- il y a 11 heures
La marche blanche organisée à Fleurance dans le Gers, ce dimanche 7 juin, pour rendre hommage à la petite Lyhanna est terminée. Pour rappel, le corps sans vie de la fillette a été retrouvé jeudi à Puycasquier. Elle avait disparu vendredi 29 mai à la sortie de son collège. Un suspect, Jérôme Barella, est mis en examen et placé en détention provisoire.
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00:01Dans un silence pesant, une foule immense s'élance dans les rues de Florence.
00:10Des habitants de la commune ou des villages voisins, des parents d'élèves ou des anonymes,
00:18tous réunis en mémoire de Liana, 11 ans, retrouvée morte vendredi dernier.
00:28Derrière la banderole sur laquelle se trouve la photo de la jeune victime, ses parents guident le cortège.
00:36Une marche blanche à laquelle Karine a voulu participer en famille avec son mari et ses deux enfants.
00:44C'est terrible, on ne peut pas s'empêcher de faire le parallèle avec son propre enfant.
00:49J'ose même pas imaginer ce que vivent les parents, c'est un enfer.
00:53Je ne sais pas comment ils sont encore debout.
00:55J'ai une petite fille qui a le même âge qu'avait Liana, qui est en sixième.
01:01Donc qui est, comme l'était Liana, pure et innocente.
01:04Il faut qu'ils sachent les enfants.
01:06Ça sert aussi à faire de la prévention auprès des enfants.
01:09Je leur ai dit la vérité, qu'une petite fille avait été enlevée par quelqu'un qui n'est pas
01:15normal,
01:16qui lui a fait du mal et qui l'a tué, tout simplement, parce qu'ils en parlent au collège.
01:21Donc rien de plus que, malheureusement, ça leur enlève leur innocence,
01:26parce qu'on est obligé de dire la vérité et c'est moche, quoi.
01:32Une réalité bouleversante pour Lilou, collégienne à 30 kilomètres de Florence.
01:38Ça fait peur et on n'a plus trop envie de sortir de chez nous, des fois.
01:43Il faut être prudente.
01:46Une angoisse palpable.
01:48En tout, 6500 personnes sont venues soutenir les parents de Liana ce dimanche après-midi,
01:54un peu plus d'une semaine après le drame.
01:57Je pense que toutes les familles de France sont atteintes.
02:01et c'est important de montrer qu'on est solidaire avec la famille
02:07et on ne veut plus jamais qu'un drame pareil se reproduise.
02:11Moi, ça m'affecte énormément, comme ça affecte mes enfants,
02:14dont celle de l'âge de Liana, qui le vit assez mal.
02:25Passage obligé de ce cortège, le collège de Liana.
02:29C'est là que la jeune fille avait été vue pour la dernière fois avant sa disparition.
02:37Pour ses parents, l'émotion est immense.
02:40Le père de famille enjambe la grille de l'établissement
02:44pour aller accrocher sur les murs son T-shirt à l'effigie de sa fille.
02:51Puis, après une heure et demie de marche sous un soleil de plomb,
02:56l'heure des discours et des prises de parole.
03:00La voix tremblante, les larmes aux yeux,
03:03c'est la tante de Liana qui lit le message des parents,
03:07effondré à ses côtés.
03:09Notre petit monde tout entier s'est écroulé.
03:11Une fois de plus, je nourris les mots
03:14pour décrire ce drame abominable qui touche notre famille.
03:17Nous tenir devant vous tous et vous tous,
03:20aujourd'hui, et parler de Liana est surréaliste.
03:24Une dernière fois,
03:26mille merci du fond du cœur
03:29et au nom de toute notre famille,
03:31merci infiniment pour elle.
03:33Liana, pardon, pardon pour ce que tu as vécu,
03:35nous t'aimons tellement.
03:38Merci.
03:43Très applaudi,
03:44la famille de la jeune fille diffuse ensuite une chanson
03:48pour lui rendre hommage.
03:49Liana, tu fais mon étoile qui blie,
03:54dans mon cœur tu danses,
03:59tu sentires.
04:02avant de respecter une minute de silence.
04:07Entre tristesse, sidération et incompréhension.
04:12Pour le maire de Florence,
04:14la mort de Liana doit être le dernier acte d'une tragédie innommable.
04:18Il y a des prises de parole
04:20qu'on aimerait ne jamais avoir à faire.
04:25Ni en tant que maire,
04:28ni en tant que florentin,
04:30ni en tant qu'humain.
04:32Aujourd'hui,
04:34nous sommes une ville en colère,
04:37un territoire en colère,
04:39un pays en colère.
04:42Une colère,
04:43un immense gâchis
04:44et des questions.
04:48Dans quelles circonstances
04:50la collégienne a-t-elle disparu
04:51il y a maintenant plus d'une semaine ?
04:54Quel rôle Jérôme Barrella,
04:56le principal suspect
04:57qui se mûre dans le silence,
04:59aurait-il pu jouer dans sa mort ?
05:03Pourquoi ce drame,
05:04né dans les confins du Gers,
05:06se mutile jour après jour
05:08en un scandale d'État ?
05:19C'est devant ce collège
05:21vendredi 29 mai
05:22que Liana a été vue
05:24pour la dernière fois.
05:26À 15h,
05:28la jeune fille sort de cours
05:29et se volatilise.
05:32Deux jours après sa disparition,
05:35pour la première fois,
05:36sa mère prend la parole
05:37et revient sur l'emploi du temps
05:40de sa fille cet après-midi-là.
05:42Elle finit tous les vendredis
05:44à 15h.
05:45Nous, on allait la chercher
05:46directement devant le collège.
05:48Et du coup, là, ce jour-là,
05:49moi, je devais ramener
05:50une personne de ma famille,
05:51mais bon,
05:52on l'avait prévenu
05:53que ce jour-là,
05:53il fallait qu'elle rentre en bus.
05:56Mais à 19h,
05:57la jeune fille
05:58n'est toujours pas rentrée
05:59chez elle.
06:01Ses parents, inquiets,
06:03donnent l'alerte
06:03et préviennent les gendarmes.
06:06Très rapidement,
06:07un témoin va venir apporter
06:09des précisions essentielles.
06:11Il raconte que,
06:13contrairement aux consignes
06:14données à la collégienne
06:15par ses parents,
06:16elle n'est pas repartie
06:17en bus du collège.
06:20Il dit l'avoir vue monter
06:22en voiture avec un homme
06:24stationné devant
06:25l'établissement Uber Eats.
06:27Une information cruciale
06:29confirmée par une caméra
06:30de vidéosurveillance
06:31installée à proximité.
06:36Où cet homme a-t-il emmené Liana ?
06:39Dès la diffusion
06:40de l'avis de recherche
06:41de la jeune fille
06:41par la gendarmerie,
06:43tout le village
06:44se mobilise
06:44pour la retrouver.
06:47Je l'inquiète.
06:50Elle a disparu quand même.
06:51Ça fait deux nuits
06:51qu'elle n'est pas là.
06:52C'est la fête des mères
06:53aujourd'hui.
06:54Bien sûr que...
06:57C'est horrible,
06:58horrible ce qui se passe.
07:00Je rêve que d'une chose,
07:01c'est qu'on la retrouve
07:02et que j'ai le droit
07:05à mon câlin
07:06de fête des mères
07:06comme tous les ans.
07:08Je garde espoir,
07:10mais ça commence
07:11à être dur.
07:12Ça commence à être long.
07:16Une attente insoutenable.
07:19Jour après jour,
07:20des dizaines d'hectares
07:22sont ratissés.
07:24Sous un ciel chargé
07:25et la pluie
07:25qui commence à tomber,
07:27ces cavaliers
07:28préparent leurs chevaux.
07:31avant un dernier briefing
07:32avec la gendarmerie.
07:35Donc, on va vous accompagner
07:37derrière, en fait.
07:38Et dès que vous voyez
07:39quelque chose
07:39qui est juste mieux
07:41comme ce soit,
07:41on s'arrête
07:42et on prend en compte.
07:45Pour épauler les enquêteurs
07:47et participer aux recherches,
07:48Julien Sauvinsky
07:49a temporairement fermé
07:51son centre équestre.
07:53Son seul objectif aujourd'hui,
07:56retrouver Liana
07:57ou du moins une piste.
08:01Direction les champs,
08:02les bois
08:03et les chemins
08:04qui entourent Florence.
08:08Le gros intérêt à cheval,
08:09c'est notre mobilité,
08:11notre rapidité d'exécution
08:12par rapport à des piétons.
08:13On a une visibilité
08:14bien meilleure
08:15que ce soit dans les prairies,
08:16dans les cultures
08:17ou dans les sous-bois
08:18qui nous permet une couverture
08:20sur les recherches
08:21bien plus détaillées.
08:22Par exemple,
08:23sur la dernière recherche
08:24qu'on a fait à 5,
08:24on a couvert exactement
08:26la même superficie
08:28que ce qu'on fait
08:28une centaine de personnes
08:29à pied le week-end d'avant.
08:32Parmi les cinq cavaliers
08:34en patrouille,
08:35il y a Agnès.
08:36Elle a fait une demi-heure
08:38de route depuis Hoche
08:39pour participer aux recherches.
08:41Pour elle,
08:42comme pour beaucoup
08:43d'autres bénévoles mobilisés,
08:45ce coup de main
08:46est une évidence.
08:47On a tous des neveux,
08:48des nièces,
08:49des enfants,
08:49des frères,
08:50des sœurs sensiblement
08:51du même âge
08:52et je pense que ça touche
08:53toute une population
08:54et toute une génération.
08:55Vous deviez travailler aujourd'hui ?
08:57Oui, oui.
08:58Mon directeur a été très compréhensif,
09:00m'a laissé ma journée
09:01pour pouvoir faire justement
09:04un peu de temps pour les autres.
09:06Dès le début des recherches,
09:08aux côtés des forces de l'ordre,
09:11des chasseurs,
09:12des pêcheurs,
09:13des randonneurs aussi
09:14viennent en aide
09:15jour après jour.
09:17Tous connaissent parfaitement
09:19la topographie
09:20d'un terrain difficile.
09:24On cherche,
09:25mais c'est pas évident.
09:27C'est vraiment
09:28chercher une aiguille
09:30dans une botte de fond.
09:32Forêt,
09:33bois,
09:34mais aussi ruisseaux
09:35et plans d'eau.
09:37Ici,
09:37les plongeurs de la gendarmerie
09:39sombent les fonds
09:39de la rivière voisine.
09:42Alors qu'au même moment,
09:44une brigade synophile
09:45inspecte les zones
09:46plus urbaines.
09:49Sept jours de recherche
09:51et une inquiétude
09:53grandissante.
09:55Si on est là,
09:55si on fait ce que l'on fait
09:57actuellement,
09:58c'est pour cette petite vie
09:58qui a disparu.
09:59Et il faut vraiment
10:00qu'on se serre les coudes
10:01parce que vous savez
10:02que plus les heures passent
10:03et plus c'est difficile.
10:04Et plus la pression
10:06et l'oppression
10:08émotionnelle est forte
10:09et se ressent effectivement
10:10sur le territoire.
10:13A commencer par le collège
10:14où est scolarisé Liana.
10:18Depuis le début de la semaine,
10:20pour chaque parent d'élève,
10:21hors de question
10:22de voir sa fille
10:23rentrer seule à la maison.
10:26Ça fait peur.
10:28Tout simplement.
10:29Ça peut arriver à tout le monde
10:30et ça fait peur.
10:32Moi maintenant,
10:33je vais chercher ma fille
10:33tous les matins,
10:34dire je la ramène le matin.
10:36Dès qu'elle finit les cours,
10:37je vais la chercher.
10:38Actuellement,
10:39on est un peu toute
10:39la maman de Liana.
10:41On vit toutes
10:42dans la peur,
10:43dans la crainte
10:44de ce qui peut se passer.
10:47On n'a plus confiance.
10:49Voilà.
10:50C'est horrible.
10:53Tout un village traumatisé
10:57et une commune
10:58qui retient son souffle
11:01en scrutant chaque jour
11:02les nouvelles informations
11:03qui tombent.
11:05Jusqu'à ce jeudi après-midi,
11:08il est 15h45.
11:15Un corps a été retrouvé
11:17près du lieu
11:18de la disparition
11:19de Liana.
11:20On va récapituler
11:21évidemment ce lieu
11:22de la disparition.
11:22La ICL, oui, c'est sûr.
11:24C'était comme ça, quoi.
11:26Mais bon, c'est triste.
11:27Il n'y a rien à dire, quoi.
11:31C'est beau, vous dire.
11:34La France est éteinte d'œil, quoi.
11:35C'est tout.
11:38Comme si le temps
11:39s'arrêtait
11:39d'un seul coup.
11:42Je suis triste
11:43pour les parents.
11:43Je suis triste
11:44pour cette petite.
11:45Je ne sais pas
11:45ce qu'elle a subi
11:46et je ne veux surtout
11:47pas le savoir.
11:48Par contre,
11:48j'ai de la colère.
11:49J'ai de la colère
11:50parce que ça peut être
11:51nous, cette euse.
11:52Ça peut être tout le monde.
11:53Tout le monde
11:54peut être touché par ça.
11:56Les yeux rivés
11:56sur l'écran de télévision,
11:58les clients de ce café
11:59sont effondrés.
12:01C'est de la tristesse.
12:04Mais pour les parents,
12:05pour les parents,
12:05c'est soulagement.
12:07Au moins,
12:07ils pourront me faire le deuil.
12:10C'est chocant.
12:12C'est d'espoir.
12:13C'est chocant.
12:14C'est chocant.
12:14C'est chocant.
12:15enfin ce qui s'est passé.
12:16Je ne sais pas.
12:18Je ne sais pas.
12:18Si vous avez trop longtemps,
12:20ça va faire une semaine.
12:21C'est compliqué.
12:22C'est chocant.
12:23C'est chocant.
12:23C'est chocant pour la famille.
12:25À 600 mètres de là,
12:27devant les grilles
12:28du collège de Florence,
12:29l'émotion aussi est immense.
12:32Les parents peinent
12:34à trouver leur mot.
12:36D'autant que maintenant,
12:37ils le savent.
12:38Une épreuve les attend.
12:40Annoncer ce qu'ils viennent
12:41d'apprendre
12:42aux camarades de Liana.
12:46C'est horrible.
12:50Et on n'a pas beaucoup de mots.
12:51On est tous effondrés.
12:53Ça va être compliqué
12:54à annoncer aux enfants.
12:56On est sous choc.
12:57Enfin voilà.
12:58De tristesse.
12:59Voilà.
12:59De tristesse énorme.
13:01Il faut que j'annonce
13:01maintenant à ma fille
13:03qui espérait
13:03que sa copine revienne.
13:05Il faut faire qu'elle apprenne
13:05par moi que par l'école.
13:06je vais lui dire à la sortie
13:08et je l'accompagnerai
13:10comme on peut.
13:11Mais bon,
13:11je pense qu'on n'est pas
13:12au bout d'une surprise.
13:16Après sept jours de recherche,
13:18c'est finalement ici,
13:19au milieu de la campagne gersoise,
13:22en plein cœur des champs,
13:23dans ce silo agricole décrépit,
13:26à l'abandon,
13:27que le corps de Liana
13:28est découvert.
13:32Les gendarmes
13:33ont été aiguillés
13:35par un informateur.
13:37Cet homme,
13:38nous l'avons retrouvé,
13:39c'est Pascal Gachier.
13:41Pendant au moins 5 ans,
13:43il a travaillé
13:44au Val de Gascogne
13:45avec Jérôme Barrella.
13:47Je reçois un appel
13:48de la gendarmerie
13:49qui me demande
13:50si j'avais vu quelque chose
13:52par rapport à Liana.
13:55Mais non,
13:56moi je n'avais rien vu.
13:57Par contre,
13:57j'ai dit aux gendarmes
13:58que je connaissais bien
13:59Jérôme Barrella
14:00qu'on avait travaillé ensemble
14:02chez Val de Gascogne.
14:03J'ai donné
14:04les différents endroits,
14:06les différents
14:06silos où c'est qu'il a travaillé.
14:09Certains avaient moins
14:10d'autres tout seuls.
14:11Et là,
14:14je ne pensais pas
14:15à parler de Pucasquet.
14:16Et donc,
14:17le lendemain matin,
14:18le jeudi 4,
14:20vers 10h,
14:22je m'appelle
14:22à la gendarmerie.
14:23Et c'est là
14:24que je dis
14:24aux gendarmes
14:27qu'il faudrait aller voir.
14:28J'ai oublié
14:29de vous parler
14:31de vous parler
14:32du silo de Pucasquet.
14:33Il faudrait aller vérifier
14:35parce qu'il y a pas mal
14:36d'endroits
14:37où il aurait pu
14:38cacher
14:39la petite Liana.
14:41Et c'est comme ça
14:42que l'après-midi,
14:43ils y sont allés
14:44et puis ils ont trouvé
14:46le corps de la petite.
14:48Le corps de la collégienne
14:50y a-t-il été déposé
14:52dès vendredi 29 mai ?
14:54Qu'est-il arrivé
14:55à Liana ?
14:58Pour commencer
14:59leur enquête,
15:00les gendarmes
15:01se mettent sur la piste
15:02du propriétaire
15:03de la voiture
15:04dans laquelle est montée
15:05la jeune fille
15:06en sortant du collège.
15:08Le véhicule est identifié,
15:10le conducteur,
15:11localisé.
15:13Un certain Jérôme Barrella,
15:1641 ans,
15:17marié et père
15:18de deux filles
15:19de 7 et 11 ans.
15:23Toute la famille
15:24vit ici,
15:25dans cette maison
15:26à Montestruc,
15:27à moins de 10 km
15:29du collège
15:30où est scolarisée
15:30la fille aînée
15:31de Jérôme Barrella,
15:33là aussi
15:34où étudiait Liana.
15:36Le suspect
15:37affirme d'ailleurs
15:38l'avoir récupérée
15:39à 15 heures
15:40et l'avoir fait monter
15:41dans sa voiture.
15:43D'après nos informations,
15:45la première exploitation
15:46de cette voiture
15:47n'a rien révélé
15:49d'accablant.
15:49Il y a des traces ADN
15:51de Liana
15:51qui ont été retrouvées
15:52à l'intérieur,
15:53mais en revanche,
15:54aucune trace ADN
15:56d'ordre criminel.
15:57Pour autant,
15:58l'exploitation se poursuit
15:59et notamment
16:00d'un point de vue numérique,
16:02c'est-à-dire
16:03que ce qu'on appelle
16:04les calculateurs
16:05embarqués
16:05à bord du véhicule,
16:06comme le GPS
16:08ou comme
16:08un calculateur moteur,
16:10sont en train
16:11d'être examinés
16:11par ces enquêteurs
16:12spécialisés.
16:14En attendant
16:15de pouvoir exploiter
16:16ces analyses,
16:17les enquêteurs
16:18doivent s'en remettre
16:19au témoignage
16:20de Jérôme Barrella.
16:22Il affirme
16:23avoir déposé
16:24la jeune fille
16:24à 2 km du collège
16:27près de la piscine
16:28de Florence.
16:29Un trajet
16:30d'environ 5 minutes,
16:32sauf que ce jour-là,
16:34la piscine était fermée.
16:37Ce qui est certain,
16:38c'est qu'il a été aperçu
16:39à 18h30 au collège.
16:43Le suspect était présent
16:44à la fête de l'école
16:45pour la bonne raison
16:47que sa fille
16:47participait au spectacle
16:49et comme il fait
16:50d'habitude
16:51tous les ans.
16:54Deux heures plus tard,
16:56il se présente
16:57chez Audrey
16:57et son conjoint.
17:00Les parents
17:00d'une amie
17:01de sa fille
17:01qui connaissent
17:02Liana.
17:03C'est lui
17:04qui leur apprend
17:05la disparition
17:06de la collégienne.
17:08Le téléphone
17:09de mon conjoint
17:09sonne,
17:10on était
17:11juste à se mettre
17:12à table
17:13tous les trois.
17:14Il me dit
17:14c'est Jérôme.
17:16Il me dit
17:16je le rappellerai
17:17après.
17:18Il a insisté
17:19deux ou trois fois
17:20je crois.
17:22On finit de manger
17:23tranquille,
17:24on débarrasse tout.
17:26On entend
17:27toquer à la porte
17:27et il voit Jérôme.
17:30Il referme,
17:30il sort
17:31et c'est là
17:32qu'il nous a dit
17:33il y a une petite fille
17:34qui a disparu
17:35Liana,
17:37est-ce que vous l'avez vu ?
17:37Il était quelle heure
17:39quand Jérôme B
17:39est venu chez vous ?
17:40C'était entre
17:4220h15
17:43et 20h30.
17:45Il était comment ?
17:46Normal,
17:47tout à fait normal.
17:48L'impression
17:49inquiète
17:50d'une petite fille
17:51qui a disparu
17:51puisque comme moi
17:53ça aurait pu être
17:55mais franchement
17:56une personne
17:56tout à fait normale.
17:59A cet instant,
18:00ni Audrey
18:01ni son conjoint
18:02n'imagine
18:02que l'homme
18:03qui se tient
18:03devant eux
18:04va rapidement
18:05se retrouver
18:05au coeur
18:06de l'enquête.
18:10Car les gendarmes
18:11s'interrogent.
18:12Que s'est-il passé
18:14entre 15h
18:14lors de la disparition
18:16de Liana
18:16et le début
18:17de la fête
18:18de l'école ?
18:20Qu'a fait Jérôme
18:21Barrella ?
18:23A-t-il eu
18:24le temps
18:24de parcourir
18:25ces 17 km
18:26qui séparent
18:27le collège
18:27et le silo agricole
18:29désaffecté
18:30depuis 2022
18:31où le corps
18:32de Liana
18:32a été retrouvé ?
18:35Jérôme Barrella
18:35est-il passé
18:36par ces petites routes
18:38désertes arborées ?
18:39En tout cas,
18:40il connaissait
18:41ce site
18:42pour y avoir
18:43travaillé
18:43il y a 8 ans
18:44entre 2012
18:45et 2018.
18:51Lundi dernier,
18:53il est mis
18:53en examen
18:54pour enlèvement
18:55et séquestration
18:55de mineurs.
18:57Face au juge,
18:58Jérôme Barrella
18:59ne donne aucun élément.
19:02Il nie d'abord
19:03les faits
19:04avant de se mûrer
19:05dans le silence.
19:08Lorsqu'on va lui poser
19:09des questions plus précises
19:10devant le magistrat instructeur
19:11lors de l'interrogatoire
19:12de première comparution,
19:13il va refuser
19:14de répondre aux questions.
19:15C'est son droit,
19:15c'est ce qu'on appelle
19:16le droit au silence
19:17et il n'ira jamais plus loin
19:18dans les explications.
19:21Jérôme Barrella
19:22est-il impliqué
19:23dans la disparition
19:24de Liana ?
19:26Quel lien entretenait-il
19:27avec la jeune fille ?
19:30Au début de l'année,
19:32Liana avait passé
19:33une nuit chez lui,
19:34invitée par sa fille
19:35à une soirée pyjama.
19:37À son retour,
19:39elle avait livré
19:40un récit perturbant
19:41à ses parents.
19:42Sa mère s'en souvient encore.
19:45Il nous avait dit
19:46qu'il lui avait acheté
19:47une pizza rien que pour elle,
19:49qu'il s'était amusé
19:50à lui faire des chatouilles,
19:51qu'il avait pas mal joué
19:54avec elle.
19:55Et la façon
19:55qu'elle me l'a expliqué,
19:57donc forcément,
19:58on a demandé
19:59si ça avait été plus loin.
20:00Elle nous a regardé
20:01un peu choquées
20:02sans trop comprendre
20:03de quoi on parlait.
20:04Donc elle m'a dit
20:05qu'il avait juste joué
20:07avec elle
20:08comme un papa
20:08jouer avec sa fille.
20:10Après qu'elle m'ait dit ça,
20:11je lui ai dit
20:12que je ne voulais plus
20:12qu'elle ait aucun contact
20:13avec lui,
20:14qu'elle ne lui adresse
20:15plus la parole,
20:15que ce n'était pas normal
20:16de faire ça
20:17à un enfant
20:18autre que son enfant.
20:20Du coup,
20:20elle m'avait dit
20:21que oui
20:22et qu'elle ne lui parlerait plus.
20:23Ça avait même eu l'air
20:24de lui faire peur
20:25quand je lui ai dit ça.
20:27Mais à mesure
20:28que l'enquête progresse,
20:30la mère de la jeune disparue
20:31découvre que sa fille
20:32était quotidiennement
20:33en contact
20:34avec le suspect.
20:37Apparemment,
20:37de ce qu'on a appris,
20:39de tout ce qui a été dit,
20:42il venait au collège
20:43devant le collège
20:44tous les matins.
20:46Liana,
20:46qui descend du bus
20:47pour aller dans le collège,
20:49le voyait tous les matins.
20:50Il amenait des goûters
20:52à Liana
20:53tous les jours
20:55et pas qu'à Liana,
20:56du coup.
20:58Damien
20:59est directeur
21:00d'un centre sportif
21:01où Jérôme Barrella
21:03était inscrit
21:03jusqu'à l'année dernière.
21:05Il décrit lui aussi
21:06un comportement
21:08surprenant
21:09dans son établissement,
21:10fréquenté par des adultes
21:12mais aussi
21:13par de nombreux enfants.
21:15Il passait
21:17vraiment beaucoup,
21:19beaucoup de temps,
21:19ça nous paraissait
21:20anormal avec les enfants.
21:21Même pendant les cours,
21:23il ne s'entraînait
21:24exclusivement
21:25qu'avec les enfants,
21:26etc.
21:26à tel point
21:27que quand ça nous paraissait
21:28vraiment trop,
21:29qu'on en avait assez
21:31de surveiller ça,
21:31on était obligé
21:32de le prendre,
21:33de lui dire
21:34arrête,
21:34viens t'entraîner
21:35avec nous,
21:35etc.
21:36En fait,
21:36on sentait
21:38que c'était gênant
21:39pour lui
21:39de ne pas être
21:40au contact
21:40des enfants
21:41où on sentait
21:41que ce n'était
21:43pas sa nature.
21:44Et en fait,
21:45ça,
21:45c'est quelque chose
21:46qui vraiment
21:49nous rendait mal à l'aise.
21:51On n'avait plus
21:51cette confiance-là.
21:52On était tout le temps
21:53en train de le surveiller
21:54à tel point
21:55que quand on s'est rendu compte
21:56cette saison
21:57qu'il ne revenait pas,
21:59on s'est dit
22:00ouf,
22:00on était soulagé.
22:02Preuve en est,
22:03cette photo
22:04prise lors de la saison
22:052024-2025
22:07lorsqu'il était licencié
22:09de ce club sportif.
22:10On y voit
22:11Jérôme Barrella
22:12posé aux côtés
22:13d'enfants
22:14et d'adolescents.
22:16Un comportement
22:17entièrement tourné
22:19vers les mineurs.
22:21Sur son compte TikTok,
22:22parmi les 599 comptes
22:25que suit le quadragénaire,
22:28une écrasante majorité
22:29appartiennent
22:30à des adolescentes
22:31et de très jeunes filles.
22:40Alors Jérôme Barrella
22:42agissait-il en prédateur
22:44selon un mode opératoire
22:46bien établi,
22:47rodé depuis des années ?
22:50Selon plusieurs personnes
22:51qui l'ont côtoyé,
22:52la réponse ne fait guère de doute.
22:57Jérôme Barrella
22:58est décrit
22:59notamment par des enfants
23:01comme étant un père de famille
23:02qui était
23:03beaucoup trop proche
23:05des petites filles
23:06de l'entourage
23:07de ses propres filles
23:09qui ont 7 et 11 ans.
23:11C'est-à-dire qu'il échangeait
23:12des messages
23:13avec des jeunes filles mineures.
23:15Donc se dessine
23:16petit à petit
23:17le profil
23:18d'un possible prédateur,
23:20d'un possible pédocriminel
23:22qui choisissait
23:24des proies
23:25dans l'entourage
23:25de ses propres filles.
23:29Inès,
23:30la fille d'Audrey,
23:32est en 6e
23:33avec l'aîné
23:34de Jérôme Barrella.
23:36Les deux collégiennes
23:37sont amies.
23:41C'est un dessin
23:42qui n'a sa fille
23:44pour Liliana
23:45qui est disparu
23:46avec marqué
23:47« Je suis triste,
23:48tu me manques ».
23:49Voilà.
23:51Il y a quelques mois,
23:53la fille de Jérôme Barrella
23:54organise
23:55une soirée pyjama
23:57en apparence banale.
24:00Mais avec le recul,
24:01certains souvenirs
24:03de cette nuit-là
24:03prennent aujourd'hui
24:04une résonance bien différente.
24:08« Jouer comme si
24:11à se chamailler
24:12ou des choses comme ça
24:12et à faire des guillis
24:13comme on ferait
24:15à ses enfants
24:16comme moi,
24:17j'ai pu faire
24:17à ma fille petite.
24:19Mais c'est vrai
24:20qu'à son âge,
24:22comme je disais,
24:22ce n'est peut-être
24:23pas des choses
24:23qu'on fait.
24:24Elles ont 11 ans,
24:26on arrive dans la puberté,
24:28elles sont à la préadolescence.
24:30On ne joue pas
24:31avec des filles
24:33de 11 ans
24:33comme on pourrait jouer
24:34avec des filles
24:34de 3 ans,
24:35ou 4 ans
24:35quand elles sont petites.
24:37Moi, quand j'ai appris ça,
24:38du coup,
24:38ça m'a refroidi un peu.
24:39C'est pour ça
24:39que j'ai posé
24:41la question à Inès
24:42et que je suis venue
24:42à lui demander
24:43s'il y avait eu
24:44quelque chose
24:45de plus grave.
24:48Elle m'a dit
24:48« Non, maman,
24:48je te promets,
24:49il n'y a rien d'autre. »
24:52Des comportements inappropriés
24:54qui parfois vont même
24:56plus loin.
24:59Et un récit
25:00qui fait écho
25:00à ce que la fille
25:01de Patrice,
25:0212 ans,
25:03a raconté
25:04la semaine dernière
25:05à des assistantes sociales
25:06lors d'une cellule
25:07d'écoute
25:08organisée au collège.
25:10Ma fille a pris la parole
25:11et s'est arrêtée
25:12de parler.
25:13Au moment donné,
25:13les assistantes sociales
25:14ont dit
25:15« Stop,
25:16on va vous prendre à part »
25:17parce que le sujet
25:17commençait à être
25:20un peu trop
25:20que les autres enfants
25:21ne devaient pas,
25:21sans doute,
25:22je suppose,
25:23ne pas entendre
25:23ce qu'elle allait raconter.
25:25Donc,
25:26les deux assistantes sociales
25:27ont préféré
25:27la prendre à part
25:28et discuter avec elles.
25:30Et de là,
25:31nous avons reçu
25:32un coup de téléphone
25:33de ces deux assistantes sociales
25:35qui nous ont demandé
25:36une proposition,
25:37une journée
25:37pour savoir
25:38qu'est-ce qu'on pourrait
25:38se rencontrer
25:39pour qu'elle puisse
25:39nous raconter
25:40sur le pyjama.
25:42Le soir,
25:43ils ont mangé,
25:44bien sûr,
25:44une pizza
25:45qu'il y a acheté
25:46pour elle.
25:47Ils ont demandé
25:47ce qu'elle voulait
25:47comme pizza,
25:48il y a acheté
25:48une pizza pour elle.
25:49Et on a appris,
25:50bon, après,
25:51il y a des détails
25:51où je ne peux pas
25:52vous dire,
25:53mais nous avons appris
25:55par ces temps-là
25:56qu'il y avait eu
25:57des attouchements
25:57sur ma fille.
26:00Une soirée
26:01qui se serait déroulée
26:02en novembre dernier.
26:04Patrice
26:05décide de porter plainte.
26:08C'est aussi
26:09ce qu'a fait
26:09Nicolas L,
26:1032 ans,
26:11mercredi dernier.
26:15Et en fait,
26:15c'est lundi,
26:18j'ai lu la télé
26:19et j'ai vu,
26:20bam,
26:21Jérôme B.
26:24J'ai fait,
26:25waouh,
26:25il y avait marqué
26:26Jérôme Barré là.
26:27Et c'est là
26:27que j'ai fait le truc,
26:28j'ai appelé directement
26:29la gendarmerie
26:30pour lui expliquer
26:30les faits,
26:31tout ça.
26:31Car ce nom,
26:32il le connaît,
26:33c'est celui
26:34de l'agresseur présumé
26:35de sa fille
26:36de 11 ans.
26:37Comme Inès,
26:38la collégienne raconte
26:39elle aussi
26:40une soirée pyjama
26:41qui se serait déroulée
26:42en août 2025
26:43chez une copine de classe
26:45au domicile
26:46de Jérôme Barré là.
26:48Ma fille,
26:48elle a,
26:49à sa copine,
26:50elle s'est confièche
26:51qu'elle avait,
26:52elle avait subi
26:53des affaires,
26:54des attouchements
26:55ou des caresses
26:57à des parties
26:58du corps
27:00et elle ne savait pas
27:01que ce n'était pas normal.
27:03Et sa copine,
27:03elle lui a dit
27:03mais par contre là,
27:04non,
27:05c'est des attouchements
27:05donc il faut que tu en parles.
27:07Il y avait eu,
27:07comment ça s'appelle,
27:08des gestes mal passés
27:09au niveau de ma fille
27:10au réveil,
27:11les caresses
27:11au niveau des fesses,
27:14la main qui a été posée
27:15sur un mur
27:16pour lui parler
27:17près
27:18et soi-disant,
27:20il serait allé dans une piscine
27:22et en sortant
27:23de l'eau
27:24qu'il aurait touché
27:26les fesses
27:26à avoir fini tout ça.
27:29En mars dernier,
27:30un signalement est fait
27:31auprès du procureur
27:33de la République.
27:34Mais depuis,
27:35la fille de Nicolas,
27:36elle,
27:37n'a toujours pas été
27:38entendue par les enquêteurs.
27:40c'est du grand n'importe quoi.
27:43C'est pas un pédophile,
27:45c'est un prédateur.
27:46Ah ben,
27:46moi j'espère
27:47qu'il soit puni,
27:49que ce fou soit
27:51bien fermé,
27:52qu'il ne bouge plus,
27:54qu'il ne ressorte plus même.
27:58D'autant que le nom
28:00de Jérôme Barrella
28:00n'est pas inconnu
28:01de la justice.
28:04En 2022,
28:06il a déjà été accusé
28:07par une mineure
28:08qui relate des faits
28:09qui se seraient déroulés
28:10deux ans plus tôt,
28:11en 2020,
28:12alors qu'elle était âgée
28:13de sept ans.
28:15Une plainte classée
28:16sans suite.
28:17Jérôme Barrella
28:18avait aussi fait l'objet
28:20de deux signalements
28:21pour avoir entretenu
28:22des relations
28:22avec des lycéennes.
28:24En 2021,
28:25il est d'ailleurs licencié
28:27de son poste d'agent
28:28d'entretien
28:28au sein d'un établissement
28:30scolaire du Gers
28:31pour cette raison.
28:34En tout,
28:35le père de famille
28:36fait l'objet
28:37d'au moins six plaintes
28:38pour viol ou agression
28:39sexuelle sur mineurs.
28:42L'une d'elles
28:42a été déposée
28:44par cette mère
28:45et sa fille de 12 ans.
28:47Nous l'appellerons Rosa.
28:49Lorsque nous la rencontrons,
28:51elle a du mal
28:51à dissimuler son mal-être.
28:59Il y a un an,
29:03Rosa a avoué
29:04l'impensable à sa mère
29:06en commençant
29:07par lui poser
29:07des questions étranges.
29:10Ma fille,
29:11elle m'a posé
29:12beaucoup de questions
29:12par rapport
29:13au sexe de homme.
29:14Moi,
29:15personnellement,
29:16je m'étais sur le dos
29:17à la curiosité
29:19parce que ma fille,
29:19elle est quelqu'un de curieuse.
29:22Mais mon compagnon,
29:24à l'époque,
29:26il était gêné.
29:27Et il a venu me voir
29:29en disant
29:30qu'il y a quelque chose
29:31qui ne se va pas.
29:32On a discuté
29:33et je voulais savoir
29:35pourquoi vient d'où
29:36cette question.
29:37Et là,
29:39elle était sur le canapé
29:41et elle me dit
29:41« Maman,
29:42je vais te faire violer ».
29:44Et là,
29:45moi,
29:45j'ai perdu le fil,
29:47je n'étais pas bien.
29:48Après,
29:49c'est mon compagnon
29:50qui l'a pris
29:50le roulé.
29:52Alors,
29:52pas qui,
29:53comment,
29:53pourquoi ?
29:54Et c'est là
29:55qu'il nous avait dit
29:56pas qui,
29:57comment,
29:58où.
30:00La collégienne
30:01raconte alors
30:02que c'est Jérôme Barrella,
30:04le père
30:04de sa meilleure amie
30:05de l'époque,
30:06qui l'a violée
30:07entre septembre 2024
30:09et mai 2025.
30:12Ma fille raconte
30:14qu'il déshabille
30:17dans le lit
30:19chez eux,
30:20qu'il essaie
30:21de connaître rien,
30:23que ça fait très mal
30:24pour elle.
30:25Plusieurs fois,
30:26il a fait
30:27et il a fait
30:30l'attouchement
30:31du sein.
30:35Il a violé.
30:37Je me culpabilise
30:38en tant que maman.
30:40Pourquoi je n'ai pas
30:41vu venir ?
30:42Qu'est-ce que je ratais ?
30:44Et pourquoi
30:44j'ai été autant naïve ?
30:46Audrey,
30:48la mère de Rosa,
30:49avait pourtant tenté
30:50de maintenir
30:51le suspect à distance,
30:52agacée par son attitude,
30:54par les cadeaux
30:55qu'il faisait
30:56sans cesse
30:56à l'adolescente.
30:57ou par les messages
30:58qu'il lui envoyait.
31:00Il me disait
31:01« Mais oui,
31:02mais tu veux interdire
31:03de voir,
31:04je considère
31:05comme ma fille,
31:06je l'aime
31:07comme ma fille. »
31:09Je dis « Mais c'est
31:09pas ta fille. »
31:10En fait,
31:11oui,
31:12tu apprécies,
31:12je veux bien,
31:13mais c'est pas ta fille,
31:14c'est ma fille.
31:16On a pris
31:17beaucoup de foi
31:17pour ça.
31:18La tête,
31:19je disais
31:20« Reste à ta place,
31:22tu n'es pas son père. »
31:23mais il planit
31:25comme si ça était
31:26son père.
31:29En août 2025,
31:31l'adolescente
31:32et sa mère
31:32portent plainte.
31:34Rosa est entendue
31:35par les gendarmes,
31:36examinée
31:37par des médecins.
31:38Mais neuf mois plus tard,
31:40silence radio.
31:41Le suspect
31:42n'a jamais été inquiété.
31:43vu qu'on n'a pas
31:45de nouvelles,
31:46j'ai appelé
31:47les policiers,
31:49j'ai pris
31:49plusieurs fois
31:50de contact
31:51et ils m'ont dit
31:52clairement
31:53que je le saoule
31:55avec mes appels
31:57et si je n'arrête
31:58pas à appeler,
31:59ils m'ont fait
32:00une main couronne
32:01contre un salement.
32:03Je trouve
32:04qu'un an
32:05pour une affaire
32:07de viol,
32:08c'est très long.
32:09Si le justicier
32:11était un match
32:11un peu plus vite,
32:12peut-être aujourd'hui
32:14il n'est pas disparu.
32:15Peut-être
32:16on pouvait éviter
32:17cette disparition.
32:21Car dès le 11 septembre
32:22dernier,
32:23les résultats
32:24des examens médicaux
32:25légaux de Rosa
32:25étaient formels.
32:27Ils attestaient
32:28la présence
32:28de lésions
32:29pouvant être compatibles
32:30avec les viols
32:31qu'elle avait décrits.
32:33Pourquoi Jérôme Barrella
32:35n'a-t-il pas alors
32:36été placé
32:37en garde à vue
32:37à ce moment-là ?
32:38Y a-t-il eu
32:39un manquement
32:40de la part
32:40de la justice ?
32:45Selon nos informations,
32:47la procédure de Rosa
32:49a été transmise
32:50par courrier postal
32:51au parquet Doche
32:52depuis le parquet
32:53de Toulouse
32:53le 28 octobre 2025.
32:56Pourquoi n'a-t-elle pas
32:58été envoyée
32:58sur une boîte mail
32:59dédiée aux affaires
33:00urgentes ?
33:01Le dossier
33:02a-t-il été jugé
33:03suffisamment sérieux ?
33:09Il y a plusieurs choses
33:10qui interpellent
33:11dans cette procédure
33:12concernant la petite Rosa.
33:15Par exemple,
33:16pourquoi le parquet Doche
33:17lorsqu'ils sont destinataires
33:18de cette procédure,
33:20pourquoi décident-ils
33:21de confier cette enquête
33:22– on parle d'une enquête
33:23pour viol sur mineurs,
33:24viol multiple sur mineurs –
33:26à la plus petite subdivision
33:28qui existe en gendarmerie,
33:29c'est-à-dire une brigade
33:30territoriale de proximité,
33:33la brigade de l'escours ?
33:34– Là, ce dossier
33:35est arrivé sur la table
33:37de gendarmes
33:37qui gèrent le quotidien
33:39dans une zone rurale
33:40qui n'était pas du tout
33:41outillée pour mener
33:43cette procédure.
33:45Lors d'une conférence
33:46de presse ce mercredi,
33:47la procureure
33:48de la République Doche
33:49affirme pourtant
33:50que la procédure
33:52a été respectée.
33:54Le 23 janvier 2026,
33:57une attache téléphonique
33:58a été actée
33:59entre la gendarmerie
34:00et le parquet Doche,
34:01au terme de laquelle
34:02il a été prescrit
34:03par le magistrat
34:04du parquet
34:05un certain nombre
34:06d'actes d'enquête
34:07complémentaires.
34:08Il était prescrit
34:09à l'issue
34:10de ces actes d'enquête
34:11un placement
34:12en garde à vue
34:12du mise en cause
34:13pour audition.
34:15Je tiens à préciser
34:16que dans le cadre
34:16d'une enquête pénale,
34:18l'audition du mise en cause
34:19est toujours
34:20le dernier acte
34:21d'enquête à effectuer
34:22après que l'ensemble
34:23des autres investigations
34:24ait été réalisé.
34:26Cette enquête
34:26était en cours
34:27au moment
34:28de la disparition
34:29de l'IANA.
34:32Ce jour-là,
34:33elle est la seule
34:34à faire face
34:34aux médias
34:35et se contente
34:36de lire un communiqué
34:37sans répondre
34:38à aucune question.
34:40Le lendemain,
34:42en déplacement
34:42au centre pénitentiaire
34:44de Béziers,
34:45le garde des Sceaux,
34:46Gérald Darmanin,
34:47est interpellé
34:48à ce sujet.
34:49L'inspection conjointe
34:51du ministère
34:51de l'Intérieur
34:51du ministère de la Justice
34:52fera tous les éléments clairs.
34:54Pourquoi on met du temps
34:55à transmettre
34:55entre le parquet de Toulouse
34:56et le parquet d'Oche
34:58et pourquoi on le fait
34:59en papier
35:00la suite de la plainte ?
35:01Pourquoi lorsque
35:02la procureure de la République
35:03demande de faire
35:04des actes d'enquête,
35:05manifestement,
35:05ils ne sont pas faits ?
35:06C'est tout à fait inacceptable.
35:08En tant que chef d'administration,
35:09je prendrai mes responsabilités,
35:10je rendrai public le rapport
35:11et je prendrai des sanctions.
35:13Je les proposerai
35:13si je devais y en avoir,
35:15évidemment,
35:16en ce qui me concerne,
35:17avec le Conseil supérieur
35:17de la magistrature.
35:20Ce fait divers
35:21prend une tournure politique.
35:23Dans les heures qui suivent,
35:25de nombreux responsables
35:26et élus de tous bords
35:28réagissent de manière unanime
35:30face à ce taux
35:31les judiciaires.
35:33Inaction des pouvoirs publics.
35:35Responsabilité de la justice.
35:36Ça ne peut plus durer.
35:38Monsieur le Président,
35:40s'il vous plaît.
35:41Un scandale judiciaire
35:42qui fait même réagir
35:44jusqu'au chef de l'État,
35:45alors en déplacement
35:47au Monténégro.
35:48Il est clair
35:49qu'il y a un dysfonctionnement
35:51et que nous ne pouvons pas
35:53ne pas voir
35:54que des failles
35:55se sont révélées.
35:57Il faut maintenant
35:58les clarifier.
35:59Les choses ne se sont pas passées
36:00comme elles auraient dû se passer.
36:02C'est une évidence
36:03et donc c'est inacceptable.
36:05Donc c'est une question
36:05de réponse,
36:06de fermeté,
36:07d'organisation,
36:08de responsabilité.
36:11Une responsabilité
36:12que le gouvernement
36:13veut établir clairement.
36:14Ce vendredi,
36:16le Premier ministre
36:17s'est réuni
36:18avec les ministres
36:19de l'Intérieur
36:20et de la Justice
36:20à l'hôtel de Matignon.
36:23Et ils ont fait état
36:24d'éléments accablants
36:26dans la procédure.
36:27C'est une réunion
36:28qui clairement
36:29a pris des allures
36:30de convocation
36:31du ministre de l'Intérieur
36:32et du ministre de la Justice
36:33par le Premier ministre.
36:34Des enquêtes administratives
36:36ont été commandées.
36:37Je vous demande,
36:39à vous,
36:39garde des Sceaux,
36:40à vous,
36:40ministre de l'Intérieur,
36:41à ce que les conclusions
36:42soient connues
36:43le plus rapidement possible.
36:44Il y a donné 15 jours.
36:46Cette réunion se termine.
36:48Ils décident
36:49de ne pas prendre la parole.
36:51Mais,
36:52filmés par les caméras,
36:53et ils savent
36:54qu'ils sont filmés,
36:54on voit cet aparté
36:56entre le Premier ministre
36:57et son garde des Sceaux.
36:59Il y a deux manières
37:00de lire l'instant.
37:01Une forme de soutien
37:02de la part du Premier ministre
37:03à Gérald Darmanin
37:04qui est quand même
37:05un peu dans la tempête.
37:06Ou il y a aussi
37:07un autre message politique,
37:09c'est,
37:09Gérald Darmanin,
37:10la pression,
37:11elle est sur toi.
37:11Une pression
37:13que le ministre
37:14va également
37:14faire peser
37:15à son tour
37:16sur les magistrats
37:17du parquet du Gers.
37:19Gérald Darmanin,
37:20à son arrivée
37:20à la chancellerie
37:21en 2025,
37:22il a priorisé
37:23les objectifs
37:24de traitement
37:25des procureurs.
37:27Le narcotrafic,
37:28mais aussi et surtout
37:29la pédocriminalité,
37:31la parole de l'enfant.
37:32On nous fait comprendre
37:33que la procureure
37:35Doche
37:35n'a pas appliqué
37:37les priorités
37:38quant à la circulaire
37:39fait passer
37:40par le garde des Sceaux.
37:41Je pense
37:41qu'il faut comprendre
37:42que, pardonnez-moi
37:43l'expression,
37:44des têtes vont tomber
37:45et que possiblement
37:46des gens seront démissionnés.
37:48Le garde des Sceaux
37:50a convoqué
37:51dès lundi matin
37:51l'ensemble
37:52des procureurs généraux
37:53à la chancellerie
37:54pour une réunion
37:55de travail
37:56afin de faire
37:57toute la lumière
37:58sur ce qui apparaît
37:59désormais
38:00comme un fiasco judiciaire.
38:02L'enquête
38:03sur les circonstances
38:04de la disparition
38:05de Liana, elle,
38:06se poursuit désormais
38:08pour meurtre.
38:09Jérôme Barrella
38:10reste présumé
38:11innocent.
38:12Sous-titrage Société Radio-Canada
38:15Sous-titrage Société Radio-Canada
38:17Sous-titrage Société Radio-Canada
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