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  • il y a 2 ans

Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'Epargne, répond aux questions d’Alexandre Le Mer.
Retrouvez "L'invité éco" sur : http://www.europe1.fr/emissions/linterview-eco

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Transcription
00:00 L'invité éco avec Banque Populaire, engagé aux côtés de ceux qui entreprennent.
00:05 Il est 6h42 sur Europe 1, c'est un anniversaire que vous n'aurez peut-être pas tous envie de célébrer.
00:11 La TVA célèbre donc aujourd'hui ses 70 ans d'existence.
00:16 Cette taxe sur la valeur ajoutée a vu le jour effectivement au printemps 1954
00:21 et depuis, et depuis, c'est un impôt sur la consommation auquel vous n'échappez plus dans vos emplettes du quotidien.
00:27 Vous le payez dès lors que vous achetez un bien de consommation ou même un service.
00:31 Mon invité pour en parler ce matin sur Europe 1 est économiste. Bonjour Philippe Crevel.
00:35 Bonjour.
00:36 Directeur du Cercle de l'Épargne, première question sur cette taxe sur la valeur ajoutée.
00:42 La TVA est-elle une exception française ?
00:45 Ah non, la TVA c'est un véritable succès français qui s'est exporté à travers l'ensemble de la planète.
00:51 Aujourd'hui il y a plus de 150 pays qui appliquent la TVA, ce qui prouve vraiment la réussite de cet impôt
00:58 qui s'est imposé par sa simplicité et par son efficacité.
01:03 Bon, on présente souvent la France comme la championne des impôts.
01:07 De fait, nous avons le taux de prélèvement obligatoire le plus élevé en Europe avec, je crois, le Danemark.
01:12 Elle s'inscrit là, cette TVA créée en 1954 dans une tradition, on va dire très française des taxes, Philippe Crevel ?
01:21 Alors la TVA, la taxe sur la valeur ajoutée, a été inventée en 1954 par un inspecteur des finances, par Maurice Loret.
01:28 C'était avant tout pour simplifier donc le système fiscal français extrêmement compliqué.
01:33 Il y avait avant des taxes sur le chiffre d'affaires qui s'accumulaient les unes sur les autres.
01:39 Donc un producteur payait de la taxe sur le chiffre d'affaires mais en prenant en compte qu'il avait déjà été payé sous forme de taxes.
01:46 Et ça s'accumulait qu'avec la TVA, il y a le phénomène de déduction.
01:50 On ne paie donc de l'impôt que sur la valeur ajoutée et surtout c'est le consommateur final qui paie l'impôt sans s'en rendre compte
01:57 parce qu'en fait ce sont les entreprises qui la déclarent.
02:00 Et donc c'est ça toute l'intelligence de la TVA et donc ça a été une simplification.
02:04 Après c'est vrai que la TVA, sa rapport c'est 200 milliards d'euros, c'est le premier impôt en France,
02:10 loin devant l'impôt sur le revenu ou l'impôt sur les sociétés.
02:13 Du point de vue des caisses de l'État, l'un des points forts de la TVA peut-être,
02:19 c'est qu'elle est intégrée directement dans le prix d'achat, ce qui la rend moins perméable à la fraude.
02:24 La TVA c'est un impôt indolore où les consommateurs paient de la TVA presque sans s'en rendre compte.
02:31 Je dirais presque parce que si on propose à quelqu'un de payer sans TVA, il accepte bien volontiers, mais ça c'est de la fraude.
02:38 Et donc on va dire que c'est un impôt qui est facilement recouvrable et le fisc, le Bercy,
02:44 suit assez facilement évidemment la consommation et peut déterminer s'il y a ou pas fraude.
02:53 Et donc il y a un bon taux de recouvrement sur cet impôt, donc c'est pour ça qu'il est efficace.
02:57 Vous dites que la TVA est un impôt indolore. On entend chez ces détracteurs que c'est peut-être au contraire l'impôt le plus injuste.
03:05 Le poids de la TVA sur les courses de quelqu'un qui gagne le SMIC,
03:10 de fait ça n'a pas du tout le même impact que lorsque l'on gagne 5 000 euros par mois, Philippe Crevel.
03:15 La TVA n'est pas un impôt progressif sur le revenu, c'est un impôt sur la consommation.
03:20 Donc évidemment qu'une personne modeste va payer proportionnellement plus de TVA qu'une personne aisée,
03:27 même si, il faut le souligner, justement on a introduit plusieurs taux de TVA.
03:32 Il y a les taux de TVA à 2,1%, il y a un taux de TVA à 5,6% et le taux normal qui va se situer à 20%
03:39 justement pour les produits dits de première nécessité qui seront soumis à des taux réduits
03:44 pour atténuer ce caractère "injuste" de l'impôt.
03:49 Qu'est-ce que vous répondez justement aux détracteurs de la TVA qui disent que surtout en période d'inflation,
03:55 cette TVA revient à augmenter l'impôt sur le coût de la vie ?
03:59 La TVA c'est un impôt qui a vocation à financer les dépenses publiques.
04:03 La France a un niveau de dépense publique extrêmement élevé, à plus de 54% du PIB.
04:09 Il faut trouver des moyens pour les financer.
04:12 La TVA c'est 200 milliards d'euros, c'est un impôt extrêmement performant.
04:17 Et la preuve, plus de 150 pays l'utilisent aujourd'hui.
04:20 On ne pourrait plus se passer de cet impôt qui a une grande efficience, une grande efficacité,
04:26 qui est relativement simple et qui évite des impôts au cascade tels qu'on pouvait les connaître auparavant.
04:31 Alors on sait que le gouvernement a un sérieux problème de déficit public.
04:34 On cherche les économies actuellement un petit peu partout.
04:36 Le gouvernement réfléchit à une TVA sociale qui a déjà été adoptée en 2012.
04:42 Comment ça fonctionne ?
04:43 La TVA sociale c'est un transfert d'impôt.
04:46 C'est remplacer des cotisations sociales qui pèsent sur le travail
04:50 et donc de faire payer le consommateur à travers la TVA que l'on acquitte
04:55 en achetant des biens industriels, de l'équipement informatique ou de l'alimentation.
05:01 C'est un transfert d'impôt, il n'y a pas d'économie derrière.
05:03 Et donc c'est le consommateur final qui va payer en lieu et place
05:08 de l'entreprise ou des salariés à travers les cotisations sociales.
05:12 Donc attention, d'un côté on peut favoriser, c'est vrai, le travailleur,
05:16 mais de l'autre côté on va pénaliser le consommateur.
05:18 Et ce n'est pas parce que je vais mettre un impôt sur X ou Y que X ou Y va le payer.
05:24 Donc ce n'est pas en mettant un impôt sur une vache que la vache va vous payer l'impôt.
05:28 Il va falloir toujours que le contribuable le paie d'une façon ou d'une autre.
05:32 Toujours dans l'idée de réduire le déficit public,
05:35 Gabriel Attal lance une mission parlementaire sur la taxation des rentes.
05:40 Quand on cherche des économies en France,
05:43 ça passe forcément par de nouvelles taxes, de nouveaux impôts ?
05:46 Malheureusement en France, souvent quand l'État a un problème de déficit,
05:51 il a la tentation d'augmenter la pression fiscale.
05:53 Et c'est pour ça que nous arrivons aujourd'hui à un taux de prélèvement
05:56 aux alentours de 43-44% du PIB, ce qui nous place en tête au sein de l'Union européenne.
06:02 Réaliser des économies budgétaires, c'est extrêmement compliqué
06:06 parce qu'il faut faire des arbitrages,
06:07 il faut évidemment prendre des mesures impopulaires et souvent par facilité.
06:12 Donc on choisit la solution fiscale qui a des inconvénients également
06:17 parce qu'elle nuit à la croissance économique et puis elle crée évidemment,
06:21 pour ceux qui vont la payer, beaucoup de frustrations.
06:25 La TVA, la Taxe sur la valeur ajoutée, faite aujourd'hui ses 70 ans,
06:30 elle est solidement installée dans notre paysage fiscal
06:33 et dans les sources de revenus des caisses de l'État.
06:36 Merci Philippe Crevel, économiste et directeur du Cercle de l'Épargne,
06:41 ce matin sur Europe 1.
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