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  • il y a 2 ans


Retrouvez "Pascal Praud et vous" sur : http://www.europe1.fr/emissions/pascal-praud-et-vous

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Transcription
00:00 - En France on a quand même beaucoup de discriminations qui sont déjà visibles.
00:03 - Il y en a 25 par exemple. - 26 même.
00:05 Donc il y en a plein, l'handicap, l'âge, le sexe, l'origine, enfin bon je vais pas vous faire les 25 ou les 26.
00:10 Donc c'est vrai que les cheveux n'en font pas partie.
00:13 En revanche, il y a des critères physiques.
00:15 Donc c'est vrai qu'on peut se demander, alors je comprends parfaitement pour ceux qui ont cette discrimination par rapport aux cheveux,
00:20 est-ce que malgré tout une loi est nécessaire parce qu'en France on a une multitude de codes,
00:25 on a des dizaines de milliers de lois et dedans on peut y faire entrer cette histoire capillaire
00:30 parce que par exemple quelqu'un qui a les cheveux crépus, on pourrait utiliser discrimination sur l'origine.
00:35 Quelqu'un qui a les cheveux longs, un garçon qui aurait les cheveux longs, on peut dire discrimination au genre.
00:39 Bon on a déjà ça dans le Code du travail et puis on peut se dire aussi le problème c'est que...
00:44 - Donc vous n'êtes pas très favorable. - Bah évidemment !
00:46 - Marie, vous en pensez quoi ? Vous pensez qu'une loi est importante ou pas ?
00:50 - Oui, moi je pense qu'aujourd'hui c'est important.
00:53 C'est important parce que cette loi elle va permettre à toutes les personnes qui n'osent pas justement porter leurs cheveux au naturel de le faire.
00:59 Ça va leur permettre d'être protégées.
01:01 Parce que le fait de savoir qu'il y a une loi, déjà psychologiquement, intérieurement,
01:05 on se sent plus à l'aise pour venir en étant nous-mêmes au travail.
01:08 - C'est un argument qui s'entend mais en même temps la multiplication des normes et la multiplication des lois
01:13 est aussi un argument qui s'entend maître Toledano.
01:16 - Oui, puis on peut se dire, alors dans ces cas-là c'est pareil,
01:19 si on discrimine quelqu'un qui a les yeux bleus, quelqu'un qui est petit de taille, quelqu'un qui a des lunettes,
01:23 aussi il n'y a pas raison de les discriminer.
01:25 Donc on pourrait faire aussi noir si vous avez des lunettes.
01:28 - Non mais c'est pas exactement la même chose.
01:30 Les yeux d'abord, il n'y a pas de discrimination sur les yeux parce que personne ne pose un problème
01:34 si tu as des yeux marron, noir ou bleu à l'embauche.
01:37 - Sur le principe. Oui mais pour les cheveux ça devrait être la même chose.
01:41 A priori on ne devrait pas discriminer sur les cheveux.
01:43 - Je suis d'accord avec vous mais sauf que ça existe nous dit Barine.
01:46 Alors que sur les yeux, j'ai jamais quelqu'un qui est venu à un micro pour dire...
01:49 - Alors le poids peut-être par exemple, vous voyez, des choses comme ça où on pourrait aussi se poser la question.
01:54 - Mais là c'est dans le non-dit, vous le savez très bien que c'est dans le non-dit.
01:56 Quelqu'un qui, je pense, hélas, qui est obèse et qui arrive pour demander certains métiers,
02:05 j'imagine que celui qui va l'embaucher peut avoir dans certains cas et pour certains métiers peut-être des réticences.
02:14 - Peut-être. - Peut-être.
02:16 - On trouve les mêmes aussi, c'est vrai, pour ces problèmes capillaires.
02:18 Alors il faut quand même comprendre que la loi a quand même évolué.
02:20 Sans passer par une loi, par exemple pour vous donner une petite idée, en 2011,
02:24 il y a un policier qui a failli se faire virer parce qu'il avait les cheveux longs.
02:27 Et on lui a dit "les cheveux longs c'est pas possible".
02:29 Alors il est parti en justice et la cour d'appel de Marseille avait dit
02:33 "eh ben oui, on ne peut pas garder les cheveux longs parce qu'il y a un risque de le confondre avec une policière, ça peut poser problème".
02:38 Et puis un revirement de jurisprudence, en 2022 il y a un arrêt célèbre de la cour de cassation
02:42 pour un steward avec une compagnie aérienne importante qui avait des dreadlocks.
02:47 Et on lui a dit "c'est pas possible". Et finalement on lui a dit, la cour de cassation lui a donné raison,
02:51 mais pas parce que, disposition capillaire, on lui a dit "parce que si on ne vous donne pas raison,
02:55 il y a une inégalité entre les hommes et les femmes, pourquoi les femmes auraient droit à les cheveux longs et pas l'homme".
02:59 Donc on a avancé mais pas sur le bon motif, c'est ce que je veux dire.
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