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  • il y a 2 ans

Tous les jours de la semaine, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Pierre de Vilno pour débattre des actualités du jour.


Retrouvez "Les débats d'Europe 1 Soir" sur : http://www.europe1.fr/emissions/l-invite-actu

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00:00 - Bon alors on recommence, on va parler d'un autre sujet s'il vous plaît, à 19h37 sur Europe 1, vous vous souvenez de la petite Samara, 13 ans, agressée à proximité de son collège de Montpellier,
00:12 Madame Belloubet, qui était très prudente à sa première prise de parole, qui d'ailleurs avait eu lieu, si je me souviens bien, 24 heures plus tard,
00:19 de cette agression de Samara, et qui disait "il faut attendre quand même le résultat du rapport", et bien 4 semaines après justement cette agression, l'enquête administrative n'a révélé aucun manquement fautif de la part de l'établissement,
00:37 ni pu établir de harcèlement scolaire, alors que sa maman répète, et répète, et répète que sa fille est harcelée par ses petits camarades, je vous propose d'écouter la maman de Samara qui était chez Pascal Praud ce matin sur Europe 1.
00:49 Par manque de preuves au niveau du relevé téléphonique, on en conclut que j'ai menti, que ma fille n'a jamais été harcelée, voilà en fait c'est ça les conclusions.
01:00 On m'a demandé mon relevé téléphonique, on aurait pu faire de même au niveau du collège, là on explique que le professeur, limite, ne m'a jamais prévenu que Samara allait se faire frapper,
01:13 il m'a dit les mots pour mots "je crains pour votre fille, venez la récupérer, ces jeunes ne sont pas là pour parler avec elle, ils sont venus pour la frapper",
01:22 et là en fait l'enquête, les conclusions montrent que ce professeur n'était pas au courant, n'était pas inquiet, parce qu'il a pensé que c'était rien.
01:34 Voilà la maman de Samara dans l'or des proies avec Pascal Praud ce matin, et nous avons la chance et l'honneur d'accueillir la chef de l'inspection générale de l'éducation du sport et de la recherche, Caroline Pascal, bonsoir madame.
01:45 Bonsoir.
01:46 Merci d'avoir choisi Europe 1 pour vous exprimer puisque vous n'intervenez quasiment jamais dans les médias, c'est donc un grand honneur de vous avoir pour la simple et bonne raison que vous nous avez expliqué comment est-ce que ce rapport a été fait.
01:58 C'est vrai qu'il y a littéralement deux versions totalement opposées, c'est vraiment le chaud et le froid, le noir et le blanc, d'un côté la maman de Samara qui dit "je ne comprends pas, ma fille est harcelée", et de l'autre côté ce rapport qui dit "il n'y a aucun harcèlement", comment expliquer cela ?
02:12 Alors plusieurs choses peut-être d'abord pour l'expliquer.
02:15 Distinguer clairement ce qu'est une enquête administrative, je pense que c'est un point important, et notamment dans le cas de l'agression de Samara, qui est évidemment à la fois inacceptable, un choc inadmissible pour elle mais aussi pour sa maman, pour sa famille, mais je tiens à le dire aussi pour ses professeurs, pour les membres du collège qui la suivaient de très près.
02:36 Les premiers responsables ce sont les agresseurs, dont l'enquête judiciaire est en train d'établir l'identité, les responsabilités, et pour lesquelles le rectorat a déjà convoqué un conseil de discipline.
02:49 Donc en ce sens, les responsabilités sont établies, ou en tout cas vont l'être, et les sanctions suivront, d'abord par la justice et ensuite par le conseil de discipline.
03:00 Ça, ça concerne les agresseurs, c'est l'enquête judiciaire. Et sur l'enquête administrative, c'est sur la responsabilité du collège ?
03:05 Du collège, du collège, tout à fait. Et donc évidemment on prend une certaine distance, un peu de distance, parfois qui peut apparaître comme de la froideur mais qui n'en est pas du tout.
03:13 C'est-à-dire que l'inspection, la mission d'inspection, instruit à charge et à décharge. Elle n'a pour objectif ni d'accabler, ni de protéger.
03:23 Elle doit établir la vérité de ce qu'elle est en mesure d'établir, c'est-à-dire par le croisement des témoignages, des auditions. Elle a mené 51 auditions.
03:32 51 auditions de qui ? Des professeurs, des encadrants ?
03:37 De professionnels, de professeurs, d'encadrants, d'assistants d'éducation, des infirmières, des personnels de direction, des quelques élèves, j'y reviendrai sans doute,
03:46 la maman de Samara, très longuement, et c'est tout à fait normal, parmi les premières auditions qui ont été conduites.
03:53 Donc, elle a auditionné l'ensemble de ces témoins, elle croise ensuite ces différents témoignages, notamment autour des appels téléphoniques, bien entendu.
04:05 Donc, elle entend la version de la maman, elle entend la version des personnels susceptibles d'avoir reçu cet appel, l'accueil, la vie scolaire, les personnels d'éducation qui sont dans les bureaux à ce moment-là.
04:18 Elle indique, elle, que faute de témoignages qui corroborent, ou faute d'éléments établis, le journal d'appel ou autre, elle n'est pas en mesure de vérifier, ou en tout cas de prouver, d'établir la vérité de ces appels.
04:36 - Donc, c'est par omission ? C'est-à-dire qu'on est resté quand même sur cette image d'une enfant de 13 ans qui voulait, d'une certaine manière, être protégée à l'intérieur de son collège, et le collège la sort.
04:50 Et donc, elle se retrouve dans la rue, face à ses agresseurs.
04:53 - Oui, je vois bien l'image. La réalité des faits n'est pas cette image-là.
04:59 C'est-à-dire que le professeur, il y a deux altercations à la sortie de l'établissement, encore une fois, rien ne s'est passé dans l'établissement.
05:06 À la sortie de l'établissement, à midi, le prof principal, le professeur principal, pardon, de Samara, la voit en discussion avec un garçon qui lui reproche une photo qu'elle aurait prise.
05:17 Ensuite, une altercation avec un groupe de jeunes dont une partie ne sont pas du collège, qu'il disperse, qu'il renvoie, et la situation est tout à fait apaisée à l'issue de ces deux épisodes.
05:32 Il appelle la maman de Samara pour autre chose, c'est-à-dire un rendez-vous téléphonique qui était prévu sur son orientation, sur le conseil de classe et sur ses résultats scolaires.
05:42 Il en profite pour lui dire qu'il vient d'assister à cette scène et il l'invite à venir la chercher.
05:48 La maman dit qu'elle viendra, les deux, l'échange téléphonique se termine de manière tout à fait apaisée et Samara retourne en classe, ne parle de rien, ne s'inquiète pas outre mesure,
06:03 ou en tout cas pas, pardon de le dire comme ça, parce que je ne peux pas me mettre à la place de Samara qu'on n'a pas entendue, mais elle ne manifeste rien.
06:10 - Vous allez entendre à un moment donné ?
06:12 - Non, qui sera entendu par l'enquête judiciaire.
06:14 - Judiciaire mais pas administrative ?
06:16 - Non, puisque désormais elle est close et surtout je tiens à le dire, les inspecteurs généraux ont demandé à pouvoir entendre Samara,
06:25 et de manière que je peux tout à fait entendre, sa maman a considéré qu'elle n'était pas en état de parler aux enquêteurs et qu'elle ne le souhaitait pas.
06:35 A partir de là, et encore une fois, ce n'est pas l'Inquisition l'inspection, donc nous ne forçons pas les gens qui ne souhaitent pas témoigner.
06:44 Donc nous n'avons pas pu obtenir le point de vue de Samara.
06:48 Toujours est-il que l'après-midi se passe de manière tout à fait normale au collège et que personne n'a l'information, il ne peut anticiper le guet-apens qui peut être en train de se préparer.
07:02 - Bon, écoutez madame, merci beaucoup de ces explications qui sont précieuses, merci d'avoir participé à notre émission,
07:08 je rappelle que vous êtes chef de l'inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche,
07:12 ça apporte évidemment de nombreux éléments sur lesquels on va revenir avec Paul Melun et Jean-Claude Dacier.
07:17 Dans un instant, vous restez avec nous sur Europe 1, il est 19h44.
07:21 Europe 1, le journal permanent.
07:25 - Dans l'actualité, 200 000 manifestants dans toute la France selon la CGT, 121 000 d'après les autorités des manifestations du 1er mai marquées par des débordements,
07:32 notamment à Paris en fin de cortège à Nation mais aussi à Nantes, à Rennes ou encore à Lyon.
07:38 Des orages forts, des précipitations importantes attendues de la Bourgogne au Haut de France en passant par la région parisienne,
07:43 Météo France place 19 départements en vigilance orange ce soir et cette nuit.
07:49 Et puis bien sûr le football, le PSG affronte le Borussia Dortmund à 21h, demi-finale allée de la Ligue des Champions.
07:56 Et puis je vous signale que vous retrouvez l'émission de référence sur les médias Culture Média du lundi au vendredi de 9h30 à 11h sur Europe 1 avec Thomas Hill et l'ensemble de ses chroniqueurs.
08:08 Demain, il recevra Julia Vignelli et Yann Moix pour son livre Visa qui sort ce jeudi aux éditions Grasset et que vous retrouvez bien sûr sur les réseaux sociaux d'Europe 1.
08:17 Europe 1 soir, 19h21, Pierre de Villeneuve.
08:21 Paul Mollin et Jean-Claude Dacier, vous avez écouté attentivement les explications de Caroline Pascal sur cette affaire Samara.
08:30 J'ai l'impression qu'il y avait déjà beaucoup de zones d'ombre et là c'est encore plus compliqué.
08:38 Ces arguments me semble-t-il sont convaincants, il reste tout de même que Samara a été agressée, qu'elle a failli laisser la vie et qu'apparemment il y a eu un coup de téléphone entre un personnel de l'établissement scolaire et la maman de Samara.
08:57 Sur autre chose ? Sur les notes ?
08:59 Oui, c'est ce que dit effectivement ce personnel de l'établissement scolaire. La maman me semble-t-il tient un autre discours et considérait qu'il y avait un danger pour l'existence de sa fille et qu'il fallait intervenir.
09:16 Donc on va voir comment ça va se terminer par l'enquête judiciaire qui va, espérons-le, y voir clair.
09:22 Moi ce que je voudrais dire c'est que je comprends les hésitations de la maman de Samara, c'est terrible ce qui lui est arrivé.
09:29 Et on n'offre jamais assez de certitude et de garantie lorsque une femme qui n'a jamais parlé à la télévision voit une caméra arriver, c'est très impressionnant.
09:44 Alors on lui reproche aujourd'hui d'avoir dit le contraire entre l'émission de Pro et l'émission de Danouna le soir, moi je comprends ça.
09:52 Il y en a eu d'autres, je ne peux pas la comparer à Jawad, mais Jawad ça reste quand même le public.
09:57 On ne peut pas sous-estimer le poids qu'a une télévision face à quelqu'un qui ne s'est jamais exprimé, et donc ce n'est pas déterminant dans mon esprit. Cette maman est complètement perdue.
10:09 En tout cas elle veut protéger sa fille et elle est capable d'y faire.
10:16 C'est une affaire qui nous touche tous, qui a défrayé la chronique et qui a touché beaucoup de nos compatriotes, donc on peut comprendre que maintenant il y a le temps de la réflexion et le temps des enquêtes.
10:25 Maintenant je pense que la vertu de l'enquête administrative, on n'a pas de raison de douter de la bonne foi de notre interlocutrice il y a quelques instants, ou de la qualité des enquêteurs.
10:33 - Ca je peux vous dire que Karine Pascal n'aurait pas pris la parole s'il y avait le moindre doute ou la moindre inexactitude dans le rapport.
10:42 - Je pense que le sujet n'est pas là, le sujet c'est davantage l'enquête judiciaire, et c'est de savoir ce qui s'est passé en dehors de l'établissement scolaire.
10:50 Par-delà le débat sur la responsabilité ou non de l'établissement scolaire, je pense que le fond du débat sur ce qui s'est passé avec Samara, c'est qui sont ces agresseurs, pourquoi ont-ils fait ça,
10:59 où est la raison religieuse, où est l'islam politique là-dedans, et effectivement où est cette fameuse police des mœurs dont on nous a parlé,
11:06 comment est-ce qu'elle s'exprime, comment est-ce qu'elle s'est exprimée contre la malheureuse Samara, et là il y a un vrai débat de société, un vrai débat politique,
11:14 un vrai débat même philosophique, qu'il est fondamental d'avoir. Maintenant là il s'agissait avec enquête administrative de déterminer les rôles de la société.
11:20 - Pourquoi philosophique, je n'ai pas compris.
11:21 - Bah philosophique parce qu'aujourd'hui comment la laïcité, comment notre pays peut faire face à la prolifération de l'islam politique, et à ses manifestations parfois violentes, y compris ces dernières semaines.
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