00:00Yves Calvi, Amandine Bégaud, RTL Matin jusqu'à 9h30.
00:05Il est 8h23, bonjour Thierry Koskas.
00:07Bonjour Monsieur Calvi.
00:08Vous êtes directeur général de Citroën, merci beaucoup de prendre la parole ce matin sur RTL en exclusivité.
00:12Nous allons faire le point avec vous sur cette grave crise des airbags défectueux
00:16qui touche des millions de vos véhicules, 8 millions dans le monde, 1,4 million en France.
00:21Je rappelle les faits, vous m'arrêtez si je me trompe.
00:23Il y a deux mois, Citroën et DS Automobiles lancent une grande campagne de rappel en France
00:28pour les C3 et les DS3 équipés d'airbags fabriqués par le japonais Takata
00:32en cause d'un déclenchement intempestif en métropole, en outre-mer,
00:36qui a provoqué plusieurs décès et des blessés.
00:38Quel est très concrètement le problème de ces airbags défectueux Thierry Koskas ?
00:42Alors le problème est très simple, c'est uniquement lorsque vous avez un accident
00:47que l'airbag se déclenche, donc s'ouvre.
00:51Il y a, dans certains cas, potentiellement, un risque que l'explosion soit finalement plus forte que prévu
00:59et que non seulement l'airbag s'ouvre, mais qu'en plus il y ait des éléments de plastique ou de métal
01:05qui soient projetés, donc le risque il est évidemment très faible
01:10mais il existe dans des conditions de température particulières,
01:13donc c'est pour ça qu'on a lancé cette campagne de rappel.
01:15Dans quelles circonstances ces déclenchements se produisent-ils ?
01:17Lors d'un choc, un freinage brutal, on évoque aussi le temps qu'il fait, vous venez de le faire,
01:21en l'occurrence la chaleur et l'humidité, et est-ce qu'on parle bien d'airbags tueurs ?
01:25Ce sont de vrais dangers pour vos clients ?
01:27Alors j'insiste sur le fait que c'est évidemment uniquement lorsque vous avez un choc
01:32qui provoque le déclenchement de l'airbag.
01:34L'airbag est un élément qui est censé vous protéger, donc l'airbag se déclenche.
01:38Donc quand vous roulez tous les jours, il ne va rien se passer.
01:41Par contre, si vous avez un accident, oui, dans certaines conditions de température,
01:45c'est pour ça qu'on a fait la campagne de rappel dans la partie sud de la France et dans les dom-toms,
01:50on a ce risque.
01:50J'insiste, on n'a jamais vu de déclenchement sans accident et sans choc, nous sommes bien d'accord ?
01:55Absolument.
01:56Voilà, je ne monte pas dans ma voiture et je ne risque pas de voir mon airbag se déclencher.
02:00Dernier épisode en date, vous venez de lancer une seconde campagne,
02:02donc de rappel cette fois-ci sur les CS4, les DS4, les DS5,
02:07et même pour les propriétaires de la marque Opel, vous êtes à ce point inquiet ?
02:10Alors j'insiste, c'est très différent.
02:12Nous avons aujourd'hui un risque avéré sur les C3 et les DS3.
02:20C'est pourquoi nous avons demandé aux 250 000 clients que vous avez cités concernés
02:25d'arrêter de conduire leur véhicule et de prendre contact avec leur concessionnaire ou le centre d'appel.
02:32Les C4, DS4 et DS5, nous n'avons pas identifié de risque à ce jour, l'airbag est différent.
02:40En revanche, pour rassurer nos clients, et je dirais de manière préventive,
02:46on leur propose de venir, mais sans avoir à arrêter de conduire leur véhicule,
02:49parce qu'il n'y a pas de risque avéré aujourd'hui sur ces véhicules.
02:52Donc pardonnez-moi, j'insiste, vous ne leur dites pas impérativement d'arrêter de les conduire ?
02:55Absolument pas, la campagne de rappel avec ce qu'on appelle le stop drive,
02:59donc l'arrêt du véhicule, ne concerne que les 250 000 clients de C3 et DS3.
03:05Bon, pour ceux qui vont aujourd'hui éventuellement faire une vérification,
03:09est-ce que vous leur fournissez un véhicule de remplacement ?
03:12Alors, c'est en cours, on est en train de déployer,
03:16il y a aujourd'hui 10 000 voitures de remplacement disponibles,
03:20il y en aura 25 000 à la fin du mois.
03:23En plus de ça, on a donné la possibilité au réseau de prêter leurs voitures d'occasion,
03:30ça représente 10 000 voitures supplémentaires.
03:32Ça veut dire très concrètement qu'à la fin du mois de juin,
03:36on aura 35 000 voitures disponibles en France à prêter aux clients.
03:41Pour 250 000 véhicules potentiellement concernés,
03:43ils ne sont pas prêts de partir en vacances, non ?
03:45Alors, d'abord, tous les clients n'ont pas forcément un besoin de mobilité immédiate,
03:51et ce qu'il faut bien comprendre également, c'est que les voitures vont tourner.
03:54On va la prêter à un client pendant une semaine, on va remplacer son airbag,
03:57et on va prêter la voiture au client suivant.
04:00Donc bien entendu, les voitures vont être utilisées par plusieurs clients,
04:03puisqu'en même temps, on fabrique les nouveaux airbags le plus rapidement possible.
04:07Il y a une question centrale dans cette affaire,
04:09Depuis quand êtes-vous au courant de ce problème avec les airbags Takata ?
04:13Ils seraient connus depuis 2013, dit-on. Ça fait 11 ans.
04:16Alors, pour refaire l'historique, c'est très simple.
04:182014, les premiers accidents aux Etats-Unis.
04:22Takata nous dit, c'est un problème américain,
04:25il n'y a pas de problème sur les voitures qui sont fabriquées en Europe.
04:27Malgré tout, Citroën et Stellantis lancent une opération de surveillance
04:34dès 2014 pour surveiller le parc.
04:39Ça donne quoi ?
04:40Au début, rien.
04:42Et puis après, on voit un premier accident dans les départements au territoire d'outre-mer
04:47où les conditions de température sont très spécifiques.
04:49Et donc là, on lance en 2020 une campagne de rappel.
04:53Et puis après, on continue la surveillance.
04:55Premier incident en 2023 dans le sud de la France.
04:58Et donc là, la campagne de rappel qui nous occupe aujourd'hui.
05:02Certains de vos clients vous accusent finalement d'avoir mis la poussière sous le tapis pendant des années
05:06et d'avoir attendu que le scandale s'ébrouille pour le traiter enfin sérieusement.
05:09Qu'est-ce que vous répondez à ça ?
05:11D'abord, c'est un...
05:12Un collectif qui s'est créé sur les réseaux sociaux.
05:14Bien sûr. D'abord, c'est une affaire qui a concerné la plupart des constructeurs dans le monde.
05:18Et je peux vous dire que Stellantis et Citroën n'ont absolument pas attendu.
05:23Volontairement, on a mis en place une surveillance avec des tests que l'on a faits dès 2014.
05:29Donc ça fait 10 ans qu'on surveille.
05:31Au départ, quand il ne se passe rien et que vous avez un fournisseur qui vous dit
05:34qu'il n'y a pas de problème, on surveille, on surveille, on surveille.
05:37Dès qu'il y a eu les premières suspicions, on a mis les actions en place.
05:42Je peux vous dire que rappeler 250 000 voitures, c'est une opération très très lourde,
05:45mais on n'a pas hésité un seul instant à le faire.
05:49Quand vous imaginez 250 000 voitures, ça représente un an et demi de vente de Citroën en France.
05:53Donc c'est comme si on disait à tous les clients des 18 derniers mois,
05:57arrêtez de conduire votre voiture.
05:58Donc c'est une opération énorme, on y fait face, mais c'est considérable.
06:01Au témoin doute, vous avez engagé des procédures contre les japonais ?
06:04L'entreprise Takata a fait faillite en 2017,
06:07donc je dirais que la question ne se pose plus aujourd'hui.
06:09C'est éteint elle-même ?
06:10C'est éteint elle-même.
06:12Ça risque de vous coûter combien tout ça ?
06:14C'est un enjeu majeur pour Citroën ?
06:16Je dirais que c'est aujourd'hui pas une question de coût,
06:18puisque notre première préoccupation, c'est la protection de nos clients et la sécurité de nos clients.
06:24Donc de toute façon, c'est ça qui nous importe aujourd'hui.
06:27On sait qu'on a un problème avec ce dispositif,
06:30et donc notre devoir, c'est d'assurer la protection de nos clients.
06:34Donc ce n'est pas une question de coût.
06:35Alors il y a des coûts qui ont été provisionnés dans les comptes de l'entreprise,
06:38mais ça n'est pas une question de coût.
06:39Et je peux vous dire qu'en particulier pour mettre en place les voitures de remplacement,
06:43on met en place toutes les voitures de remplacement dont on a besoin.
06:46Merci beaucoup d'avoir pris la parole Thierry Koskas ce matin sur RTL.
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