00:00 Merci Monsieur le Président.
00:06 Tout à l'heure à 18h, se tiendra devant les ministères sociaux et à l'appel de plusieurs associations,
00:11 un rassemblement contre les violences sexistes et sexuelles dans le monde de la santé.
00:17 Qu'il s'agisse des filières universitaires, Madame la Ministre,
00:21 ou alors des établissements publics ou privés de santé, Monsieur le Ministre.
00:27 Les sexismes d'atmosphère, les fresques pornographiques, l'entre-soi masculin,
00:33 les inégalités de carrière...
00:37 Pourquoi vous vous sentez concerné quand je parle d'entre-soi masculin, cher collègue ?
00:45 Les inégalités de carrière, je crains que tout ceci ne contribue pas à l'attractivité de l'hôpital,
00:51 dans un secteur où la majorité des professions sont très féminisées
00:55 et où il y a une grave pénurie de personnel.
00:58 J'espère que les organisatrices de ce mouvement seront reçues comme elles le souhaitent
01:02 par les ministres compétents et qu'elles obtiendront les réponses qu'elles attendent.
01:06 Plus globalement, le MeToo désarmé, MeToo hôpital, MeToo cinéma, MeToo politique également.
01:16 Chaque secteur a besoin d'un traitement dédié.
01:19 Mais il faut aussi une grande loi globale.
01:24 La lutte contre les violences sexistes et sexuelles appelle un traitement général complet.
01:29 C'est le sens des images et de l'appel lancé il y a quelques jours dans le monde
01:33 par la Fondation des femmes pour une loi intégrale.
01:36 Nous appellerions plutôt ça une loi d'orientation ou une loi de programmation
01:40 qui inclurait les moyens, les réformes nécessaires, la totalité de la chaîne,
01:45 prévention, accompagnement, prise en charge des victimes, répression des auteurs et réparation.
01:50 Madame la ministre chargée de l'égalité femmes-hommes, comment le gouvernement
01:54 entend-il répondre à cette proposition et selon quelle méthode de participation démocratique et collective ?
02:00 Pour vous répondre la parole est à la ministre déléguée en charge de l'égalité entre les hommes et les femmes
02:06 et la lutte contre les discriminations. Madame Bervet.
02:10 Merci Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Sénateurs, Madame la ministre Laurence Roussignol.
02:15 Oui, vous avez raison, il y a une mobilisation qui est extrêmement importante et qui soulève l'ensemble de la société.
02:21 Karine Lacombe notamment s'est exprimée, mais derrière elle c'est une foule immense, en vérité,
02:25 qui s'exprime, de femmes et parfois d'hommes, qui subissent dans des relations d'autorité hiérarchique
02:31 des abus de cette autorité, de cette hiérarchie qui peut s'exprimer jusqu'à des violences sexuelles.
02:36 Le ministre de la Santé a d'ailleurs eu l'occasion de la recevoir.
02:39 Je crois qu'il continue évidemment ses consultations, de la même manière que la ministre de l'Enseignement supérieur
02:43 et de la Recherche a déjà travaillé sur un plan sur la lutte contre les violences sexistes et sexuelles
02:48 dans le monde universitaire, en particulier dans le cadre des études de médecine.
02:52 Et de manière plus générale, en vérité, quand on regarde l'ensemble des secteurs
02:55 qui sont concernés par des relations d'abus d'autorité, on voit bien que systématiquement,
02:59 on a besoin d'aller plus loin sur comment on a des circuits de signalement beaucoup plus efficaces,
03:03 comment on a de la détection, comment on a de la prévention, comment on a des garde-fous.
03:07 C'est aussi le sens de cette mission interministérielle que justement nous avons lancée,
03:11 avec la Santé, avec le travail, avec la fonction publique, avec l'enseignement supérieur,
03:16 avec le sport, avec la culture, pour garantir que ces garde-fous puissent être posés,
03:20 avec des femmes qui ont été missionnées sur cette mission, qui sont avocates, qui sont magistrates, qui sont DRH.
03:25 Angélique Cauchy aussi, par exemple, à laquelle je pense, qui a été une des premières
03:28 à dénoncer les violences qu'elle avait elle-même subies, ses conclusions nous seront rendues au mois de juin.
03:32 Et puis d'autre part, il y a l'appel que vous avez relayé sur une loi globale
03:37 sur l'accession des violences sexistes et sexuelles.
03:39 La première des choses, c'est qu'on regarde enfin en face ce fléau de masse
03:43 que constituent les violences sexuelles et qui se jouent au cœur de notre intimité,
03:48 au cœur de nos familles, au cœur de nos environnements familiaux, professionnels et amicaux.
03:53 Dans 9 cas sur 10, les femmes connaissent leurs agresseurs.
03:58 Et donc cela suppose évidemment que nous puissions changer notre code pénal,
04:02 comme le président de la République s'y est engagé,
04:04 notamment pour que le consentement puisse y être inscrit noir sur blanc,
04:07 parce qu'au cœur évidemment de ces violences sexuelles, à partir du moment où vous connaissez l'agresseur,
04:12 il y a évidemment la question du consentement.
04:14 Cela ne résout pas tout, mais je crois que ce sera un nouveau point de départ
04:17 qui doit nous permettre de recréer du consensus sur ce sujet
04:20 et surtout d'agir, de prévenir et de lutter contre ce fléau. Je vous remercie.
04:24 Quelques secondes.
04:28 Quelques secondes pour dire que... Merci Madame la Ministre de votre réponse.
04:34 Mais nous légiférons mal sur ces sujets-là, par petites propositions de loi,
04:38 par petits morceaux de patchwork, de carrés de crochets que nous tricotons ici patiemment.
04:43 Nous avons besoin d'une grande loi, pas simplement d'une somme de petites lois,
04:47 parce que nous manquons de traitement global des violences.
04:50 Merci.
04:51 (Applaudissements)
04:52 [Musique]
Commentaires