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00:02 [Musique]
00:06 RTL Matin, 7h-9h
00:08 [Musique]
00:19 Bonjour, Bruno Capuçon.
00:20 Bonjour.
00:21 Merci d'être avec nous et de nous rejoindre ce matin sur RTL avec votre violon.
00:24 Vous êtes venu nous présenter votre deuxième album de reprises de musique de film.
00:28 Il est très simplement intitulé "Cinéma 2. Les choses de la vie".
00:32 Vous serez le 10 mars à l'Olympia, je le précise, à Aix-en-Provence au Festival de Pâques.
00:36 Il se tient du 22 mars au 7 avril.
00:38 Votre précédent et premier album a été, je le rappelle, la plus grosse vente de disques dits classiques en 2018.
00:44 "Jean de Florette", "Le dernier métro", "Le vieux fusil", "Forza Gane", "Les choses de la vie".
00:48 Comment les avez-vous choisis ? Je me dis que ça ne doit pas être facile d'ailleurs.
00:51 Oui, alors le point commun c'est bien sûr des compositeurs français.
00:54 Et puis la jeunesse c'était Jacques Chancel qui m'avait parlé de Delrue.
00:57 Et de Delrue je suis passé à cet espèce d'univers français de la musique de film.
01:01 Et Dieu sait si on a le choix, il y a de quoi faire 5 disques.
01:04 Alors ce sont des oeuvres qui vous ont marqué, les films ou leur musique ?
01:08 Alors il y a deux approches. Par exemple "Jean de Florette" qui est un film que j'ai vu quand j'étais gamin.
01:12 Et rien que l'idée d'entendre ce thème, je revois d'abord le film et puis le moment où je l'ai vu.
01:17 C'est ça qui est intéressant dans la musique de film, c'est qu'on se reprojette chacun dans un moment qu'on a vécu.
01:22 Et puis d'autres comme "Rich and Famous" par exemple de Delrue que je n'ai jamais vu.
01:26 Pour lequel j'ai choisi la musique, vraiment par la musique, parce que je trouve que c'est une musique géniale.
01:30 Alors souvent la musique, comme le cinéma d'ailleurs, nous ramène à nos souvenirs, à un instant, à un moment bien particulier de nos vies.
01:36 C'est ce que vous venez de nous décrire en fait.
01:37 C'est ça.
01:38 Des émotions successives.
01:39 Ça peut être de la nostalgie, ça peut être des copains qu'on avait à l'époque, ça peut être une ancienne copine d'enfance, ça peut être plein de choses.
01:46 Des souvenirs avec ses parents, avec ses grands-parents.
01:48 Et je pense que ça fait voyager encore plus parfois qu'une musique de Brahms ou de Schubert.
01:54 Parce qu'elle peut être aussi connectée avec un moment d'un concert.
01:59 Mais les images sont très fortes bien sûr.
02:01 Dans cet album, vous êtes accompagné par l'orchestre Les Siècles, dirigé par Duncan Ward.
02:05 C'est une grande formation.
02:06 Oui, c'est un orchestre de 70 musiciens.
02:08 Et c'était absolument incroyable d'enregistrer ce disque, parce qu'on connaissait tous ses thèmes.
02:12 Imaginez quand on a enregistré "Rabbi Jacob", c'est un orchestre français.
02:16 Donc on était 100% avec la banane.
02:18 On n'arrêtait pas de le jouer, de le rejouer.
02:20 À un moment, il a fallu s'arrêter, parce qu'on le jouait pour le plaisir.
02:22 Justement, comment se forme l'harmonie entre l'orchestre, le groupe et le soliste que vous êtes ?
02:27 C'est vraiment une écriture classique.
02:29 Cyril Lenne, qui a fait les transcriptions, a fait en sorte que le violon soit traité comme un violon concertant.
02:34 C'est comme dans le concerto de Brahms ou un concerto de Beethoven.
02:37 Sauf que là, bien sûr, ce sont des formats courts.
02:39 Et il a réorchestré des oeuvres.
02:41 Par exemple, "La Passante du Sans-Souci" est écrite pour violon et orchestre.
02:44 Dans le film, il y a ce violoniste qui joue dans le restaurant pour la sublime Romy Schneider.
02:51 Il y a, entre parenthèses, mon amour inconsidéré pour Romy Schneider comme actrice.
02:58 Il est quand même présent, sous-jacent dans ce film.
03:02 Vous allez vous dire "on l'entend".
03:04 Sur cet album, vous n'avez cette fois-ci, vous venez de nous le rappeler,
03:07 choisi que des bandes originales composées par des compositeurs français.
03:11 Vladimir Kosma, Alexandre Desplat, François Droubet ou encore Michel Legrand.
03:15 Il y a une tradition française en la matière, un savoir-faire particulier.
03:18 Ah oui, et puis il y a un point commun, c'est l'élégance.
03:20 Je vous dirais la même chose pour Debussy, Ravel, Fauré, Dutilleux, Dussapin.
03:24 Ce sont des compositeurs qui ont tous l'élégance, qui ont la finesse, chacun leur façon de composer.
03:31 Delereux ne ressemble pas du tout à Desplat, par exemple, qui ne ressemble pas à Kosma.
03:34 Ils ont leur univers, mais je trouve que l'élégance est une chose qui les caractérise
03:38 et qui caractérise, j'ai l'impression, la musique française.
03:40 Donc il y a bien une "French touch", comme diraient les Américains.
03:42 C'est pour ça aussi que beaucoup de nos compositeurs ont pu avoir de gros succès là-bas.
03:46 Si on prend Delereux ou Desplat, par exemple, ou Le Grand, qui étaient quand même des...
03:51 Pour Alexandre Desplat, c'est une star incroyable.
03:53 Un bon film, est-ce que c'est forcément une bonne musique qui l'accompagne ?
03:57 Moi, je ne peux pas dire l'inverse, parce que je suis musicien,
04:00 et effectivement, il y a des films qui m'ont marqué par la musique.
04:04 Moi, j'entends la musique très...
04:07 D'un autre côté, ce qu'on peut dire peut-être plus simplement,
04:09 c'est qu'un super film avec une musique pourrie, c'est compliqué, pour quelqu'un comme moi.
04:14 Alors, on l'a compris, vous entretenez une relation en particulier
04:17 avec l'un de nos très grands compositeurs, Georges Delereux.
04:19 Récontez-nous.
04:21 C'est né en fait de ces conversations que j'avais avec Jacques Chancel,
04:25 de toutes ces bribes de choses qu'il me racontait sur Delereux.
04:29 Il me dit un jour, "Tu sais comment j'ai trouvé Radioscopie ?"
04:32 Je lui disais "Ben non, j'ai appelé Georges, et puis je lui ai dit,
04:35 "Écoute Georges, il me faut un générique super vite pour Radioscopie."
04:38 Alors Delereux a écrit... Ça s'est fait rêver, ces histoires.
04:40 Après, l'histoire de Schoendorfer, ce film d'Yen Bien Phu.
04:44 Schoendorfer est un ami de Jacques Chancel, ils étaient en Indochine ensemble.
04:48 Ce film existe, et puis tout d'un coup, il faut une musique.
04:52 Et c'est leur copain, Georges Delereux, qui écrit la musique.
04:54 Et moi, j'ai découvert tout ça grâce à Jacques Chancel.
04:56 Donc, c'est un vrai hommage aussi que je veux rendre à Jacques,
04:58 qui était un personnage absolument unique, et qui me manque énormément.
05:01 Vous êtes venu avec votre violon, qui est une merveille, je le rappelle à chaque fois.
05:05 Et en fait, je vous demanderais bien la chanson d'Hélène.
05:08 - Si vous voulez. - "Les lipsards".
05:10 - C'est pas comme s'il était tôt. - Non, non, non. "Les choses de la vie".
05:12 ...
05:40 C'est un thème qui est d'une simplicité incroyable.
05:43 Et en même temps, on ne peut pas s'empêcher de voir les images,
05:45 de voir presque le parfum de ce film qui est absolument unique.
05:48 C'est ce qui est beau dans la musique de film, je crois,
05:51 c'est cette façon de pouvoir se téléporter dans deux univers en même temps.
05:55 Celui du film et celui de ce qu'on a vécu.
05:57 On va se séparer avec une musique que j'adore.
06:00 - Merci beaucoup, Renaud Capucon. - Merci.
06:02 Votre nouvel album de reprise de musique de film sort demain.
06:05 Il s'institue "Le cinéma 2", "Les choses de la vie".
06:08 Vous serez en concert le 10 mars à l'Olympia et à Aix-en-Provence
06:11 au festival de Pâques du 22 mars au 7 avril.
06:14 Merci d'être venu nous voir avec ce merveilleux instrument.
06:17 Toutes ces musiques ont accompagné nos vies.
06:19 Très bonne journée à vous.
06:21 Vladimir Kosma, Rabi Jacob.
06:25 (Musique)
06:52 Vous pouvez rester, bien sûr, Renaud, pour le deuxième oeil de Philippe Cabrivert.
06:56 Philippe Cabriolet, alors ça ce sera dans 5 minutes.
06:58 [SILENCE]
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