00:00Jean Garrigue, à vous le mot de la fin. J'évoquais, on parlait de la gauche à l'instant.
00:07Je voudrais juste savoir, est-ce que malgré tout vous pensez que la gauche a fait une bonne ou une mauvaise campagne ?
00:13Il y a eu beaucoup de polémiques autour de la gauche, mais le fait est qu'on en a énormément parlé.
00:17Alors vous connaissez l'adage en publicité, qu'on en parle en bien, qu'on en parle en mal, l'important c'est d'en parler.
00:21Votre regard sur la campagne menée par ce nouveau Front Populaire ?
00:26C'est une campagne où finalement on a mis sous le tapis des divergences, je le disais tout à l'heure, qui sont criantes.
00:35A mon sens, c'était une façon de différer une dispersion annoncée au troisième tour ou dans quelques semaines, voire dans quelques mois.
00:49L'arrivée de François Hollande, en tout cas la tentative de François Hollande de faire un retour dans ce nouveau Front Populaire,
00:57témoigne d'une volonté de reconstruire cette gauche et de faire reprendre beaucoup plus de poids à ce qu'avait annoncé la victoire de Glucksmann,
01:08au sein de la gauche, lors des élections européennes, c'est-à-dire une gauche social-démocrate de gouvernement.
01:15Ce qui veut dire que si François Hollande arrive à l'Assemblée Nationale, immanquablement il va y avoir une inversion du rapport des forces,
01:24ils vont essayer de se reconstruire sur une autre base.
01:28Mais François Hollande ne va pas modérer la gauche autour de Jean-Luc Mélenchon, elle la légitime.
01:34Il lui faudra un groupe, il faut 15 députés socialistes et surtout il sera minoritaire à gauche, parce que la France Insoumise aura sans doute le double du contingent.
01:43Et c'est tout le problème, c'est-à-dire qu'au fond cette gauche-là, pour l'instant en tout cas,
01:50elle est condamnée à être tirée vers une forme de gauche radicale, conflictuelle, brutale, dont ne veulent pas les Français en réalité,
01:58et elle se condamne à l'opposition, c'est d'ailleurs le calcul de Jean-Luc Mélenchon.
02:03Jean-Luc Mélenchon a besoin d'avoir le Rassemblement National au pouvoir, d'avoir une situation de conflictualité qui le renforcera comme le leader d'une gauche qui en fait ne veut plus de lui.
02:15Voilà la situation et ça préjuge justement de crises sociales qui pourraient être terribles.
02:23Merci beaucoup Jean Garrigue d'avoir été avec nous.
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