00:00 - Les Ditto Politique sur Europe avec Lofi Garraud, bonjour Vincent Trémolet de Villers. - Bonjour Dimitri, bonjour Anissa, bonjour à tous.
00:07 - Bonjour Vincent. - Alors Vincent, après quatre jours et nuits de tractation, les écologistes, les communistes, les socialistes, les LFIs
00:13 ont trouvé un accord pour les élections législatives. Alors qui l'emporte ?
00:17 - Les Insoumis évidemment, qui se taillent la meilleure part. La preuve c'est que même les opposants à Jean-Luc Mélenchon, c'est-à-dire les communistes, les socialistes et les écologistes,
00:25 ont choisi en cas de victoire le 7 juillet leur champion dans la famille Insoumise. Il s'agit de François Ruffin.
00:31 C'est un des nouveaux effets de cette folle dissolution, Jean-Luc Mélenchon et François Ruffin qui se disputent à ciel ouvert l'hôtel de Matignon.
00:40 Vous avez le choix entre Robespierre en keffier, c'est Mélenchon, ou Robespierre en gilet jaune, c'est François Ruffin, mais à la fin c'est toujours Robespierre.
00:48 Alors vous me direz qu'au vu des sondages, le scénario de la victoire de la gauche est impensable, mais l'histoire nous enseigne le contraire.
00:53 La gauche, quand elle parvient à s'unir, quand elle sent le pouvoir à portée de vote, est capable de créer la surprise.
00:59 Elle l'a fait notamment en 1997 après une dissolution avec Lionel Jospin et la gauche plurielle.
01:05 Et là on voit qu'en quelques heures elle a digéré Raphaël Glucksmann, restauré l'hégémonie de Jean-Luc Mélenchon,
01:10 et que maintenant elle fait feu de tout bois pour faire le meilleur résultat possible jusqu'à aller chercher Philippe Poutou.
01:17 - Alors pouvez-vous nous rappeler qui est Philippe Poutou, Vincent ?
01:19 - Alors Philippe Poutou, c'est l'extrême gauche de l'extrême gauche. Le parti de Poutou, le NPA, s'était distingué en saluant le massacre du 7 octobre comme un acte de résistance,
01:28 ce qu'on dit finalement durant toute la campagne Rima Hassan, Daniel Obono et d'autres élus insoumis, en maintenant l'équivoque sur le Hamas.
01:35 Et bien le NPA, qui mériterait le nom de nouveau parti antisémite, va donc soutenir la coalition du déshonneur,
01:42 un nouveau front populaire qui promeut dans le désordre et en écriture inclusive la décroissance économique, la tyrannie fiscale, l'immigration voulue,
01:50 l'islamisation complaisante, la violence excusée, les médias surveillés, les élèves endoctrinés, le nucléaire abandonné, la justice politisée,
01:59 et le tout bénéficiant de l'onction du plus mauvais président de la Vème République, François Hollande.
02:06 Vous noterez pourtant qu'à l'exception notable de Bernard Cazeneuve et de Manuel Valls, on cherche désespérément une grande conscience
02:13 pour s'élever contre le monstre politique qui est en train de naître à gauche.
02:18 Quant aux petits esprits qui se rêvent en directeur de conscience sur Twitter,
02:23 ils sont trop occupés à chercher des références historiques approximatives et infamantes pour les attribuer à Éric Ciotti.
02:29 - Alors il est vrai qu'on a plus entendu de cris d'indignation sur l'accord d'Éric Ciotti avec le Rassemblement National
02:34 que sur celui des socialistes avec les Insoumis.
02:36 - Mais c'est tout à fait normal Dimitri. Comme disait Philippe Muray, la droite dérape, et la gauche ne dérape jamais puisqu'elle est le verglas.
02:45 On pourrait aussi citer le texte exceptionnel de Jancot, écrit dans les années 80.
02:50 Ce texte commençait ainsi "La gauche, le bien", et Jancot poursuit "La gauche, une union, un cœur et une communion. La droite, une maladie.
03:00 Il suffit d'une minuscule égratignure pour que l'infection, si l'on y prend garde, gagne le corps tout entier."
03:07 Il a raison Jancot, c'est comme cela que la gauche envisage la droite, comme un virus qui pourrait vous contaminer.
03:13 D'ailleurs l'homme de droite peut être qu'à contact de l'extrême droite.
03:17 Il vaut mieux alors le confiner ou respecter avec lui scrupuleusement les distanciations sociales.
03:22 En vérité, cet incroyable mépris est une des causes du succès du Rassemblement National.
03:28 Ce parti de Marine Le Pen n'a pas seulement poussé sur le terreau du déni migratoire et sécuritaire,
03:32 il a grossi à mesure que l'intimidation menée par le gauchisme culturel s'est radicalisée.
03:38 Et le pire, est qu'il fut un temps où Marine Le Pen et Emmanuel Macron faisaient les yeux doux à Jean-Luc Mélenchon.
03:43 Souvenez-vous, Marine Le Pen c'était en 2017 entre les deux tours, le chef de l'État en 2022, et c'était aussi entre les deux tours.
03:51 Mais pour Emmanuel Macron c'est finalement beaucoup plus logique.
03:55 Jean Caux nous le disait aussi, la gauche, on l'a remarqué, est toujours en marche.
04:00 L'édito politique sur Europe, merci beaucoup Vincent Trévolet de Ville.
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