00:00 - Excusez-moi, je crois que le gouvernement part sur une fausse piste, en l'occurrence par rapport au fait dont on parle.
00:06 Parce qu'une fois que vous aurez mis un policier ou un gendarme devant chaque établissement scolaire,
00:12 500 mètres plus loin, 1 km plus loin, on pourra assister à ce qui s'est tragiquement passé à Montpellier et à Vierichâtillon.
00:22 Et donc le problème c'est la violence, c'est l'ultra-violence des jeunes.
00:25 Qu'on protège les écoles, personne ne va être contre, mais le problème c'est cette ultra-violence et à laquelle il faut trouver des réponses.
00:34 Donc on l'a dit tout à l'heure, il y a sûrement des réponses pénales, mais il ne peut pas y avoir que des réponses pénales face à un problème de cette ampleur
00:42 qui touche un peu, enfin pas un peu, qui touche au fond de la société comme on le disait tout à l'heure.
00:48 Et donc il va bien falloir trouver d'autres réponses à ça.
00:51 Geoffroy parlait de la responsabilité des médias et de l'entreprise de déconstruction des autorités.
00:58 Je ne suis pas sûr, pas convaincu que ce soit l'explication principale dans la mesure où en mai 68 on n'a jamais fait l'éloge de la violence.
01:10 Non mais c'est la conséquence en fait.
01:12 D'aller jusqu'à ce degré de violence n'est plus un problème d'autorité, c'est un problème de pulsion.
01:18 C'est un problème de maintien des pulsions. Alors l'autorité contribue évidemment à contenir les pulsions.
01:26 Mais mai 68 et toute la période qui a suivi c'est quoi ? Parce que ça ne s'est pas passé qu'en France, on parle toujours de mai 68,
01:33 ça s'est passé dans tout l'Occident. C'est le primal de l'individu sur le collectif mai 68.
01:37 C'est l'individu compte plus que le collectif, que l'institution, que le cadre.
01:43 Et ça on a assisté à ça dans tout l'Occident, dans toute l'Europe et aux Etats-Unis.
01:48 C'est d'ailleurs partie des Etats-Unis dans les années 60.
01:51 Et donc je ne suis pas sûr que ça puisse expliquer à lui seul ce phénomène historique,
01:58 cette violence qu'on retrouve qui concerne certains quartiers plus que d'autres quand même.
02:06 La violence s'étend dans nos sociétés. Tout le monde le dit, les jeux vidéo sont de plus en plus violents.
02:13 L'exposition, l'accès à la violence par l'image est de plus en plus fort.
02:17 Ça c'est un phénomène qu'il faudrait peut-être analyser dans ses conséquences.
02:22 Mais ce degré de violence n'existe pas systématiquement partout.
02:27 Ce n'est pas toute la jeunesse qui est concernée par ce degré de violence.
02:33 Et donc il faut comprendre pourquoi dans certains quartiers, souvent les plus désintégrés socialement,
02:40 pourquoi on arrive à cette ultra-violence et pourquoi cette désintégration est allée aussi loin.
02:48 Moi je pense qu'il y a un problème majeur avec une partie des parents,
02:53 sur lesquels il y a une responsabilité personnelle en tant que parent,
02:57 mais sur lesquels aussi il y a des parents qui n'y arrivent plus.
03:00 Et donc je pense que dans notre entreprise de recivilisation ou de maîtrise des pulsions,
03:06 il y a sûrement la question d'autorité, mais il y a une question qui va être d'aider les parents qui n'y arrivent plus,
03:13 qui ont de la bonne volonté mais qui n'y arrivent plus, souvent pour des conditions sociales,
03:17 à retrouver le contrôle sur eux.
03:19 Donc il faut aider les parents ?
03:20 Je pense que c'est une grande question.
03:21 Donc il faut aider les parents ?
03:22 Oui, il faut une école.
03:23 Pour endiguer ce fléau, ce problème d'ultra-violence dans les établissements, il faut aider les parents ?
03:28 Il faut repérer très vite les familles, pas simplement monoparentales, même si elles peuvent en faire partie,
03:35 les familles où ça dysfonctionne gravement et où les gamins ont des comportements anormaux.
03:39 Parce que pour qu'à 14 ans ou 15 ans, vous en soyez à ce degré de violence,
03:43 excusez-moi, ça n'a pas commencé il y a six mois, ça a commencé plus vite, plus jeune, plus tôt.
03:49 Et donc je crois que le travail de recivilisation, il peut passer par là.
03:52 On peut y aller.
03:53 [Musique]
03:56 [SILENCE]
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