00:00Mais d'abord, voici Mélodie, vous n'auriez pas fait le film comme ça, vous ?
00:06Oh là là, c'est vrai que je remplace encore Lisa Delmoitié, encore une fois.
00:10Alors, pour nos invités qui ne sont pas au courant, Lisa Delmoitié a une chronique
00:13ici qui s'intitule « J'aurais pas fait ça comme ça ». Vous voyez le délire ou
00:16pas ? Elle arrive et elle sort droit dans les yeux des invités « J'aurais pas fait
00:19ça comme ça ». Vous voyez la tannée tous les matins pour cette personne ? Remplacer
00:23Lisa, c'est donc claquer son meilleur « J'aurais pas fait ça comme ça » devant le mec qui
00:27a écrit et réalisé le film. Et devant la fille qui l'interprète. Et devant le mec
00:31le plus positif de France après Paul Pogba, Nagui. Et puis en plus, aujourd'hui, voilà
00:36le sujet, Pocetocchi, un film sur les handicapés mentaux. Un film qui mêle inclusion, braquage
00:43et comédie romantique. Un film qui essaie de faire bouger les mentalités. Littéralement,
00:47pour le coup. J'aurais pas pu tomber sur un truc facile, moi, je sais pas, Jean-François
00:51Piège qui vient nous parler de sa digestion aléatoire, ou Anne-Valérie Pernoulle pour
00:55son nouveau roman « Être une moule zébrée en 2024 » aux éditions de La Dauve pour
00:59ma table basse. Non. Il a fallu que ce soit, et là je cite Lisa Delmoitier, sur les gogoles.
01:05Et en plus, il a fallu que le film soit super, j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps.
01:11Alors comment sortir des vannes là-dessus ? Comment rire des… Et voilà quoi, super,
01:17merci Lisa, pas folle la collabo, elle avait senti le coup venir. Bon, souvent dans ces
01:21cas-là, quand je suis gênée, je fais plein d'analogies à base de légumes, mais là,
01:24c'est même pas possible. J'ai jamais compris les gens, en plus, sérieusement,
01:28qui se moquaient des handicapés mentaux. Des blagues sur les nanas ou les mecs qui
01:31ont une déficience intellectuelle, on en fait sans cesse, mais les cons qu'ils font
01:34de manière sévère, ça m'a toujours déconcertée. Parce qu'un handicap, c'est un état de
01:37fait, et c'est donc étonnant de rayer une situation immuable. C'est comme se moquer
01:40des filles qui sont nées avec des énormes seins, ou se moquer des gens qui sont nés
01:43avec des petits pénis. Enfin, un petit pénis, pas des petits pénis. Parce que dans ce cas-là,
01:49il serait quand même assez normal de rire des gens nés avec trois petits pénis. D'ailleurs,
01:56ça pourrait faire une suite à un petit truc en plus, on pourrait appeler ça « des petits
01:59trucs en plus ». Bref, ce que je veux dire, c'est que c'est plus facile, comme on
02:06le sait, de se moquer des handicapés, mais moins des imbéciles bien intégrés. Ceux
02:09qui ont un cerveau dit « classique », mais avec une mentalité à chier. Il y a moins
02:13de prises évidentes. Prenons au hasard Jordan Bardella. Il a des beaux chicots, et il va
02:20au coiffeur chez Saint-Algue le coiffeur des Miss. Du coup, même si de sa bouche ne bavent
02:27que des âneries, la raillerie semble moins évidente. Enfin, c'est ce que nous indique
02:30la télévision française, qui ne lui oppose aucune résistance. À croire que la moquerie
02:34pure ne peut se faire que si les faiblesses se voient. C'est beau ça. Ça c'est pas
02:39du Lysade et le Moitié. Ce que je veux dire, c'est que non, j'aurais pas fait ça comme
02:46ça, j'aurais sans doute fait le film de manière artificielle et condescendante, alors
02:49que vous Artus, et par conséquent vous Alice, vous l'avez fait avec hardiesse et sagacité.
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