- il y a 2 ans
Elizebeth Smith Friedman est une cryptanalyste d'avant-garde qui a décodé des milliers de messages, elle a ainsi révélé les activités de gangsters américains, sauvé le Queen Mary et démantelé un réseau d'espionnage nazi. Portrait d'une héroïne de la Seconde Guerre Mondiale.
Catégorie
✨
PersonnesTranscription
00:00 (Générique)
00:03 ---
00:06 (Vagues)
00:09 (Musique douce)
00:12 (Vagues)
00:15 (Musique douce)
00:18 (Vagues)
00:21 (Musique douce)
00:25 -Mars 1942.
00:26 Des sous-marins allemands écument l'Atlantique.
00:29 Ils attaquent en meute les nombreux navires de transport alliés
00:33 qui tentent de rejoindre l'Europe occupée.
00:36 (Vagues)
00:39 (Vagues)
00:43 En moins de 3 mois, ces sous-marins ont coulé
00:46 plus d'un million de tonnes de cargaison vitale
00:49 et tué des milliers de soldats.
00:51 (Musique douce)
00:54 Les commandants de ces submersibles disposent d'une arme secrète.
00:59 Elle est décriptée par des espions nazis
01:02 qui leur fournissent la position des navires ciblés.
01:05 (Vagues)
01:08 ---
01:11 ---
01:13 Mais les Etats-Unis ont dans leur camp
01:17 l'une des plus grandes spécialistes du décryptage,
01:20 Elisabeth Friedman.
01:22 ---
01:27 ---
01:30 -Durant la guerre de 1914-1918,
01:32 elle a formé la 1re équipe de cryptanalystes de l'armée américaine.
01:36 Et lors de la Prohibition,
01:39 elle s'est attaquée aux gangsters les plus puissants du pays
01:43 et a contribué au démantèlement d'un réseau international
01:47 de contrebandes d'alcool.
01:49 ---
01:52 Alors qu'elle décrypte les messages qui arrivent sur son bureau,
01:57 elle trouve un profond sentiment d'accomplissement professionnel.
02:01 ---
02:14 A elle seule, elle affronte une armée secrète
02:17 et l'issue du conflit pourrait dépendre de sa perspicacité.
02:21 Elisabeth Friedman était une poète de Quaker qui a attaqué des espions nazis.
02:27 Et il n'y a personne comme elle, depuis ou depuis.
02:31 ---
02:35 ---
02:37 ---
02:40 ---
02:43 ---
02:46 ---
02:50 ---
02:53 ---
02:56 ---
02:59 ---
03:02 ---
03:05 La vie de la jeune Elisabeth Smith
03:08 prend un tournant inattendu lors d'une visite à Chicago en 1916.
03:12 À 23 ans, des rêves plein la tête,
03:16 elle aspire à échapper au destin tout tracé auquel elle semble promise.
03:21 Elisabeth vient d'une grande famille de Quakers à Indiana, en petite ville.
03:27 Et depuis très jeune âge, elle a l'impression de ne pas être bien à l'aise.
03:32 Elle détestait même son nom.
03:34 Elle l'appelait le nom odieux de Smith.
03:37 Et elle le détestait parce qu'elle croyait que quand elle fut introduite comme Miss Smith,
03:43 elle serait vue comme quelque chose de si ordinaire.
03:47 Et elle ne voulait pas être ordinaire, elle voulait être extraordinaire.
03:51 Elle voulait une vie aventureuse.
03:53 ---
03:58 - Sa mère, Sopha, a eu 10 enfants, dont le premier alors qu'elle n'avait que 17 ans.
04:03 ---
04:05 Elisabeth, née en 1892, est la plus jeune.
04:09 ---
04:10 - Elisabeth a souvent senti la pitié pour elle,
04:14 car la vie de Sopha a été complètement dépassée,
04:17 selon Elisabeth, par la pitié de son enfant et la pitié de son enfant.
04:21 Elle n'a pas l'air capable de suivre une vie de la tête.
04:25 Et pour Elisabeth, c'était horrible,
04:28 car Elisabeth était une fille très écrivaine.
04:32 Elle aimait lire, elle aimait la poésie.
04:35 Elle a écrit sa propre poésie.
04:37 ---
04:38 - Son père était un vétéran de la guerre civile.
04:42 Il a vu son plus jeune enfant comme un enfant difficile.
04:46 Et leur relation était absolument difficile.
04:50 Son père n'a pas soutenu sa sortie à l'école.
04:53 Il était contre l'éducation, en particulier pour les femmes.
04:57 Elle a réussi à lui parler de tout ça.
05:00 Et il dit qu'elle peut avoir le monnaie, mais à 6 % d'intérêt.
05:06 Elle doit le payer en revanche.
05:09 ---
05:11 - À l'université, Elisabeth étudie le grec et la littérature anglaise.
05:15 Elle découvre les oeuvres de Shakespeare
05:18 et se prend de passion pour la subtilité de ses textes.
05:22 Une passion qui lui permettra de réaliser ses ambitions.
05:26 Après avoir obtenu son diplôme,
05:28 elle s'oriente vers l'enseignement,
05:31 une des rares professions accessibles aux femmes.
05:34 Elle accepte un poste dans une école de l'Indiana,
05:38 mais le travail ne l'intéresse guère.
05:41 Elle démissionne au bout de seulement un an.
05:44 En juin 1916,
05:46 elle se rend à Chicago à la recherche d'un nouvel emploi.
05:50 Malgré une semaine d'efforts, Elisabeth ne trouve rien.
05:54 Sans revenu et sans perspective professionnelle,
05:57 elle s'apprête à rentrer chez elle et s'avouer vaincue.
06:01 Pour son dernier jour en ville,
06:04 elle s'offre une visite à la bibliothèque Newberry
06:07 afin d'y voir un ouvrage unique,
06:09 une première édition des oeuvres complètes de Shakespeare,
06:13 imprimée en 1623.
06:16 Elle regarde ce livre de Shakespeare.
06:19 Le libraire le remarque et lui dit
06:22 « Tu as intérêt à Shakespeare, non ? »
06:26 Elisabeth répond « Oui ».
06:28 Le libraire lui dit « C'est drôle,
06:31 il y a un homme étrange et riche qui vient à la bibliothèque
06:34 chercher quelqu'un pour l'aider dans ce projet,
06:37 pour trouver un secret qui est caché dans ce livre. »
06:40 Une heure plus tard,
06:43 George Fabian s'approche de la table où elle se trouve.
06:46 Avec son mètre 93 et ses 115 kg,
06:49 le riche industriel la domine de toute sa stature.
06:52 Il se met directement devant Elisabeth
06:55 et le premier que lui dit est « Tu voudrais venir à Riverbank
06:59 et passer la nuit avec moi ? »
07:01 Elle n'a aucune idée de ce qu'elle va lui dire.
07:05 C'est la question la plus indélébile qu'on lui ait posée.
07:08 Il l'embrasse sous son dos, l'enlève,
07:11 elle est petite, il est énorme,
07:14 et il la frappe à l'extérieur de la porte
07:17 pour les emmener à la station de railway.
07:20 ...
07:28 ...
07:34 -Peu après, elle découvre son vaste domaine de Riverbank,
07:38 nichée au coeur de 140 hectares de collines à Geneva,
07:41 dans l'Illinois.
07:43 ...
07:48 En déambulant dans le jardin japonais,
07:51 elle est partagée entre étonnement et curiosité
07:54 face à l'excentrique royaume du magna.
07:58 ...
08:26 -Mais ce qui intéresse par-dessus tout George Fabian,
08:29 c'est un projet littéraire visant à prouver
08:32 que les œuvres de William Shakespeare
08:35 ont en réalité été écrites par un autre auteur,
08:38 le philosophe et scientifique élisabétain Francis Bacon.
08:41 ...
08:57 -Fabian confie à la jeune femme la tâche de découvrir
09:01 les messages secrets que Bacon aurait cachés
09:04 dans les textes attribués à Shakespeare.
09:07 Enthousiasmée par le défi, elle doit d'abord maîtriser
09:10 les messages inventés par Bacon en 1623.
09:13 ...
09:15 Dans le système Bacon, chaque lettre de l'alphabet
09:19 se voit attribuer une combinaison de A et de B
09:22 par groupe de 5.
09:25 ...
09:50 ...
10:02 -Une fois les différences de caractère identifiées
10:05 et les lettres classées par groupe de 5,
10:08 un message caché est censé apparaître.
10:11 ...
10:19 -Le travail est fastidieux, mais Elisabeth découvre
10:22 qu'elle a la patience de fixer des caractères sur une page
10:25 pendant plusieurs heures d'affilée.
10:27 ...
10:48 ...
10:51 -Son travail sur les manuscrits de Shakespeare l'amène
10:54 à rencontrer le jeune homme qui photographie et agrandit
10:57 les textes, William Friedman.
11:00 La génétique est son domaine d'expertise,
11:02 la photographie, son hobby.
11:04 Il se démarque clairement des autres personnes
11:08 qui fréquentent Riverbank.
11:10 ...
11:11 ...
11:24 ...
11:29 -Il y a beaucoup de photos d'Elisabeth,
11:32 et on peut voir que William se rend
11:36 à la caméra, à l'écran,
11:39 et il a probablement souri.
11:42 Elle n'était pas comme personne qu'il avait rencontrée.
11:46 Il s'est très vite amouré.
11:50 ...
11:51 -C'est un couple improbable.
11:53 Rien ne prédestinait cette Quaker du Midwest
11:56 et cet immigrant juif de Russie à s'apprécier.
11:59 ...
12:01 -Dépeut, un de ses collègues, William Friedman,
12:04 lui demande comment il est arrivé à l'intelligence cryptologique.
12:08 ...
12:15 ...
12:21 -Ils passent leur temps l'un en face de l'autre,
12:24 appuisés dans la collection de livres de cryptologie de Fabian,
12:28 et à échanger idées et points de vue.
12:30 ...
12:31 ...
12:38 ...
12:40 ...
12:41 ...
12:42 ...
12:43 ...
12:44 ...
12:45 ...
12:46 -Il se familiarise avec les techniques de décryptage,
12:50 mais ne repère aucune trace de messages codés
12:53 dans les manuscrits de Shakespeare.
12:55 ...
12:56 ...
12:57 ...
12:58 ...
12:59 ...
13:00 ...
13:02 ...
13:03 ...
13:04 ...
13:05 ...
13:06 ...
13:07 ...
13:09 ...
13:10 ...
13:11 ...
13:12 ...
13:13 ...
13:14 ...
13:16 ...
13:17 ...
13:18 ...
13:19 ...
13:20 ...
13:21 ...
13:23 ...
13:24 ...
13:25 ...
13:26 ...
13:27 ...
13:28 ...
13:29 ...
13:31 -Abattu par leur découverte,
13:32 il ne se voit pas d'avenir dans le décryptage,
13:35 mais se voit en revanche un avenir ensemble.
13:38 ...
13:41 En mai 1917, il quitte Riverbank pour se marier à Chicago.
13:45 ...
13:47 ...
13:48 ...
13:49 ...
14:18 ...
14:19 -Les jeunes époux aspirent à une nouvelle vie,
14:22 loin de Riverbank.
14:23 Cependant, la situation mondiale va venir bouleverser leurs projets.
14:27 ...
14:29 ...
14:30 ...
14:31 Un mois avant leur mariage,
14:33 les Etats-Unis ont pris part à la Grande Guerre en Europe,
14:36 un conflit sans précédent,
14:38 notamment du fait de l'invention de la radiocommunication.
14:41 ...
14:42 ...
14:43 Grâce à ces ondes,
14:45 on peut transmettre une multitude de messages
14:47 et d'informations capables de faire gagner ou perdre une bataille,
14:51 de détruire un régiment ou de couler un navire.
14:54 Mais tous ces messages sont facilement interceptables
14:57 par quiconque dispose d'une antenne.
14:59 ...
15:00 -L'invention de la radio a complètement transformé
15:03 le prix de la bataille.
15:05 ...
15:06 Elle a donc mis un énorme prix sur la cryptographie,
15:10 sur les fortes codes et les chiffres,
15:12 car, maintenant que ces messages volaient par l'air,
15:16 ils devaient être protégés.
15:18 Le problème pour l'Amérique, c'est qu'au jour de la première guerre mondiale,
15:22 l'Etat-Unis était complètement impréparé à détruire les codes en guerre.
15:27 ...
15:28 ...
15:49 ...
15:50 -A Riverbank,
15:51 George Fabian voilà une occasion de servir son pays
15:54 et d'accroître sa notoriété.
15:57 Il crée la première unité de décryptage des Etats-Unis
16:00 et en confie la responsabilité à Elisabeth et William,
16:03 qui ne s'y attendaient pas.
16:04 ...
16:09 Les départements d'Etat, de la guerre, de la marine et de la justice
16:13 envoyaient des milliers de messages secrets à décrypter.
16:16 ...
16:18 ...
16:35 ...
16:39 -Le couple s'efforce d'approfondir ses connaissances
16:42 en matière de cryptanalyse,
16:44 en commençant par les concepts les plus fondamentaux,
16:47 comme l'analyse et l'analyse et l'analyse.
16:49 ...
16:51 ...
16:52 ...
17:22 ...
17:23 ...
17:24 ...
17:25 ...
17:26 ...
17:27 ...
17:28 ...
17:30 -Elisabeth et William se mettent à décrypter les messages
17:33 en utilisant l'analyse fréquentielle,
17:35 une méthode connue depuis des siècles.
17:37 ...
17:38 ...
17:40 ...
17:41 ...
17:42 ...
17:43 ...
17:44 ...
17:45 ...
17:47 ...
17:48 ...
17:49 ...
17:50 ...
17:51 ...
17:52 ...
17:54 ...
17:55 ...
17:56 ...
17:57 ...
17:58 ...
17:59 ...
18:00 ...
18:02 ...
18:03 ...
18:04 ...
18:05 ...
18:06 ...
18:07 ...
18:09 ...
18:10 ...
18:11 -Elisabeth s'aperçoit vite qu'elle est douée
18:13 pour repérer les motifs cachés dans les textes.
18:16 Mais les époux ont vite fait le tour des connaissances de l'époque
18:20 et de la vie des gens.
18:21 Ils se mettent alors à inventer leur propre méthode de travail.
18:25 ...
18:26 ...
18:27 ...
18:28 ...
18:29 ...
18:30 ...
18:31 ...
18:33 ...
18:34 ...
18:35 ...
18:36 ...
18:37 ...
18:38 ...
18:40 ...
18:41 ...
18:42 ...
18:43 ...
18:44 ...
18:45 ...
18:47 ...
18:48 ...
18:49 ...
18:50 ...
18:51 ...
18:52 ...
18:54 ...
18:55 ...
18:56 ...
18:57 ...
18:58 ...
18:59 ...
19:00 ...
19:02 ...
19:03 ...
19:04 ...
19:05 ...
19:06 ...
19:07 ...
19:09 ...
19:10 ...
19:11 ...
19:12 ...
19:13 ...
19:14 ...
19:16 ...
19:17 ...
19:18 ...
19:19 ...
19:20 ...
19:21 ...
19:23 ...
19:24 ...
19:25 ...
19:26 ...
19:27 ...
19:28 ...
19:29 ...
19:31 ...
19:32 -A une époque où le décryptage devient une arme de guerre,
19:35 Elisabeth et William élaborent une nouvelle science
19:38 d'une efficacité redoutable.
19:40 C'est une période grisante pour Elisabeth,
19:43 qui forme la première génération de cryptanalystes
19:46 de l'armée américaine.
19:47 Le couple est obnubilé par la cryptologie.
19:50 Et pour s'amuser, il insère des codes partout,
19:53 jusque dans la photo de groupe de leurs recrues.
19:56 Une fois les participants réunis,
19:59 Elisabeth et William expliquent à chacun comment ils doivent poser.
20:04 -En regardant la photo, vous vous dites que
20:06 ceux qui ont décidé de tirer n'étaient pas très disciplinés.
20:10 Une bonne partie des gens dans la photo
20:12 regardent en avant,
20:14 mais une bonne partie regarde à côté.
20:17 -Il se trouve que chaque personne dans la photo
20:20 signifie une lettre
20:22 dans le bacon de Cypher.
20:25 Les gens qui regardent à côté
20:27 sont les B-formes de Cypher,
20:29 et ceux qui regardent en avant sont les A-formes.
20:32 Quand on les met ensemble,
20:34 les gens dans le bacon de Cypher
20:36 s'inscrivent dans le mot "savoir est puissance",
20:39 qui est un des mots de Bacon
20:41 et un mot que William et Elisabeth ont adopté
20:44 comme leur propre.
20:46 Ce n'est pas écrit en lettres, mais en gens.
20:49 -Le travail des Friedmann à Riverbank
20:55 suscite une prise de conscience dans l'armée américaine.
20:59 Six mois après le début de la guerre,
21:01 les militaires créent leur propre service de chiffrement à Washington.
21:05 La charge de travail diminuant à Riverbank,
21:08 William s'engage en tant que décrypteur en Europe occupée.
21:12 Elisabeth aurait elle aussi voulu travailler sur le terrain,
21:17 mais à l'époque, les femmes ne sont pas autorisées
21:20 à servir sur le front.
21:21 ...
21:41 Musique douce
21:44 ...
21:48 -Pire encore, elle se retrouve seule à Riverbank.
21:51 ...
21:53 C'était un moment terrifiant pour elle.
21:56 Elle a laissé le fait reconnaître en lettres à William
22:01 que George Fabian ne lui traitait pas bien,
22:04 qu'il le pressionnait.
22:06 Il y a un référence en une des lettres de William
22:09 à la fait que Fabian a peut-être sexualement harcélé Elizabeth,
22:13 qui l'a peut-être proposé.
22:15 William était très en colère.
22:17 Il a appelé Fabian "ce rassal inutile" dans la lettre
22:21 et a dit qu'il voulait l'aider à le battre.
22:23 Quand ils se sont réunis,
22:25 ils étaient très motivés à sortir de là.
22:28 ...
22:30 -A la fin de la guerre, William fait jouer ses contacts
22:34 pour obtenir un poste à Washington,
22:36 où il arrive avec une réputation acquise sur le champ de bataille.
22:40 Elizabeth, elle, est avant tout considérée comme son épouse.
22:44 Les innovations technologiques alimentent une course mondiale
22:47 à la création de systèmes de cryptage et de décryptage
22:51 toujours plus perfectionnés.
22:52 Après la guerre, les menaces restent nombreuses
22:55 sur le plan international.
22:57 En 1921, William intègre l'unité des transmissions américaines
23:01 afin de développer de nouvelles machines de chiffrement.
23:05 Elizabeth se voit également proposer un emploi,
23:08 payé deux fois moins que celui de son mari.
23:10 Elle accepte le poste, mais le quitte au bout d'un an.
23:14 Elle pense alors que sa carrière professionnelle est terminée.
23:18 ...
23:27 En 1923, elle donne naissance à une fille.
23:30 Puis, peu après, à un garçon.
23:34 ...
23:38 La cryptanalyse fait un retour inattendu dans sa vie en 1925,
23:42 lorsqu'un officier des gares de côte frappe à la porte
23:45 de leur maison de banlieue avec une demande urgente.
23:48 Il lui explique que les tours radio de ses services
23:51 ont intercepté des centaines de messages codés
23:54 que personne ne sait déchiffrer.
23:56 ...
23:58 Leur décryptage pourrait permettre de neutraliser
24:02 un ennemi impitoyable.
24:03 ...
24:08 La loi de la prohibition promulguée en 1920
24:11 a provoqué une explosion du trafic d'alcool.
24:14 Mafieuses et gangsters règnent en maître dans les rues.
24:17 ...
24:24 La mort est en cours.
24:25 ...
24:27 Ce n'est pas seulement un meurtre de gangsters sur des gangsters,
24:31 mais ils ont commencé à tuer tout le monde qui les opposait.
24:35 ...
24:36 Les policiers fédéraux ne comprenaient pas
24:39 le concept d'un crime organisé.
24:42 ...
24:44 Un grand marché noir se déplace.
24:47 ...
24:48 Il est contrôlé par des gangsters, des raconteurs et des mafiosi.
24:53 ...
25:00 -Les gardes côtes empêchent ces flots d'alcool
25:03 d'arriver par la mer.
25:05 Mais ils ne disposent que de 200 bateaux
25:07 pour patrouiller sur 8 000 km de côte.
25:09 ...
25:11 Les contrebandiers, eux, disposent de moyens illimités.
25:14 D'énormes navires stationnés au large
25:17 leur servent de lieu de stockage
25:18 et abritent dans leurs cales des millions de dollars d'alcool.
25:22 ...
25:25 Une flotte d'embarcations plus petites
25:27 se charge de répartir la cargaison et de la rapporter à terre.
25:30 Une logistique rendue possible
25:32 grâce à l'utilisation de radios à rondes courtes
25:34 et de codes complexes.
25:36 ...
25:39 L'officier des gardes côtes fait comprendre à Elisabeth
25:42 qu'il a besoin de son aide.
25:43 Bien que consommant parfois de l'alcool,
25:45 elle n'ignore pas les ravages causés par le crime organisé.
25:49 ...
25:51 Au cours de ses trois premiers mois de travail,
25:53 elle déchiffre à elle seule deux ans de messages en souffrance.
25:57 ...
26:18 Elle ne se contente pas de décrypter ces messages.
26:21 Elle utilise les données recueillies à des fins de renseignement.
26:24 ...
26:25 Elisabeth commence à développer une intelligence stratégique,
26:31 ce qui n'a jamais été fait.
26:33 ...
26:34 Ce qui signifie que elle prend les informations
26:38 qu'elle obtient dans ces codes brisés
26:41 et des chiffres qui sont, en fait,
26:44 les plans et les intentions des gangsters.
26:47 ...
26:48 Elle commence à déterminer qui possède les bateaux,
26:52 ...
26:53 où un bateau est prévu de partir,
26:56 ...
26:57 où ces bateaux vont,
26:59 ...
27:00 qui rencontre ces bateaux.
27:02 ...
27:03 Tous ces arrangements ont été faits avec la radio en souffrance.
27:06 ...
27:08 Elle a pu expliquer, en fait, au gouvernement américain
27:11 et à toutes ses agences de la loi de la loi de la loi,
27:14 ce que ressemble un crime organisé,
27:17 comment ils font leur travail
27:19 et comment les arrêter.
27:21 ...
27:23 Et c'est vraiment visionnaire.
27:25 ...
27:27 -En 1931, son travail est devenu tellement indispensable
27:31 que les gardes-côtes approuvent son projet
27:33 de création d'une unité officielle de décryptage.
27:36 L'une des rares du pays
27:38 et la première à être dirigée par une femme.
27:40 ...
27:42 -Elle a été autorisée à emprunter des code-breakers
27:45 et les entraîner.
27:46 Elle a été donnée une récompense de 3800 dollars par an,
27:49 ce qui n'est pas beaucoup de monnaie,
27:51 mais c'est une baisse pour elle.
27:53 Et elle a eu un nouveau titre.
27:55 Elle a été appelée "la cryptanalyste en charge",
27:58 essentiellement, "la code-breaker principale
28:00 pour les gardes-côtes".
28:01 ...
28:05 -Pour cette mère de famille, avec deux jeunes enfants,
28:08 une maison à tenir et un mari qui travaille autant qu'elle,
28:11 la période est épuisante.
28:12 ...
28:16 Dix ans après le début de la prohibition,
28:18 les organisations criminelles sont devenues
28:20 de véritables multinationales parfaitement gérées.
28:23 ...
28:25 Mais grâce aux renseignements fournis par Elisabeth,
28:28 le gouvernement américain peut enfin poursuivre
28:30 les truands en justice.
28:32 ...
28:34 Elle devient le témoin-clé d'une série de procès à sensation
28:37 qui débutent par la mise en accusation de Conexco,
28:40 la plus grande entreprise de contrebande d'alcool au monde.
28:43 ...
28:45 -They had the network
28:47 from the manufacturer of the liquor
28:50 to the final distribution of that liquor
28:54 to speakeasies and nightclubs.
28:57 When the government went after Conexco,
28:59 it would be like the government going after Walmart today.
29:03 ...
29:04 -Disposant d'un quasi-monopole sur le trafic d'alcool
29:07 dans le Pacifique et le Golfe du Mexique,
29:10 Conexco fournit le plus célèbre des mafieux américains,
29:13 Al Capone.
29:14 ...
29:17 En l'espace d'un an, le gouvernement américain
29:19 inculpe les principaux dirigeants de Conexco,
29:21 dont le frère de Capone.
29:23 ...
29:25 En 1933, lors du procès qui se tient à la Nouvelle-Orléans,
29:29 le ministère public demande à Elisabeth
29:32 de témoigner contre certains des hommes les plus dangereux du pays.
29:35 ...
29:36 -There were a lot of prohibition agents
29:39 who had already been killed in the line of duty.
29:42 -These plainclothes people,
29:43 she doesn't know they're there to keep her from being whacked
29:46 by the bad guys.
29:48 But it wouldn't have occurred to her not to testify against them.
29:52 These people had to be put away.
29:54 That was the whole point of breaking the codes.
29:56 ...
29:59 -À la barre, elle est interrogée sans ménagement
30:01 par les avocats d'Al Capone,
30:03 qui font tout pour la décrédibiliser.
30:05 ...
30:08 -Whenever Elisabeth tried to explain
30:11 how she solved the messages,
30:13 these six lawyers, men, would often stand up and object
30:17 and say that it was some kind of witchcraft,
30:19 that codebreaking was not science,
30:21 that Elisabeth was just making a guess.
30:24 She got so fed up with the repeated objections
30:26 of the defense attorneys
30:27 that she asked a judge if she could have access to a blackboard.
30:32 And Elisabeth proceeded to give a class in codebreaking.
30:36 And by the time she was finished,
30:39 the defense attorneys had nothing else to say.
30:42 -They must have been thinking
30:44 that they were going to be able to bowl her over
30:47 and make her testimony irrelevant.
30:50 And instead, she takes control of that
30:53 and, you know, seals the deal.
30:55 She gets the conviction.
30:58 -Elisabeth devient alors une célébrité nationale.
31:02 Un journal fait l'éloge de sa leçon de cryptologique.
31:05 Un autre la décrit comme une beauté qui protège les États-Unis.
31:08 Les journalistes s'étonnent qu'une femme ait pu faire tomber
31:11 certains des plus redoutables gangsters américains.
31:14 ♪ ♪ ♪
31:18 -This is juicy stuff.
31:19 These are murderers and these are people
31:21 who have become household names in America.
31:24 And then along comes this woman,
31:27 who is the key witness at the trial
31:30 to get these guys thrown in prison.
31:33 They don't talk about her skills.
31:35 They don't talk about her brains,
31:37 her ability to break these codes
31:39 and to bring these gangsters to justice.
31:41 They talk about how she looks,
31:43 how she's dressed,
31:45 that she's this dainty little woman
31:47 who is bringing these big, you know,
31:49 Al Capone-type monsters to justice.
31:51 -William se réjouit que son épouse
31:54 obtienne enfin la reconnaissance qu'elle mérite.
31:57 "Je ne pourrais pas être plus fière", déclare-t-il.
32:00 ♪ ♪ ♪
32:03 Mais tandis que le travail d'Elisabeth
32:05 s'affiche en pleine lumière,
32:06 celui de William l'entraîne vers les ténèbres.
32:09 ♪ ♪ ♪
32:12 À la fin de l'automne 1939,
32:14 Elisabeth comprend que son mari ne va pas bien.
32:40 La mission de William au sein des renseignements militaires
32:42 est top secret.
32:45 Elle consiste à s'introduire dans les machines de cryptage
32:47 des ennemis de l'Amérique,
32:49 qui ont atteint un niveau de complexité sans précédent.
32:53 Bon nombre d'entre elles sont considérées comme inviolables.
32:56 (Explosions)
32:58 ♪ ♪ ♪
33:04 Avec le début de la Seconde Guerre mondiale en Europe,
33:07 le travail de William devient plus que jamais vital.
33:10 ♪ ♪ ♪
33:14 - Il y a Blitzkrieg.
33:16 On voit Paris tomber.
33:19 On voit que la Bretagne est restée presque seule.
33:23 On voit que les Japonais commencent à faire des retours,
33:28 à se joindre en alliance avec l'Allemagne et l'Italie.
33:33 Ça a l'air très mauvais, et William, en plus,
33:37 comme homme juif, est conscient
33:39 que des choses terribles se passent
33:41 aux gens juifs en Allemagne.
33:43 Donc, je pense que le poids était colossal.
33:48 ♪ ♪ ♪
33:51 - William tente de comprendre le fonctionnement
33:53 d'une machine japonaise baptisée Purple, dont il ignore tout.
33:56 ♪ ♪ ♪
33:59 - William et son équipe de l'armée ont travaillé
34:02 autour du cloche pour essayer de faire revenir
34:05 ces machines de cryptage japonaises.
34:07 Parce que, si ils pouvaient, ils pourraient essentiellement
34:10 lire les mains des pouvoirs de l'Axis,
34:12 de l'Allemagne, de l'Allemagne japonaise et de la Nazie.
34:15 - William a dû garder tout ça à l'intérieur.
34:18 Il avait un petit groupe de gens qu'il travaillait avec,
34:20 qu'il pouvait parler, mais ils ont tous travaillé pour lui.
34:24 Et parce qu'il a internalisé tout ça,
34:27 ça les a tout simplement brûlés à l'intérieur
34:29 jusqu'à ce qu'ils ne se brûlent plus.
34:31 - Son équipe réussit finalement à décrypter le code Purple
34:34 en septembre 1940.
34:36 ♪ ♪ ♪
34:39 Trois mois plus tard, William tombe en dépression
34:42 et se fait hospitaliser dans l'unité psychiatrique
34:44 de l'hôpital militaire Walter Reed.
34:47 ♪ ♪ ♪
34:50 Impuissante, Elisabeth le voit sombrer de plus en plus.
34:54 ♪ ♪ ♪
34:57 ♪ ♪ ♪
35:16 Durant les trois mois d'hospitalisation de son mari,
35:19 Elisabeth fait tous les jours des allers-retours épuisants
35:22 pour le voir.
35:24 ♪ ♪ ♪
35:53 ♪ ♪ ♪
35:56 À sa sortie de l'hôpital,
35:58 William retrouve son poste au sein de l'armée,
36:00 mais il luttera jusqu'à la fin de sa vie
36:02 contre des troubles dépressifs.
36:05 - Elisabeth et William avaient toujours été
36:07 des équipes équivalentes.
36:09 Après la déprimante de William en 1941,
36:14 il n'était plus le même.
36:16 Donc Elisabeth devait prendre des décisions.
36:19 À partir de maintenant, elle devait être
36:21 en de nombreuses manières la plus forte des deux.
36:24 ♪ ♪ ♪
36:31 (bruit de moteur)
36:35 ♪ ♪ ♪
36:41 - En décembre 1941, après l'attaque surprise
36:44 des Japonais sur Pearl Harbor, l'armée américaine
36:47 renforce immédiatement ses capacités de décryptage.
36:51 ♪ ♪ ♪
36:53 L'équipe d'Elisabeth vient d'être transférée
36:55 des gardes-côtes à la marine.
36:57 L'unité passe en sous-commandement militaire,
37:00 l'état-major nomme à sa tête un officier
37:02 qui a beaucoup moins d'expérience qu'elle.
37:04 ♪ ♪ ♪
37:14 ♪ ♪ ♪
37:27 Cette unité a pour mission de surveiller les communications
37:30 entre un réseau d'espions nazis en Amérique du Sud
37:33 et le haut commandement allemand.
37:35 (cris de l'armée)
37:39 - Il y avait eu une grande quantité d'immigrants allemands
37:41 à l'Amérique du Sud,
37:43 au début du 20e siècle.
37:46 Il y avait des lieux qui avaient des villes allemandes
37:48 avec des noms de rue allemands, des journaux allemands,
37:51 des écoles allemandes.
37:53 En plus, il y avait des mouvements fascistes
37:55 à la maison.
37:57 Il y avait des mouvements au Brésil,
37:59 au Paraguay et dans d'autres pays
38:02 où on voit des similitudes réelles
38:04 avec ce qui se passe avec la Germanie de Hitler
38:08 et ce qui se passe avec Mussolini en Italie.
38:11 ♪ ♪ ♪
38:13 - Déchiffrer des messages rédigés en allemand
38:15 ne pose aucun problème à Elisabeth.
38:18 Elle est désormais tellement habituée à reconnaître
38:21 les différentes propriétés statistiques de chaque langue
38:24 qu'il lui suffit ensuite de faire appel à un traducteur.
38:28 Lors de la prohibition,
38:29 elle avait même décrypté des messages en chinois.
38:33 Cette fois, un nom revient sans cesse.
38:36 Sargo.
38:38 Elle ne le connaît pas encore,
38:40 mais elle commence à suspecter qu'elle est dans un problème.
38:43 Et elle le l'est.
38:44 Sargo est le nom de code pour un homme
38:47 nommé Johannes Siegfried Becker.
38:49 Becker est le principal homme de l'SS en Amérique du Sud.
38:54 Il fait partie de l'élite de Hitler.
38:57 ♪ ♪ ♪
38:59 - En déchiffrant les messages de Sargo,
39:01 Elisabeth fait une découverte alarmante.
39:03 Ce réseau sud-américain
39:05 transmet la position des navires alliés
39:07 aux sous-marins allemands dans l'Atlantique.
39:10 ♪ ♪ ♪
39:34 ♪ ♪ ♪
39:36 En mars 1942,
39:41 Elisabeth décrypte une série de dépêches inquiétantes
39:45 concernant le plus grand navire de ravitaillement allié,
39:48 le Queen Mary.
39:50 Avec sa vitesse record et sa taille imposante,
39:55 le Queen Mary représente une valeur militaire telle
39:57 qu'Hitler va jusqu'à offrir 250 000 dollars
40:00 au commandant du sous-marin qui parviendra à le couler.
40:05 Sur la mission en question du Queen Mary,
40:07 ce sont plus de 8 000 Britanniques qui perdraient la vie.
40:11 Grâce aux indications des messages secrets,
40:14 les sous-marins allemands sont parvenus à localiser
40:17 le Queen Mary au large des côtes brésiliennes.
40:20 Mais ils n'auront pas le temps de frapper,
40:23 car les messages décryptés par Elisabeth
40:25 ont été transmis au commandant,
40:27 qui a pu changer de cap et ramener le navire à bon port.
40:31 (Horne)
40:33 Dès qu'Elisabeth commence à décrypter les messages de Sargo,
40:44 la situation dans l'Atlantique s'inverse.
40:48 Les informations peuvent être données aux forces américaines
40:51 pour que le navire prenne des actions évasives
40:54 et aussi pour les équipes de tueurs de chasseurs
40:57 que les Américains avaient dans l'Atlantique sud.
41:00 Et beaucoup de navires ont été cassés
41:02 en basant ce genre d'informations.
41:05 La travail que fait Elisabeth Friedman
41:11 est l'un des plus importants du Deuxième Guerre mondiale.
41:14 Elle permet aux équipes de tueurs de chasseurs d'exister.
41:17 Mais la police brésilienne se met subitement à arrêter les espions nazis,
41:24 poussant Sargo encore un peu plus dans la clandestinité.
41:27 Quelques jours plus tard, les ondes deviennent silencieuses.
41:33 Une des pires choses que vous pouvez faire en tueur de espions
41:36 est d'arrêter les espions
41:38 avant de les suivre, de les regarder et de voir ce qu'ils font.
41:43 La façon la plus facile pour un pays
41:45 de savoir que vous avez brisé son système de communication
41:48 ou qu'il y a un ennemi,
41:50 c'est de rendre les espions.
41:52 Elisabeth est stupéfaite d'apprendre que ces efforts
41:56 ont été réduits à néant par un Américain.
41:59 Les Brésiliens ont en effet procédé à ces arrestations
42:02 sur ordre du directeur du FBI, John Edgar Hoover.
42:29 Sargo parvient à s'échapper et recrée immédiatement un réseau.
42:33 Les espions établissent 15 nouveaux circuits,
42:37 avec chacun des systèmes de cryptage beaucoup plus complexes.
42:40 Au fil des mois, les messages non déchiffrés s'accumulent.
42:45 Elisabeth pense que les cryptages sont désormais générés par Enigma,
42:51 une machine très sophistiquée,
42:53 utilisée par les services de renseignement allemands.
42:58 Enigma existe en plusieurs versions.
43:00 Grâce à un dispositif de déchiffrage récemment inventé,
43:04 les Britanniques sont parvenus à décrypter
43:06 celle utilisée par l'armée allemande.
43:08 La version à laquelle Elisabeth est confrontée
43:12 est à peine moins complexe,
43:13 mais les seuls outils dont la cryptanalyste dispose
43:16 pour en venir à bout sont un crayon et du papier.
43:19 Jour après jour, elle parcourt inlassablement les messages.
43:25 Au bout de deux mois, elle repère une faille dans l'armure d'Enigma.
43:29 28 messages tous envoyés avec la même clé.
43:31 Une erreur d'inattention commise par les espions.
43:35 Cette découverte lui permet de pénétrer dans les rouages de la machine.
43:41 Elle superpose les messages afin de voir s'ils sont alignés en profondeur.
43:47 Quand vous résolvez une erreur,
43:49 vous mettez des papiers à côté ou un sur l'autre,
43:52 et vous regardez les premiers lettres de chaque message,
43:55 les deuxièmes lettres de chaque message,
43:57 une fois que vous avez le savoir que vous avez la même clé chaque jour,
44:00 vous pouvez commencer à décrire les mots
44:02 et à comprendre les lettres qui se transforment en autres.
44:06 Je pense que Elisabeth serait la première à dire
44:12 que vous cherchez toujours à faire la erreur
44:15 que l'autre côté fait.
44:17 Vous trouvez une petite porte qui a été ouverte,
44:22 juste un peu,
44:23 et c'est là que vous attaquez et que vous entrez.
44:27 Elisabeth peut enfin recommencer à suivre les activités de Sargo.
44:32 Les messages décryptés font état de développement préoccupant
44:36 en Amérique du Sud.
44:42 Il y a un coup d'armée en Argentine,
44:44 un coup fasciste,
44:46 en hiver 1943.
44:48 À la fin de ce coup,
44:50 Sargo est vraiment à l'intérieur.
44:54 En Bolivie, encore une fois,
44:57 il travaille avec des gens
44:58 qui veulent tourner le gouvernement vers les nazis.
45:01 Et en décembre 1943,
45:04 il y a un coup fasciste en Bolivie.
45:08 Et c'est de l'horreur pour les États-Unis.
45:11 L'horreur, c'est que les Allemands
45:13 commencent une frontière en Amérique du Sud.
45:16 Ça peut être un changement de jeu dramatique
45:19 qui pourrait rendre la guerre à l'étranger très difficile
45:23 car on serait inquiets de la guerre à la maison.
45:26 Depuis son minuscule bureau à Washington,
45:31 Elisabeth surveille les moindres faits et gestes de Sargo.
45:35 Quoi qu'il fasse, ses espions sont cernés.
45:38 -En fin de compte, Elisabeth peut donner des informations
45:41 aux alliés, ce qui leur permet de briser le courant
45:44 et de le faire de toute façon
45:46 que les Allemands n'ont aucune idée
45:48 que le courant a été brisé
45:49 parce que leurs codes ont été brisés.
45:52 -Les révolutions soutenues par les Allemands
45:58 en Bolivie et au Chili sont écrasées.
46:01 L'Argentine rompt ses relations diplomatiques avec l'Allemagne.
46:06 En quelques mois, la menace nazie est éliminée de l'hémisphère ouest.
46:10 Sargo retourne dans la clandestinité.
46:13 Il ne créera plus jamais de réseau.
46:15 Le travail d'Elisabeth sur l'Amérique du Sud
46:22 est l'éclatante illustration du pouvoir de la cryptanalyse.
46:26 Mais ce sera pour elle une victoire privée et solitaire.
46:29 La marine lui a fait signer un document
46:31 où elle s'est engagée à ne rien révéler de ses activités.
46:35 Elle ne peut en parler à personne, pas même à William.
46:38 Et elle ne peut rien faire non plus
46:40 lorsque John Edgar Hoover s'attribue le mérite de son exploit.
46:44 Il réunit l'ensemble des 4 000 décryptages qu'elle a envoyés
46:47 et fait attribuer à chacun un numéro d'identification du FBI,
46:51 effaçant ainsi toute trace du travail d'Elisabeth et son équipe.
46:55 Dans une carte de vœux qu'elle envoie à ses amis en 1944,
46:58 elle écrit qu'elle poursuit son travail
47:01 en faisant partie de son équipe.
47:03 Elle a fait partie de son équipe.
47:05 Elle a fait partie de son équipe.
47:07 Elle a fait partie de son équipe.
47:09 Elle a fait partie de son équipe.
47:11 Elle a fait partie de son équipe.
47:13 Elle a fait partie de son équipe.
47:15 Elle a fait partie de son équipe.
47:17 Elle a fait partie de son équipe.
47:19 Elle a fait partie de son équipe.
47:22 Elle a fait partie de son équipe.
47:24 Elle a fait partie de son équipe.
47:26 Elle a fait partie de son équipe.
47:28 Elle a fait partie de son équipe.
47:30 Elle a fait partie de son équipe.
47:32 Elle a fait partie de son équipe.
47:34 Elle a fait partie de son équipe.
47:36 Elle a fait partie de son équipe.
47:39 Elle a fait partie de son équipe.
47:41 Elle a fait partie de son équipe.
47:43 Elle a fait partie de son équipe.
47:45 Elle a fait partie de son équipe.
47:47 Elle a fait partie de son équipe.
47:49 Elle a fait partie de son équipe.
47:51 Elle a fait partie de son équipe.
47:53 Elle a fait partie de son équipe.
47:55 Elle a fait partie de son équipe.
47:57 Elle a fait partie de son équipe.
47:59 Elle a fait partie de son équipe.
48:01 Elle a fait partie de son équipe.
48:04 Elle a fait partie de son équipe.
48:06 Elle a fait partie de son équipe.
48:08 Elle a fait partie de son équipe.
48:10 Elle a fait partie de son équipe.
48:12 Elle a fait partie de son équipe.
48:14 Elle a fait partie de son équipe.
48:16 Elle a fait partie de son équipe.
48:18 Elle a fait partie de son équipe.
48:20 Elle a fait partie de son équipe.
48:22 Elle a fait partie de son équipe.
48:24 Elle a fait partie de son équipe.
48:26 Elle a fait partie de son équipe.
48:28 Elle a fait partie de son équipe.
48:31 Elle a fait partie de son équipe.
48:33 Elle a fait partie de son équipe.
48:35 Elle a fait partie de son équipe.
48:37 Elle a fait partie de son équipe.
48:39 Elle a fait partie de son équipe.
48:41 Elle a fait partie de son équipe.
48:43 Elle a fait partie de son équipe.
48:45 Elle a fait partie de son équipe.
48:47 Elle a fait partie de son équipe.
48:49 Elle a fait partie de son équipe.
48:51 Elle a fait partie de son équipe.
48:53 Elle a fait partie de son équipe.
48:56 Elle a fait partie de son équipe.
48:58 Elle a fait partie de son équipe.
49:00 Elle a fait partie de son équipe.
49:02 Elle a fait partie de son équipe.
49:04 Elle a fait partie de son équipe.
49:06 Elle a fait partie de son équipe.
49:08 Elle a fait partie de son équipe.
49:10 Elle a fait partie de son équipe.
49:12 Elle a fait partie de son équipe.
49:14 Elle a fait partie de son équipe.
49:16 Elle a fait partie de son équipe.
49:18 Elle a fait partie de son équipe.
49:20 Elle a fait partie de son équipe.
49:23 Elle a fait partie de son équipe.
49:25 Elle a fait partie de son équipe.
49:27 Elle a fait partie de son équipe.
49:29 Elle a fait partie de son équipe.
49:31 Elle a fait partie de son équipe.
49:33 Elle a fait partie de son équipe.
49:35 Elle a fait partie de son équipe.
49:37 Elle a fait partie de son équipe.
49:39 Elle a fait partie de son équipe.
49:41 Elle a fait partie de son équipe.
49:43 Elle a fait partie de son équipe.
49:45 Elle a fait partie de son équipe.
49:48 Elle a fait partie de son équipe.
49:50 Elle a fait partie de son équipe.
49:52 Elle a fait partie de son équipe.
49:54 Elle a fait partie de son équipe.
49:56 Elle a fait partie de son équipe.
49:58 Elle a fait partie de son équipe.
50:00 Elle a fait partie de son équipe.
50:02 Elle a fait partie de son équipe.
50:04 Elle a fait partie de son équipe.
50:06 Elle a fait partie de son équipe.
50:08 Elle a fait partie de son équipe.
50:10 Elle a fait partie de son équipe.
50:12 Elle a fait partie de son équipe.
50:15 Elle a fait partie de son équipe.
50:17 Elle a fait partie de son équipe.
50:19 Elle a fait partie de son équipe.
50:21 Elle a fait partie de son équipe.
50:23 Elle a fait partie de son équipe.
50:25 Elle a fait partie de son équipe.
50:27 Elle a fait partie de son équipe.
50:29 Elle a fait partie de son équipe.
50:31 Elle a fait partie de son équipe.
50:33 Elle a fait partie de son équipe.
50:35 Elle a fait partie de son équipe.
50:37 Elle a fait partie de son équipe.
50:40 Elle a fait partie de son équipe.
50:42 Elle a fait partie de son équipe.
50:44 Elle a fait partie de son équipe.
50:46 Elle a fait partie de son équipe.
50:48 Elle a fait partie de son équipe.
50:50 Elle a fait partie de son équipe.
50:52 Elle a fait partie de son équipe.
50:54 Elle a fait partie de son équipe.
50:56 Elle a fait partie de son équipe.
50:58 Elle a fait partie de son équipe.
51:00 Elle a fait partie de son équipe.
51:02 Elle a fait partie de son équipe.
51:04 Elle a fait partie de son équipe.
51:07 Elle a fait partie de son équipe.
51:09 Elle a fait partie de son équipe.
51:11 Elle a fait partie de son équipe.
51:13 Elle a fait partie de son équipe.
51:15 Elle a fait partie de son équipe.
51:17 Elle a fait partie de son équipe.
51:19 Elle a fait partie de son équipe.
51:21 Elle a fait partie de son équipe.
51:23 Elle a fait partie de son équipe.
51:25 Elle a fait partie de son équipe.
51:27 Elle a fait partie de son équipe.
51:29 Elle a fait partie de son équipe.
51:32 Elle a fait partie de son équipe.
51:34 Elle a fait partie de son équipe.
51:36 Elle a fait partie de son équipe.
51:38 Elle a fait partie de son équipe.
51:40 Elle a fait partie de son équipe.
51:42 Elle a fait partie de son équipe.
51:44 Elle a fait partie de son équipe.
51:46 Elle a fait partie de son équipe.
51:48 Elle a fait partie de son équipe.
51:50 Elle a fait partie de son équipe.
51:52 Elle a fait partie de son équipe.
51:54 Elle a fait partie de son équipe.
51:56 Elle a fait partie de son équipe.
51:59 Elle a fait partie de son équipe.
52:01 Elle a fait partie de son équipe.
52:03 Elle a fait partie de son équipe.
52:05 Elle a fait partie de son équipe.
52:07 Elle a fait partie de son équipe.
52:09 Elle a fait partie de son équipe.
52:11 Elle a fait partie de son équipe.
52:13 Elle a fait partie de son équipe.
52:15 Elle a fait partie de son équipe.
52:17 Elle a fait partie de son équipe.
52:19 Elle a fait partie de son équipe.
52:21 Elle a fait partie de son équipe.
52:24 Elle a fait partie de son équipe.
52:26 Elle a fait partie de son équipe.
52:28 Elle a fait partie de son équipe.
52:30 Elle a fait partie de son équipe.
52:32 Elle a fait partie de son équipe.
52:34 Elle a fait partie de son équipe.
52:36 Elle a fait partie de son équipe.
52:38 Elle a fait partie de son équipe.
52:40 Elle a fait partie de son équipe.
52:42 Elle a fait partie de son équipe.
52:44 Elle a fait partie de son équipe.
52:46 ♪ ♪ ♪
52:48 ♪ ♪ ♪
52:50 Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires