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Passion théâtre à la maison - La question qui par Marie Misset et Marine Baousson
France Inter
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il y a 2 ans
Avec Emmanuelle Soler.
Retrouvez "La question qui" sur France Inter et sur https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/burne-out
Catégorie
😹
Amusant
Transcription
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00:00
-Bonjour, M. le metteur en scène. Je ne vous avais pas vu.
00:03
Je m'appelle Edmond de Charnassé.
00:05
Je suis comédien professionnel.
00:08
Mon curriculum vitae.
00:13
J'ai fait 3 ans de conservatoire,
00:16
1 mois d'expression corporelle,
00:19
1 an pour m'en remettre,
00:22
2 ans de diction
00:24
et 11 ans de chômage.
00:28
-Un théâtre bien loin de celui que vous pratiquez,
00:31
Emmanuelle Solao, que vous avez pratiqué chez vous.
00:35
Baba Karr, Shafik, Nadia,
00:37
ce sont les noms de certains habitants de Nanterre
00:40
qui ont accepté de faire rentrer des inconnus chez eux
00:44
dans l'espace le plus intime qui soit
00:47
pour leur raconter une histoire dans le cadre du festival
00:50
"Dans ma maison, vous viendrez".
00:52
C'est un projet de Philippe Jammet
00:55
avec la troupe du théâtre Nanterre-Amandier.
00:58
Ils ont eu l'espoir de rester anonymes,
01:00
leur match inoubliable,
01:02
histoire de découvrir l'étranger de la porte d'à côté.
01:06
Qu'est-ce qui vous a pris de participer à cette expérience ?
01:09
Quelle histoire avez-vous choisi de raconter ?
01:13
-Merci de m'accueillir dans votre maison.
01:16
Je veux rajouter quelques noms.
01:18
On était 8 habitants de Nanterre à participer.
01:22
Il y avait aussi Hassan, Hamza, Hadjar et Martia.
01:25
Alors, pourquoi j'ai fait ce projet ?
01:28
Les Amandiers m'ont proposé de faire ce projet en novembre.
01:32
J'avais hyper peur, en fait,
01:35
parce que c'est un peu notre rêve.
01:37
Je travaille aussi avec des théâtres.
01:40
C'est notre rêve de faire en sorte que le théâtre aille partout,
01:44
notamment dans les maisons.
01:46
Ça se fait beaucoup à Sevran,
01:48
dans plein d'endroits, à Saint-Denis.
01:51
Mais la particularité du projet, la force du projet,
01:55
c'est que c'est les habitants qui reçoivent et qui font du théâtre.
01:58
Ils se transforment en "artistes".
02:01
La maison est transformée, la cuisine devient un plateau de théâtre.
02:05
On pousse les meubles...
02:07
-Pas les murs, c'est plus difficile.
02:09
-On fait le ménage.
02:11
J'allais dire...
02:13
Peut-être pour économiser 50 psychanalyses.
02:16
C'est vrai que c'est génial d'avoir...
02:19
C'est un cadeau des Amandiers.
02:21
J'avais très peur au départ.
02:24
Je me suis enfermée deux jours pour écrire
02:26
sur une période de ma vie un peu difficile.
02:29
J'ai fait un texte.
02:31
C'est juste hallucinant, ce qui se passe.
02:34
-Comment ça ?
02:35
"Aidez-nous, dites-nous ce qui est hallucinant."
02:39
-Faire récit de sa vie, c'est une forme de résilience.
02:42
C'est ce que disent beaucoup de gens, surtout des artistes.
02:46
C'est aussi une traversée.
02:48
Après, dans le cas des Olympiades culturelles,
02:52
il y avait ce thème du sport.
02:54
Il fallait le raccrocher au sport.
02:56
Là où c'était intéressant,
02:58
c'est que j'ai eu un discours un peu décalé.
03:02
Je ne suis pas sportive, mais mes enfants ont fait du basket à Nanterre.
03:06
Gros club, immense club, incroyable.
03:09
Mon aîné a été formé au Centre de formation des sports
03:13
avec Victor Mbanyama.
03:14
Il a vécu un truc de fou.
03:16
Je raconte les coulisses.
03:18
Pour moi, c'était chaotique.
03:21
Le basket explosait ma vie.
03:23
Tout foutu en l'air.
03:24
J'écris ce récit.
03:26
Alors que les autres ne sont pas dans la même démarche.
03:30
Il y a des champions, une championne paralympique,
03:34
des gens extraordinaires.
03:36
C'est un projet fabuleux.
03:38
-Julie Deliquet, si quelqu'un raconte sa propre histoire,
03:42
c'est du théâtre ?
03:44
-Oui, bien sûr.
03:45
C'est aussi...
03:47
C'est toute une pensée de se dire des fois
03:50
comment le théâtre se déplace, comment il est en expérience.
03:54
Rentrer dans les foyers, on a fait un grand projet l'année dernière
03:59
sur la question des langues et la non-transmission.
04:03
On a eu besoin d'aller enquêter chez les gens.
04:06
Des fois, juste de manger, de parler,
04:09
pour constituer, avec les artistes qui ont mené le projet,
04:13
des groupes d'habitants, d'enfants et d'adultes
04:17
qui sont venus écrire sur cette question-là
04:20
pour en faire un projet participatif amateur.
04:23
Donc, évidemment que la question s'interroge.
04:26
La question de la place, même, comment le théâtre vient à l'autre,
04:31
doit être sans cesse en questionnement, sinon c'est stérile.
04:34
-Il y a eu un projet similaire dans ma ville à Saint-Brieuc,
04:38
qui s'appelait "Safari intime".
04:40
On regardait la pièce, les choses qui se jouaient,
04:43
mais aussi la pièce, le lieu.
04:46
On est curieux de regarder comment c'est chez les gens.
04:50
Vous avez dit "un gros ménage", c'est cool,
04:52
mais vous n'avez pas été tentée de modifier l'image de vous
04:56
ou de ce que vous alliez projeter en changeant de décor ?
05:00
-Non, pas du tout.
05:01
Non, pas du tout, mais justement,
05:04
je trouve que c'est ça qui est intéressant dans ces projets.
05:08
Je pense que c'est le graal de tout comédien ou comédienne,
05:12
c'est vraiment d'atteindre cette sincérité.
05:15
Là, je parle en termes de...
05:17
J'ai vu tous les autres récits,
05:19
et j'en ai même presque oublié le mien.
05:22
Hier, j'en ai vu deux qui m'ont bouleversée.
05:25
C'est hallucinant,
05:27
comme les gens sont vraiment bouleversés, en fait.
05:31
Je dis ça parce que j'étais aidée,
05:33
parce que je fais de la radio, du théâtre, j'écris.
05:37
Les autres, c'est des sportifs,
05:39
ils avaient peut-être moins...
05:41
Ils avaient plus le trac et étaient moins à l'aise avec le récit.
05:46
Mais c'était énorme, c'était immense.
05:50
Ils sont dans une honnêteté.
05:54
Et puis, accueillir chez soi,
05:56
c'est comme accueillir dans un théâtre, pour moi.
05:59
La mission du théâtre, c'est vraiment...
06:01
On va accueillir des spectateurs, on ne sait pas d'où ils viennent.
06:05
D'ailleurs, Chafik, par exemple,
06:08
un des habitants qui n'a pas pu nous accueillir chez lui,
06:11
parce qu'il vit dans 10m2, il est afghan, il est là depuis 3 ans.
06:16
Il a tout quitté à cause des talibans.
06:18
Il s'est retrouvé en France,
06:20
sa troupe de théâtre était disloquée.
06:22
Ils se sont retrouvés grâce au théâtre de Nanterre, de Montreuil et de Malakoff.
06:26
Pour moi, la fonction du théâtre, c'est de rassembler les gens
06:29
et de ne pas savoir d'où on vient, on y va ensemble.
06:33
- Les gens restent après ?
06:35
Ou on raconte l'histoire et les gens sont partis ?
06:37
- Pas du tout, les gens restent.
06:39
C'est bouleversant, parce qu'il y a énormément d'émotions.
06:43
Pour la dernière phrase, j'ai failli pleurer,
06:46
parce que je savais aussi que c'était la dernière.
06:48
Les gens restent, parce que les amendiers nous accueillent superbement aussi,
06:52
avec une équipe incroyable.
06:54
Pareil, j'avais le directeur du théâtre des amendiers sur mon canapé.
06:58
- Il vous accueille chez vous, en fait.
07:01
- Il nous accueille chez nous, mais il nous accueille en amenant à boire,
07:04
en amenant à manger.
07:06
C'était une association de Nanterre qui avait fait à manger,
07:09
donc on a mangé pendant 3 jours, ils ne s'arrêtaient pas de nous donner à manger.
07:12
Donc on reste, oui, oui.
07:14
Il y a des dames qui m'ont demandé des photos des enfants, c'était dingue.
07:18
- Est-ce qu'il n'y a pas le risque de recruter des gens toujours partants,
07:21
comme vous, Emmanuelle, Julie Deliquet,
07:24
quand on fait ce genre de projet avec les autres,
07:26
à ceux à qui ça ne parle pas vraiment, on reste sur le côté ?
07:28
- Il s'agit en tout cas de ne pas rester dans un système,
07:32
et de se réinterroger à nous, ce qu'on essaye de faire à notre échelle.
07:36
En tout cas, chaque saison, c'est de pouvoir co-penser
07:39
un grand projet participatif,
07:42
qui, là c'était la question des langues,
07:44
ça peut être la question de la place de la femme,
07:46
ça peut être la question de la place des jeunes,
07:49
l'année prochaine c'est la question des quartiers,
07:51
donc en fait, ça nous permet aussi de nous mettre aussi en expérience,
07:55
et pas du tout rester sur un modèle qui marche, par exemple,
07:58
et qui évidemment, mettrait aussi sur le côté,
08:04
ou sur le bas-côté des gens à qui on a pour vocation
08:10
de s'adresser à eux, et de s'interroger sur comment.
08:14
- Emmanuelle Solaire, pour se quitter, trois mots pour nous donner envie
08:17
d'aller vivre à Nanterre, puisque vous êtes extrêmement investie dans votre ville.
08:20
- C'est une ville incroyable, qui fait énormément pour les enfants et les jeunes,
08:23
il y a la Maison de la Musique, le Nanterre à Mandier, le Théâtre,
08:28
c'est le plus grand Cédennes de France...
08:30
- Juste un mot Emmanuelle ! - Oui, pardon !
08:32
- Non mais, voilà, c'est... - On sent votre passion.
08:37
- Merci beaucoup Emmanuelle Solaire de nous avoir raconté votre expérience du festival
08:41
chez les habitants et habitantes de Nanterre.
08:44
Ça revient l'année prochaine, au printemps, pour de nouvelles histoires et de nouveaux paillassons.
08:47
Bienvenue de sortie !
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