00:00 "Bonsoir, Vincent Parizeau, Isabelle Choquet."
00:04 Et donc retour sur l'affaire du consulat d'Iran dans le 16e arrondissement
00:08 où un homme a finalement été interpellé en début d'après-midi.
00:11 Alors vous avez peut-être suivi l'évolution de cette affaire en écoutant RTL.
00:15 En fin de matinée, un témoin d'ailleurs avait donné l'alerte
00:18 affirmant qu'un homme s'était introduit dans ce bâtiment porteur de grenades
00:22 ou d'une ceinture explosive.
00:24 En fait, on sait maintenant que tout était factice
00:27 mais évidemment au moment où l'affaire s'est déclenchée, personne ne le savait.
00:32 Les motivations de cet homme de 61 ans, né en Iran, de nationalité française
00:37 sont encore un peu floues mais on sait qu'il avait été interpellé en septembre dernier
00:40 pour l'incendie de ce même consulat et qu'il devait être jugé en appel lundi prochain.
00:45 Mais donc il est sorti de lui-même avant d'être interpellé
00:48 par la BRI, Brigade de Recherche et d'Intervention,
00:51 unité d'élite de la police, au même titre que le RAID.
00:56 - Votre ancienne maison, bonsoir Bruno Covard, ancien policier du RAID,
00:59 donc vous avez aussi été instructeur.
01:02 - Oui tout à fait.
01:03 - Une intervention comme celle-ci dans un consulat, dans une ambassade,
01:06 c'est quand même assez particulier, il y a une extraterritorialité
01:09 qui fait que dans le consulat, on n'est pas en France.
01:12 - Vous avez raison mais l'ambassadeur est là pour donner les autorisations qu'il faut
01:15 et compte tenu du contexte, évidemment, on ouvre les portes aux forces de l'ordre
01:18 quand c'est nécessaire et aux autorités qui sont présentes.
01:20 Là en l'occurrence, effectivement, la BRI a été saisie, le préfet de police également.
01:24 - Donc l'ambassadeur d'Iran a donné son feu vert pour que la police...
01:28 - Oui, sinon elle n'aurait pas pu rentrer, évidemment, c'est quand même un pays en soi.
01:33 Compte tenu du contexte, encore une fois, de ce personnage dont on ne savait pas
01:36 d'où il venait et ce qu'il voulait faire exactement,
01:39 effectivement le contexte est assez compliqué pour nos forces de l'ordre
01:42 mais il faut souligner quand même que la BRI et l'ensemble des forces de la police
01:46 ont réagi très très vite, ce qui prouve quand même que nos forces de l'ordre
01:49 et ces unités spéciales que sont la BRI, le RAID, le GIGN, etc.
01:53 sont vraiment rompues à l'exercice de pouvoir se mettre en place très rapidement
01:56 parce qu'il faut aller très très vite sur ce type d'opération.
01:58 Et vous avez remarqué qu'il y a un deuxième périmètre qui s'est mis en place
02:01 avec les militaires du plan de vigie pirate,
02:04 une deuxième bloc avec la DOPC et ensuite la zone d'exclusion,
02:10 c'est-à-dire la zone où intervient la BRI, là qui est totalement fermée
02:13 avec les autorités pour pouvoir travailler et aller négocier.
02:16 - Je crois que vous avez eu le patron de la BRI en ligne récemment.
02:20 Il savait à qui ils avaient affaire, il savait les policiers que les armes étaient factices ?
02:25 - Non, on sait rien, on a des informations,
02:27 vous savez faire le tri dans les informations qu'on peut recevoir,
02:29 on a su après que le gars avait tenté d'incendier l'ambassade avant,
02:34 enfin il y a plein d'éléments qui viennent.
02:35 Et dans ce type d'opération, même t'il qu'une prise d'otage ou autre,
02:39 vous vous rendez compte qu'il y a beaucoup d'informations qui arrivent
02:41 et il faut faire le tri dans tout ça.
02:43 Donc il y a des négociateurs, il y a des spécialistes qui sont capables de faire,
02:46 encore une fois, le tri dans l'information et dans la bonne information
02:49 pour pouvoir intervenir sereinement.
02:51 Là, visiblement, je vois que la négociation,
02:54 et c'est un peu le maître mot de nos unités,
02:56 de se spécialiser dans la négociation,
02:59 ce qui ne se faisait pas avant, au tout début, des grandes unités comme le GIGN,
03:02 qui est une très belle unité, n'avait pas de groupe de négociation.
03:05 Le RED, lorsqu'il a été créé, où j'ai pu participer pendant 13 ans,
03:10 a créé cette unité de négociation parce que c'est une force importante
03:14 dans le cadre de ce type d'opération.
03:16 - Vous nous parliez de Vigie Perrette, est-ce que ce n'est pas un peu étonnant
03:19 de voir quelqu'un rentrer avec un gilet tactique, des grenades,
03:23 visiblement, on pouvait les voir à l'œil nu,
03:26 dans un consulat, comme ça ?
03:27 - Vous avez raison, l'enquête va déterminer un petit peu comment ça s'est fait tout ça,
03:30 parce que c'est quand même surprenant qu'un individu,
03:32 est-ce qu'il y a eu des complicités, on ne sait jamais,
03:34 tout est ouvert, l'enquête le déterminera,
03:36 et je pense que c'est la DPJ qui doit s'occuper de ça,
03:39 va nous donner des éléments forts, concordants,
03:42 qui nous permettra de savoir comment ça s'est réalisé.
03:44 - Mais parce qu'il y a un contexte,
03:48 Iran, Israël, on peut imaginer que l'ambassade d'Iran
03:52 était peut-être un peu plus surveillée que d'habitude,
03:55 ou d'habitude d'ailleurs, elle doit être quand même en général
03:57 assez surveillée l'ambassade d'Iran.
03:58 - Vous avez raison, il y a des forces de l'ordre qui sont présentes, effectivement,
04:01 donc c'est pour ça qu'il va falloir regarder au niveau de l'enquête
04:03 ce qui s'est réellement passé,
04:04 comment cet individu a pu rentrer, comme ça, avec un équipement,
04:07 est-ce que l'équipement l'a amené de l'extérieur,
04:10 est-ce qu'il était à l'intérieur,
04:11 il y a plein de questions qui se posent, très sincèrement.
04:13 - On n'est pas certain de ça, qu'il est entré avec son équipement ?
04:16 - Écoutez, moi les informations que j'ai pour l'instant,
04:18 je ne peux pas vous dire que ce n'est pas le cas,
04:20 donc attendons encore une fois les informations
04:22 des officiers de la police judiciaire qui sont chargés de cette enquête,
04:25 mais c'est vrai que c'est une ambassade qui est sécurisée,
04:27 où il y a en plus des sas de sécurité à passer.
04:30 On peut se poser une question, quelques questions tout au moins.
04:33 - Très très clairement, et imaginons que cet homme
04:36 ne se soit pas rendu de lui-même,
04:38 est-ce que les forces de l'ordre auraient pu intervenir ?
04:40 - Oui, oui, écoutez la situation,
04:42 tant qu'il n'y a pas de prise d'otages en soi,
04:44 un forcené retranché, comme on appelle ça dans notre jargon,
04:48 seul, sans otages,
04:50 c'est moins problématique que quelqu'un qui détient des otages,
04:52 compte tenu du contexte que vous avez dit,
04:53 avec ce qui se passe avec l'Iran et Israël, etc.
04:57 On peut se dire, wow, c'est quand même quelque chose de très tendu.
05:00 Là en l'occurrence, il n'y avait pas d'otages, à proprement parler,
05:02 donc ça a permis en plus le travail de négociation
05:05 qui est très important dans ce cas-là.
05:07 Il faut toujours peser les mots,
05:08 c'est un véritable travail de spécialiste
05:10 pour pouvoir déceler un petit peu,
05:11 savoir un peu le fondement,
05:12 savoir pourquoi cet individu a fait ça.
05:14 Et voilà, le résultat est quand même très positif.
05:16 Mais c'est vrai que ce n'est jamais gagné d'affaire,
05:18 une opération pareille.
05:21 - Résultat très positif, vous l'avez dit,
05:23 l'affaire a duré quelques heures.
05:25 Cela dit, les Jeux Olympiques débutent dans moins de 100 jours.
05:28 Est-ce que cet épisode montre des failles ?
05:31 Et les consulats, les ambassades,
05:35 qui peuvent être quand même des cibles symboliques extrêmement importantes,
05:39 sont-elles suffisamment surveillées et sécurisées ?
05:42 - Écoutez, il y a un plan de sécurisation qui a été fait,
05:45 on en parle depuis des semaines et des mois même.
05:47 Il faut savoir que 45 000 policiers seront présents sur la capitale
05:51 pour assurer la sécurité de cette grande manifestation.
05:55 Il faut savoir que l'ensemble des troupes d'élite seront réunies.
05:58 C'est la première fois d'ailleurs
05:59 qu'on retrouvera le RAID, le GIGN et la BRI réunies au sein même d'un PC.
06:03 Chacun interviendra évidemment en suivant la mission,
06:06 je dirais, s'il y avait nécessité.
06:07 On espère qu'elles n'auront pas besoin d'intervenir.
06:09 Mais à côté de ça, vous avez vu qu'il y a un plan de sécurisation
06:12 qui est très très fort en termes de policiers privés qui seront présentes,
06:16 même si elles ne sont pas en nombre, elles seront présentes,
06:17 des réservistes qui seront mobilisés
06:19 et surtout beaucoup de forces de l'ordre,
06:20 beaucoup de policiers en civil qui seront à travers la population
06:23 qui sera présente sur cet événement.
06:26 Donc il y a un gros gros travail qui est fait, encore une fois, de préparation
06:29 et le renseignement est quelque chose de très important
06:32 pour préparer ce type de manifestation.
06:33 Mais faisons juste un petit recul en arrière
06:35 quand on parle du match de foot qu'il y a eu il y a quelques jours.
06:37 Tout le monde a dit "c'est une dramatique Coupe d'Europe,
06:39 Ligue, ça va être un drame, il va y avoir quelque chose".
06:42 Mais regardez, le travail qui a été fait par nos policiers,
06:44 je crois, de façon générale, est très bien fait.
06:45 Et encore une fois, que ce soit la préfecture de police
06:47 ou le ministère intérieur, sont rompus à ce type d'organisation.
06:50 Il faut quand même...
06:52 Je parle pour ma cantine parce que c'est mon métier,
06:55 mais je le vois, l'évolution en 40 ans dans cette maison,
06:57 je vois bien quand même qu'il y a un travail considérable qui est fait,
06:59 mais malheureusement, on n'est pas à l'abri d'un attentat.
07:01 En tout cas, l'opération s'est parfaitement déroulée.
07:05 Et effectivement, la question qui peut se poser,
07:06 c'est comment cet homme-là a pu aller jusque à l'intérieur de ce coin-ci-là ?
07:11 Merci beaucoup, en tout cas, de nous avoir éclairés,
07:14 Brumeau, Pomard, ancien instructeur et policier du RAID.
07:18 RTL, bonsoir.
07:18 Continue dans un instant votre dose quotidienne de sourires, de curiosités.
07:22 Notre RTL Inside.
07:24 RTL en immersion avec les fans de Goldorak.
07:27 En fait, les 45 ans du robot de notre enfance avec ses fulgures au point.
07:31 Bon, je vais chercher mes Aster Watch.
07:33 Ah, vous êtes fan, vous aussi ?
07:36 RTL Bonsoir. Jusqu'à 20h.
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