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  • il y a 2 ans

Marc Lhermitte, associé du cabinet de conseil EY Consulting pour la présentation du Baromètre EY de l’attractivité de la France 2024, répond aux questions d’Alexandre Le Mer.
Retrouvez "L'invité éco" sur : http://www.europe1.fr/emissions/linterview-eco

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Transcription
00:00 L'invité éco avec Banque Populaire, engagé aux côtés de ceux qui entreprennent.
00:04 Europe, il est 6h41.
00:06 Alors si d'aucuns peuvent parfois en douter, non, la France n'est pas déclassée dans la compétition économique internationale.
00:13 C'est ce que nous enseigne le baromètre EY 2024 de l'actractivité de la France.
00:17 On vous en dévoile les résultats ce matin sur Europe.
00:19 Oui, avec votre invité, Alexandre Marc-Lermitte, associé du cabinet de conseil EY Consulting.
00:25 Bonjour Marc-Lermitte.
00:26 Bonjour.
00:27 Vous avez réalisé votre enquête auprès de 200 patrons de tous les secteurs, de tous les pays.
00:32 Toutes les tailles d'entreprises, ce sont les investisseurs étrangers en France et en Europe.
00:35 Et la bonne nouvelle, n'attendons pas davantage, la France reste donc le pays le plus attractif d'Europe pour la cinquième année consécutive.
00:42 Oui, ce n'est pas une mince affaire, c'est une bonne nouvelle.
00:44 1200, près de 1200 opérations à peu près partout dans nos territoires, 50% d'ailleurs dans les petites villes, dans les villes moyennes.
00:51 Quand vous dites 1200 opérations concrètement ?
00:53 Ce sont des usines, ce sont des centres de recherche, ce sont des plateformes de services, ce sont au trois quarts des extensions d'unités existantes,
01:00 puisque les investisseurs reviennent en France, et puis pour un quart d'entre elles, ce sont de toutes nouvelles opérations, toutes nouvelles usines qui sont créées.
01:06 Donc 1200 opérations au stade de projet, de promesses ou de réalisation ?
01:09 Ce sont des promesses qui généralement se réalisent à 95% tout ce fait et dans les deux à trois ans qui viennent.
01:16 En tout cas, ce résultat nous place devant le Royaume-Uni et l'Allemagne.
01:20 Oui, c'est une première place qu'on a gagnée il y a quelques années, d'abord parce que c'est le fruit de réformes qui ont tapé juste auprès de dirigeants
01:28 qui aimaient moins la France avant et qui trouvaient que la France était trop chère, trop complexe.
01:33 Et puis c'est aussi le résultat peut-être des déboires de nos concurrents.
01:36 Le Brexit a quand même fortement affaibli le Royaume-Uni, qui a perdu la moitié de ses emplois industriels en deux ans,
01:43 et ça c'est très important, il y a moins de sens à aller fabriquer au Royaume-Uni pour réexporter après en Europe.
01:49 Et puis l'Allemagne elle-même est prise dans un contexte politique, un contexte énergétique qui est assez douloureux pour les entreprises internationales.
01:56 La France en profite, mais la France en profite aussi sur ses propres mérites,
01:59 d'abord parce qu'elle est reconnue aujourd'hui pour ses compétences, ses infrastructures et un certain nombre d'autres qualités.
02:04 Alors très intéressant, très stimulant pour le tissu économique français, vous l'avez évoqué il y a un instant Marc Lhermitte,
02:10 la moitié, près de la moitié de ses investissements étrangers, en tout cas des projets, concernent soit les zones rurales, soit les villes moyennes.
02:18 Oui, des endroits qui avaient été désindustrialisés, donc c'est important que...
02:21 C'est ça d'abord que les entreprises recherchent, c'est-à-dire des bassins d'emplois dans lesquels ils peuvent faire leur place,
02:27 dans lesquels ils peuvent recruter, dans lesquels ils trouvent du foncier, ce qu'ils trouvent peut-être un peu moins facilement dans les grandes métropoles.
02:33 Et alors, plus d'investissements étrangers c'est bien, mais est-ce que ça crée aussi des emplois ?
02:38 Est-ce que ça se convertit en emplois concrets pour les Français ?
02:41 40 000, c'est pas rien, c'est à peu près le tiers des emplois créés l'année dernière en France, donc c'est assez considérable.
02:47 Un emploi sur trois créé en France l'année dernière provient d'investissements étrangers ?
02:51 Oui, de ces annonces qui ont été faites.
02:54 Il faut savoir que ces entreprises étrangères, c'est moins de 1% les entreprises en France.
02:58 C'est un petit nombre d'entreprises qui sont nées ailleurs, qui prennent des décisions ailleurs,
03:02 qui pèsent donc un tiers des emplois créés l'année dernière, 35% de nos exportations industrielles,
03:07 et qui font énormément de recherches en France, à peu près un quart de l'innovation privée,
03:11 l'innovation par les entreprises en France. Donc elles ont un très gros impact sur notre économie,
03:15 il faut les rechercher pour ça, il ne faut pas tout faire pour elles, ne faire que pour elles,
03:19 il faut aussi travailler pour les PME, les ETI françaises,
03:21 mais ce sont des entreprises qui ont très fort retombé sur notre économie, sur nos territoires.
03:25 C'est intéressant de regarder d'un peu plus près le moral des investisseurs,
03:29 que vous avez interrogé Marc Lhermitte, il est plutôt bon, trois dirigeants sur quatre
03:34 pensent que notre attractivité va encore s'améliorer dans les années qui viennent.
03:39 C'est un peu le paradoxe de la France, qui doute à l'intérieur et qui séduit à l'extérieur.
03:44 Oui c'est étonnant, mais en fait on se rend compte que ce sont d'abord des entreprises
03:48 qui sont non européennes, qui ne sont pas encore présentes en France,
03:52 qui nous voient d'un peu plus loin, alors sans doute faut-il aussi écouter ceux qui sont
03:57 en France et qui vivent le quotidien, la complexité, probablement une pression fiscale encore trop forte,
04:02 mais de l'extérieur, quand ils ouvrent les pages de la presse anglo-saxonne,
04:05 quand ils écoutent des débats économiques en Allemagne, ce sont des entreprises qui
04:09 finalement voient la France comme un pays de stabilité relative, on sait que la France a beaucoup de problèmes,
04:15 mais un pays de stabilité relative par rapport à une Europe qui est très agitée,
04:18 par rapport à une Allemagne qui s'effondre économiquement,
04:22 pour l'instant c'est quand même encore la première économie européenne,
04:25 et un Royaume-Uni qui s'est tiré une balle dans le pied avec le Brexit.
04:28 Donc toutes choses comparées, la France peut se consoler, et en tout cas de l'extérieur ça se voit.
04:33 - Réindustrialiser la France, c'est l'un des engagements d'Emmanuel Macron,
04:37 dans ses 1194 projets d'investissement étrangers,
04:42 ça comprend à la fois les implantations ex nihilo et les agrandissements d'usines,
04:47 pas beaucoup d'implantations d'usines nettes finalement, de créations de nouvelles usines ?
04:53 - Non, il y a beaucoup de bémols aussi dans cette étude, tout va mieux mais tout ne va pas bien.
04:57 Il y a encore un coût du travail qui limite la création d'emplois massives,
05:01 il y a quelques très belles opérations, très belles victoires,
05:05 les usines de batteries dans le Nord, une usine de panneaux solaires dans le Grand Est,
05:08 un certain nombre d'entreprises de la pharma, de l'industrie pharmaceutique sont venues s'implanter en France,
05:13 mais créent finalement assez peu d'emplois parce que le coût du travail,
05:17 et puis aussi des relations sociales qui sont soumises à des aléas, la réforme des retraites,
05:22 et puis probablement un droit du travail qui au plan collectif est encore un peu complexe, un peu long, un peu coûteux.
05:27 - Donc ça ce sont les ombres au tableau, effectivement, votre étude met en lumière le fait que le climat social en France
05:35 est regardé assez attentivement par les investisseurs étrangers.
05:38 - Il est subi, il n'est pas un facteur qui limite ou en tout cas qui empêche les investissements,
05:44 on se fait à cela en France, finalement on a une habitude d'un climat social un peu éruptif.
05:50 - Ce n'est pas quelque chose qui refroidit certains investisseurs ?
05:52 - Ils le prennent en compte, évidemment, mais ils savent que la France, ils prendront ce contexte-là en France de temps en temps.
05:58 Il y a un autre facteur qui est peut-être plus préoccupant, c'est que la France était vue comme un pays un peu de certitude sur l'énergie,
06:06 énergie abondante, pas chère, nucléaire, donc très décarbonée,
06:09 et là la crise de 2022-2023 a ébranlé un peu ces certitudes, donc on voit aussi que c'est un facteur qui aujourd'hui préoccupe beaucoup les dirigeants,
06:17 le coût de l'énergie, la disponibilité de l'énergie, c'est quelque chose auquel il va falloir qu'on fasse très attention, il faut qu'on les rassure sur ce point-là.
06:23 - En résumé, l'esprit aussi des résultats de votre baromètre, c'est que la France plaît toujours aux investisseurs étrangers,
06:29 et tant mieux, et pour la cinquième année consécutive, nous sommes champions d'Europe de l'attractivité économique devant le Royaume-Uni, devant l'Allemagne,
06:35 mais rien n'est acquis, il ne faut pas s'endormir, c'est un peu le bémol dont vous parliez.
06:39 - On a fait du chemin, une partie du chemin seulement, je pense que pour aussi que cela profite à tous les secteurs d'activité en France,
06:46 il y en a quelques-uns qui ne vivent pas des heures aussi heureuses, dans l'agroalimentaire, notamment, dans la chimie,
06:51 il y a des transformations très lourdes qui font que les entreprises sont peut-être un tout petit peu moins enclines à investir en France et en Europe,
06:57 donc il faut continuer l'esprit et surtout la nature des réformes qui vont faire revenir plus d'entreprises en France.
07:03 - Merci Marc Lhermitte, associé du cabinet de conseil EY Consulting ce matin sur Europe 1. - Merci.
07:08 C'était l'invité éco avec Banque Populaire, engagé aux côtés de ceux qui entreprennent.
07:13 Banque Populaire, partenaire premium de Paris 2024.
07:16 I'm free
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