00:00R.M.C. Jusqu'à minuit trente, l'after food intégral euro, Gilbert Bribois.
00:07Il est minuit quatre, dans moins d'une demi-heure de la liberté, jusqu'à 1h30 du matin, demain soir, demain soir, France-Pays-Bas, ce sera vendredi prochain.
00:20Walid Acharchour est là, Florent Gautreau est là, et Polo Breitner, l'homme qui suit l'Autriche de près depuis maintenant des années. Salut Polo !
00:28— Bonsoir mon cher Gilbert, bonsoir tout le monde. — Ah tiens, on avait aujourd'hui Nicolas Pelletier, notre reporter, qui est allé en Autriche.
00:35Il a fait son petit reportage auprès des supporters. Alors l'Autriche, pays de ski à la base quand même, hein, commence à devenir gentiment un pays de foot.
00:44Et il commence à prendre la confiance. — Ouais, enfin, il y a un certain historique, quand même, en Autriche.
00:49— Oui, là, mais je sens les clichés, là, Polo. — Oui, oui, oui, c'est les clichés.
00:55— Bon, ça reste un vrai pays de ski, de toute façon. — Ça reste aussi un pays de ski, principalement, quand même.
00:58— Évidemment, mais enfin, bon, les années 30, la Wunder Team, ça a marqué l'histoire du football, quand même.
01:04— Mathias Sindelar. — Mathias Sindelar, notamment, mais pas que ça.
01:0854, il y a toujours évidemment la génération 78-82 avec Rankle et Proaska, etc. Mais non, non, non, c'est justement...
01:17C'est très intéressant, le football autrichien. Il y a un livre qui est paru il y a quelques années en allemand.
01:22Parce qu'en fait, l'histoire du foot autrichien est à l'image de l'histoire de l'Autriche. C'est-à-dire que c'est un pays quand même
01:29qui a du mal à avoir accepté le fait – on en parlait, je sais plus, c'était hier, je crois, Gilbert – la disparition de l'Autriche hongrie.
01:36Et le foot est une façon, en fait, de montrer qu'on existe toujours, en fait. Et il y a beaucoup de conflits.
01:42Il y a eu beaucoup de conflits, historiquement, à la fédération autrichienne avec certains sélectionneurs aussi.
01:48Et depuis quelques années, ça va mieux. Comme quoi il fallait mettre de côté l'histoire, on va dire, on n'est plus les plus grands, etc.
01:54L'Autriche hongrie, ça n'existe plus. Et on doit essayer, à l'image de la Suisse, de se reconstruire d'une autre façon
02:00en cherchant des sélectionneurs qui vont rester plusieurs années. Et c'est un petit peu le cas de l'Autriche depuis Marcel Kohler, notamment.
02:09– Alors Angnik, qui était un coach courtisé à peu près dans toute l'Europe, s'est installé en Autriche.
02:14Et il y a quand même un truc. L'Autriche n'a perdu qu'une seule fois sur ses 15 derniers matchs, c'était contre la Belgique.
02:23– Exactement. C'était très avantageux pour l'Autriche parce que le 3-2, en fait, les Belges étaient largement supérieurs.
02:29Tu viens de parler de Ralf Rangnick, c'est très important. Parce qu'après la défaite en demi-finale qualificative pour la Coupe du Monde,
02:38le fameux barrage contre le Pays de Galles, il y a un autre match amical, Francofoda c'est fini, et on choisit Ralf Rangnick.
02:43Pourquoi est-ce qu'on choisit Ralf Rangnick ? Pour deux raisons. À l'époque, il y avait, selon la presse autrichienne,
02:49le clan des Viennois, qui était symbolisé par David Alaba, par Arnautovic, par Baumgartner, qui à l'époque jouait à Hoffenheim,
02:57contre le clan de la galaxie Red Bull au niveau du style de jeu qu'on voulait imposer en équipe d'Autriche.
03:02Et on s'opposait. C'est pour ça aussi qu'on n'avait pas forcément, même s'ils avaient fait un Euro 2021 intéressant,
03:08rappelez-vous qu'ils avaient été éliminés en prolongation contre l'Italie, mais on ne trouvait pas exactement une identité de jeu à l'équipe autrichienne.
03:18Et Ralf Rangnick, qui est peut-être la plus grande réussite de la fédération autrichienne, est arrivé,
03:26ce qui voulait dire évidemment un style de jeu version Hoffenheim, version Leipzig, et donc c'est le clan galaxie Red Bull qui a gagné.
03:35Ça a pris du temps à mettre en place cette identité de jeu. Rappelez-vous que lors de la Ligue des Nations, ils n'ont pas réussi à se maintenir.
03:42Ils avaient commencé par une victoire extrêmement chanceuse contre la Croatie 3-0 en Croatie, alors vous diriez c'est parti,
03:48puisque la Croatie, ce n'est pas n'importe quoi quand même. En fait, quand tu vois la rencontre, les Autrichiens n'ont pas existé et ils l'emportent quand même 3-0.
03:55Donc logiquement, ils redescendent en seconde division européenne en Ligue des Nations.
04:01Mais petit à petit, Rangnick commence à faire, à éliminer les joueurs. En 2021, vous aviez en défense centrale Inter Eger et Dragovic.
04:09Dragovic, il a fêté sa centième sélection sous Rangnick et après, il n'a plus jamais été appelé.
04:13Et là, il met des jeunes, notamment Danzo, Linard, le joueur de Fribourg, etc.
04:17Il y avait le cadre à la bas, évidemment, qui font se poser des questions. Est-ce qu'on fait jouer dans une défense à trois ?
04:21Est-ce qu'on le fait jouer au défenseur central ? Est-ce qu'on le fait jouer au poste d'arrière-gauche ? Etc.
04:25Et petit à petit, tu vois cette équipe d'Autriche, version Rangnick, donc version Red Bull, qui arrive sur le marché du foot,
04:31avec des résultats, avec le fait de ne plus jamais perdre, sauf ce match, évidemment, contre la Belgique.
04:37Donc, ils finissent deuxième, logiquement, derrière les Belges. Mais c'est très important, parce qu'ils battent notamment la Suède,
04:43qui est un peu l'équipe qui rencontre souvent l'équipe d'Autriche en qualification.
04:51Et quand tu as une mauvaise équipe d'Autriche, la Suède va en Coupe du Monde ou en Europe.
04:55Et quand l'Autriche est bonne, elle élimine la Suède, y compris celle d'Ibrahimovic.
04:59Et c'est intéressant. Maintenant, regardez le match d'au revoir. Vous avez vu Angleterre-Serbie, par exemple.
05:04Le scénario, donc domination complète des Anglais en première mi-temps, complètement compliquée en seconde.
05:10C'est le copier-coller du match Autriche-Serbie, le dernier match amical gagné par l'Autriche 2 buts à 1, juste avant l'Euro.
05:16Domination complète de l'Autriche pendant plus de 35 minutes. Les Serbes reviennent à 2-1, on ne sait pas trop comment.
05:22Et la deuxième mi-temps, les Autrichiens se transforment en clébard et ils tiennent la victoire.
05:28C'est un peu ce qu'on va vivre, je pense, demain. Non pas sur le scénario, ça, je n'en ai aucune idée.
05:32Mais de voir ce qu'est cette équipe d'Autriche version Ralf Rangnick.
05:36C'est-à-dire que pressing, contre-pressing, c'est un 4-5-1, un 4-2-2-2 lorsqu'ils sont en attaque.
05:42Vous avez un Baumgartner, par exemple, qu'on nous dit qu'il est un meneur de jeu, mais pas vraiment.
05:47En fait, c'est le deuxième attaquant à côté d'Arnautovic, logiquement.
05:50On aura Zabitzer, Leimer ou Grilic. Vous avez Zewald, qui a fait une très mauvaise saison avec Leipzig,
05:55qui n'était pas titulaire, mais qui est systématiquement titularisé.
05:58Qui sera en pointe ?
05:59Ça devrait être Arnautovic, ou Grigoric. Ce sera un des deux, de toute façon.
06:04Mais la logique, c'est plus Arnautovic.
06:06Le petit Grigoric ?
06:08Oui, voilà, c'est ça. C'est exactement ça.
06:11En l'occurrence, il fait 1m93.
06:12Ah mince, ça ne marche pas.
06:13C'est con.
06:15J'ai sa fille sous mes yeux.
06:16Oui, il fait 1m93.
06:19Ok, ben écoute, Polo, on verra demain. Il n'y a pas de méga grande star dans cette équipe.
06:23On va dire que l'Alaba n'est pas là, donc il est dans le staff, vous le savez.
06:26Ça, c'est le gros problème.
06:28Alaba est blessé, Schlager est blessé, les deux Schlager.
06:31Alors, il y a un vrai problème, c'est qu'ils n'ont pas de gardien.
06:33C'est Pence qui va être titularisé normalement demain.
06:35C'est vraiment pas bon.
06:37Vous le connaissez, vous l'avez vu en L1.
06:40Non, non, mais c'est vraiment intéressant de voir cette équipe.
06:42Ils sont parfaitement conscients d'être la dernière roue du carrosse dans ce groupe.
06:47Ils sont quand même, ils disent, Rangnick l'a très bien expliqué,
06:50ça fait deux ans qu'on attend ce genre de rencontres.
06:52Mais on est parfaitement conscients que c'est le groupe le plus difficile de l'Euro.
06:55Et on est tombé dedans.
06:57Voilà, on va voir ce que ça va donner demain.
06:59Moi, je suis impatient de voir cette équipe d'Autriche.
07:02Ne la faisons pas plus forte qu'elle n'est, mais elle peut embêter.
07:06Ne la sous-estimons pas.
07:08On ne va pas la sous-estimer parce qu'on a plutôt dit qu'elle était bonne.
07:11Mais j'ai l'impression que les absences dont tu parles et le problème du gardien,
07:14l'absence d'Alaba, va quand même peser.
07:17Au bout d'un moment, c'est rédhibitoire.
07:19C'est à dire que tu as un moment le niveau déjà.
07:21Mais en fait, la force de l'équipe d'Autriche, évidemment, c'est son milieu de terrain.
07:24Il produit la galaxie Red Bull depuis des années, de toute façon.
07:27Les prochains, d'ailleurs, sont déjà en train d'arriver.
07:29Voir comment il va jouer devant.
07:31Moi, c'est ça qui m'intéresse.
07:32Est-ce qu'il va tenter le coup d'un allié qui s'appelle Wimmer de Wolfsburg,
07:35que j'aime énormément et qui est très jeune ?
07:37Ou est-ce qu'il va jouer un peu la sécurité avec Leimer décalé côté droit
07:40et mettre Grilic au milieu de terrain ?
07:42Il y a plusieurs possibilités.
07:43Mais c'est vrai que le fait qu'il manque Alaba,
07:45le fait qu'il manque Schlager, évidemment,
07:47qui était le véritable numéro 6 de l'équipe,
07:49ça fait beaucoup.
07:51Et puis, il y a un joueur qu'on oublie, c'est Kaladzic.
07:54Pour ce genre d'équipe, voilà.
07:56Donc, Arnautovic n'est plus tout jeune.
07:57Il ne tient pas 90 minutes.
07:58Grigoric, il a des périodes bonnes et des très mauvaises.
08:01On va voir ce que ça va donner.
08:02Mais en tout cas, pour le football autrichien, c'est intéressant.
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