militant écologiste qui a été agressé à Bordeaux.
01:28La liste, je pense, n'est non exhaustive.
01:31D'abord, est-ce que vous avez une vision précise de cette réalité de la violence ?
01:35Alors, c'est une campagne courte, moins de trois semaines.
01:37Et pourtant, nous comptons déjà 51 candidats suppléants ou militants qui ont été agressés physiquement.
01:43Je ne compte même pas les agressions verbales.
01:46Chez moi, il y en a encore une, il y a deux jours, soit des militants.
01:48Mais c'est une agression physique, 51 personnes et parfois une agression extrêmement grave
01:53qui amène les gens effectivement à l'hôpital.
01:55Et donc, les services de police et de gendarmerie prennent immédiatement les plaintes.
01:58En démocratie, c'est très important que les candidats, que leurs militants, que la démocratie soient sauvegardés.
02:03Il y a eu très nombreuses interpellations, plus d'une trentaine déjà d'interpellations.
02:06J'espère qu'il y aura les condamnations les plus fermes.
02:08Qui sont les agresseurs ?
02:09Ils sont de profils extrêmement variés.
02:12Je pense que c'est assez tôt pour faire un profil type.
02:15Mais c'est souvent soit des gens spontanément énervés,
02:18ce qui montre effectivement cette France à vif qu'évoquait M. Fourquet,
02:21soit des militants politiques ou d'ultra-gauche ou d'ultra-droite,
02:24d'autres formations politiques, si j'ose dire.
02:27Et donc, je pense que là viendra le temps où la justice aura l'occasion sans doute de communiquer.
02:30– D'ultra-droite, d'ultra-gauche, vraiment, d'une manière,
02:34les tout derniers agressés étaient plutôt dans le camp soit du centre, soit RN.
02:39Est-ce que ça veut dire que ce sont plutôt des ultra-gauches qui agressent les ultra-droites
02:44ou est-ce que, quand vous regardez la photographie de la France, on ne peut pas dire ça ?
02:48– C'est un peu trop pour le dire, il y a eu des agressions de tous les côtés,
02:50des candidats RN qui ont été violemment agressés,
02:53des candidats de gauche qui ont été violemment agressés,
02:55une ministre comme Prisca Thévenot, violemment agressée.
02:58Donc je pense malheureusement que c'est très partagé.
03:00– Ça veut dire que la politique aujourd'hui, c'est même dangereux physiquement ?
03:04– Je pense qu'il y a un climat de grande violence vis-à-vis de la politique,
03:10en effet, et vis-à-vis de ce qu'elle représente.
03:11– Il y a la question aussi des services de renseignement qui ont relevé un mot d'ordre,
03:17c'est ce que l'AFP nous révèle ce matin.
03:19Un mot d'ordre, disent-ils, de l'ultra-gauche qui définit ainsi dans la note,
03:24garder les urnes, on prend la rue.
03:26Est-ce qu'il faut redouter des débordements dimanche soir, d'un camp ou de l'autre ?
03:30– Oui, il faut redouter des débordements dimanche.
03:31D'abord, il y a des rendez-vous devant l'Assemblée nationale,
03:33j'ai demandé au préfet de police de les interdire,
03:36des débordements qui sans doute viennent plutôt de l'ultra-gauche,
03:39quand on voit ce qui annonce cette manifestation à 20h à l'Assemblée nationale.
03:43– Cette manifestation est interdite ?
03:45– Exactement, j'ai demandé au préfet de police à Paris de l'interdire.
03:47Et puis il y a d'autres débordements possibles dans certaines villes qu'on connaît bien,
03:51évidemment Paris, mais ça peut être le cas à Lyon, à Rennes, à Nantes,
03:54là où il y a des foyers d'ultra-droite ou d'ultra-gauche.
03:57Et là, j'ai prédisposé avec l'ensemble des préfets,
03:59puisque j'ai tenu une réunion cette semaine,
04:0130 000 policiers et gendarmes, dont 5 000 pour Paris et sa banlieue,
04:04pour évidemment que ces résultats, quels qu'ils soient,
04:06soient respectés par l'ensemble du peuple français.
04:08– Vous avez prévu de les mobiliser jusqu'à quand ?
04:11– Le temps qu'il faudra.
04:12Je pense que l'expérience nous montre que la nuit qui suit un moment,
04:16une sorte de moment important pour la démocratie,
04:20c'est sa nuit dimanche à lundi, puis que les choses redeviennent calmes le lendemain.
04:22Mais s'il faut tenir 2-3 jours de plus, nous tiendrons 2-3 jours.
04:25– Et vous, Gérald Darmanin, vous serez ministre jusqu'à quand ?
04:27– Jusqu'à ce que le président de la République décide
04:29ou à ce que le Premier ministre rende sa démission.
04:31Ma volonté, je l'ai déjà dit, c'est que si je suis élu dimanche,
04:35ce serait de pouvoir très vite représenter les habitants
04:38de ma circonscription à l'Assemblée nationale.
04:39– Donc vous vous dites très vite pouvoir continuer la politique
04:44telle que vous l'avez fait là ces dernières semaines.
04:45Est-ce qu'on a posé la même question à Gabriel Attal il y a deux jours
04:48avec mon confrère Benjamin Duhamel ?
04:51À cette question, remettrez-vous votre démission dimanche soir ?
04:55Gabriel Attal est resté extrêmement vague.
04:58– C'est au Premier ministre de remettre la démission de son gouvernement.
05:00La coutume républicaine veut qu'après des élections législatives,
05:03le gouvernement démissionne.
05:04Après, évidemment…
05:05– Mais précisément, c'est la question qu'on lui posait.
05:06La coutume, c'est que normalement, dès le dimanche soir,
05:08il remet sa démission, il n'a pas du tout dit oui.
05:10– C'est à ce Premier ministre de le faire.
05:12Évidemment, je serai solidaire du Premier ministre.
05:13Ce qui est sûr, c'est que dans la semaine qui va suivre,
05:15il y aura des changements politiques.
05:17On peut l'imaginer, quels que soient les résultats,
05:19j'espère qu'ils soient les meilleurs, évidemment pour la majorité présidentielle,
05:21quitte à reconduire, évidemment, le Premier ministre.
05:24Moi, ma volonté, je l'ai déjà dit,
05:26c'est de pouvoir aller siéger à l'Assemblée nationale.
05:28Après, je suis ministre de l'Intérieur,
05:30en charge de la sécurité des Français, la sécurité physique,
05:32la sécurité au sens sécurité civile.
05:34Il peut toujours y avoir des drames,
05:36quand on est ministre de l'Intérieur, jusqu'au dernier moment.
05:37Et donc, j'ai conscience des affaires de l'État,
05:39et pas simplement de mon petit égo personnel,
05:42de savoir ce que je dois faire personnellement.
05:44Si le président de la République me demande de rester quelques heures,
05:46quelques jours de plus, le temps de former un gouvernement,
05:48je le ferai, c'est ce qu'on appelle les affaires courantes.
05:51Et je serai à mon poste de ministre de l'Intérieur
05:53parce que j'ai conscience de l'intérêt général
05:55et de mon pays et de sa sécurité.
05:56Mais ma volonté n'est pas de continuer mon poste ministériel
06:01dans les conditions qui semblent se dessiner
06:03aujourd'hui à l'Assemblée nationale.
06:05– Quand vous dites les conditions qui semblent se dessiner,
06:07j'imagine que vous faites référence à cette grande coalition
06:11qui commence à être évoquée,
06:13évoquée autant d'ailleurs à gauche qu'au centre,
06:17ou peut-être même à droite,
06:18l'idée de gouverner avec des gens comme François Hollande,
06:22François Ruffin, Olivier Faure, Marine Tondelier,
06:25ou alors des élus de droite.
06:27Est-ce que vous pourriez accepter une telle coalition ?
06:29Est-ce que vous-même vous accepteriez d'en faire partie ?
06:32– Il y a plusieurs choses.
06:33Si vous me parlez moi personnellement, la réponse est non.
06:35– Non ?
06:36– Non, je pense qu'il faut attendre dimanche,
06:39voir ce que les électeurs vont voter et entendre ce qu'ils vont dire.
06:43La dissolution s'est faite pour écouter les électeurs.
06:45Et donc je ne pense pas qu'il faille contourner le vote des électeurs.
06:49Voilà, on verra qui va gagner dimanche.
06:51Je pense que ça c'est très important.
06:53Ensuite que le président de la République,
06:54parce que vous savez la Vème République est bien faite,
06:57c'est lui qui nomme le Premier ministre,
06:58ce n'est pas l'Assemblée nationale,
07:00et il doit prendre en compte,
07:01dit le discours de Bayeux du général de Gaulle,
07:03les nuances de l'Assemblée nationale.
07:05Donc que lui compose un gouvernement,
07:06c'est son rôle institutionnel et c'est tant mieux.
07:09Et je soutiendrai le président de la République.
07:11Cependant, je pense qu'il faut d'abord regarder ce qui se passe dimanche,
07:16que le parti qui a gagné les élections dimanche
07:18doit pouvoir gouverner notre pays,
07:20parce que c'est comme ça, c'est la démocratie,
07:22et que ça ne sert à rien de faire, me semble-t-il,
07:25un certain nombre de calculs avant que les électeurs aient voté dimanche.
07:27– Il y a plusieurs choses dans ce que vous dites.
07:29Vous dites qu'il faut écouter les électeurs,
07:30il ne faut pas contourner la démocratie.
07:34Est-ce que vous avez le sentiment que cette semaine,
07:36les réponses qui ont été apportées au vote du premier tour
07:40sont celles-là, sont celles d'une écoute ?
07:42– En tout cas, le président de la République,
07:43il a évoqué clairement qu'il ne ferait pas de gouvernement
07:45avec l'extrême-gauche, avec LFI.
07:47Je m'en félicite et je l'ai toujours entendu dire ça.
07:49D'ailleurs, on prête beaucoup de mots au président de la République,
07:51je ne l'ai jamais entendu parler d'un contournement de la démocratie.
07:54Il a toujours dit qu'il faisait cette dissolution pour la clarification.
07:57Donc je pense qu'il ne faudrait pas être l'éménate
07:58ou le perroquet du président de la République
08:00et lui faire dire ce qu'il n'a pas dit.
08:02Moi, je ne l'ai jamais entendu dire autre chose
08:04que j'écouterais les Français.
08:05Et tant mieux, parce que c'est pour ça qu'on fait la dissolution
08:08de l'Assemblée nationale.
08:09Ensuite, moi je pense qu'il faut faire barrage au Rassemblement national,
08:12qui en effet peut avoir la majorité absolue dans notre pays,
08:15c'est une chose entendue,
08:16et moi j'ai toujours été militant contre le Rassemblement national,
08:19depuis 20 ans que je suis militant dans le Nord,
08:21que ce soit avec Xavier Bertrand,
08:22ou que ce soit auprès de Nicolas Sarkozy
08:24ou du président de la République.
08:25En revanche, moi personnellement,
08:26je ne mettrai pas de bulletin de vote La France Insoumise dans l'urne,
08:29parce que je ne pense pas qu'on combatte l'extrême droite
08:31avec l'extrême gauche.
08:32Donc vous, vous dites ni RN ni LFI,
08:35je n'ai pas tout à fait entendu ça dans la bouche du Premier ministre,
08:38qui dit tout sauf le RN, point.
08:42Et nous avons une légère différence avec le Premier ministre,
08:44nous sommes d'accord ensemble pour que la majorité gagne,
08:46nous sommes d'accord ensemble pour faire barrage au Rassemblement national,
08:49moi je ne mettrai pas, si j'avais un duel RN-LFI là où j'habitais,
08:53je ne mettrai pas un bulletin de vote La France Insoumise.
08:55J'aime trop la police, j'aime trop les policiers,
08:57j'aime trop les gendarmes, j'aime trop l'État,
08:59pour pouvoir mettre un bulletin de vote La France Insoumise.
09:02Si La France Insoumise faisait un certain nombre de démarches
09:05de dénonciation de ses excès,
09:07je pense à M. Ruffin qui quitte La France Insoumise par exemple,
09:11ou à M. Corbière qui a quitté, ou qui s'est fait virer.
09:14Oui, la démarche n'est pas toujours la même.
09:17Mais dont j'ai pu constater avec M. Corbière
09:18qu'on pouvait avoir un échange républicain,
09:21voilà, ce sont des personnes avec lesquelles,
09:22face au Rassemblement national, nous pourrions discuter.
09:25Mais je crois qu'il y a des personnes, à La France Insoumise,
09:27qui sont infréquentables.
09:28Infréquentables. Gérald Darmanin, quand vous dites
09:31« la raison principale, c'est aussi que j'aime trop les policiers »,
09:34je voudrais vous interroger sur un échange qui a eu lieu
09:36chez mes confrères de France Inter, c'était il y a deux jours.
09:39Gabriel Attal était invité et il a été confronté
09:42au témoignage d'un policier qui téléphonait.
09:44Il s'appelle Stéphane, policier qui se présentait
09:46comme un policier républicain, je cite,
09:48et consentait en plein désarroi.
09:50Il a même parlé d'un gâchis.
09:52Il dit « je ne veux pas voter RN,
09:54mais je ne veux pas non plus voter LFI »
09:56qui est un parti anti-policier.
09:57Et Gabriel Attal, lui, a répondu que même si ça ne faisait pas plaisir,
10:03que s'il fallait battre le RN avec un bulletin de vote LFI,
10:08c'était quand même ce qu'il fallait faire.
10:10Qu'est-ce que vous, vous auriez répondu à Stéphane ?
10:11Je n'ai pas écouté cette séquence sur France Inter,
10:14je vous fais confiance par principe.
10:15Moi, je peux comprendre les policiers.
10:17D'abord, je ne voterais pas LFI non plus.
10:19Quand on fait des manifestations pour dire que la police tue,
10:21comme M. Mélenchon, lorsqu'on dit « suicidez-vous »
10:24dans certaines manifestations que l'on cautionne aux policiers,
10:26quand on connaît le drame du suicide en général
10:28et dans la police et la gendarmerie en particulier,
10:31lorsqu'on est avec ceux qui envoient des boules de pétanque et des haches
10:34à la tête des gendarmes de Sainte-Seline,
10:35on ne peut pas voter pour ces gens-là.
10:37La gauche républicaine, les électeurs de gauche,
10:40nous pouvons nous mettre d'accord pour la République ensemble.
10:43Évidemment, des socialistes, des communistes, des écologistes,
10:46on peut tout à fait discuter avec eux
10:48et lutter contre le RN ensemble.
10:50Mais la France insoumise, la France insoumise,
10:53je crois, a dépassé un certain nombre de critères républicains,
10:57et notamment celui de respecter ses policiers et ses gendarmes.
11:00J'ai été pendant quatre ans le patron des policiers et des gendarmes,
11:02je les ai soutenus.
11:03– Vous l'êtes toujours au moment où on parle.
11:05– Oui, mais parce que je ne suis pas propriétaire de mon poste
11:08et je peux, du jour au lendemain, ne plus l'être,
11:09et lundi, sans doute, des choses changeront.
11:11Mais moi, j'étais très fier d'être le patron des policiers et des gendarmes.
11:14Je les ai soutenus.
11:15Il y a eu des moments difficiles, j'ai parfois été dur,
11:17j'ai parfois exclu des policiers d'uniforme de la République
11:19parce qu'ils ne le respectaient pas.
11:21Mais jamais, je ne leur tirerai dans le dos.
11:23Et je ne peux pas voter la France insoumise
11:25parce que ce qu'ils ont fait aux policiers et aux gendarmes,
11:27à leur famille, à leur honneur,
11:29ça empêche, me semble-t-il, de pouvoir combattre l'extrême-droite
11:32avec les méthodes de l'extrême-gauche.
11:33– Est-ce qu'il y a, pour vous, une forme de désir, de chaos ?
11:37Vous évoquiez des gens infréquentables,
11:39vous pensez à Jean-Luc Mélenchon en particulier ?
11:42– M. Mélenchon est perdu pour la cause depuis très longtemps,
11:44et à chaque fois que M. Mélenchon parle,
11:46il fait gagner malheureusement des points pour le Rassemblement national.
11:49Et vous savez, c'est inquiétant de ne pas voir la tactique de M. Mélenchon.
11:54Hier, en appelant au départ du président de la République,
11:57avant même que le second tour, avant même que les électeurs,
11:59c'est qu'elle manque de respect pour eux, n'aient pu se prononcer,
12:02M. Mélenchon ne veut que le chaos.
12:04Et en fait, il ne veut absolument pas gouverner,
12:06il ne veut absolument pas faire avancer des idées,
12:07il se moque de ses propres électeurs.
12:09Ce qui l'intéresse, c'est le chaos.
12:11Vous savez, c'est la chanson d'Eddie Mitchell, M. Mélenchon,
12:13je me sens mieux quand je me sens mal.
12:14Il faut que tout aille mal pour qu'il se sente bien,
12:16et je pense que c'est une position qui est foncièrement contraire
12:19à nos institutions et à la République.
12:20– Vous faites référence à la déclaration de Jean-Luc Mélenchon hier,
12:24qui dit s'il n'y a pas de majorité, la solution pour sortir de l'impasse,
12:28c'est qu'il s'en aille, c'est Emmanuel Macron.
12:30– Oui, mais ça s'appelle un coup de force institutionnel,
12:31c'est de la violence politique, ce n'est pas la démocratie.
12:34Mais quand on a comme modèle l'Amérique du Sud, le Venezuela ou Cuba,
12:39c'est normal qu'on raisonne comme un poutchiste.
12:41Donc M. Mélenchon, en faisant ça, se déshonore de sa pratique institutionnelle.
12:46Lui qui a été sénateur pendant plus de 20 ans,
12:48sénateur, on ne peut pas dire que ce soit la plus grande révolution institutionnelle
12:51du monde d'être sénateur.
12:52M. Mélenchon ne fait que des prises de parole, malheureusement,
12:54et a transformé la France Insoumise, sans doute avec des militants
12:58qui sont des gens honnêtes et très à gauche, et que je respecte.
13:00Mais l'institution France Insoumise, les candidats France Insoumise
13:04acceptent un schéma de pensée qui est le chaos institutionnel.
13:07– Et en même temps, vous serez bien content d'avoir leur voix ?
13:10– Non, vous savez, il y a deux ans…
13:12– Ils se sont désistés, je précise quand même,
13:14que la candidate LFI s'est désistée pour vous, et elle appelle à voter pour vous.
13:18– J'étais premier au premier tour, et j'avais plus de 4 000 voix d'avance.
13:21– Ce que vous voulez dire, c'est que vous ne leur avez rien demandé ?
13:23– Exactement, et je ne souhaite pas que la France Insoumise
13:25puisse appeler à voter pour moi, quoi que ce soit,
13:26je l'ai dit dès le lendemain où j'ai appris ce décistement.
13:29– Pourquoi ils le font alors ?
13:30– Je pense que vous voyez bien qu'ils ne pouvaient pas gagner chez moi,
13:32de toute façon, j'étais arrivé premier, dans une circonscription très populaire.
13:35Je suis le seul à pouvoir battre le Rassemblement National,
13:37c'est ça la vérité.
13:38Partout où il y a du Rassemblement National face à LFI,
13:39on voit bien que malheureusement le Rassemblement National pourrait gagner.
13:42Pourquoi ? Parce que la France Insoumise,
13:44malheureusement, n'est pas un parti qui inspire confiance aujourd'hui,
13:48et je constate que l'extrême-gauche s'est perdue,
13:50s'est perdue complètement.
13:51La vérité aujourd'hui, c'est que seules nous,
13:55une droite républicaine, une gauche républicaine,
13:57seuls nous pouvons battre le Rassemblement National.
13:59Nous avons failli un certain nombre de politiques,
14:01sinon on n'en serait pas là,
14:02on a sans doute fait de nombreuses erreurs,
14:03sinon on n'en serait pas là,
14:05mais seuls les candidats,
14:06aujourd'hui la majorité présidentielle,
14:08peuvent battre le Rassemblement National.
14:10Alors aujourd'hui, il faut bien voir ce que fait M. Mélenchon.
14:13Il crée, ce qu'il a créé depuis plusieurs mois,
14:15maintenant plusieurs années,
14:16une sorte de bordélisation, de coup de force institutionnelle,
14:18et je ne peux pas voter pour un candidat de la France Insoumise.
14:21Voilà, on ne combat pas l'extrême-droite par l'extrême-gauche.
14:24Est-ce que le macronisme s'est fini ?
14:25C'est-à-dire que quand je vous écoute,
14:26vous dites oui, on a un petit désaccord avec Gabriel Attal,
14:29mais en fait on a l'impression que chacun rentre chez soi.
14:31C'est-à-dire que Gabriel Attal, il venait de la gauche,
14:33et finalement, aujourd'hui, il a un mot d'ordre
14:36qui est proche de celui d'Olivier Faure.
14:38Vous, vous venez de la droite,
14:40et vous avez finalement le même mot d'ordre,
14:42c'est-à-dire ni RN ni LFI,
14:43que Édouard Philippe, que Bruno Le Maire,
14:48que tous ceux qui venaient de la droite.
14:49Au fond, le macronisme n'existe plus.
14:51Je ne pense pas que le macronisme, ce soit une consigne de vote.
14:54D'ailleurs, je pense que tous ceux qui...
14:55Non, mais c'était au moins qu'ensemble,
14:57vous ayez à peu près la même vision.
14:58On est d'accord sur la même politique économique.
15:01Nous avons fait baisser le chômage considérablement.
15:03Il y a eu 10 points de chômage en moins dans ma ville,
15:05des milliers d'emplois retrouvés.
15:07Je pense qu'on a pu mettre énormément de moyens aux armées,
15:09énormément de moyens pour le coup dans la police,
15:11énormément de moyens pour aider la France à aller mieux.
15:14Il y a eu des choses qui ne sont pas bien passées,
15:16et des choses qui sont bien passées.
15:17Qui peut penser que le président de la République,
15:19on n'a pas été fiers de lui lorsqu'il n'a pas géré le Covid,
15:21en permettant aux Français de s'en sortir
15:23parmi les meilleurs pays du monde,
15:24ou sa position très courageuse face à Vladimir Poutine.
15:27Ce que nous pouvons constater en revanche,
15:30c'est qu'on n'est peut-être pas tout à fait d'accord
15:32à la manière dont on fait de la politique.
15:34Je suis un élu de province, j'ai toujours été un élu de province,
15:36je pense que j'ai le bon sens comme boussole,
15:38et je ne pense pas alors que les consignes de vote,
15:40ça énerve tout le monde.
15:42Est-ce que ça veut dire qu'eux ne l'ont plus ce bon sens ?
15:44Je constate que je suis de province et que les consignes de vote,
15:46il suffit de discuter avec les gens pour voir qu'ils n'en peuvent plus.
15:48Ils ne veulent pas que des gens à Paris leur disent comment voter.
15:50Ils sont grands les Français, ils votent pour qui ils souhaitent,
15:52aux Européennes, au premier tour des législatives,
15:54au second tour des législatives.
15:56L'idée démocratique et médiatique, c'est de les éclaver bien sûr sur ce choix.
15:58Mais ensuite, ils votent pour qui ils le souhaitent.
16:00Ils n'ont besoin de personne pour leur tenir la main.
16:02Et surtout pas de perles amorales.
16:04Mais vous dites, moi je ne crois pas aux consignes de vote.
16:06C'est les Français qui n'y croient pas.
16:08Il me semble pas pour autant que Gabriel Attal est donné à proprement parler.
16:10Mais je n'ai pas parlé de Gabriel Attal.
16:12Il s'en garde, il dit je n'ai pas donné de consignes de vote.
16:14Mais il dit tout sauf le RN.
16:16Et effectivement, malgré tout,
16:18quand il répond à Stéphane le policier,
16:20il dit, il parle d'un bulletin à mettre dans l'urne
16:22Je n'ai pas parlé de Gabriel Attal.
16:24Je parle des perles amorales qui prennent la parole
16:26et qui ne sont même pas élus.
16:28Gabriel Attal fait une campagne formidable
16:30au service de la majorité.
16:32Elle est difficile, comme nous tous,
16:34nous combattons le RN et LFI.
16:36Je parle de tous ceux qui, de Paris,
16:38sans doute, bien installés,
16:40souvent donnent des consignes de vote aux électeurs.
16:42Ça je pense que ça fait monter le RN paradoxalement.
16:44Vous avez d'ailleurs dit que
16:46il serait important de respecter la démocratie.
16:48Est-ce que ça veut dire que vous considérez
16:50que si le RN arrive en tête
16:52des suffrages,
16:54il est impensable que le RN
16:56ne soit pas celui qui gouverne ?
16:58Je ne suis pas le président de la République
17:00mais si le RN devait gagner dimanche.
17:02Ce que je ne souhaite absolument pas.
17:04Mais même en cas de majorité relative ?
17:06Qu'est-ce qu'on a fait, nous ?
17:08On a gouverné pendant deux ans avec une majorité relative.
17:10Qu'a fait le général de Gaulle en 1958 ?
17:12Il a dirigé avec une majorité relative.
17:14Il a fait des grandes choses pour la France.
17:16Qu'a fait Michel Rocard ?
17:18Le RN gagnerait les élections
17:20et parce qu'il en manquerait quelques députés pour avoir les pleins pouvoirs,
17:22il ferait ce qu'on appelle la désertion.
17:24Ce n'est pas raisonnable.
17:26Dans ces cas-là, c'est vraiment dire que le RN,
17:28c'est des gens foutres. Ce n'est pas le cas, sans doute.
17:30J'imagine. Parce que quand on se présente aux élections des Français,
17:32lorsqu'on déplace des millions de Français pour voter pour soi,
17:34lorsqu'on a autant de bagouts
17:36et peut-être même de prétentions désormais
17:38que M. Bardella, on assume les charges de pouvoir.
17:40On n'est pas déserteur.
17:42Donc si jamais le dimanche prochain,
17:44le RN devait gagner les élections,
17:46évidemment que le contreparti de j'ai gagné une élection,
17:48c'est je gouverne. Bien sûr.
17:50Sinon, ça n'a aucun sens ce que nous faisons.
17:52Et moi, je dis à mes amis politiques
17:54qu'il faut évidemment combattre
17:56jusqu'à dimanche soir le RN.
17:58Je le ferai chez moi et je l'ai toujours fait.
18:00Voilà, dans une terre difficile, populaire.
18:02Mais il faut évidemment regarder les règles de la démocratie
18:04telles qu'elles sont. Et ceux qui y aillent doivent gouverner.
18:06C'est qui vos amis politiques ?
18:08Avec qui vous imaginez la suite
18:10pour vous, Gérald Darmanin ?
18:12Avec le Premier ministre, avec tous ceux qui composent
18:14le gouvernement et la majorité.
18:16Est-ce que ça veut dire qu'ensuite on peut reconstituer
18:18une forme de macronisme ou est-ce que ça veut dire
18:20qu'il faut recréer une grande droite
18:22avec Edouard Philippe, Bruno Le Maire,
18:24Xavier Bertrand ?
18:26Xavier Bertrand est un homme de bien.
18:28Chacun sait que je soutiens Xavier Bertrand dans ma région
18:30et que je l'aime beaucoup. J'étais son collaborateur.
18:32Mais pourtant, il est resté du côté de LR.
18:34Est-ce que vous pourriez reconstituer ensemble
18:36une forme de...
18:38On ne peut pas dire que les Républicains se portent bien non plus.
18:40Aujourd'hui, nous devons sans doute
18:42réfléchir à reconstruire la suite.
18:44D'abord, je voudrais dire un mot pour le président de la République.
18:46Il est de bon ton désormais d'en dire beaucoup de mal
18:48et de le critiquer.
18:50Pendant 7 ans, j'ai été son ministre.
18:52Je suis sans doute un de ses plus vieux ministres
18:54malgré mon jeune âge de 41 ans.
18:56À 41 ans, j'espère qu'on est encore extrêmement jeunes.
18:58Moi aussi.
19:00Qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ?
19:02Il y a beaucoup de gens qui, parce que le président de la République est faible, critiquent.
19:04Moi, il y a un an, il y a deux ans, il y a trois ans,
19:06j'ai porté un symptôme de critique à l'action que nous menions
19:08collectivement, notamment sur le plan économique et social.
19:10J'avais fait ma rentrée à Tourcoing.
19:12Je me rappelle m'être fait beaucoup disputer,
19:14embêter à l'époque.
19:16Mais aujourd'hui, quand le président de la République a plus de difficultés,
19:18il faut le soutenir.
19:20Tous ceux qui demandaient des places à l'époque,
19:22pourquoi le critiquent-ils aujourd'hui dans les journaux ?
19:24Moi, je veux dire que le président de la République est un grand président de la République.
19:26Il est courageux.
19:28Et justement, il a pris une position extrêmement gaullienne,
19:30celle de la dissolution, d'écouter les Français.
19:32Il n'y a pas d'état d'âme, il faut des états de service,
19:34comme il le dit lui-même.
19:36Aujourd'hui, il est de bon ton de critiquer le président de la République
19:38dans la rue. C'est vrai que c'est difficile.
19:40Mais moi, j'ai défendu Nicolas Sarkozy, c'était difficile aussi.
19:42J'ai défendu Jacques Chirac quand j'étais militant, c'était difficile aussi.
19:44Dans mon bureau, j'ai une affiche De Gaulle,
19:4610 ans, ça suffit. C'est ce qu'on disait de De Gaulle en mai 68.
19:48C'était difficile de soutenir le général De Gaulle.
19:50Je pense qu'il faut avoir un peu de courage.
19:52Moi, je suis fier d'être dans le gouvernement du président de la République.
19:54C'est un grand président et je suis sûr
19:56que chacun le verra. Il peut avoir un peu d'usure de pouvoir,
19:58il peut y avoir des difficultés,
20:00il peut avoir fait des erreurs, mais il ne vaut pas
20:03Gérald Darmanin, il y a devant nous
20:05l'échéance du 14 juillet,
20:07l'échéance des Jeux olympiques,
20:09la menace terroriste reste extrêmement élevée.
20:11On est toujours en urgence attentat,
20:13c'est-à-dire le niveau le plus élevé du plan Vigipirate.
20:15On en est où de cette menace ?
20:17Et qu'est-ce que vous pouvez dire aux Français là-dessus ?
20:19La menace reste extrêmement forte.
20:21Ces derniers jours, nous ne l'avons pas rendu public
20:23parce que justement, nous sommes en campagne électorale,
20:25mais nous avons interpellé des personnes
20:27qui pourraient être en danger.
20:29C'est-à-dire que vous avez déjoué ?
20:31Il y a eu plusieurs interpellations.
20:33Vous pouvez nous dire combien ?
20:35Dans deux endroits différents,
20:37dont nous avions un doute très important.
20:39Les gens sont interpellés et sont remis
20:41en ce moment même au service de justice.
20:43Je constate que le relais de la flamme se passe très bien.
20:45Vous savez, c'est 4 millions de personnes.
20:47C'est énormément de monde.
20:49Il y a eu plus de 40 étapes à travers la France.
20:51Il y a eu plus d'un an,
20:53il y a eu plus d'un an,
20:55il y a eu plus d'un an,
20:57il y a eu plus de 40 étapes à travers la France,
20:59à travers l'outre-mer, à travers la France hexagonale.
21:01Pardon, mais ils projetaient quoi,
21:03ceux que vous avez arrêtés ?
21:05Comme tous ceux qui veulent faire du mal à la France,
21:07ils projetaient sans doute des actions
21:09que nous pourrions qualifier de terroristes,
21:11mais qui juridiquement doivent être qualifiées
21:13de terroristes par le parquet national antiterroriste.
21:15Mais comme on l'a fait à Saint-Etienne,
21:17il y a un mois, puisque là, pour le coup,
21:19le parquet l'a qualifié d'organisation terroriste
21:21pour s'en prendre à des supporters
21:23qui auraient été aux matchs de football
21:25et qui auront évidemment, en même temps que ces élections,
21:27la sécurité de ces grands événements, bien sûr,
21:29mais vous savez, l'action terroriste,
21:31elle ne se déroule pas que pendant les Jeux Olympiques,
21:33elle pourrait se dérouler à n'importe quel moment,
21:35on le sait tous, et donc nous sommes particulièrement
21:37vigilants, et heureusement, nous continuons
21:39à travailler au ministère de l'Intérieur pour protéger les Français.
21:41Je vous repose la question, vous avez parlé de plusieurs
21:43arrestations, au moins en deux endroits différents,
21:45s'agissait-il de deux projets distincts
21:47ou d'un seul et même projet d'attaque ?
21:49Il s'agirait, je mets du conditionnel,
21:51de deux projets distincts.
21:53Le niveau
21:55plan Vigipirate-Ecarlate est maintenu ?
21:57Oui, et il doit être maintenu au moins
21:59jusqu'aux Jeux Olympiques, et les Jeux Olympiques,
22:01ça s'arrête mi-septembre, avec les Jeux Paralympiques,
22:03je voudrais le rappeler aux Français, puisque nous avons
22:05quand même des centaines de milliers de personnes qui viendront
22:07fin août, début septembre, notamment à Paris.
22:09La tentation d'un gouvernement qui dure
22:11tout l'été, est-ce que vous pourriez le
22:13comprendre ? Mais d'abord, on va regarder
22:15l'élection de dimanche, et
22:17le président de la République en tira des conséquences institutionnelles.
22:19C'est ça, la 5ème République, je suis resté
22:21sur la liste. Et par ailleurs,
22:23il y a, quand on est ministre de l'Intérieur, quand on est ministre
22:25en général, et ministre de l'Intérieur en particulier,
22:27il y a à regarder sa petite personne
22:29de loin, et à s'occuper des affaires de l'État.
22:31Si pour des raisons d'intérêt général
22:33et de protection des Français, il faut que je reste
22:35quelques jours de plus à la demande du président de la République,
22:37je resterai à mon poste.
22:39Et parce que je pense que c'est la fonction qu'on
22:41attend de moi. Mais je veux vous dire que par ailleurs,
22:43quand on regardera les élections dimanche,
22:45s'il y a un camp à gagner, il faudrait que
22:47ce camp gouverne. Merci Gérald Darmanin
22:49d'être venu répondre à mes questions
22:51en ce dernier jour de campagne.
22:53Gérald Darmanin, toujours ministre de l'Intérieur
22:55et candidat dans le Nord.
22:57Il est 8h52 sur RMC-BFMTV.
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