00:00 En Nouvelle-Calédonie, toutes les parties souhaitent l'apaisement, le retour de la paix civile.
00:05 - Même ceux qui sont encore sur des barrages ?
00:06 - Et la reprise du processus de Nouméa, de Matignon puis de Nouméa, vous évoquiez tout à l'heure,
00:13 ce qu'il a fallu de hauteur et de responsabilité aux dirigeants de l'époque,
00:17 dans une période qui était très dure.
00:19 Également, il y a eu pendant quatre ans, vous savez, les fameux événements dont beaucoup parlent,
00:24 et beaucoup nous ont parlé quand nous nous sommes rendus en Nouvelle-Calédonie,
00:27 et qui est un vrai traumatisme, et tout le monde disait depuis des semaines
00:32 qu'il y avait la crainte que ça reprenne et qu'il se passe malheureusement ce qui s'est passé.
00:37 Le problème, c'est que... - C'est une réforme que vous ne soutenez pas.
00:39 - Nous, nous nous y sommes opposés.
00:41 - Vous ne pouvez pas changer le corps électoral selon vous ?
00:43 - Mais non, ce n'est pas ça la question en fait.
00:44 Et ce n'est d'ailleurs pas ce que disaient, y compris les indépendantistes.
00:49 Ce qu'ils ont refusé, c'est la remise en cause du processus de Nouméa,
00:54 qui est basé sur le consensus, c'est-à-dire le fait que tous les acteurs doivent être d'accord sur le processus.
00:59 Or, le président de la République a choisi de passer en force,
01:04 de faire cette réforme de manière unilatérale, alors que c'est quand même une question pas anodine,
01:08 pas anecdotique, dans justement tout le processus qui vise,
01:11 je rappelle les termes du processus de Nouméa, dont les décisions sont irrévertibles, à la décolonisation.
01:18 - Mais sur le fond, vous êtes d'accord ?
01:20 - Et sur ce point-là, justement, la question de la détermination du corps électoral,
01:24 c'est ce qui permet la base de la citoyenneté calédonienne.
01:27 - Mais vous êtes d'accord que quand on est né en Nouvelle-Calédonie, on doit pouvoir voter ?
01:32 - Oui, mais justement, il y a un accord d'un certain nombre de parties, y compris indépendantistes.
01:36 Sur cela, la question, c'est quelle modalité ? Comment on fait le processus ? A quel rythme ?
01:40 Il y a, par exemple, le fait qu'une partie de ce corps électoral, les natifs,
01:46 toutes celles et ceux qui sont nés, que ce soit des Kanaks,
01:50 ou ce qu'on appelle là-bas des Européens, ou d'autres catégories de la population,
01:54 comme les Molisiens, etc., puissent s'intégrer.
01:56 Et ça, il y avait un accord là-dessus.
01:58 La question, c'est sur quelle modalité tout cela se fait, et que surtout, ça ne peut pas se faire sous la menace,
02:05 parce que ce texte, et ça a été dit, y compris quand nous avons eu des discussions,
02:09 beaucoup ont assumé de dire qu'en fait, on utilise une réforme constitutionnelle, rien que ça,
02:15 pour mettre la pression sur les indépendantistes.
02:17 - Donc il faut retirer cette réforme ?
02:18 - Oui, je pense que c'est le but.
02:19 - Donc vas-y, on arrête.
02:21 - Et de reprendre le fil de la discussion.
02:22 - On ne va pas donner raison à ceux qui ont cassé, ceux qui ont pillé, ceux qui ont provoqué cette guerre civile.
02:28 - Tout le monde déplore, en fait, le fait que six personnes soient mortes,
02:31 qu'il y ait des centaines de blessés, qu'il y ait toutes ces destructions.
02:33 Tout le monde dans la population.
02:34 - Pas ceux qui ont fait ça.
02:35 - Les personnes qui mettent de l'huile sur leur feu.
02:38 - Ça, bien sûr, mais je pense que là, on...
02:39 - Vous n'en parlez pas du tout de ceux qui...
02:41 Pardon, mais il y a des gens qui ont fait des actes de délinquance très graves,
02:44 qui ont tiré à balles réelles sur des policiers et des gendarmes, vous n'en parlez pas ?
02:47 - Oui, et il y a des gens qui ont tué d'autres personnes.
02:48 Je vous rappelle le fait que six personnes ont été tuées,
02:51 dont deux gendarmes, dont un jeune étudiant, un canard, etc.
02:55 - Mais vous dites que tous ces gens-là peuvent être autour de la table, en fait,
02:57 tous ceux qui ont tiré...
02:58 - Mais non, mais ce n'est pas de ça dont on parle.
02:59 Je pense qu'il faut éviter de confondre ces actes-là, qui sont des actes criminels,
03:03 et le fait qu'on parle aujourd'hui d'un certain nombre de forces politiques,
03:09 parmi notamment les indépendantistes, et de cadres de mobilisation...
03:12 - Qui, visiblement, ne maîtrisent plus grand-chose.
03:14 - Qui, pendant des mois, ont organisé des manifestations,
03:18 ont interpellé, justement en avertissant sur les risques.
03:20 - Mais est-ce que vous condamnez les violences et les pillages ?
03:23 - Je l'ai dit à l'Assemblée nationale, lorsque j'ai interpellé le Premier ministre,
03:28 donc je le redis, nous déplorons ces violences.
03:30 Nous avons tout fait.
03:31 - "Déplorer" et "condamner", ce n'est pas tout à fait le même terme.
03:33 - Nous avons tout fait pour éviter que cela se passe.
03:36 - D'accord, mais est-ce que vous condamnez ces violences ?
03:37 - Nous avons alerté sur le fait que ça risquait de se passer,
03:42 et nous déplorons la mort des personnes.
03:44 - C'est la même chose, excusez-moi.
03:45 - Non, déplorer et condamner, ce n'est pas la même chose.
03:47 - Alors, si vous voulez que je mette ma casquette de juge de la Cour de la République,
03:54 je vais dire "oui, en tant que juge, je condamne cela".
03:56 - Mais les juges, ils aillent avoir un député.
03:57 - En tant que citoyen, vous pouvez dire, ou en tant que député,
03:58 "je condamne les violences, il n'y a pas besoin d'être juge".
04:00 - Oui, et je viens de vous le dire.
04:01 - Non, vous ne l'avez pas dit, vous dites "je déplore",
04:03 et "condamner", ce n'est pas tout à fait pareil.
04:04 - Je vais faire tout un buzz là, parce que...
04:06 - Non, mais c'est intéressant la nuance.
04:08 Vous êtes les seuls à ne pas condamner.
04:10 - Non, non, ce n'est pas vrai.
04:11 Nous l'avons dit et nous l'avons redit.
04:12 Nous sommes les seuls, par contre, excusez-du-peu,
04:14 à avoir alerté depuis le début, à avoir dit qu'il ne fallait pas faire ça,
04:17 à avoir dit qu'il y avait des morts qui risquaient d'avoir lieu.
04:20 Nous avons passé deux jours à l'Assemblée nationale...
04:22 - Donc, le responsable des morts et des violences, c'est l'État, c'est le président.
04:24 - Je pense qu'il y a une responsabilité politique,
04:26 et nous ne sommes pas les seuls à le dire, excusez-du-peu.
04:28 Donc, peut-être que si on les avait écoutés,
04:30 plutôt que de chercher la petite bête,
04:31 plutôt comme l'a fait M. Darmanin,
04:33 d'instrumentaliser, lui, le sujet,
04:35 alors que c'est un sujet d'importance,
04:37 et ça fait des décennies que des gens travaillent autour de ça,
04:39 peut-être que ça aurait évité un certain nombre de ces morts,
04:41 que nous déplorons, je le rappelle.
04:43 Et donc, je ne suis certainement pas pour le gouvernement
04:45 de faire des leçons à la France insoumise.
04:47 Nous avons été bien plus responsables qu'eux sur le sujet.
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