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  • il y a 2 ans
On a rencontré Thierry Ardisson, concepteur, animateur et producteur de cinéma et de télévision français.

Retrouvez cet échange : https://youtu.be/Hmae-a_gXUM

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Transcription
00:00 - Je suis une grande gueule. - Bah oui, mais mon nom,
00:03 "ardisson", ça vient du latin "ardus sonus", "ardus fort", "sonus", la voix.
00:10 Donc déjà, mon nom veut dire "grande gueule".
00:13 - Famille de grande gueule. - Famille de grande gueule.
00:15 J'imagine que dans l'Antiquité gréco-romaine, puisqu'on est plutôt d'Italie,
00:18 j'imagine qu'il y avait des ardissons et qu'on traitait d'ardus sonus, de grande gueule.
00:22 - Je me considère féministe. - Oui, je suis féministe,
00:26 comme sont les gens bien élevés. C'est-à-dire que moi, très jeune,
00:31 à la maison, je débarrassais la table, c'est moi qui passais l'éponge,
00:35 c'était mon privilège, je nettoyais très bien la table.
00:38 Après, quand je me suis marié, avant d'avoir suffisamment d'argent
00:42 pour engager des femmes de ménage, je passais l'aspirateur le samedi matin.
00:46 J'ai toujours partagé les tâches ménagères sans que ça me coûte.
00:51 Et je suis féministe au sens où je pense que c'est normal que les femmes soient respectées,
00:55 qu'elles gagnent la même chose que les hommes, etc. Ce que je ne suis pas,
00:59 c'est néo-féministe, c'est-à-dire cette espèce de folie furieuse
01:03 qui s'empare de certaines féministes, où l'idée, c'est de déconstruire les hommes.
01:07 Ça, je comprends pas, ça m'énerve plus au point. Mais féministe, oui.
01:12 - À la télé, tout le monde se drogue. - Non, c'est des conneries, ça.
01:16 Moi, je me suis drogué, enfin, drogué, j'ai fumé des pétards après les émissions.
01:21 Avant jamais, parce que je pense que déjà, pour moi, c'était très compliqué de faire de la télé.
01:26 Donc, si j'étais arrivé défoncé, je serais encore plus en braque.
01:31 Et moi, j'ai commencé, la chance que j'ai eue, c'est que je me suis drogué,
01:34 mais avec des drogues dures, disons, avant de faire de la télé.
01:37 Donc, quand j'ai commencé la télé, il y avait pratiquement 10 ans
01:41 que je prenais plus de cocaïne et d'héroïne. Donc, j'ai pas eu le problème de beaucoup de gens,
01:45 comme de la rue ou d'autres, d'ailleurs, qui se sont défoncés la gueule tout en faisant de la télé.
01:50 En fait, j'ai jamais eu ce genre de problème.
01:53 Donc, vous aviez juste un grand tableau de Louis XIV, finalement, au-dessus de votre livre.
01:57 C'est le seul autographe que j'ai pu obtenir de ma vie, d'ailleurs.
02:00 Moi, j'avais déjà vécu le truc.
02:03 L'IA va tout changer.
02:05 Oui, faut pas rêver, parce que moi, quand je demande à Chad GPT de m'aider à créer...
02:12 Il est mort, toi.
02:14 Moi, non, alors, je l'engueule. Là, un jour, j'ai flippé, parce que je demande un truc,
02:18 elle me répond un truc pas terrible.
02:20 Et je lui dis "mais c'est pas ça que je voulais".
02:22 Et elle me répond "oups".
02:24 Et là, ça m'a fait flipper.
02:26 C'est une intelligence artificielle qui te dit "oups, je me suis gouré".
02:30 Mais non, moi, personnellement, dans ce que je fais, ça m'aide pas.
02:35 Maintenant, c'est vrai si tu dis, par exemple, sur un super Google,
02:39 tu dis "je veux les 10 meilleurs films de tous les temps, je veux tous les films avec tel acteur".
02:44 Oui, c'est mieux que Google pour ça, mais moi, ça n'a jamais trouvé d'idée à ma place.
02:49 Plus personne ne regarde la télévision et tout le monde va sur Internet.
02:55 Oui, ça, je crois que... Moi, je suis fan de YouTube.
02:59 J'aime beaucoup YouTube, parce que c'est le seul endroit où tu peux avoir, effectivement,
03:04 le dernier clip d'Eastone et un documentaire sur la gare de Carangue.
03:08 C'est absolument fou. En plus, mon algorithme, il me connaît bien.
03:12 C'est personnalisé, c'est très flippant.
03:15 Moi, j'adore. C'est comme un pote qui te conseille des livres.
03:19 Il sait que j'aime bien la musique anglaise des années 60, il m'envoie plein de trucs.
03:24 Il sait que j'aime bien les documentaires sur l'occupation, il m'en envoie plein.
03:28 Et puis, je regarde les séries, je regarde YouTube.
03:32 Mais regarder la télé, je dois dire, c'est rare.
03:35 Pour rentrer plus profondément dans l'interview,
03:38 je trouve un discours que tu portes de plus en plus depuis quelques semaines, quelques mois, quelques années,
03:43 et que témoigne aussi avec l'arrivée de HardiTube et de l'INA sur YouTube.
03:47 Salut, bande de nazes ! C'est ce que je disais quand je faisais de la télé.
03:50 Maintenant, je vous dis, bienvenue sur INA HardiTube.
03:53 INA HardiTube, c'est 35 ans de télévision en deux clics.
03:57 Et pour être sûr de ne rien rater de INA HardiTube, abonnez-vous.
04:02 Et qui fait, en fait, écho à cette séquence de Squeezie.
04:06 Vous êtes un génie parce que votre boulot consiste à vous filmer
04:10 en train de jouer à des jeux vidéo et à le diffuser.
04:15 Et les gens vous regardent jouer. Et comme il y a de la pub, vous gagnez de l'argent.
04:20 Vous gagnez beaucoup d'argent, vous gagnez 480 000 euros par an, c'est vrai ?
04:23 - Je gagne beaucoup d'argent, mais ce chiffre est faux, en fait.
04:26 - Aujourd'hui, tu parles beaucoup, ou bien, de YouTube et de ce qui se fait sur Internet.
04:30 À quel moment tu as changé d'avis ou à quel moment tu as vraiment découvert, en fait, ce nouveau monde de connexion ?
04:34 - J'ai changé d'avis il y a longtemps. J'ai changé d'avis il y a longtemps, effectivement.
04:38 On a fait HardiTube, puis après on a fait Hardivision, voilà.
04:42 Mais ce que je veux dire, c'est que le problème de YouTube, c'est la monétisation.
04:47 C'est-à-dire que moi, quand je faisais Tout le monde en parle, par exemple,
04:51 j'avais 200 000 euros par semaine.
04:54 Même une émission comme Bain de minuit, qui était quand même faite à la cave des bains-douches,
04:59 ça passait à minuit, sur la 5, j'avais à l'époque 500 000 francs, 50 millions de centimes.
05:07 Donc, je ne vois pas comment on peut faire de la télé.
05:12 Alors évidemment, on peut faire comme ça, mais moi, j'aime les lumières, j'aime les musiques, j'aime les girls,
05:19 j'aime les génériques qui coûtent cher.
05:22 Et sur YouTube, pour le moment, enfin, moi, ce que ça me rapporte, par exemple, HardiTube,
05:26 je ne vois pas comment je pourrais monter un talk show sur YouTube. Je ne vois pas.
05:30 Mais dans ce que ça traduit même de la nouvelle génération,
05:34 est-ce que toi, tu vois par rapport à la jeune génération,
05:37 quand toi, tu as débarqué à la télé à 35 ans et tout,
05:40 est-ce que tu retrouves cette même énergie ou tu as l'impression que les générations ne sont plus les mêmes ?
05:44 Je pense qu'aujourd'hui, Internet, enfin YouTube, c'est un laboratoire.
05:49 Mais c'est normal, parce qu'avant, moi, quand j'ai commencé, par exemple,
05:53 "Bain de minuit" était diffusé à minuit.
05:56 "L'uniatoire pour nuit blanche" était en troisième partie de soirée, c'était diffusé à minuit.
06:00 Donc, on se faisait les dents en troisième partie de soirée.
06:04 Après, on était très content en passant à la deuxième partie de soirée.
06:07 Et si on tenait la route, on était en première partie de soirée, en prime ou en access.
06:13 Le problème aujourd'hui, c'est qu'il n'y a plus ces cases tardives
06:17 où les gens pouvaient se faire les dents.
06:20 Donc, c'est YouTube. C'est là où on apprend à faire de la télé.
06:23 Aujourd'hui, c'est sur YouTube.
06:25 Et l'influence que ça comporte, est-ce que tu as cette sensation que ce changement,
06:31 il va être définitif ?
06:33 Définitif, parce que quand je vois que, par exemple, Squeezie fait 10 millions de vues
06:38 avec un format, excuse-moi, qui a été inventé en 1955.
06:43 Tu vois, tu as trois mecs, il y en a deux qui disent la vérité, un filmant.
06:46 C'est dur comme mérengue. Je n'oserais même plus le présenter à une chaîne,
06:50 tellement ils sont vrais.
06:53 Quand tu vois qu'il fait 10 millions de vues avec ça, tu dis oui, c'est là que ça se passe.
06:57 Il y en a d'autres, il n'y a pas que lui.
06:59 J'essaye de regarder quand un mec fait 8 millions de vues sur YouTube,
07:03 je me dis comment il fait, qu'est-ce qu'il fait ?
07:05 Et je me rends compte que ce n'est pas du tout des choses très extraordinaires,
07:08 loin de là, mais il y a un public qui aime bien ça.
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