00:00Est-ce que vous vous attendiez à une telle décision de la part d'Éric Ciotti aujourd'hui ?
00:05Non, absolument pas. Mais là, vous savez, les rebondissements entre la dissolution de l'Assemblée dimanche soir
00:13et là, ce qui est vraiment un pavé dans la mare de la part d'Éric Ciotti, non, je ne vais pas faire le malin,
00:18je ne m'y attendais absolument pas. Mais je ne devrais pas être le seul à ne pas avoir vu venir une prise de position.
00:25Je sentais bien, je sais bien, comme tout le monde, qu'à l'intérieur des Républicains, il y a des sensibilités différentes,
00:31mais que le président des Républicains dise comme ça, ça y est, je traverse le rubicon d'une certaine façon.
00:41Pardon. Et je m'associe avec le Rassemblement national. Honnêtement, j'en suis resté étonné, plus qu'étonné, c'est même pas le mot.
00:50Vous qui avez aussi surpris et dérouté même parfois, on le voit dans votre parcours politique qui n'a pas été non plus linéaire,
00:59est-ce que vous comprenez la démarche d'Éric Ciotti et sa logique ?
01:04D'abord, je suis partagé pour vous dire les choses. D'une part, en ce qui concerne un certain nombre de réactions, par exemple,
01:12qui disent qu'il le traite de traître, qui disent que c'est de la collaboration, qu'il parle de Munich,
01:19tout ça est de la stupidité, tout ça est de la stupidité. Marine Le Pen, c'est pas l'ennemi de la France et c'est pas une trahison
01:27que de dire on va se retrouver avec elle. Donc ça, je trouve que c'est insupportable, les injures qui pleuvent sur Éric Ciotti.
01:36La deuxième chose qui consiste à dire, en gros, il voit pas plus loin que le bout de ses intérêts, tout ça, c'est pour gagner la mairie de Nice,
01:46il est menacé dans sa circonscription et tout. Honnêtement, je ne crois pas et je ne le pense pas d'une telle bassesse
01:53qui consisterait à dire il ne pense qu'à lui-même, il se fout de la France. Je ne crois pas ça.
01:58En même temps, je le pense d'autant moins que vous y faisiez allusion. Moi, par exemple, il y a dix ans que dans mon conseil municipal,
02:06il y a, dans ma majorité, des élus à la fois des Républicains, des élus du Rassemblement national, d'autres partis encore,
02:14ou des gens comme moi qui ne suivent pas, qui ne suivent dans aucun parti. Donc l'union des droites, je l'ai plaidée depuis dix ans.
02:21Mais l'union des droites à Béziers, d'abord, c'est qu'à Béziers, c'est dans une ville et c'est évidemment plus facile, mais c'est surtout sur un projet.
02:28C'est-à-dire qu'à Béziers, par exemple, mais je ne comporte pas, évidemment, je ne comporte pas Béziers-la-France, je ne suis pas stupide à ce point,
02:34mais on a un projet commun et donc on sait où on va. Est-ce qu'aujourd'hui, Éric Ciotti, il a un projet suffisamment commun avec Marine Le Pen pour dire
02:45« en gros, on va être dans la même majorité, pourquoi pas demain on va gouverner le pays ensemble » ? Je suis pris d'un peu plus de doutes.
02:53Parce que qu'est-ce qu'il a cité comme exemple ? Il a cité l'exemple de l'immigration où il a parlé de la sécurité.
03:00Mais là, il a raison de lui dire que ce n'est pas le Rassemblement national qui a changé ce terrain-là, c'est le reste de la droite qui s'est aligné.
03:09Et ils ont eu raison, ils ont eu raison sur l'immigration et sur la sécurité. Il y a en gros le même discours.
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