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Transcription
00:00 Fil rouge de la journée, le droit à l'avortement avec cette inscription donc en France, dans la constitution.
00:06 En Europe, ce droit est généralisé dans les 27 pays, mais dans les faits, avorter est un parcours du combattant.
00:12 Exemple en Italie où vous trouvez Natalia Mendoza. Bonjour à vous.
00:16 Sur le papier, les Italiennes peuvent interrompre leur grossesse, mais attention, obstacle.
00:24 Oui, effectivement, ici en Italie, le droit à l'avortement est inscrit dans la loi 194 adoptée en 1978.
00:32 Elle autorise l'IVG jusqu'à 90 jours de grossesse, un délai semblable à celui en vigueur dans d'autres pays européens.
00:40 Mais dans les faits, avorter en Italie, c'est compliqué, très compliqué.
00:45 Vous l'avez dit, un parcours du combattant pour les femmes qui doivent obtenir une attestation médicale,
00:50 puis attendre un délai de réflexion de 7 jours avant de pouvoir réaliser la procédure.
00:55 Mais sans doute, la principale entrave à l'IVG ici en Italie, ce sont les médecins italiens eux-mêmes.
01:02 Ici, 2 gynécologues sur 3 refusent la procédure.
01:06 Selon les données les plus récentes du ministère italien de la Santé,
01:10 près de 63% des soignants ne pratiquent pas l'avortement.
01:16 Et dans certaines régions comme la Sicile ou les Pouilles dans le sud du pays,
01:21 plus de 80% des gynécologues refusent de pratiquer des avortements.
01:26 Et c'est le cas parce que la loi le permet en fait, Nathalia.
01:30 Elle laisse le choix aux médecins, clairement.
01:32 Oui, effectivement, la loi italienne laisse le choix aux soignants de refuser de pratiquer des interruptions de grossesse.
01:41 Ils considèrent que cela va à l'encontre de leur croyance personnelle ou religieuse au titre de l'objection de conscience.
01:50 Il faut savoir qu'ici en Italie, l'église catholique a encore une très forte influence.
01:56 L'église qui est, on le sait, opposée à l'avortement.
01:59 Cela se reflète sur le discours traditionnaliste de parties de droite conservatrice.
02:05 Et tout cela crée un contexte très négatif pour les femmes qui veulent avorter.
02:10 Mais aussi pour les praticiens, pour les médecins qui font le choix de réaliser des avortements dans l'hostilité généralisée du milieu hospitalier.
02:20 Je vous propose d'écouter les paroles de Silviana Agatone,
02:24 une gynécologue qui a pratiqué pendant 37 ans des avortements dans des hôpitaux ici en Italie.
02:34 Décider d'être médecin non objecteur de conscience dans un hôpital signifie se créer tout un tas de problèmes.
02:42 Si le chef de service est objecteur, tout le reste du personnel le suit.
02:46 Les obstétriciennes, les infirmiers, tous prennent le parti du plus fort.
02:52 Et donc continuer à pratiquer des avortements thérapeutiques avec tout le personnel qui ne t'aide pas,
02:57 et au contraire avec des collègues qui traitent mal les patientes, c'est très dur.
03:01 Et avec des collègues qui traitent mal les femmes, c'est très dur.
03:06 Pour ce témoignage, les perspectives ne sont pas rassurantes. La situation ne semble pas prête de s'améliorer. Expliquez-nous.
03:12 Oui c'est bien ça. Ici en Italie, il y a de moins en moins de structures qui pratiquent l'interruption de grossesse.
03:22 Celles qui le font sont souvent débordées. Il faut attendre des jours ou des semaines pour avoir un rendez-vous.
03:29 Cela contraint les femmes qui veulent avorter à chercher d'un hôpital à l'autre, d'une région à l'autre.
03:35 Et comme ça, elles risquent de dépasser le délai légal.
03:39 Voilà pourquoi les associations féministes ici parlent d'un droit bafoué.
03:44 Et les victimes de tout cela, ce sont les femmes qui subissent des pressions énormes.
03:49 Les soignants qu'elles rencontrent en début de grossesse en général tentent de les faire culpabiliser.
03:55 Souvent, elles ne sont pas pleinement informées de leurs droits.
03:59 Et quand elles avortent, elles le font parfois dans des conditions terribles.
04:02 J'ai pu parler avec certaines femmes qui m'ont raconté avoir été laissées seule dans une salle à hurler de douleur pendant des heures, pendant l'expulsion du fœtus.
04:12 Et cela car l'anesthésiste et le reste du personnel médical étaient objecteurs.
04:17 Ces femmes portent en elles encore aujourd'hui le poids d'un traumatisme, d'une expérience absolument dramatique.
04:24 Merci beaucoup.
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