00:00Bonsoir à toutes et à tous, l'invité éco ce soir est l'une des deux seules femmes
00:08du CAC 40 à la tête d'Orange, opérateur français historique. 49 milliards de chiffres
00:14d'affaires l'an dernier, 129 500 salariés dans le monde, dont 70 000 en France.
00:20Bonsoir Christelle Edman.
00:21Bonsoir Isabelle.
00:22Orange est le seul opérateur des Jeux Olympiques et Paralympiques, sacré défi humain, logistique,
00:29technologique, on va y revenir.
00:30Mais avant les JO, il y a les élections législatives, les dimanches 30 juin et 7 juillet prochains.
00:3773 patrons se sont prononcés dans le cadre d'une tribune qui a été publiée la semaine
00:42dernière dans les Echos, parmi lesquelles le président du conseil d'administration
00:46de Renaud, Jean-Dominique Sonnard, le patron d'Echo France, celui des Galeries Lafayette,
00:50la patronne de Sofitel, pour défendre notre modèle social, disent-ils, et alerter sur
00:55le risque d'un prochain gouvernement issu d'un parti extrémiste.
00:59Pourquoi pas vous ?
01:00Alors d'abord, moi je suis française, et comme tous les Français, bien sûr, j'irai
01:04voter au premier et au deuxième tour.
01:07On a la chance de vivre dans une démocratie, et donc il faut évidemment, et donc mon appel
01:11est là, j'allais dire, j'espère, que un maximum de Français iront voter.
01:14Après, c'est vrai que moi je dirige une entreprise, et donc mon rôle, c'est pas
01:19de donner des instructions, mais c'est vrai que par contre, de s'assurer qu'on a en
01:25France, et qu'on aura en France, un environnement dans lequel les entreprises vont pouvoir se
01:29développer, vont pouvoir rester compétitives.
01:32Donc tous les enjeux finalement économiques, ça, évidemment, c'est des choses qui interrogent,
01:37et en tout cas qui font réfléchir tous les patrons.
01:40Maintenant, moi j'aime pas prendre des postures très générales sur des partis, quels qu'ils
01:45soient.
01:46Moi ce qui m'intéresse, c'est des mesures en particulier, donc j'ai pas de problème
01:49à donner effectivement mon avis sur des sujets en particulier.
01:52D'ailleurs, Orange est très très impliquée auprès des élus, puisque par nature, notre
01:56métier, on est au cœur des enjeux d'aménagement du territoire, et donc tous les jours, les
02:00collaborateurs d'Orange, ça m'arrive de le faire également, on échange avec les
02:04élus locaux sur des enjeux de proximité, et des enjeux évidemment qui sont clés pour
02:09les entreprises et pour les citoyens français.
02:11Mais vous n'avez pas voulu signer ce texte ?
02:12J'ai pas voulu signer ce texte, parce que j'estimais que c'était pas mon rôle
02:16en tant que dirigeant d'entreprise.
02:17D'accord.
02:18On sait quand même que l'Etat français est actionnaire d'Orange, à hauteur de
02:2123%.
02:22Votre actualité, et l'actualité tout court, c'est aussi évidemment les Jeux Olympiques,
02:27puis Paralympiques qui se déroulent cet été en France.
02:30Première épreuve prévue dans moins d'un mois maintenant, vous êtes le seul opérateur
02:35choisi par le comité d'organisation, et c'est une première, concrètement, qu'est-ce
02:38que vous allez devoir faire pour qu'on comprenne très bien ?
02:41Alors c'est vrai qu'on sait tous à quel point Orange sera au service des clients
02:48d'Orange qui seront en proximité des sites olympiques et qui seront sur place.
02:53C'est notre rôle d'opérateur de servir nos clients.
02:55Mais effectivement, pour les Jeux Olympiques, on a un spectre d'activités qui est le
03:00plus large jamais confié à un opérateur et qui reflète en fait des compétences qu'a
03:04Orange.
03:05On a une activité qui s'appelle Orange Event, qui est spécialisée dans les événements
03:08sportifs.
03:09Et donc on accompagne, on a accompagné la Coupe du Monde de Rugby par exemple, la Coupe
03:14d'Afrique des Nations, Roland-Garros, le Tour de France, ça c'est des choses qu'on
03:17accompagne toujours.
03:18Donc ça c'est la retransmission des images en direct ?
03:21Alors c'est beaucoup de choses.
03:22C'est en fait connecter les sportifs, bien sûr, connecter les scores, connecter les
03:27arbitres, connecter les médias.
03:28Alors c'est capter les images en temps réel et faire en sorte qu'elles soient diffusées.
03:32Et pour les JO, évidemment, on parle de milliards de téléspectateurs.
03:35Et c'est capter les images en temps réel, c'est aussi permettre à toute l'organisation
03:42sportive d'opérer.
03:45Et puis il faut bien mesurer que les JO, c'est l'équivalent de 32 Coupes du Monde de foot
03:49en même temps.
03:50C'est 120 sites sportifs et donc au-delà des sites sportifs, bien sûr, on va aussi
03:54connecter les sites techniques, les sites qui hébergent les athlètes, les aéroports,
04:00les gars, les journalistes.
04:0126 000 journalistes accrédités.
04:03Absolument.
04:04Et donc voilà, c'est tout ce travail de préparation pour faire en sorte qu'en temps réel, on
04:08capte à la fois les données sportives et qu'en même temps, toute l'opération, toute
04:13la sécurité, toutes les équipes finalement qui seront au service des sportifs puissent
04:17fonctionner.
04:18Et qu'évidemment, on sait à quel point les communications sont essentielles dans
04:23ces moments-là.
04:24Donc c'est les milliards de téléspectateurs et en même temps les centaines, les millions
04:28de spectateurs qui seront sur place.
04:30Avec notamment la cérémonie d'ouverture le 26 juillet qui va se dérouler sur la Seine.
04:35Donc il va donc être en mouvement avec des centaines de milliers de spectateurs sur place
04:41qui vont se connecter en même temps pour envoyer des photos, des vidéos sur les réseaux
04:46sociaux.
04:47Comment faire en sorte que ça ne bugue pas ?
04:48Alors c'est effectivement la cérémonie d'ouverture qu'on a qualifiée chez Orange
04:52d'Everest des télécoms parce que c'est à la fois un énorme challenge technologique.
04:56Imaginez 120 barges sur 6 kilomètres sur lesquels évidemment il y a la connectivité
05:02des spectateurs mais il y a surtout la connectivité des organisateurs, la captation des images.
05:07On aura sur les barges des caméras 5G, ce qu'on appelle des finger cams, donc des toutes
05:12petites caméras en 5G.
05:13Pour la première fois on va utiliser de la 5G privée qui va permettre d'avoir des flux
05:17sécurisés pour les images qui seront captées nativement et qui seront retransmises au plus
05:22près des athlètes sur les barges.
05:24C'est une technologie qu'on va aussi utiliser pour les épreuves de voile par exemple à
05:27la Marina à Marseille.
05:29Donc ça c'est une première et on va l'utiliser en temps réel.
05:31On utilise aussi des réseaux, donc des réseaux dédiés qui vont permettre de protéger le
05:35trafic lié à l'organisation, lié aux médias et puis bien sûr tout ce qui va être la
05:41captation pour les spectateurs.
05:43Mais j'ai envie de dire, les spectateurs, ça va être des clients d'orange, si ce
05:48ne sont pas des clients d'orange, ce ne sera pas la faute d'orange si leur réseau ne marche
05:51pas.
05:52C'est-à-dire que tous les opérateurs comme nous-mêmes, on renforce les capacités le
05:57long de la cérémonie d'ouverture et sur les sites, mais effectivement les clients qui
06:01ne sont pas des clients d'orange, ils utiliseront le réseau de leur opérateur.
06:04Donc évidemment, on a tout un travail en cours pour libérer des bandes de fréquences.
06:09C'est d'ailleurs pour ça qu'on a mis à disposition de nos clients qui ne sont pas
06:14clients 5G aujourd'hui, la 5G disponible jusqu'à la fin des JO pour les clients qui
06:19n'auraient qu'un abonnement 4G parce qu'on veut s'assurer qu'on utilise tout le spectre
06:23disponible dans nos réseaux pour maximiser finalement l'expérience.
06:26Mais on voit bien que les flux, ce n'est pas les mêmes selon qu'on capte une image
06:30qui doit être diffusée en temps réel puisqu'on parle d'un événement unique ou alors quand
06:35un spectateur qui filme pour envoyer à ses amis une image, s'il y a quelques secondes
06:40de décalage dans l'envoi de la vidéo, c'est moins critique que l'image qui doit passer
06:43sur toutes les caméras du monde entier.
06:45Oui mais il y a quand même un risque de réseau complètement saturé.
06:47On l'a vu au moment de l'arrivée de la flamme olympique à Marseille où le réseau
06:51a été complètement saturé pendant quelques heures où plus personne n'a pu passer le
06:54moindre appel téléphonique.
06:55Donc ça c'est quand même un risque réel.
06:56Ça peut arriver.
06:57Au moment de l'arrivée à Marseille, il y a eu beaucoup plus de spectateurs que ce
07:00qui avait été anticipé.
07:01Mais il y en aura encore beaucoup plus.
07:02Alors il y en aura beaucoup, on sait, puisqu'il y a des jauges pour des raisons de sécurité
07:05qui ont été définies, mais effectivement ça fait partie, on a l'habitude des grands
07:10événements et on sait que les réseaux peuvent être saturés pendant des périodes.
07:15On a beaucoup d'équipes, on a mille collaborateurs qui sont dédiés à l'événement JO, on
07:20a tout un centre de supervision et donc évidemment on gérera ça en temps réel bien sûr.
07:25Dernière question parce qu'il nous reste très peu de temps, qui n'a pas de rapport
07:29avec les JO.
07:30Altice, groupe de Patrice Drahi, est plombé par une dette colossale, il s'est déjà
07:34séparé de BFM.
07:35S'il venait à vendre SFR, est-ce que ça pourrait vous intéresser Christelle Edman ?
07:39Alors je pense que d'abord c'est effectivement à lui qu'il faudrait poser la question,
07:43mais les autorités de concurrence regarderaient le marché français.
07:47Orange est l'opérateur numéro un en France et donc on ne peut pas être l'acteur de
07:51la consolidation du marché.
07:52Donc il faut poser la question aux autres concurrents d'SFR en France bien sûr.
07:57Merci beaucoup Christelle Edman, directrice générale d'Orange.
08:00Vous étiez l'invité éco de France Info ce soir.
08:02Merci à vous.
Commentaires