00:00 Et puis alors j'ai la chance de recevoir ce matin Mathias Malzieux qui vient fêter les 30 ans de son groupe Dionysos.
00:06 Bonjour Mathias !
00:08 "Song for Jedi" que vous avez chanté en direct tout à l'heure dans ce studio, c'est la chanson qui vous a fait exploser en 2002.
00:21 C'est la première chanson de Dionysos, première chanson qui passera à la radio partout en France parce qu'il y a eu beaucoup d'autres chansons avant.
00:28 Et pourtant ce n'était pas gagné parce qu'il n'y avait pas assez de paroles en français, je crois.
00:31 Donc ça ne rentrait pas dans les quotas de chansons françaises ?
00:34 Exactement, il a fallu qu'on ruse un tout petit peu.
00:36 En fait elle avait une seconde d'anglais en trop sur la version que vous avez passée où je termine à la guitare folk tout seul en répétant le refrain en anglais.
00:45 Et du coup on a coupé le refrain, on a envoyé au CSA, on a eu le bon tampon du CSA et après on a renvoyé la mauvaise version en radio.
00:52 Ah vous avez triché comme ça !
00:54 Il y a une arnaque derrière ce truc !
00:56 On vous a suggéré je crois de changer les paroles du refrain.
01:00 Ah oui, c'était terrible ça. On m'avait dit "quand j'étais gamin, j'étais un lutin".
01:07 J'ai dit non.
01:09 C'est vrai que là ça fait plus Henri d'Est.
01:11 Merci d'avoir refusé.
01:14 Ça fait partie des anecdotes qu'on apprend dans la mécanique de l'extraordinaire qui est disponible aux éditions Hors Collection où vous racontez toute l'histoire de votre groupe.
01:23 Et on apprend notamment, vous revenez en arrière, que 9 ans avant "Song for Jedi", il y a eu ça.
01:29 * Extrait de "Song for Jedi" *
01:35 "Wet", c'est le morceau d'ouverture de votre toute première démo.
01:40 Une musique un peu bizarre qui a été composée suite à un problème de branchement.
01:44 Oui, tout à fait. C'est les pédales wah-wah de Jimi Hendrix qui fait ce son "wet wet".
01:50 Sur 99 guitares sur 100, quand on la branche à l'envers, ça ne fait aucun son.
01:56 Et là sur 7 guitares, ça faisait ce "bwip bwip" comme ça, espèce de son de poulet électronique qui nous a beaucoup plu.
02:04 Et qui était sur une note de si.
02:06 Et donc la semaine d'après, je suis venu avec ce slide un peu comme ça, blues du Mississippi, Beck.
02:11 Et puis ça a été le premier morceau de la première démo du premier album et qui est passé en radio pour la première fois.
02:16 On s'en rappelle parce que c'est toujours un peu magique de s'entendre à la radio en espèce d'un...
02:21 C'était dans votre coin au début ?
02:22 C'était dans votre coin, c'était à Couleur 3, la radio suisse.
02:26 Et on était en passé vraiment près de la Suisse et tout d'un coup on s'est entendu à la radio.
02:30 Alors là c'est comme si on avait gagné la coupe du monde.
02:32 C'était fou là.
02:33 C'était la folie.
02:34 Et puis ça va passer dans les boîtes de nuit et puis un jour vous remportez un tremplin qui vous permet d'enregistrer votre premier album.
02:40 Là le reste devient réalité mais dans un contexte un peu particulier parce que je crois que le studio était vraiment à l'ancienne.
02:46 Vous dormiez tous dans une maison quasiment insalubre, c'est ça pour enregistrer votre premier album ?
02:50 Il n'y avait pas de toilettes déjà.
02:51 Ni toilettes ni douche.
02:53 On allait se doucher une fois dans la semaine dans un petit hôtel qui ressemblait à en Bourgogne comme ça.
02:59 On se serait cru dans un film de Jarmusch mais sans les caméras et sans le réalisateur.
03:04 Que le mauvais côté du film de Jarmusch.
03:06 Donc complètement paumé au milieu de rien.
03:08 Et puis le vendredi on ne pouvait pas enregistrer parce qu'il y avait le baltrap aussi.
03:12 Ah d'accord.
03:13 C'est un truc...
03:15 Non, mais c'est comme ça en même temps que les histoires se fabriquent.
03:18 Et que si tu commences déjà à faire ta starlette alors que tu n'as rien,
03:23 il faut essayer de trouver des astuces pour que les choses se passent quand même.
03:27 Et après on a essayé de garder cet état d'esprit.
03:29 Et votre musique elle tape dans l'oreille du groupe rock le plus populaire du moment.
03:34 A l'époque c'était Louis Attaque.
03:35 Allez viens je t'emmène au vent, je t'emmène au-dessus des gens.
03:41 Et je voudrais que tu te rappelles notre amourette éternelle et pas artificielle.
03:48 Je voudrais que tu te ramènes au vent.
03:50 Ce groupe il a eu de l'importance dans votre parcours.
03:52 Très important.
03:53 Justement la chanson "Wet" quand on parlait juste avant avec ce petit bruit de guitare poulet électrique.
04:00 Le fait est qu'ils avaient écouté ça sur une compilation.
04:03 Et ils avaient mis ça dans leur playlist de ghetto blasters pour se mettre dedans avant leur concert.
04:09 Et après ils se sont dit "ah ces gars là on devrait les prendre en première partie".
04:11 Et c'est sur une de leurs premières parties que quelqu'un d'une maison de disques nous a repéré.
04:16 Maison de disques un peu plus Sony, Trema.
04:18 Alors que nos premiers disques avaient été faits vraiment avec deux bouts de ficelle sur des labels indés.
04:22 Et qu'on a adoré aussi.
04:24 Mais en tout cas ça a été un moment très important.
04:26 C'est la première fois que vous chantiez devant autant de monde.
04:28 Bah oui c'était drôle parce que la veille on était au pubstation du centre de la France perdu à nouveau.
04:36 Et tout d'un coup on joue à Besançon devant 6000 personnes.
04:40 Et notamment le jour où on a été repéré c'était à la Cité Arène.
04:45 Et l'ingénieur du son avait oublié de noter nos retours.
04:49 Donc on n'entendait rien sur scène.
04:51 Et puis en plus on était le deuxième groupe.
04:53 C'est une affiche avec deux groupes.
04:55 Et à la fin du premier groupe tout le monde hurlait "Louis attaque, Louis attaque".
04:58 Donc t'arrives, t'entends rien, ta voix, la batterie, t'entends "j't'oublie, j't'oublie" des trucs comme ça.
05:04 Et donc on a fait le concert à une espèce d'aveuglette énergique.
05:09 Et on est sortis complètement, on se disait "on a complètement foiré".
05:12 Et c'est à ce moment là finalement, c'est dans le combat où on arrive à faire quelque chose de finalement
05:17 qui a dû être suffisamment correct pour que ça intéresse une maison de disques.
05:22 Comme quoi on se serait encore plaint du son et on se serait découragé.
05:26 Et on aurait peut-être loupé un embranchement de l'histoire du groupe.
05:29 Parce que ce qui a fait votre succès, c'est ce que vous dégagez sur scène, une énergie folle.
05:33 Qui vous a valu d'ailleurs quelques petits accidents.
05:36 On va en parler dans un instant, à tout de suite sur Europe 1.
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