00:007h-9h, RTL Matin.
00:04Il est 8h21, bonjour Romar Sy.
00:06Bonjour Yves.
00:07Merci beaucoup de nous rejoindre ce matin sur RTL,
00:09ce d'autant plus que vous avez choisi notre radio
00:11pour découvrir en exclusivité ce livre à deux voix
00:14avec ma consoeur Elsa Vigoureux qui est à vos côtés.
00:16Bonjour Elsa.
00:17Bonjour.
00:17Viens, on se parle.
00:19Tout est dans le titre,
00:20paraît aujourd'hui aux éditions Albin Michel.
00:22Soyons clairs, c'est un événement.
00:24Et je salue Stéphane Boutsok, notre spécialiste cinéma
00:27qui va nous accompagner dans cette aventure.
00:29Ô témoin doute, vous êtes heureux quand vous revenez dans votre pays ?
00:32Bien sûr.
00:34Bien sûr que je suis heureux.
00:35Pourquoi je devrais être malheureux ?
00:37Non, mais parce qu'on se dit qu'il est parti loin,
00:38finalement il est peut-être bien sans nous.
00:40Oui, je peux être bien sans vous, ça c'est vrai.
00:43Je peux être bien sans vous.
00:44Non, mais non, j'aime bien revenir.
00:46Après, il faut dire la vérité,
00:48c'est une ambiance particulière,
00:50mais ce n'est pas une ambiance qui est liée au pays.
00:53C'est une ambiance un peu mondiale, on va dire.
00:55C'est un peu compliqué en ce moment,
00:58mais pour le monde entier,
00:59donc ce n'est pas forcément lié à la France.
01:01Alors, venons-en au livre.
01:02Tout au long de ces 284 pages,
01:05vous vous racontez avec l'honnêteté,
01:07mais aussi la grande pudeur que l'on vous connaît.
01:09D'ailleurs, vous le dites Elsa,
01:10faire un livre, pourquoi je ferais ça ?
01:12Je vous pose la question,
01:14puisque ça a été à l'origine aussi de votre curiosité.
01:16L'idée de faire un livre sur Omar Sy,
01:18c'était mon idée en tant que journaliste
01:21de m'intéresser à une personne,
01:22vraiment une personnalité iconique.
01:25Tout ce qu'il représente aujourd'hui en France,
01:29la popularité qui est la sienne,
01:32qui est quand même énorme,
01:33et en même temps,
01:34parfois, tous les ennuis qu'on vient lui chercher
01:37sont toujours des raisons jamais très fondées.
01:41Et puis, tout ce qu'il dégage,
01:44tout ce que son parcours raconte, voilà.
01:47Omar, vous êtes heureux du résultat,
01:49je veux dire, vous êtes content de nous parler en quelque sorte.
01:51Oui, un livre, c'est quelqu'un qui nous parle à l'oreille.
01:53Oui, c'est vrai que je suis content.
01:55En fait, en vrai, je suis content de me relire.
01:59Parce qu'en fait, c'est vrai,
02:01c'est qu'en fait, on se parle,
02:03et en fait, c'est vrai que c'est assez intime,
02:05parce que c'est le petit vélo qui tourne dans ma tête,
02:07qui est seulement dans ma tête, en fait,
02:09et qu'à un moment donné, avec Elsa, il sort,
02:11et du coup, je peux le voir,
02:13et le regarder avoir un petit recul.
02:16Et ça, c'est assez intéressant,
02:17c'est un peu une psychanalyse, quoi.
02:18Donc ça fait du bien, je me pose un peu maintenant.
02:21Alors, docteur Elsa Vigoureux,
02:23c'est que vous êtes patiente,
02:25dans tous les sens du terme,
02:26parce qu'il a fallu s'adapter.
02:27Je ne sais pas si ce n'est pas lui le plus patient des deux.
02:29Mais quand même, au rythme, à la disponibilité,
02:31et puis à l'envie de votre objet d'étude et de curiosité,
02:34ça n'a pas toujours été facile facile.
02:36Non, Omar, c'est quelqu'un qui échappe pas mal,
02:38en fait, qui garde bien le contrôle,
02:40et qui ne s'attrape pas facilement,
02:43oui, en effet, ça n'a pas été facile.
02:45Mais après, c'est vrai qu'il y a ce que dit Omar,
02:47cette espèce de jeu de miroir,
02:49qui est très intéressant.
02:51On apprend beaucoup de choses au contact d'Omar.
02:53C'est quand même une personnalité...
02:55Moi, il y a deux choses qui m'ont vraiment marquée.
02:58Dites-nous.
03:00Il est supérieurement intelligent,
03:02je le dis à tout le monde,
03:03Omar est supérieurement intelligent, vraiment.
03:05Et puis, il a vraiment, en toute occasion,
03:09partout, tout le temps,
03:11le sens du récit.
03:13En fait, tout est récit pour Omar.
03:15Je dis ça parce que, par exemple,
03:16quand il a relu le livre,
03:18j'avais un peu peur qu'il ait du mal à se détacher du fond,
03:22puisque ça le concerne lui directement,
03:24et qu'il n'ait pas la distance nécessaire pour la relecture.
03:26Et en fait, il a eu une relecture éditoriale, quasiment,
03:30où il me disait là, par exemple,
03:31pourquoi tu mets une virgule ?
03:32Là, tu as dit ça, donc c'est pas la peine de le remettre.
03:34Laisse le truc, c'est mieux quand c'est suggestif.
03:36Voilà.
03:37Donc ça, c'est vraiment quelque chose
03:39qui m'a surprise dans l'écriture.
03:42Mais c'est un professionnel du récit, vraiment.
03:44Il est finout, notre Omar.
03:46Il y a des choses passionnantes et surprenantes dans le livre,
03:49notamment Omar, votre rapport à la solitude.
03:51À la fois, elle vous pèse quand vous êtes loin de votre femme et de vos enfants,
03:54et en même temps, vous nous dites à travers les lignes
03:56et l'écriture d'Elsa,
03:58j'en ai besoin pour créer.
04:00Oui, c'est par là que ça se passe.
04:02En fait, quand on a de l'interaction,
04:05quand il y a du monde,
04:06c'est compliqué de s'échapper.
04:08Et la création, pour moi,
04:10c'est une escapade, en fait.
04:12L'imaginaire, tout ça,
04:14ça se provoque dans un truc où on s'en va.
04:16Et donc, quand on est seul,
04:18on voyage plus facilement.
04:20L'aventure est plus simple,
04:22plus accessible.
04:24La famille, parlons-en, parce que celle de vos parents
04:26attrape en région parisienne.
04:27Celles que vous avez fondées sont au cœur de ce livre.
04:29C'est votre raison de vivre, Omar ?
04:31La famille ?
04:32Oui.
04:33Oui, c'est même plus que ça.
04:35C'est pour ça que je vis, en fait.
04:37C'est-à-dire que les parents, sans eux,
04:39il n'y a pas d'Omar.
04:41Ça, c'est scientifique.
04:42En effet.
04:43Et après,
04:45non, oui, c'est un socle, quoi.
04:47Je ne sais pas comment dire.
04:49Moi, oui, il n'y a pas de...
04:50Je ne sais même pas comment décrire ça.
04:52Évidemment que la famille, c'est la base
04:54et tout le reste se bâtit dessus, en fait.
04:56Et ça vous a d'ailleurs aidé à passer
04:58le cap de la surmédiatisation.
05:00On est après Intouchables, en 2011.
05:02Vous décidez de partir aux Etats-Unis, d'abord pour quelques mois.
05:04Puis, finalement, vous allez vous y installer.
05:06Vous dites dans le livre,
05:07« Je voulais redevenir le papa anonyme
05:09qui peut aller à la kermesse de l'école. »
05:11Ça veut dire qu'il y avait quand même cette soif aussi
05:13de redevenir un tout petit peu anonyme.
05:15Ils font des kermesses aux Etats-Unis ?
05:16Bien sûr.
05:17Et des très bien.
05:19Ils ont des trucs super.
05:20Ils font des jeux qu'on ne fait pas, nous.
05:22On a l'impression que c'est que dans les films.
05:24Le truc où il y a un mec assis
05:26et tu jettes une balle, il tombe dans l'eau.
05:28C'est pour les films.
05:29Je vous jure qu'ils le font.
05:31Je vous donne un scoop sur RTL ce matin.
05:33Ils le font en vrai.
05:34Non, mais c'est important.
05:35C'est vrai qu'il y a un moment
05:38qui m'a beaucoup marqué après Intouchables.
05:40J'amène mon fils à l'école,
05:41donc mon fils aîné qui s'appelle Tidiane.
05:43Je l'amène à l'école et j'entends
05:45« Ah tiens, c'est le fils d'Omar ».
05:48Alors qu'avant ça, j'étais le père de Tidiane.
05:50Et ça, ça a été un...
05:52Je me suis dit « Merde, comment je vais faire ? »
05:55En fait, il y a un moment donné,
05:56il va forcément me détester pour ça.
05:58S'il ne peut même pas avoir de prénom, quoi.
06:00Donc ça m'a fait flipper.
06:02Et puis vous avez pris une dimension,
06:05alors en France évidemment,
06:06mais aussi là-bas.
06:07Vous racontez un moment,
06:08vous êtes contacté par Michel Obama
06:10qui veut vous rencontrer
06:11et vous dites à Elsa
06:13« On dirait pas un sketch, ma vie ? »
06:15C'est vrai, mais même là,
06:16ce qui se passe ce matin, Elsa,
06:17c'est qu'elle dit sûrement
06:18« On dirait le Truman Show ».
06:20Qu'est-ce qu'il la croit ?
06:21Alors il y a aussi le revers de la médaille.
06:23Votre parole est scrutée,
06:24elle est disséquée,
06:25elle est critiquée parfois durement,
06:27comme lorsque vous avez demandé justice
06:28après la mort d'Adama Traoré en 2016
06:30ou du jeune Nahel en 2023.
06:32« Avant, ceux qui ne me supportaient pas
06:34se taisaient, confiez-vous Elsa ».
06:36C'est une des phrases clés de ce livre, je crois.
06:38Oui, c'est vrai.
06:40Je n'ai pas connu la médiatisation
06:44et tout ça avec Intouchables.
06:47C'était bien avant.
06:48Il y avait Canal, il y avait tout ça.
06:50Mais les gens qui ne me supportaient pas,
06:52je ne les entendais pas.
06:54Et pourtant, je sais qu'ils étaient là.
06:56Mais donc après,
06:58ils se sont mis à s'exprimer.
07:00Elsa Vigoureux,
07:01comment on aborde un personnage de ce type ?
07:03Je devrais dire un chaleureux, ultra-pudique
07:05qui a par ailleurs besoin de se protéger.
07:07Ce n'est pas facile.
07:09Comment on l'aborde ?
07:11Avec des questions.
07:13Le fait qu'il explose dans l'air.
07:15On l'aborde sans cadre.
07:17Dans le livre, en tout cas,
07:19au début, je suis venue avec des questions préparées.
07:21J'ai vu que ça ne marchait pas du tout.
07:23Omar, il est très fort pour ça.
07:26Si les questions sont préparées,
07:28je fais face à un acteur
07:30qui est dans son rôle.
07:31En fait, ce n'était pas préparé.
07:33C'est un peu au gré des moments.
07:35Parce qu'il fonctionne comme ça par moments.
07:37Mais je voulais dire aussi sur la solitude
07:39que moi, j'ai vu Omar dans des situations
07:41où il y avait plein de gens autour de lui.
07:43Et je le trouve, et c'est sa force,
07:45seul au milieu des autres aussi.
07:47Là, vous parlez par exemple
07:49d'Adama Traoré, de Nahel.
07:51Sur toutes ces histoires-là,
07:53je trouve aussi qu'il est tranquille.
07:55C'est-à-dire qu'il émet une opinion
07:57qui est propre et personnelle.
07:59Mais ça ne va pas au-delà.
08:01Ce sont des sentiments
08:03qui ne lui appartiennent qu'à lui.
08:05Stéphane ?
08:07Le livre aborde quasiment tous les sujets.
08:09Le succès, le cinéma, la famille,
08:11l'enfance, la vie entre la France,
08:13les Etats-Unis, le Sénégal,
08:15votre passion pour la moto que j'ai découverte,
08:17et puis les chiens.
08:19En revanche, il y a deux sujets, Elsa,
08:21où vous avez eu du mal à l'embarquer.
08:23Le sexe et l'argent.
08:25Oui.
08:27La preuve !
08:29Je vais me faire plaisir.
08:31Service après-vente, bonjour !
08:33Dido ?
08:35Tu viens bien au soirée, là ?
08:37Mais t'es étonné !
08:39On a fait une soirée pharaon !
08:41C'est mon dieu en pyramide !
08:43On s'est assis dessus !
08:45Ben alors, Dodo ?
08:47On est pudiques ?
08:49On a du mal à y aller !
08:51Non mais là, c'est Dido !
08:53Il y a le masque, justement.
08:55C'est toute la différence.
08:57Quand c'est personnel, quand c'est l'intime,
08:59c'est autre chose.
09:01Parce que je le dis dans le livre aussi,
09:03c'est qu'à un moment donné,
09:05ces sujets-là sont tellement...
09:07Les gens sont carnivores
09:09avec ce truc-là.
09:11C'est hyper malsain,
09:13l'intérêt de ce truc-là,
09:15je trouve, aujourd'hui, dans notre société.
09:17Et ça conduit, je trouve,
09:19à des choses qui ne sont pas bonnes.
09:21C'est-à-dire la comparaison, la jalousie,
09:23l'envie, tout ça.
09:25J'ai pas envie de nourrir ça, en fait.
09:27Il y a des choses,
09:29dans notre société,
09:31qui sont très très mal gérées.
09:33Et j'ai pas envie de mettre de l'eau dans ce moulin-là.
09:35Omar, merci d'être venu nous voir.
09:37C'est déjà fini ?
09:39Non, justement. On a une petite surprise pour vous.
09:41C'est une excellente habitude.
09:43On va la garder. J'en connais une qui sera contente
09:45de vous interviewer. Elle est à ma droite.
09:47Vous aimeriez un jour me voir ?
09:49C'est à 40, c'est tôt quand même.
09:51Déjà, là, c'est un effort.
09:53Oui, il est capable de ça.
09:55Merci d'avoir confessé le pudique
09:57qu'on a en face de nous.
09:59Viens, on se parle. Votre travail commun
10:01paraît aujourd'hui aux éditions Albin Michel.
10:03Vous restez avec nous, parce que dans quelques instants,
10:05vous serez dans l'œil de Philippe Cadrivière.
10:07Il a des choses à vous dire.
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