- il y a 24 minutes
Olivier Baroux a transmis à sa fille Enya, devenue réalisatrice à son tour, l'amour du cinéma, de l'écriture et de l'humour. Pour la toute première fois, ils se racontent dans un portrait croisé.
Retrouvez tous les épisodes de "Photos de famille" sur le site de France Inter : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/photo-de-famille
Photo de miniature : Marion Philippe
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00:09Sur la photo de cette famille, il y a des frites.
00:12Une envie commune de ne rien prendre trop au sérieux, à commencer par soi, et beaucoup, beaucoup de travail.
00:19Lui, Olivier Barou, le père, s'est fait connaître à la radio et à la télé avec son complice Cadmérade,
00:24puis en réalisateur notamment de la saga culte des Tuches, la famille préférée des Français.
00:28Elle, Enya Barou, la fille, a créé une référence pour toute une génération, la série Fleur Bleue,
00:33et le personnage de Fleur, la trentenaire qui voit passer tous les échantillons de la société dans son lit.
00:40Réalisatrice à son tour, son premier long-métrage On Ira, porté par 7 ans de travail, rencontre un très beau
00:45succès en salle,
00:46et lui permet d'inventer une autre fin de vie à sa mamie adorée, cette mamie, c'est Simone.
00:52Référence absolue de la fille Enya, comme du père Olivier.
00:56Alors comment un père observe-t-il le trajet de sa fille féministe dans le cinéma ?
01:01Qu'est-ce que ça fait d'avoir un père qui vous raconte des blagues à la place des histoires,
01:04pour vous endormir le soir ?
01:06Comment la mère d'Olivier et grand-mère d'Enya a inspiré leur rapport au monde ?
01:11On a la chance de pouvoir leur poser la question.
01:13Pour la première fois réunis ensemble, les Barou, père et fille, sont en photo de famille.
01:18Un air de famille.
01:21Mathilde Serrel sur France Inter.
01:23Bonjour Enya et Olivier Barou.
01:24Bonjour, merci.
01:26Exclusivité sur France Inter, c'est votre première interview ensemble, tous les deux.
01:30Ouais, on est trop fière, trop content.
01:31J'ai jamais arrivé.
01:32Non, ça n'arrivera plus jamais.
01:35On va voir, on va voir.
01:37On va voir, on va voir.
01:37Je vais vous demander de vous présenter l'un l'autre.
01:40Olivier, vous me présentez votre fille Enya.
01:41Oh là là, alors Enya Barou, qui est née le 19 août à Rouen, en Normandie.
01:55Petite fille absolument détestable quand elle était petite, très compliquée, très capricieuse, une princesse.
02:02Mais c'est pour ça aussi qu'on l'aime.
02:04Mais voilà, et très vite, très vite, elle a eu envie de se plonger dans le milieu artistique.
02:09D'abord, la chanson, elle a essayé de chanter, ça s'est vite arrêté.
02:12C'est vrai.
02:14Et puis après, voilà, je n'ai pas raconté ton parcours, mais tu as commencé comme assistante sur mes films.
02:19Et puis après, très, très vite, tu t'es éloignée de moi pour aller trouver des boulots d'assistante via
02:25ton école.
02:26Et que tu as trouvé, tu as enchaîné les boulots d'assistanat jusqu'au moment où tu te dis, allez,
02:30j'y vais, je fonce.
02:32On aime bien le père qui fait le CV, du coup.
02:34Tu fais mon petit CV.
02:35T'as un petit CV, mais c'est un beau CV.
02:36Je me suis arrêté à temps, il y a encore plein de choses à raconter.
02:38Ah oui, et on va en parler.
02:41Et vous, Inia, vous me présentez votre père, Olivier Barou ?
02:43Oui, Olivier Barou, père très drôle, très aimant, très présent.
02:51Et voilà, je suis très proche de mon père, on est très fusionnels.
02:55Et donc, je le remercie parce que c'est lui qui m'a donné envie de faire ce métier-là.
02:59Donc, je suis contente.
03:01Voilà.
03:01Vous n'avez pas fait son CV non plus ?
03:03Non, sur Wikipédia, vous tapez Olivier Barou, vous trouverez, il y a tous ses films.
03:07C'est la version.
03:08Il a fait de la radio pour commencer ?
03:09C'est ça justement, je dirais qu'on en parle.
03:10Il y a eu les années où il y a FM avec Cadmerade.
03:13Mais avant, il y a eu la radio libre à Caen, radio Adèle.
03:16Il y a eu Caen FM.
03:18Oui.
03:18Alors, pas Caen FM.
03:20Non, j'ai fait des petites radios.
03:22J'ai fait une radio associative, association pour le développement de l'expression locale,
03:25radio Adèle, à Caen, où j'étais engagé comme TUC, on disait TUC à l'époque.
03:29C'est quoi TUC ?
03:30Travaux d'utilité civique, un truc comme ça.
03:32J'ai été payé par l'État, pas grand chose pour faire de la radio.
03:35J'ai appris mon métier là-bas et après je suis arrivé sur une radio plus commerciale
03:38à Rouen, RVS, qui était une énorme radio régionale, où là j'ai travaillé pendant
03:42cinq ans avec un salaire et tout, avant de monter à Paris en fait.
03:45Donc c'est radio, télé, théâtre, cinéma.
03:47Ça a été un parcours d'autodidacte en fait.
03:49Et votre mère, donc Simone dont on va reparler, comment est-ce qu'elle voyait ça, comment
03:53vous êtes arrivée là et comment est-ce qu'elle voyait ça quand elle vous a entendu
03:56à la radio ?
03:57Alors avant qu'elle m'entende à la radio, elle avait peur.
03:59Elle avait peur pour moi, elle ne connaissait pas du tout ce milieu-là.
04:02Mes parents étaient ouvriers, ma grand-mère était femme de ménage, mon père était petit
04:06commerçant et lorsque je leur ai dit je vais tenter de faire de la radio, ça a été
04:10tout de suite un peu la panique.
04:11Mais le jour où elle m'a entendu à la radio sur une toute petite radio locale qui s'appelait
04:17les radios stars annoncés et maintenant Michel Delpech.
04:21Ah c'était Michel Delpech !
04:22Je ne sais plus, je ne sais plus, sûrement, sûrement, sûrement.
04:25Parce que je suis fan de Michel Delpech, c'est pour ça que je dis ça.
04:28Et là, d'entrée, je suis rentrée et elle m'a dit non t'as une belle voix, c'est
04:33bien.
04:33Bon ben j'avais un travail, ça y est quoi.
04:35Parce que le fait qu'elle m'entende dans le poste de radio, ça voulait dire que c'était
04:38vrai, c'était pas virtuel.
04:40Vous venez à votre truc, c'était pas Michel Delpech, c'était ça.
05:02Et Nia Baru, le plan c'était de devenir Britney Spears ?
05:05Un peu, ouais, c'était un peu le plan.
05:06C'était prendre des cours de chant, apprendre à danser et devenir Britney Spears.
05:10Mais Britney, c'est même pas une Madeleine de Proust parce qu'elle m'accompagne encore
05:14aujourd'hui.
05:14C'est vraiment, je suis très très fan de Britney Spears.
05:16On n'a pas fini avec Britney Spears dans votre travail, on va peut-être la voir
05:19apparaître, cette référence fondamentale.
05:21Déjà, j'espère encore la rencontrer, c'est-à-dire que je ne lâche pas l'affaire.
05:24Je me dis, un jour ça arrivera peut-être.
05:25Vous avez essayé ?
05:26Alors non, je crois que toi tu l'as croisé.
05:28Je l'ai croisé dans un hôtel à New York.
05:30Non, tu ne l'as pas croisé au Energy Music Award.
05:32Ah si, au Energy Music Award.
05:33J'étais petite et il est rentré en me disant, tu ne sais pas qui j'ai croisé.
05:35Vraiment, il ne fallait pas me dire ça, c'est-à-dire que ça a été la dépression.
05:37Je l'ai croisé de loin, chérie, de loin.
05:46Et que le regard que j'ai sur les femmes dans la société d'industrie de la musique et du
05:50cinéma et tout ça,
05:51je trouve que c'est un parcours assez incroyable et qu'elle est assez maltraitée.
05:55C'est un parcours un peu dur.
05:57Leave Britney alone, comme disaient ces femmes à l'époque.
06:00Laissez-la tranquille.
06:01Exactement.
06:01Et je trouve que de voir avec les années ce que ça a donné, toute cette sexualisation autour d'elle,
06:06tout ce personnage que la société a créé autour de Britney Spears, c'est un peu une leçon.
06:10C'est intéressant, en vrai.
06:11Et vous, quand vous avez voulu devenir Britney ou actrice, vos parents n'étaient pas très chauds non plus ?
06:15Non, alors franchement, non.
06:17Vous t'avez laissé faire.
06:18Vous m'avez laissé faire, mais il y avait quand même un truc de passe ton bac.
06:20Et après, on en reparlera.
06:23Et puis après, quand j'ai passé mon bac, ça a été OK, maintenant, est-ce que je peux faire
06:25actrice ou chanteuse ?
06:26Et tu m'as quand même dit, chanteuse, essaye.
06:29En vrai, je n'y croyais pas vraiment, moi non plus.
06:31En fait, je chante bien, mais je n'ai pas un truc.
06:33C'est-à-dire que je chante juste, je peux faire un karaoké de manière digne.
06:38Efficiente.
06:38Voilà, digne.
06:39Mais je ne peux pas forcément devenir chanteuse.
06:41Par contre, le cinéma, c'est vrai que tu m'as vite dit,
06:44être actrice, si tu n'as que ça comme bagage, ça peut être un peu difficile et tout.
06:48Ce serait bien que tu t'intéresses à l'écriture, à la réalisation, au montage.
06:51Créer quelque chose.
06:52Oui, exactement.
06:53Et Olivier, vous lui avez conseillé aussi de faire tous les métiers, non ?
06:55C'est ça, sur un film ?
06:57Si elle avait l'opportunité de le faire sur des tournages,
07:00en tout cas de regarder, d'observer, de découvrir.
07:02Elle a été assistante mise en scène, principalement.
07:05Tu n'as jamais rien fait d'autre.
07:06J'ai fait coach enfant un peu.
07:07Tu as fait coach enfant.
07:09Mais du poste d'assistante mise en scène, on observe la déco,
07:13on observe la réalisation, on observe la mise en scène, la technique, etc.
07:17Donc c'est un poste d'observation assez privilégié
07:18qui vous permet rapidement, en quelques films,
07:21de comprendre comment fonctionne un plateau de cinéma.
07:24Et le côté fille 2, ça vous faisait peur ?
07:26Enya Barou, fille d'Olivier Barou,
07:27et de l'étiquette que ça pouvait lui ramener, en tout cas, sur le front,
07:32sans rien demander.
07:34Et ce n'est pas toujours agréable.
07:34Je n'ai pas l'impression qu'elle ait eu de problème avec ça,
07:37puisque déjà, il y a des gens qui ne faisaient pas forcément le lien immédiat.
07:41Ils se faisaient plus tard après,
07:42mais tu n'as jamais eu de problème sur les tournages,
07:44en tant qu'assistante, sur le fait que tu sois ma fille.
07:47Non, aucun problème.
07:50Alors, il y a quand même un parrain identifié dans le métier,
07:53c'est Cadmerade.
07:54Qui ? Excusez-moi.
07:55Comment s'appelle-t-il ?
07:56Déjà, il a joué dans un des films les plus populaires
08:00de l'histoire du cinéma français.
08:02Bienvenue chez les Ch'tis.
08:03Ça a été votre comparse, donc, dans KDO.
08:05Il était sur le plateau de C'est à vous.
08:07Et il raconte le jour où il est devenu votre parrain, Ignabarou.
08:10Quand je rencontre Olivier, il vient d'avoir Enya.
08:13Et effectivement, cette histoire est vraie.
08:15Donc, évidemment, sur le coup, je lui fais plaisir à Olivier.
08:18Je ne le connais pas très bien, en plus.
08:19C'est ça qui est drôle.
08:19Alors, on est devenus, évidemment, les meilleurs amis du monde.
08:22Et puis, je suis tellement fier d'Enya.
08:23Parce qu'elle s'est débrouillée toute seule.
08:26Moi, je l'ai toujours vue.
08:27Toujours.
08:28prendre les cours qu'il fallait, aller dans les écoles de cinéma, faire des courts-métrages.
08:32Elle n'est pas arrivée comme ça du jour au lendemain.
08:33C'est-à-dire, vraiment...
08:34Elle a galéré longtemps.
08:35Elle a galéré.
08:35Mais elle a mis 7 ans pour monter son film.
08:37C'est génial.
08:38Je suis très fière de cette jeune fille que j'adore maintenant.
08:40Elle a quel âge, génial ?
08:41Sur le moment, oui.
08:42Sur le moment, non.
08:43Mais non, mais sur le moment, je ne la connaissais pas.
08:45C'est un bébé.
08:45J'avais une fille, elle, que je ne connaissais pas.
08:48On me l'a mis dans les bras, comme ça.
08:49Je fais, ah !
08:50Qu'est-ce que c'est ?
08:51Et puis, je l'ai vue grandir.
08:52Et je l'ai vue surtout travailler.
08:53Mais travailler, vraiment.
08:55C'est extraordinaire, cette histoire.
08:56Et Olivier, vous ne pouvez pas savoir comme il est fier de sa fille.
08:59Il est là, Olivier.
09:02Je suis fière.
09:03Maintenant, je suis fière.
09:04Oui, c'est ça.
09:06C'est quoi, cette histoire ?
09:07C'est fou.
09:07Vous connaissiez à peine Calmerade, à ce moment-là ?
09:10On se connaissait, oui.
09:11On se connaissait très peu.
09:12Et puis, Nia venait d'arriver.
09:14Je venais d'arriver à Paris.
09:15Moi, tous mes amis étaient plutôt en Normandie.
09:17Donc, je n'avais pas vraiment de copains proches à Paris
09:19pour devenir le parrain de ma fille.
09:22Et donc, je dis à Cal, écoute, ça te dirait ?
09:24Il me dit, bon, ouais.
09:25Et puis, voilà.
09:26On s'est retrouvés à l'église avec Nia dans les bras,
09:28avec un cierge.
09:30Cette photo.
09:31Cette photo, mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu.
09:33Cal, avec beaucoup de cheveux.
09:34Avec beaucoup de cheveux.
09:35Avec un cierge.
09:36Ça, c'est vraiment...
09:37Ah, le danger, le cierge, le cheveux.
09:38On attend le bon moment pour la sortir, celle-là.
09:40Je m'en attends vraiment.
09:41Et voilà.
09:42Et écoute, non, non.
09:43Écoutez, pardon, ça s'est bien passé.
09:46Et Nia Barou ?
09:47Non, moi, je tenais juste à...
09:47C'était un peu la lousse d'avoir un parrain haut des beautés.
09:51Mais finalement, ça s'est avéré plutôt un bon parrain.
09:53Finalement, ça s'est avéré trop bien.
09:54Et puis, voilà.
09:55C'est vrai que...
09:56Mais je voudrais juste corriger ce qu'il dit.
09:57Parce qu'il dit que j'ai beaucoup travaillé.
09:59Tout ça, ça, c'est vrai.
09:59Mais il dit que j'ai beaucoup galéré.
10:01Et ça, honnêtement, c'est pas vraiment vrai.
10:03Dans le sens où...
10:05Voilà.
10:05J'ai trop de chances d'avoir un père qui travaille dans le cinéma.
10:07J'ai trop de chances d'avoir un parrain qui travaille dans le cinéma.
10:09Et c'est un privilège.
10:10Et en vrai, c'est...
10:12Évidemment, j'ai fait des courts-métrages.
10:13J'ai eu la chance d'avoir des parents qui m'ont fait confiance là-dessus.
10:15Qui m'ont aidé à financer mes études de cinéma.
10:18Qui ont été toujours là.
10:19Voilà.
10:19J'ai un toit sur la tête.
10:20Enfin, donc, je...
10:22Voilà.
10:22C'est un métier qui est difficile.
10:23Et il y a des gens qui galèrent vraiment à faire ce métier-là.
10:25Donc, j'aime pas trop qu'on dise que j'ai galéré à faire ça.
10:27Le pauvre petite fille de...
10:28Ouais.
10:29Franchement, c'est un sujet qui est délicat.
10:30Et voilà.
10:31Et je trouve que...
10:32Le minimum, quand on fait ce métier-là.
10:33Et qu'on a des parents qui font ce métier-là.
10:35En tout cas, un père qui fait ce métier-là.
10:36C'est d'avoir conscience de son privilège.
10:38Et de travailler, voilà.
10:39Pour honorer la chance qu'on a d'être là, en fait.
10:41Et voilà.
10:42C'est-à-dire qu'on n'avait rien au fait qu'on est obligé de travailler dans ce métier.
10:44De toute façon, oui.
10:45Enfin, oui.
10:45Heureusement.
10:46C'est un accélérateur, un facilitateur.
10:48Le fait d'avoir des parents qui travaillent dans le cinéma.
10:50Effectivement, c'est plus simple.
10:51Quand on est fille ou fils d'eux.
10:53Pour avoir accès au producteur.
10:54Accès au financement, etc.
10:56Mais n'empêche que, si à l'arrivée, le projet, il n'est pas vraiment très bon.
10:59Il ne se passera rien.
11:00Ça ne change rien, en fait.
11:02Et d'ailleurs, il devait jouer dans votre premier long-métrage 4.
11:09Votre premier film, Elia Barou.
11:10Olivier Barou, il a quelle place qu'il y a de mes rades si on prend la photo de famille
11:13?
11:14Vous le mettez où ?
11:14C'est quoi ?
11:15C'est un cousin ?
11:15C'est un oncle gênant ?
11:16Oui, voilà.
11:18Mais c'est marrant.
11:19Comment je n'ai pas pu mettre ça ?
11:20Il faut que je le lui dise.
11:21Mais voilà, c'est l'oncle gênant.
11:23C'est vraiment ça.
11:24Mais qu'on aime, qu'on adore.
11:26Mais l'oncle gênant.
11:27À chaque fois qu'il est là, on est un peu gêné.
11:29On essaye de dire, tiens, reprends un peu à manger.
11:31Reprends un petit peu de vin, ça ira mieux après.
11:33Ben non, mais c'est une amitié qui date depuis tellement longtemps.
11:36On se connaît tellement par cœur.
11:38On s'est tellement aimé, tellement engueulé, tellement tout.
11:42Que bon, voilà, il fait partie de ma famille, incontestablement, c'est sûr.
11:45Vous lui donnez quelle place, l'oncle gênant, Elia Barou ?
11:47Oui, moi c'est pareil.
11:49C'est quelqu'un, on lui pardonne tout.
11:52En fait, il y a un truc avec Cad où c'est un personnage qui est très touchant.
11:55Et qui est très joyeux.
11:57Qui amène vraiment du rire partout où il passe.
11:59Et qui est très complémentaire de mon père.
12:02Donc je les ai toujours vus travailler ensemble.
12:04Et puis très inspirants.
12:05Parce qu'en fait, je les ai toujours vus hyper bosser pour le coup.
12:09Vous, vous avez pas mal galéré à des moments.
12:10Et c'est vrai que...
12:12Pas galéré, mais en tout cas, vous avez beaucoup...
12:14Enfin, en tout cas, vous avez toujours bossé comme des dingues.
12:17Et dans le plaisir, quoi.
12:18Et j'ai toujours vu ça de l'extérieur en me disant, putain, on peut travailler et s'amuser, quoi.
12:22Et vous m'avez quand même transmis que s'amuser, c'est du travail.
12:25Le rire, c'est quelque chose à prendre au sérieux.
12:27Mais si on travaille suffisamment dur, on peut faire un boulot qui nous amuse, quoi.
12:32Et vous avez réussi.
12:33On va y revenir.
12:34Les Baroux, Olivier et Nia sur France Inter.
12:37Et justement, on va revenir en enfance.
12:45Alors, ça, c'est la berceuse que les enfants écoutent le soir, normalement, avant de s'endormir.
12:51Et qu'est-ce qui se passe à ce moment-là ?
12:53Le papa, la maman ou la personne référente racontent une histoire.
12:57Et chez les Baroux, Nia, votre père, il vous racontait pas des histoires, il vous racontait des blagues.
13:02Oui.
13:02D'ailleurs, j'ai eu un flash dans la voiture ce matin.
13:04Tu me racontais des blagues et tu me racontais des histoires d'horreur aussi.
13:06Et ça, je me suis dit ce matin, mais en fait, il y a des traumas comme ça qui me
13:10reviennent par flash.
13:12Et tu me racontais des trucs de mecs avec tête coupée qui tapaient sur le toit d'une voiture.
13:16Et ils faisaient les bruitages et tout.
13:19Et donc, il laissait des temps et d'un coup, il disait, il est là !
13:22Et il hurlait comme ça.
13:24Et moi, je flippais de dingue, quoi.
13:26Après, c'est la bonne nuit.
13:28Il avait une lampe torche, il avait une lampe torche sous le menton.
13:31J'aurais pu, j'aurais pu.
13:32Ça pouvait arriver.
13:32Non, mais vous racontiez ça, Olivier Baroux, vous avez pas peur de traumatiser votre fille ?
13:35Alors, après, je racontais de temps en temps ce genre d'histoires horribles, mais c'était pas tous les soirs.
13:39Il y a des soirs où je m'endormais avec toi.
13:41C'est-à-dire que je suis juste...
13:42Maintenant, il faut dormir, il faut dormir, il faut dormir.
13:44Et je m'endormais.
13:45Il se dormait avant vous.
13:47Oui, c'est ça.
13:47Mais je pense que le plaisir de la blague surpasse souvent le trauma potentiel.
13:51Oui, tout à fait.
13:52C'était quoi, comme blague ?
13:54Je sais plus.
13:55C'était l'histoire d'un belge en français ?
13:57Non, c'était pas...
13:58Il y a eu des trucs genre Toto avec la saucisse et la bière.
14:01Il s'est coupé de disy, il a pris des pipis dans un verre, des trucs, vraiment.
14:03C'était au niveau d'enfant, tu vois.
14:05À niveau d'enfant.
14:06Donc, faire rire et effrayer un enfant avant de dormir.
14:09C'est votre conseil éducation.
14:10Tout à fait.
14:11Très bien.
14:11Vous faisiez des camoulocks ou pas, Olivier Baroux ?
14:13Pas du tout.
14:14Non, non, non, c'est né bien plus tard.
14:16Alors, pour rappel, le faux-jeu télé Camoulocks que vous avez créé avec Admirats sur WFM,
14:21puis sur la chaîne Comédie, ça donne ça.
14:33Bonsoir à tous et bienvenue au Camoulocks avec deux nouveaux candidats qui vont se présenter.
14:36Tout d'abord René.
14:38Bonsoir René.
14:39Bonsoir, je m'appelle René Grachon, j'ai 28 ans, je suis éléboniste à Rouen.
14:42Et pouvez-vous nous dire ce qu'est un éléboniste, René ?
14:44Mon métier consiste à aller dans toutes les piscines de la région et de me baigner avant tout le monde
14:48et de voir si elle est bonne, elle est aléboniste.
14:50Parfait.
14:51À vos côtés, Étienne Mlet.
14:53Bonsoir Étienne.
14:53Bonsoir, je m'appelle Étienne Mlet, j'ai 32 ans, je suis sardine à Nice.
14:57Et encore un métier méconnu, qu'est-ce qu'un sardine ?
15:00Comme un macro, mais en moins bien.
15:03Oh les blagues des années 2000.
15:06Non mais c'est rentré dans le langage.
15:07Camoulocks.
15:08Jean-Michel aussi.
15:09Ouais, Jean-Michel et Jean-Michel à peu près, bien sûr.
15:11Il y a plein de gens qui me disent, ouais, t'es Jean-Michel, machin.
15:14Et je me dis, mais en fait, c'est marrant, les gens ne savent même pas
15:15que vraiment l'invention de Jean-Michel, c'est ouf, en fait.
15:19Camoulocks aussi, c'est repris dans la presse, comme une sorte de CQFD, souvent.
15:22Ouais, c'est aussi un n'importe quoi.
15:24Un n'importe quoi, Camoulocks.
15:26Pour conclure un article, j'ai eu quelques Camoulocks dans Le Monde, Le Figaro et tout ça.
15:30Oui, ah !
15:31Ah oui, oui.
15:32On est à la limite du dix-seller de l'Académie française.
15:34C'est ce que j'attends avec impatience.
15:36Écoutez, on va lancer.
15:37On va lancer une demande.
15:38Elinia Barou, vous intervenez dans les conversations, vous vous créditez votre père.
15:41Ah, ah, désolé, Camoulocks, c'est qui l'a inventé ?
15:44Ah, c'est mon père.
15:44Non, parce que je suis trop fière, j'écoute de loin et j'essaie rarement de dire, ah, c'est
15:48mon père.
15:48Mais c'est vrai que, ouais, parfois j'entendais, ah, Jean-Michel, machin.
15:51Je me dis, tiens, c'est rigolo quand même.
15:53Des gens qui n'ont pas du tout conscience, mais même de la nouvelle génération.
15:55Des gens qui ne te connaissent peut-être même pas.
15:57Ah, mais j'espère bien.
15:58J'espère bien, je ne peux pas la toucher.
15:59Il y a des gens qui connaissent plus Fleur Bleu, la série que vous avez créée pour Canal+, que
16:02Camoulocks.
16:02C'est ça, mais c'est un...
16:03On s'en est rendu compte, nous, en posant des questions.
16:05C'est Martin qui m'a dit ça, il m'a dit, en fait, t'es un épau-daddy, en
16:07fait.
16:07Martin Bourdeau qui est votre...
16:08Un épau-daddy ?
16:10Ouais, exactement.
16:10Alors, donc, définissez.
16:11Bah, c'est...
16:12Traduisez, plutôt.
16:13Je suis un père d'eux.
16:15Je suis un père d'eux.
16:15Voilà, c'est devenu...
16:16Ce qui est bien, c'est qu'on n'a pas nos carrières vraiment en simultané, quoi.
16:19Il y a un truc où, voilà, où on est...
16:21La nouvelle génération qui regarde un peu Fleur Bleu, ne connaît pas forcément ce que tu fais, toi.
16:24Non, ben, tu t'imagines.
16:25Ça me sauve un peu, je me dis.
16:27Le népo-daddy, le père d'eux, on adore.
16:29En tout cas, c'est lui qui vous a fait votre école du rire, on pourrait dire ça, votre culture
16:32comique, avec ce genre de choses.
16:34Où est-ce que tu es puceau ?
16:39Oui, je l'ai été, bien sûr, jusqu'à 10 ans.
16:42Tout c'est clair, maintenant.
16:43T'es encore puceau ?
16:45Mais je suis pas...
16:45Oh, arrêtez.
16:46De Dieu, je le crois pas.
16:47Je comprends tout, maintenant.
16:49Regardez-le, il est encore puceau.
16:50Attends, attends, attends, attends.
16:51Drôle, dans votre genre.
16:52T'as vendu mon oiseau mort à un petit aveugle ?
16:55Le pistache avait même plus de tête !
16:57Et alors, j'ai fait ce qu'il fallait.
17:00Tu sais dire, elle est belle, pistache ?
17:02Elle est belle, pistache ?
17:04Qu'est-ce qu'elle est belle, pistache ?
17:06Alors, Olivier, il n'y a pas à vous, qu'est-ce qu'on a entendu ?
17:09Ce que vous avez reconnu ?
17:09On a entendu 40 ans, toujours puceau.
17:11Dumb and Umber.
17:12Et Dumb and Umber.
17:13Et un bout de la Cité de la Peur.
17:15Un bout de la Cité de la Peur avec le chewing-gum, oui.
17:17Bah ouais, moi franchement...
17:18Vous, c'était pas Dumbo, c'était Dumb and Umber,
17:20donc que vous regardiez quand vous étiez de petite, il n'y a.
17:22Beaucoup de Mister Bean aussi, pas mal de...
17:25Ouais, je me souviens de cassettes Mister Bean,
17:27je me souviens que je regardais beaucoup Mister Bean.
17:28Mais oui, oui, ouais, franchement...
17:30Il y a eu les Montipitons, mais toi, je crois que tu n'as pas suivi les Montipitons à l
17:32'époque, toi.
17:33Je ne sais pas, je ne me souviens pas.
17:34On avait beaucoup, on avait tous les Montipitons à la maison.
17:37Ça se passait comment ?
17:38Vous disiez, bon, aujourd'hui, c'était Ciné Club,
17:41vous faisiez des présentations avant ?
17:43Non, je disais sûrement, tiens, regarde, il faut absolument que tu vois ce film-là,
17:47tu vas te marrer.
17:47Mais ça, c'était un peu plus tard, quand tu avais 12-13 ans, peut-être.
17:50Mais il fallait que...
17:51Ce n'était pas dans le but de faire forcément l'éducation humoristique de ma fille.
17:54C'est juste que c'est ce que tu regardais toi.
17:55C'était joli, je n'avais rien d'autre à proposer.
17:58Après, si, il y a eu plein d'autres films qui ne sont pas du tout des comédies.
18:02Mais non, non, c'était aussi pour partager l'humour que moi, j'adorais.
18:05Je voulais que mes enfants aient le même sens de l'humour que moi, en tout cas.
18:07C'est vrai, qu'on puisse rire.
18:09Alors, on peut rire, mais avec un certain humour, donc je vais te coacher avec quelques films.
18:15Alors, ça a donné quand même un certain sens de l'humour,
18:18influencé aussi par le duo Bakri-Jawi, vous le soulignez souvent,
18:22Inyabarou, dans cette création qui est la vôtre, qui est Fleur Bleue,
18:25avec votre binôme, on va en reparler sur Canal+.
18:27On écoute un extrait d'un épisode que j'aime beaucoup,
18:30c'est Fleur Bleue et le mec déconstruit.
18:32C'est mon préféré.
18:40Hum, c'est oui.
18:43Ok. Non, parce que
18:45oui, c'est consenti,
18:47non, c'est pas consenti,
18:49hum, c'est zone grise, quoi, tu vois.
18:51Ouah, ni oui, ni non.
18:52Non, pas de blague avec le consentement Fleur, s'il te plaît.
18:55Mais ça va, je sais.
18:57C'est bon.
18:58On peut reprendre.
19:00Oui.
19:02Est-ce que je peux mettre ma main dans ta culotte ?
19:04Oui.
19:05Là, c'est clair.
19:08Est-ce que je peux t'embrasser l'oreille ?
19:09Bon, allez, ça va, c'est bon.
19:12Tu vas pas me demander à chaque fois que t'as une idée, si ?
19:14Bah...
19:15Carrément, tu me fous la charge mentale du consentement, là.
19:17Ah, la charge mentale du consentement, carrément, d'accord.
19:20Enfin, ça va, je t'ai pas demandé de faire la vaisselle ou de laver les vitres.
19:23Non, écoute, c'est super que tu demandes.
19:26C'est bien.
19:27Mais faut trouver un juste milieu, tu vois.
19:28A priori, si t'as la main dans ma culotte, tu peux m'embrasser le coude, si tu veux.
19:32C'était l'oreille.
19:33Ouais, bon, allez, ok, c'est bon.
19:34L'envie est passée, de toute façon.
19:35Ah bah non.
19:36Bah si.
19:37Non, allez.
19:37Eh !
19:38Quoi ?
19:39C'est quand ça t'arrange, le consentement, en fait.
19:41Ah, c'est bon.
19:42Waouh !
19:42Fleur Bleu, ça a été lancé en 2024 sur Canal+.
19:46Ça a été énormément vu.
19:48C'est plus de presque 60 millions de vues sur YouTube.
19:51Et MyCanal, c'est un grand succès.
19:53Et vous, ça vous faisait quoi, Olivier Baroud, regarder les épisodes ?
19:57Donc, le principe de Fleur, c'est une trentenaire qui reçoit dans sa chambre, c'est cadré uniquement dans la
20:01chambre du personnage de Fleur, tout un tas de types de plans cul.
20:05C'était le nom de code du plan de travail.
20:06Ça vous faisait quoi, du coup ?
20:07Vous avez découvert le travail de votre fille autour de ces sujets.
20:12Ouais, ouais.
20:13Moi, ça m'a pas du tout choqué ni gêné.
20:15J'ai pas du tout été perturbé.
20:17Parce que de toute façon, tout ça a été très bien filmé, très bien fait et pudique, finalement, au bout
20:21du compte.
20:22Et moi, j'ai suivi de près.
20:24C'est nous qui avons payé le pilote avec CAD pour lancer l'histoire.
20:29Et on va tourner dans notre appartement.
20:31Chez vous ?
20:32Chez nous, dans une chambre que Kenya a repeint la chambre.
20:36Et voilà, ça s'est fait là-bas, dans cet appartement.
20:39Et c'était super.
20:39Et quand j'ai vu le résultat, j'ai fait, ça va être gros, ça va être gros, ça va
20:43être gros.
20:43Et je me suis pas trompé.
20:44C'est vraiment magnifique comme série.
20:46Et là, j'attends la suite.
20:47Et il y a eu deux saisons.
20:48Il y aura peut-être un film, j'imagine, Fleur Bleue, pour continuer l'univers du personnage, avec Martin Darando,
20:53qui est votre binôme.
20:55C'était le conseil de votre père.
20:57Non, trouvez un binôme, comme il avait trouvé CAD.
20:59Mais avait dit, en tout cas, trouve quelqu'un avec qui tu t'arrives à écrire et c'est précieux
21:02et avec qui tu t'entends bien.
21:04Et c'est vrai que Martin s'est rencontré à l'école.
21:05Et on a commencé à bosser ensemble.
21:07À l'Estra, exactement, école de réalisation, de cinéma.
21:10Et on a matché grave et on écrit ensemble.
21:13Maintenant, on co-réalise Fleur Bleue, on co-produit certaines choses, on co-écrit pas mal de...
21:16Enfin, mon film.
21:18On ira, puis le prochain.
21:19Et ouais, c'est trop bien d'avoir un binôme d'écriture et de travail.
21:22Donc c'était le meilleur conseil qu'ils pouvaient vous donner ?
21:24Ouais, ça, et multiplier les casquettes.
21:26Essayer de pas attendre qu'on vous choisisse, quoi.
21:28Essayer de créer ses propres projets, de toujours être dans l'action, de ne pas rester passif, quoi.
21:32Et voilà.
21:33Et donc, sur le concept de Fleur Bleue, donc, et les discussions post-coitum,
21:37vous appréhendiez le regard de vos parents ?
21:41Enfin, on n'est jamais forcément à l'aise.
21:43Je pense pas que j'appréhendais, mais en tout cas, c'était un vrai moment pour moi de...
21:47Moi, j'ai longtemps fait plus jeune que mon âge et on m'a souvent identifiée dans des choses
21:51où je faisais très adolescente et tout ça.
21:53Et je pense qu'il y avait une volonté pour moi de montrer l'âge que j'avais,
21:55de montrer que je pouvais avoir des histoires d'amour, avoir des histoires sexuelles avec des garçons
22:00dans des programmes de fiction.
22:01Et comme on m'avait jamais imaginée là-dedans, c'était un peu mon coming-out, quoi.
22:05C'était un peu genre, voilà, je peux faire ça, je suis grande maintenant.
22:07Et vous savez que je suis majeure ?
22:09Exactement, c'est un peu ça.
22:10Et ça m'a fait du bien, ça m'a fait du bien.
22:11Et d'ailleurs, oui, ça m'a fait du bien d'aborder tous ces sujets-là.
22:13Et voilà, des sujets de société, quoi.
22:15Et des sujets de société également, des sujets de famille.
22:18Moi, j'adore cette scène culte avec Zabou Bretman dans le rôle de la mère de Fleur Bleue.
22:24Non, mais c'est dingue, hein ?
22:25On a exactement les mêmes goûts.
22:27Mais t'es sérieuse, maman, là ? J'ai pas du tout envie de parler de ça avec toi.
22:29C'est hyper gênant.
22:31Donc oui, là-dessus, tu fais comme si j'avais 12 ans, s'il te plaît.
22:33Alors c'est drôle, parce que moi, j'ai la fonction turbo, j'ai l'impression que tu l'as
22:36pas.
22:36Arrête ! J'ai pas envie de parler de ça avec toi.
22:39T'as des orgasmes ?
22:40Ah, putain, non ! Non, non, non, putain !
22:42Mais est-ce que t'es prude ? Tu tiens pas de moi, hein ?
22:46Alors ?
22:47Pas toujours.
22:49Ouais, t'es contente ?
22:51À ton âge, j'étais exactement comme toi.
22:54À vous ?
22:55Bah oui, quand j'écoutais mes copines, j'avais l'impression qu'elles avaient 15 orgasmes par jour
22:58et que moi, c'était le calme-plat.
23:01Mais t'as fait comment ?
23:02J'ai rencontré ton père.
23:05Et papa, c'est un dieu du cul ?
23:06Mais non, mais pas du tout.
23:07Mais la différence, c'est que j'étais amoureuse.
23:09Je suis un peu vieux jeu, mais pour moi, ça fonctionne comme ça.
23:12Alors, si tu tiens de moi, hein ?
23:14Tu sais, ma chérie,
23:16ce qui est important quand on fait l'amour, c'est le chemin.
23:19Pas la destination.
23:21Merci, maman.
23:22Et c'est pas la taille de la route qui compte.
23:24Allez, c'est bon.
23:26Sinon, j'ai des techniques, hein ?
23:28Oui, oui, oui, oui, oui.
23:30Zabou, elle est extraordinaire.
23:32Extraordinaire.
23:32Je l'aime trop, elle est trop forte.
23:34Zabou, Bretman.
23:35Et votre mère, d'ailleurs, vous êtes inspirée.
23:38On peut te dire qu'elle est fonctionnaire, qu'elle est en dehors du show business,
23:41c'est pas son truc.
23:42Non, pas du tout.
23:43D'ailleurs, tant mieux, parce que ça me permet d'avoir grandi avec un équilibre,
23:47quand même, un père qui passe dans un milieu artistique
23:50et une mère qui est vraiment ancrée dans la vraie vie.
23:53Et ma mère, oui, ma mère, elle peut être un peu sans filtre.
23:57Quand elle a vu le sketch, évidemment, elle me disait,
23:59mais je ne suis pas du tout comme ça.
24:00Et moi, c'est marrant, évidemment, on grossit toujours le trait
24:02quand on écrit un personnage,
24:03mais il y a évidemment des aspects de ma mère dans ce personnage.
24:05Il s'agit d'un vibromasseur, je donne.
24:07Évidemment, parce que ce n'était pas forcément à la radio,
24:10mais c'est à l'image.
24:11Ce n'est pas un batteur à eux, en tout cas.
24:13Ce serait moins drôle.
24:15Et vous, Olivier Barouche, je me disais,
24:16qu'est-ce que ça vous a fait de réaliser les tuches,
24:19toutes les suites des tuches,
24:20puisque vous avez fait 2, 3 et 4 ?
24:21C'est la famille préférée des Français, je le disais.
24:24C'est quoi ce...
24:25C'est un immense succès populaire.
24:27C'est des millions et des millions d'entrées en France.
24:30C'est d'ailleurs une locomotive du cinéma français
24:32qui permet beaucoup de nourrir les autres projets.
24:35Comment est-ce que vous, vous la voyez, la famille des tuches ?
24:37Qu'est-ce que vous y mettiez ?
24:39J'y mettais ce que...
24:42Un batteur à eux.
24:44Oui, mais tu mettais beaucoup de toi quand même.
24:46Oui, beaucoup de moi.
24:46Mais en même temps, on est toujours,
24:48à l'époque, avec les scénaristes,
24:50on est toujours parti du principe
24:51que ça aurait pu très bien être un dessin animé, les tuches.
24:54Donc c'est...
24:56Ou une bande dessinée.
24:57Donc on forçait le trait sur plein de choses.
25:00Est-ce que les tuches existent vraiment dans la vraie vie aujourd'hui ?
25:03Je ne le crois pas.
25:04Je crois que les gens se reconnaissent en eux,
25:07en disant souvent, oui, j'ai un oncle comme ça,
25:09j'ai une grand-mère qui est comme ça,
25:10j'ai une sœur, j'ai un frère.
25:11Mais en fait, ils sont tellement excessifs
25:13et tellement drôles, je trouve,
25:15que tout le monde se les approprie un peu
25:16et c'est pour ça qu'on les aime.
25:17Mais je crois honnêtement qu'ils n'existent pas, en fait.
25:21Non !
25:22Ils existent au cinéma ?
25:23Au cinéma, mais ils n'existent pas dans la vraie vie.
25:24Les gens viennent les revoir, les gens se rendent au cinéma pour les retrouver.
25:28Ils existent comme Cyrano de Bergerac existe aujourd'hui au fond.
25:31Exactement.
25:31Et puis c'est un vrai défouloir pour les gens
25:33de voir les excès de cette famille, quoi.
25:35Vous, Nia, ça vous énerve l'étiquette comédie populaire, je crois.
25:38Ça vous agace un peu ?
25:39Oui, parce qu'on précise.
25:40Oui, je trouve toujours qu'on met en opposition
25:42des films plus auteurs.
25:44Alors, c'est vrai que moi, tu m'as toujours dit
25:46que ça n'a pas de sens, dans le sens où les films d'auteurs sont tous...
25:48Enfin, tous les films sont écrits par des auteurs.
25:49Oui, c'est bizarre.
25:50C'est vrai.
25:50C'est pas mal, ça.
25:52Donc, oui, il n'y a pas de film.
25:53Enfin, tout film est un film d'auteur.
25:55En fait, déjà, j'entends cette chose de...
25:57Mais même moi, dans la manière que j'ai de vouloir aborder mes films,
26:00ça a été un vrai, finalement, cette opposition entre films d'auteurs,
26:03films plus indépendants et films populaires,
26:05ça m'a beaucoup nourrie, parce que je me suis dit
26:07j'ai envie de faire des films vraiment au milieu.
26:09J'ai envie d'avoir des films qui, en même temps,
26:11peuvent traiter de sujets sérieux, de sociétés,
26:13en même temps qu'ils peuvent attirer beaucoup de monde,
26:15qu'ils peuvent mélanger de la comédie et du drame.
26:17Et j'avais pas envie de choisir, en fait.
26:19Et donc, je trouve ça dommage d'opposer ces genres-là,
26:21d'autant que ces genres-là s'entraident.
26:24Enfin, on sait très bien que les comédies populaires
26:25qui font beaucoup d'entrées au cinéma
26:27apportent de l'argent pour d'autres films plus petits
26:29de se faire grâce au CNC, tout ça.
26:31Donc, ouais, moi, je trouve ça dommage
26:34qu'il n'y ait pas plus de grosses comédies
26:35représentées au César, même si on y vient,
26:37il y en a de plus en plus, etc.
26:38Mais c'est quand même toujours un peu des comédies...
26:40On se passe un peu le nez, on n'a pas la carte.
26:42C'est ça, c'est des comédies un peu chic et tout ça.
26:44Et je trouve ça...
26:45Voilà, je trouve qu'en fait,
26:46quand on sait la difficulté que c'est de faire un film,
26:48de monter un film, peu importe le genre du film,
26:50en fait, l'énergie que mettent les gens à créer des films, etc.
26:53Et encore plus, quand c'est récompensé,
26:55que les gens se déplacent en salle,
26:56c'est quand même...
26:57Enfin, il faut reconnaître que c'est bien, quoi.
26:59Alors, c'est un peu ce qui s'est passé
27:00avec votre premier long-métrage.
27:01On va écouter la bande-annonce de On ira,
27:04signée Enia Barou, c'est sorti en 2025.
27:07Je sais que votre travail,
27:08c'est d'aider les personnes comme moi à vivre,
27:10mais je veux mourir en Suisse.
27:13C'est prévu pour quand, votre...
27:14La semaine prochaine.
27:16C'est la semaine prochaine
27:17et votre famille, elle n'est toujours pas au courant.
27:18Qu'est-ce que tu veux aller faire en Suisse, non ?
27:19J'ai reçu l'appel d'un notaire.
27:21Il faut y aller pour une histoire d'héritage.
27:24Il y a combien ?
27:24Je veux venir ?
27:25Non, mais c'est...
27:26C'est un truc d'adulte.
27:27C'est un truc d'adulte et d'amène papa.
27:29Il faut que vous parliez à votre famille.
27:32Tu ne veux pas mentir comme ça ?
27:33Je vais trouver le bon moment.
27:35Ma carte bleue passe pas.
27:36Je suis près de 10 euros.
27:37Tu veux t'acheter quoi ?
27:38Mais rien !
27:39Je vais te donner 10 euros pour t'acheter rien.
27:41C'est vraiment trop chiant, c'est pas possible !
27:42Ils ont un gros problème de communication.
27:45Ah, vous êtes une experte en communication, vous, hein ?
27:49Entre celle qui n'ose pas dire ce qu'elle va faire en Suisse,
27:51celle qui n'ose pas dire qu'elle a sérieux,
27:52et l'autre qui ne comprend rien toute la journée.
27:53C'est les plus belles vacances de ma vie.
27:57Pierre Lautin dans le rôle de l'ambulancier
27:58qui accompagne ce road trip d'Hélène Vincent,
28:02donc mari dans le film,
28:04qui veut mourir mais qui ne le dit pas,
28:06à ses enfants, Juliette Gasquet,
28:08qui est la fille qui a ses règles pour la première fois.
28:10Le père qui a des problèmes d'argent,
28:12David Ayala, qui est formidable,
28:14et qui a aussi des problèmes de communication dans le film.
28:17Voilà, moi j'ai présenté cette famille,
28:18vous la voyez comment vous, cette famille ?
28:20Comment vous avez vu le film de votre fille ?
28:21Oh là là là là là là là !
28:23Oh là là là là là là !
28:24C'était très très compliqué.
28:26Très compliqué parce que tellement intime
28:28que j'ai demandé une projection privée.
28:31Mais tu m'as dit,
28:32je ne peux pas le découvrir avec des gens autour de moi.
28:34D'ailleurs je remercie toute l'équipe de la Gaumont,
28:37au passage,
28:38et Sylonie Dumas de m'avoir prêté la salle
28:39pour que je puisse voir le film de ma fille,
28:42où donc j'ai commencé à pleurer à la minute une,
28:46et j'ai fini de pleurer à la minute 89.
28:48Et donc je l'ai vu de manière floue,
28:52puisque j'ai pleuré tout le film,
28:53donc je ne comprenais pas tout.
28:55Je l'ai revu après,
28:57et j'ai encore pleuré.
28:58Il m'avait dit,
28:59c'est bon là, c'est bon, j'ai bien pleuré,
29:01c'est bon, je peux le voir avec des gens.
29:02Bon en fait, pas du tout.
29:02Pas du tout.
29:03T'as pas du tout pu le voir.
29:05Et donc je l'ai revu encore après,
29:07et là c'est bon,
29:08j'ai pu le voir comme un spectateur.
29:10Oui, oui, j'ai compris le film.
29:12Non, non, mais c'était très très très...
29:14Pas dur, c'était très très émouvant,
29:16tout simplement, pas dur.
29:16J'ai pris beaucoup de plaisir à le voir,
29:18mais c'était tellement intense,
29:19parce qu'il y a des choses que vous ne savez pas,
29:21mais dans le film,
29:22il y a plein de petits accessoires
29:24qui sont disposés ici à droite ou à gauche,
29:26qui appartenaient à ma mère,
29:27donc Enya est très très maligne.
29:29Donc c'était dur,
29:30enfin pas dur, non, c'était pas dur,
29:31c'était beau, c'était beau, c'était beau.
29:34Oui, renouvant.
29:35Et vous avez offert aussi,
29:37on va écouter ce que dit Hélène Vincent
29:39dans le rôle de la grand-mère,
29:40mais vous avez offert aussi à Simone,
29:42votre grand-mère et la mère d'Olivier,
29:44la vie que vous auriez aimée,
29:45qu'elle est en tout cas la fin de vie,
29:46que vous auriez aimée qu'elle est.
29:47On va écouter dans ce dialogue, justement.
29:50Je me suis dit,
29:52Marie, là, t'as deux solutions.
29:56Soit, t'attends que ça empire
29:57avec les douleurs,
29:59la perte d'autonomie, tout ça,
30:01et tu finiras comme une vieille courgette.
30:06Soit c'est toi qui décides
30:07de quand ça va s'arrêter,
30:08et tu finiras comme une belle pomme.
30:13Et Nia, vous aviez envie d'écrire ce film,
30:15c'était ça ou rien ?
30:16Oui, c'était ça ou rien.
30:18Oui, oui, ça a mis du temps.
30:19En fait, on a mis deux ans ou trois ans à l'écrire,
30:22et puis ensuite, il y a eu deux ans de Covid
30:23où on est rentré en financement,
30:24et puis en fait, au final,
30:25entre le début de l'écriture et le tournage,
30:26il s'est passé sept ans.
30:27Et je me souviens de plein de fois
30:29où on me disait,
30:31peut-être qu'il faut que tu fasses autre chose en attendant,
30:32peut-être que ce n'est pas ce film-là
30:33qui sera ton premier film,
30:34c'est pas grave,
30:34enfin, on me disait,
30:35tu me disais.
30:36Et j'entendais en réalité que,
30:39parfois, on s'accroche à un projet
30:41pendant des années,
30:41et puis en fait,
30:43c'est pas forcément sain,
30:44c'est vrai qu'on peut faire autre chose
30:46en attendant.
30:46Mais vous, c'est votre grand-mère,
30:47vous vouliez parler de votre grand-mère.
30:48Je me disais,
30:49j'ai envie d'arriver
30:51dans cet univers du cinéma
30:52avec ce projet-là
30:53qu'il n'y a pas plus personnel pour moi
30:55comme projet,
30:55qui va pouvoir le plus montrer mon univers
30:57et ce que je veux raconter.
30:58Et je trouvais ça dommage
30:59d'arriver avec autre chose que ça,
31:00donc je préférais qu'il n'y ait rien
31:01plutôt qu'il y ait autre chose.
31:04Et Simone, dans la vie,
31:06choisir la façon dont elle est partie,
31:08vous auriez aimé
31:08qu'elle ait cette possibilité ?
31:10Oui, alors après,
31:11c'est pas quelque chose
31:11qu'elle voulait,
31:12qu'elle avait formulé
31:13et qu'elle a raté.
31:14C'est quelque chose
31:14dont on a souvent parlé
31:15parce qu'elle a eu un cancer
31:16pendant des années, des années.
31:18Elle a été malade de très longtemps.
31:20Mais c'est vrai que ma grand-mère
31:20était quelqu'un d'hyper moderne.
31:21Elle avait vu des documentaires
31:23et des émissions de télé
31:24sur des gens qui partaient mourir en Suisse,
31:25etc.
31:26Et je sais qu'elle était pour ça,
31:28elle était pour que les gens puissent choisir
31:29et elle avait un très fort caractère.
31:31Donc moi, j'ai évidemment fantasmé
31:32l'idée que ma grand-mère
31:33aurait pu faire ça.
31:34Elle avait franchement
31:35le caractère à pouvoir faire ça.
31:36Elle n'a pas eu le temps
31:36de faire la demande, en fait.
31:38Non.
31:38Mais elle aurait pu la faire.
31:39Oui, oui.
31:40Et en fait, voilà.
31:41Et ma grand-mère, effectivement,
31:42cette phrase de
31:42« Je ne veux pas finir comme un légume,
31:43je veux finir comme une belle pomme »,
31:44c'est quelque chose
31:45que ma grand-mère m'a souvent dit.
31:46Moi, ma pire angoisse,
31:47c'est de finir comme un légume.
31:49Je veux avoir toute ma tête.
31:51Je veux partir mourir dans la nuit.
31:53C'est un peu le rêve de tout le monde,
31:54de ne pas sentir son corps
31:56se désagréger.
31:57Et malheureusement,
31:57on ne choisit pas.
31:58Et ma grand-mère,
32:00elle a eu une fin de vie
32:01assez difficile.
32:02Et je me suis dit,
32:03en fait, j'ai envie de parler d'elle
32:04dans un film,
32:04mais je n'ai pas envie
32:04de faire un film
32:05sur sa fin de vie littéralement
32:06parce que ce n'est pas très intéressant
32:07et puis ce n'est pas très gai.
32:08Et donc, quoi de mieux
32:09que de réécrire ça, en fait.
32:10Juste grâce au scénario,
32:11de réécrire une fin de vie
32:12plus joyeuse.
32:13Voilà.
32:13C'est un peu comme les tuches,
32:14ils existent.
32:16Et cette autre vie
32:16de votre grand-mère,
32:17votre mamie,
32:24vous avez retrouvé votre mère.
32:25Puisque je crois que
32:26quand on prépare l'émission,
32:28on vous envoie à chacun
32:28des questionnaires.
32:29Je dirais qu'à chaque ligne,
32:30quasiment,
32:30vous parlez de votre mère,
32:31Olivier Barraud.
32:32Donc, je pense que, voilà,
32:33elle a vraiment un rôle capital.
32:34Tout à fait.
32:34Tu veux t'allonger ?
32:35Non, non, non.
32:36Surtout pas.
32:37Vous avez retrouvé des choses
32:39qu'avait collectées Enya.
32:41Complètement.
32:41Et puis, même,
32:42je dirais même physiquement,
32:44je veux dire,
32:45Hélène a fait un travail
32:47de maquillage,
32:49de coiffure,
32:50de manières de marcher,
32:52de se tenir,
32:52qui sont très, très,
32:53très, très proches de ma mère.
32:54C'est ça qui a été perturbant
32:55lorsque j'ai vu le film
32:56pour la première fois.
32:59Et puis, après,
33:00voilà,
33:00cette douceur aussi
33:02et puis cette petite manière
33:04aussi de s'énerver
33:04de temps en temps
33:05pour que les choses aillent
33:05plus vite.
33:06Ça a été très bien retranscrit
33:08par le travail d'Hélène
33:09et le travail de l'Enya.
33:10Hélène Vincent
33:11et Juliette Gasquet,
33:12qui joue la petite fille
33:13qui a eu conjointement
33:14un pré-interprétation
33:15au festival de l'Alpe Jazz.
33:17Qu'est-ce qu'il y a,
33:18finalement,
33:19dans cette famille
33:20comme point de vue ?
33:21Qu'est-ce que vous avez construit
33:23comme, je parlais des tuches
33:24tout à l'heure,
33:24comme schéma familial,
33:26comme schéma de regard ?
33:27Il n'y a pas où ?
33:28Je ne sais pas.
33:29J'avais envie, je pense,
33:30que tout le monde
33:30puisse se retrouver
33:31dans le manque de communication
33:33de cette famille
33:33qui, moi,
33:34s'est inspirée de la mienne
33:35mais, une fois de plus,
33:37le trait est grossi.
33:37Mais il y avait, voilà,
33:39cette difficulté
33:40de parler des choses difficiles
33:41et aussi la volonté
33:42à travers le personnage d'Hélène
33:44d'amener de l'humour
33:45et de dédramatiser
33:47parfois les choses graves.
33:48Et c'est quelque chose
33:49que ma grand-mère
33:49a transmis à mon père
33:50qui m'a transmis
33:51et que j'espère
33:51que je transmettrai
33:52à mes enfants.
33:52Vous la citez tous les deux
33:53en modèle absolu,
33:55en référence absolue.
33:57Parlez-nous de Simone.
33:58Pourquoi c'est un tel modèle,
34:00une telle référence
34:01pour vous deux ?
34:02Vas-y, Nia.
34:02Vas-y, j'y vais.
34:04Parce que ma grand-mère,
34:05c'était quelqu'un
34:06de très forte.
34:09Elle a eu,
34:09comme pas l'un de gens
34:10de cette époque-là,
34:11une vie un peu difficile.
34:12Elle a connu la guerre
34:13et tout ça.
34:13Donc, pour quelqu'un comme moi,
34:15c'est lunaire.
34:16C'est des choses
34:16que je ne comprends même pas
34:17mais qu'elle m'a longuement
34:18raconté et tout ça.
34:20C'est une femme
34:21qui a élevé mon père
34:23presque seule.
34:25Qui était donc une...
34:26Parce que le père
34:27devait être mort
34:27quand vous avez 16 ans, je crois.
34:29Oui, et puis ma mère,
34:30je vais faire très courte,
34:31ma mère, en fait,
34:32s'est tombée amoureuse
34:32de mon père.
34:34Elle avait 18 ans,
34:35il avait 30 ans.
34:35Mon père était marié,
34:36déjà.
34:37Et ma mère se disait
34:40qu'il va divorcer,
34:41il va venir vivre avec nous
34:42et tout.
34:42Et finalement, non.
34:44Donc, c'est une sorte
34:45de deal, je ne sais pas.
34:46Ils ont accepté
34:46cette vie-là.
34:48Et elle m'a élevé
34:49quasi seule,
34:50mon père venant de temps en temps
34:51et en espérant
34:52que mon père un jour divorce
34:53pendant des années
34:53donc il ne l'a pas divorcé.
34:54Au moment où il a voulu
34:55se séparer de sa femme
34:56avec qui il n'avait
34:57quasiment plus de relation
34:57mais il était encore marié,
34:58il est mort en fait.
34:59Donc, c'est un peu
35:01un rendez-vous raté.
35:02C'est un peu ça
35:02et du coup,
35:03ma grand-mère,
35:04moi je l'ai toujours admirée
35:05parce qu'elle était
35:06très autonome,
35:08indépendante.
35:10Quand mon grand-père
35:11est décédé,
35:11elle n'a jamais voulu
35:12retomber amoureuse
35:13mais non pas parce qu'elle
35:14n'avait pas trouvé l'amour
35:14mais parce qu'elle était
35:15trop bien toute seule en fait.
35:16Elle disait
35:16mais moi,
35:16je n'ai pas envie
35:17d'avoir un gars chez moi
35:18qui vient.
35:19Moi, je suis bien,
35:20j'ai ma vie.
35:21Et elle était hyper
35:23fort caractère,
35:24débrouillarde,
35:24elle avait peur de rien,
35:25très drôle,
35:26très moderne,
35:26très ouverte sur le monde,
35:28aimant tout le monde.
35:31Et voilà,
35:31elle nous a transmis
35:32franchement des valeurs
35:33qui me servent
35:34tous les jours
35:35de ma vie.
35:36Donc voilà,
35:37c'était un personnage
35:38et ma grand-mère,
35:39tous les gens
35:39qui l'a rencontré
35:40quand même,
35:41il y avait une espèce de...
35:42elle était très fédératrice
35:43et c'était un personnage.
35:45Les gens ne repartient pas
35:47indifférents
35:48d'avoir rencontré ma grand-mère.
35:50Vous complétez
35:50ou vous plus soyez ?
35:52Non, non, non,
35:53complètement,
35:53complètement.
35:54Non, non,
35:54ma mère était quelqu'un
35:55de...
35:55Enfin, c'était une personne
35:57d'un tel courage surtout,
35:58d'un tel courage.
35:59Elle a tellement vécu
36:00de choses compliquées,
36:02grande famille,
36:03recomposée,
36:04beau-père.
36:05Son père est mort très tôt,
36:07elle a eu la guerre
36:08et la maladie aussi.
36:10Et voilà,
36:10elle était là,
36:11elle se tenait droite
36:12debout face à l'adversité
36:14et moi,
36:15c'était une leçon
36:16à chaque fois.
36:16Quand je me plaignais
36:17pour des petits trucs débiles,
36:19elle me disait
36:19mais Olivier,
36:20oh, tu vois,
36:20et à chaque fois,
36:21ça me redressait.
36:22Et vous y repensez
36:23l'un et l'autre
36:23dans votre vie ?
36:24Oui.
36:25Tous les jours.
36:27Chanson de famille culte
36:28Aurel San
36:29sur France Inter
36:29à mes grands-parents.
36:30Aurel San
36:31qui vient près de chez vous
36:32les Barous
36:33en Normandie.
36:34Oui,
36:34il vient de quand ?
36:35Mais oui.
36:35C'est quand même.
36:36Et il a écrit d'ailleurs
36:38Comment c'est loin
36:39pour raconter
36:39comment c'était loin
36:43pour aller manger
36:43un sandwich triangle
36:44au Cora.
36:46Olivier et Enya Barou.
36:48Lui a été très encouragé
36:49par sa grand-mère aussi
36:50et c'est ça que vous avez
36:51en commun,
36:52un modèle culte.
36:53Je voudrais qu'on passe
36:54à la table des Barous.
36:56C'est parti.
36:57Les frites des frites des frites !
36:58Les frites !
36:59Les frites des frites !
37:00Les frites des frites des frites !
37:02Bon,
37:03dans toutes les familles,
37:04il y a des recettes de famille.
37:05Chez vous,
37:06c'est les frites
37:06et les côtes d'agneau.
37:07Oui,
37:07côtes d'agneau,
37:08épaule d'agneau,
37:09pommes de terre,
37:09tout ce qui est à base
37:10des pommes de terre
37:10et d'agneau.
37:12Olivier Barou.
37:13On est où là ?
37:13On est dans la mai.
37:14Si vous vous représentez
37:16un repas de famille.
37:17On est chez mamie.
37:18On est chez mamie.
37:19Donc c'est où ?
37:20C'est comment ?
37:20C'est au rez-de-chaussée.
37:21Alors ma grand-mère,
37:22quand elle a été malade,
37:23à la fin de sa vie,
37:23elle a habité au rez-de-chaussée
37:24de notre immeuble.
37:25C'est-à-dire qu'on vivait
37:26au troisième,
37:27elle vivait au rez-de-chaussée.
37:28Et donc il y avait vraiment
37:28ce truc de descendre,
37:30manger.
37:31Des crêpes,
37:32des crêpes,
37:33des pommes de terre,
37:40quand votre mère
37:40était au rez-de-chaussée.
37:42Ouais.
37:42Ces périodes-là étaient super
37:43parce que j'avais vraiment
37:44l'impression qu'elle vivait
37:45avec nous,
37:45sans être...
37:47Avec nous ?
37:47Avec nous,
37:48mais en même temps,
37:49quand on n'était pas là,
37:49elle avait les clés,
37:50donc elle montait,
37:51ranger nos affaires,
37:52faire le ménage,
37:53ranger toutes les chambres.
37:54C'est ce qu'elle voulait,
37:54parce qu'elle était maniaque.
37:56Elle était maniaque.
37:56On ne lui demandait pas
37:57de faire ça.
37:57On n'est pas en train
37:58de l'exploiter.
37:59Non, non.
37:59Non, moi je me souviens
38:00que parfois,
38:00quand mes parents n'étaient pas là,
38:10je me disais,
38:10je disais,
38:11mais mamie,
38:11je suis avec des copains.
38:12Ah oui, oui,
38:12elle faisait le ménage tranquille.
38:14Ça me rendait ouf.
38:15Je me disais,
38:15à l'époque,
38:16ça me saoulait.
38:17Je disais,
38:17mais mamie,
38:17tu veux pas nous laisser tranquille.
38:18En fait,
38:19on est là,
38:19je suis avec des copains,
38:20on a 16 ans et tout.
38:21Il y a une sorte d'intimité,
38:23il y a peut-être des choses
38:23qui pourraient se passer
38:24encore à 8h du matin.
38:26C'est clair.
38:26Et non,
38:26elle venait,
38:27elle me disait,
38:27je ne dérange pas,
38:28bonjour.
38:28Elle disait bonjour aux gens.
38:29Vous parlez tous les deux
38:30beaucoup de son parfum.
38:31Ah ouais,
38:32oui,
38:32c'est vrai.
38:33C'est quoi cette...
38:35Si,
38:35c'était Hermès.
38:36Hermès,
38:36oui.
38:37Mais non,
38:37elle avait toujours eu
38:38le même parfum
38:39et c'est vrai qu'il y avait
38:40un truc...
38:40Ma grand-mère ne mettait pas
38:41du parfum tous les jours.
38:42Elle mettait du parfum
38:43quand elle sortait.
38:43Donc,
38:43il y avait vraiment un côté
38:45quand elle se...
38:46À la maison,
38:47elle était toujours un peu
38:47en tablier,
38:48un peu comme les costumes
38:49d'Hélène Vincent
38:50dans On ira.
38:50Elle avait toujours un peu le...
38:51On dirait qu'elle était
38:52toujours prête à faire la cuisine
38:53ou à faire le ménage.
38:54Toujours,
38:54tous les jours.
38:55Et parfois,
38:56oui,
38:56quand elle sortait,
38:57elle allait au rendez-vous
38:57chez le médecin
38:58ou elle allait au rendez-vous
38:59dehors
38:59ou on allait au resto ou quoi.
39:00Là,
39:00c'était la prépa
39:01de ma grand-mère.
39:02Elle parfumait ses mouchoirs aussi.
39:03j'ai encore des mouchoirs.
39:05C'est vrai.
39:06C'est comment les repas de famille
39:07chez les barous,
39:07moi,
39:08j'ai cru comprendre
39:09que ça nourrissait peut-être
39:10même scénaristiquement
39:12vos travaux
39:13à l'un comme à l'autre.
39:14Il y a des débats.
39:15Les débats,
39:15j'ai un sens,
39:16c'est un euphémisme.
39:17Il y en a un peu moins maintenant
39:18parce que là,
39:19vous grandissez.
39:21J'ai un petit frère
39:22qui a 10 ans de moins que moi.
39:23Oui,
39:23voilà,
39:23vous vis,
39:23mais ça fait longtemps.
39:25C'était chaud.
39:27C'était chaud sur quoi
39:28et c'était chaud comment ?
39:29C'est juste qu'on a
39:31des forts caractères.
39:32On aime bien débattre
39:33et on a du mal
39:34à lâcher
39:34sur certains sujets
39:35et donc en fait,
39:36on va un peu
39:36se rentrer dedans
39:37et je pense que mon père et moi,
39:38on a un peu
39:38le même tempérament
39:40d'être têtus
39:41et quand on a une idée,
39:43on s'y accroche
39:43et parfois,
39:45ça monte un peu
39:45dans les tours,
39:46ça s'envecture.
39:47Est-ce qu'il y a un regard
39:49de la jeune féministe,
39:50par exemple,
39:51en discussion avec son père
39:52sur des débats
39:53post-MeToo ?
39:55Est-ce que vous,
39:56c'est quand même aussi
39:58un prisme ?
39:59Vous avez commencé
40:00à re-regarder le monde
40:01à travers cette émancipation,
40:03cette nouvelle vague
40:04d'émancipation féminine ?
40:06Pour le coup,
40:07sur ce sujet-là,
40:07toi,
40:08t'es hyper sensible à ça
40:09et assez moderne.
40:10T'es moderne,
40:11t'es féministe,
40:11c'est même pas une question.
40:13C'est même pas une question
40:13d'être moderne.
40:16Je crois avoir
40:18toujours respecté
40:19les femmes
40:19et j'adore les femmes
40:21et je comprends ce combat,
40:23tout simplement.
40:24Tu t'es jamais posé
40:24la question
40:25de est-ce que je suis féministe
40:25ou pas féministe
40:26juste parce que tu considères
40:28que c'est normal de l'être ?
40:28Oui, complètement.
40:30C'est bien
40:31que je vous enlève
40:32votre étiquette de boomer.
40:33Bah ouais, non.
40:34Je reste boomer quand même.
40:36Parfois, il est boomer
40:36et c'est là que...
40:37Michel Delpech,
40:38Michel Delpech.
40:39Non, mais c'est même pas,
40:40je sais pas,
40:41ça peut être sur des trucs absurdes
40:42qu'on se rende dedans parfois.
40:43Même pas forcément des sujets...
40:44Cinéma,
40:45beaucoup de cinéma quand même.
40:46Oui, peut-être, cinéma.
40:47Cinéma.
40:47Quoi, tu aimes Harry Potter ?
40:49Non, mais même pas.
40:50Mais je sais même pas.
40:52Pas de politique.
40:53Non, des bêtises.
40:55Des bêtises.
40:56Je veux avoir raison,
40:57tu veux avoir raison.
40:58On s'engueille.
41:01Voilà, on est sortis de table.
41:02On a des barrières clés
41:03avec Olivier.
41:05Il a vu cette ambiance.
41:07Oui, on a des bruitères.
41:09Il a fait une école de cuisine.
41:09Vous avez fait une école de cuisine,
41:10Olivier Baron ?
41:11Oui, oui, oui.
41:11J'ai fait deux ans
41:12une école de cuisine,
41:12un BOP de cuisine
41:13et un CAP de serreur.
41:14Avant de faire la radio, oui.
41:15J'ai pas eu ni de BOP
41:16ni de CAP de serreur.
41:17J'ai passé deux ans.
41:18Ma mère voulait
41:19que je fasse quelque chose
41:20et elle m'avait vu faire
41:22des desserts.
41:23Et donc, elle m'a dit
41:24« Mais t'es bon, dessert ? »
41:25Je lui ai dit
41:25« Écoute, maman,
41:26c'est juste des gâteaux.
41:27Ça te dirait de faire
41:27une école de cuisine ? »
41:34où je n'ai rien fait
41:36pendant deux ans.
41:37C'était pathétique.
41:38Je m'en veux encore.
41:39Vous n'avez même pas
41:40une spécialité, un dessert ?
41:41Il ne vous reste rien
41:42de cette période-là ?
41:43Non, il me reste
41:44l'envie de cuisiner.
41:44Maintenant, je cuisine pas mal.
41:45Mais je sais découper un poulet,
41:48je sais découper un poisson.
41:49Voilà, ce genre de choses.
41:50Mais franchement,
41:51c'était deux ans
41:51où je me suis éclaté
41:53et j'ai dépensé
41:54n'importe comment
41:55l'argent que ma mère
41:56avait mis de côté
41:56pour me payer cette école.
41:57C'est horrible.
41:58Il y a une petite cuppa
41:59qui passe,
42:00qui vient de passer.
42:01Je me suis rattrapé après.
42:06de recherche.
42:07C'était deux ans de recherche.
42:08De sable mouvant.
42:09Voilà.
42:10Est-ce que vous avez envie
42:11d'écrire un projet ensemble ?
42:12Vous, vous mettez en scène
42:14Calmerade,
42:14vous avez écrit un texte.
42:15Bientôt, ça va être présenté
42:17à la rentrée, Olivier Barou.
42:19Avec Michel Larocque, attention.
42:20Avec Michel Larocque.
42:20Avec Michel Larocque, oui.
42:21Également.
42:22Et il y a, vous allez préparer
42:23la suite, entre autres,
42:25de Fleurs Bleues
42:26et aussi votre prochain long-métrage.
42:28Est-ce que vous avez envie
42:29d'écrire ensemble ?
42:31Maintenant, bon, voilà,
42:32Olivier qui a réalisé
42:33plus d'une dizaine de films.
42:34Vous, vous allez préparer
42:35votre deuxième long.
42:37Vous n'avez pas envie,
42:37maintenant, de pouvoir
42:39faire un atelier Barou ?
42:40Je crois que ce n'est pas
42:41encore le bon moment.
42:42On l'a déjà fait.
42:43On l'a fait sur un projet,
42:44mais qui n'était pas un projet
42:45vraiment personnel.
42:46C'était un film super,
42:47mais qui ne s'est pas fait,
42:48qui ne s'est pas monté,
42:49malheureusement.
42:49En tout cas, pour l'instant,
42:51à l'heure où on parle,
42:51il n'est pas monté.
42:52Je pense que,
42:54d'ici quelques années,
42:55on aura...
42:55Je pense qu'il faut qu'Enya,
42:56elle aille au bout
42:57de son parcours,
42:57au bout de ses envies de films,
42:59qu'elle aille
43:06et peut-être que tu produiras
43:07aussi l'un de mes films
43:09que je ferai sans pour ça
43:09le co-écrire avec moi.
43:11Vous dites que vous aviez besoin,
43:12moi j'avais lu ça,
43:13qu'elle apporte un regard
43:14aussi moderne,
43:16un regard féministe
43:16sur votre travail,
43:18sur votre écriture.
43:18Bien sûr,
43:19sur le film qu'on a écrit ensemble,
43:20son travail a été formidable,
43:22parce que c'était
43:22un rôle féminin principal.
43:24Elle a été formidable.
43:26Bon, vous êtes le père,
43:28mais on vous croit.
43:29Oui, oui.
43:30En plus, c'est vraiment...
43:31Honnêtement,
43:31si ça ne m'avait pas plu,
43:33j'aurais dit,
43:33écoute chérie,
43:34il y a un problème,
43:34tu n'es pas la bonne personne
43:35pour ce film.
43:37Chérie, tu es viré.
43:38Tu es viré,
43:38you're fried.
43:38Non mais oui,
43:39oui, ça serait bien.
43:40Je pense qu'on a envie
43:41de bosser ensemble,
43:41mais effectivement,
43:42il faut trouver le bon projet,
43:43le bon moment.
43:43Parce que vous,
43:44vous avez dit,
43:45il a beau faire des efforts,
43:46il a beau faire tout ce qu'il veut,
43:48il a plus de 60 ans
43:49et c'est un mec.
43:50Ah ouais, j'ai dit ça ?
43:51Oui.
43:51Mais à quand j'ai dit ça ?
43:52Bravo.
43:53Écoutez, c'est une citation.
43:54Ah merde.
43:54Je t'en retrouverai.
43:55Non mais c'est vrai,
43:56il y a une réalité,
43:57à un moment donné,
43:57t'es un homme de 60 ans,
43:59blanc.
44:00Mais c'est pas grave.
44:01On va faire des choses super
44:02avec ça comme base.
44:04Non mais c'est vrai.
44:05Non mais il y a un truc où...
44:06Et ça peut vous apporter aussi
44:07un regard,
44:07vous aimez bien l'altérité,
44:08vous avez beaucoup travaillé ça aussi
44:10dans Fleurs Bleues.
44:11Mais grave,
44:11et surtout moi j'ai toujours pensé
44:12que, enfin je ne suis pas du tout
44:14critique envers les gens
44:15plus âgés que moi.
44:16Moi j'ai toujours été
44:17très inspirée par ma grand-mère aussi
44:18parce que je trouve que
44:19le regard des personnes
44:20des autres générations
44:21c'est hyper intéressant
44:22et on doit s'en nourrir.
44:23Et inversement,
44:24je trouve qu'il ne faut pas justement
44:25avoir des confrontations
44:26entre la génération de nos parents
44:27et nous.
44:27Je trouve ça trop bête
44:28parce qu'on a plein de choses
44:29à s'apprendre.
44:30Et là j'ai dû dire ça
44:31dans le cadre de l'écriture
44:32de ce film-là.
44:33C'est vrai que forcément
44:34il y a un endroit
44:35où quand on écrit un rôle
44:36d'une femme un peu jeune
44:38qui s'émancipe,
44:39bah oui je pense que j'ai
44:39quelque chose à apporter
44:40sur ton regard à toi
44:41d'homme qui s'entendent.
44:42Même s'il est moderne.
44:45Mais moi j'ai de la chance,
44:46j'ai un père qui a
44:47en fait 25 ans dans sa tête.
44:49Ouais, enfin bon
44:49c'était mieux avant quand même.
44:56Merci, je rappelle
44:57qu'alors vous allez
44:58vous, Enia Barou d'abord
45:00être dans Paul
45:01pour Amazon.
45:02C'est quoi ?
45:03Vous nous expliquez ce que c'est ?
45:04C'est une série
45:05initiée par Paul Mirabel,
45:07une série drôle.
45:08Le Paul Mirabel
45:09qu'on connaît ici
45:10entre autres à France Inter.
45:11Franchement je l'adore,
45:13je le trouve très talentueux,
45:14très drôle.
45:14Enfin voilà,
45:14je ne suis pas la seule
45:15à l'adorer.
45:16Et il a sa propre série
45:17qui arrive sur Amazon
45:18très bientôt,
45:19je ne sais pas quand exactement
45:19mais très bientôt.
45:20Et il y a Abraham Vapler,
45:22Eva Huot,
45:23moi, Marine Léonardi,
45:24que des gens
45:25que je trouve géniaux.
45:26Et qu'on aime Abraham Vapler
45:27qu'on a découvert aussi ici
45:30dans Nouvelle Tête
45:31sur France Inter
45:31et qui est un type extraordinaire.
45:32Vous avez Les Pieds sur Terre aussi
45:34qu'on écrit avec Martin Darando
45:35qui se prépare.
45:36Qui est mon prochain long métrage.
45:37Voilà, j'attends les financements.
45:39Je suis en recherche d'argent.
45:40N'hésitez pas à envoyer
45:41le RIP s'affiche en bas.
45:43Non voilà,
45:43deuxième projet de long métrage
45:45qui se tournera
45:45j'espère avant 2027.
45:47Et on a,
45:48on signale
45:49puisque ça sortira
45:50le 22 juillet.
45:52Je ne sais plus
45:52quand est-ce qu'on est.
45:53On est à quelle date là,
45:54Marion dans la vraie vie ?
45:55Ah,
45:56et je le signale
45:57puisque c'est sorti en salle
45:58qu'il a aussi co-écrit
46:00de la comédie française
46:01avec Bertrand Hussla
46:02qui est en ce moment
46:03sur les écrans.
46:04Et allez-y
46:04parce que c'est absolument génial.
46:06C'est une leçon de rythme
46:07en comédie.
46:08Vous avez donc écrit,
46:09vous Olivier Barou
46:10pour Qu'Admirat,
46:11vous le disiez,
46:11avec Michel Aroque.
46:13L'âge bête, c'est quoi ?
46:13C'est quoi l'âge bête ?
46:14Ça raconte quoi ?
46:15L'âge bête,
46:15c'est deux personnes
46:16qui se rencontrent à 60 ans
46:18et qui se posent la question
46:19est-ce que c'est encore valable
46:20à nos âges
46:21alors que nous sommes divorcés
46:22de se remettre en couple
46:23et de retenter
46:24l'aventure de l'amour.
46:25et il s'avère que
46:26c'est une bonne idée.
46:28Spoil !
46:29Merci spoiler alert,
46:30c'est une bonne idée.
46:31C'est à partir du 7 octobre
46:32au Folie Berger
46:33et on tournait
46:34partout en France
46:35en 2027.
46:36Merci beaucoup
46:37au Barou,
46:38père et j'y.
46:39Merci d'avoir été
46:39un épau d'adis.
46:41C'était très chouette,
46:42c'était très chouette
46:43et très émouvant aussi.
46:44Oui, c'est vrai.
46:45Je n'ai pas fait
46:46ma Oprah Winfrey
46:47mais j'ai vu les larmes.
46:48On attend l'émission télé
46:49de Mathilde Serrel
46:50et on a envie d'être reçu
46:51pendant des heures
46:52sur un canapé.
46:52Ah oui !
46:53Vous êtes filmée,
46:54je rappelle.
46:55Merci.
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