00:00 ...
00:02 -Les cambrioleurs ne visent pas seulement les célébrités.
00:06 Des Français beaucoup plus modestes sont ciblés.
00:09 Profondément choqués, très peu ont accepté de nous parler.
00:14 ...
00:16 -Bonjour, madame. Il est presque 3h du matin
00:19 et je n'arrive pas à dormir.
00:21 C'est comme ça depuis notre entretien téléphonique.
00:24 Les scènes tournent en boucle dans ma tête toute la nuit.
00:28 ...
00:30 Je suis désolée, mais je ne peux pas honorer le rendez-vous.
00:33 Je ne m'en sens pas le courage.
00:36 Toutes mes excuses, mais c'est trop dur pour moi
00:39 et je veux oublier cette histoire.
00:41 -Ce n'est pas évident à partager ce que je ressens actuellement,
00:44 cette peur épouvantable des représailles
00:47 qui ne cessent de me hanter.
00:49 Je suis sous traitement pour cela et c'est encore très frais.
00:52 ...
00:59 -Aucun signe extérieur de richesse dans ce quartier populaire de Calais.
01:03 Mais ici aussi, des familles sont ciblées.
01:06 Malgré le traumatisme, la famille Merlin
01:09 est bien déterminée à fêter Noël.
01:12 Une façon de se prouver qu'elle va mieux,
01:14 même avec le souvenir de cette nuit terrifiante d'avril dernier.
01:18 -Je dormais dans le canapé avec ma fille
01:22 et j'ai été réveillée en sursaut par un bruit.
01:25 Je me suis levée pour aller voir d'où venait le bruit.
01:29 J'ai contourné la table et quand je suis arrivée ici,
01:33 je suis tombée nez à nez avec une personne,
01:36 un masque blanc qui recouvre tout le visage,
01:39 une capuche noire sur la tête
01:41 et direct, il s'est mis à me frapper au visage.
01:44 Je suis tellement tétanisée que je ne sens même pas les coups.
01:49 Je n'ai pas mal, pourtant je sens le sang qui commence à couler,
01:53 ça commence à gonfler sur ma joue.
01:56 Il m'a frappée, il m'a demandé des sous
01:58 et il est parti en courant.
02:01 -La peur s'est installée.
02:02 -Tous les soirs, je passais mon temps à la fenêtre,
02:05 à guetter si quelqu'un ne s'est pas de nouveau rentré dans la maison.
02:09 Mon cerveau me disait qu'il fallait surveiller.
02:12 J'avais peur de dire que si je m'endors,
02:15 il va se passer quelque chose.
02:17 Quand le jour se levait, je me sentais mieux
02:19 car je me disais que le quartier allait se réveiller, prendre vie.
02:23 -Un quotidien qui est vite devenu invivable pour Aurélie,
02:28 son mari et leurs trois enfants.
02:30 Les psychologues conseillent aux patients qui le peuvent
02:34 de quitter leur maison.
02:35 -C'est leur vie, leur histoire,
02:37 c'est l'endroit où ils peuvent être authentiques,
02:40 où ils peuvent se reposer,
02:42 où ils se retrouvent en famille,
02:44 un endroit qui représente toute leur vie,
02:46 leur intimité.
02:47 C'est quelqu'un qui rentre dans leur intimité.
02:50 La victime est marquée dans son esprit.
02:52 Elle sait que c'est là qu'a eu lieu le traumatisme.
02:55 Pour elle, pour repartir, se reconstruire,
02:58 elle a besoin de tourner la page et de changer de domicile.
03:01 Dès qu'elle peut, elle le fait.
03:03 -Aurélie a refusé de déménager.
03:07 Elle a préféré se surprotéger
03:09 pour rendre impossible toute intrusion.
03:11 -Sur toutes les fenêtres,
03:15 on a installé des détecteurs d'ouverture et de coup.
03:20 On a mis exactement la même chose sur la porte d'entrée.
03:24 Si on tape dans la porte, ça se déclenche.
03:26 Si on essaie d'ouvrir en passant par la serrure ou la poignée,
03:30 ça s'active aussi.
03:31 On a également des caméras à détection de mouvement.
03:36 Quand elle est activée,
03:40 si quelqu'un passe devant, l'alarme se déclenche.
03:43 Quand on a installé le système d'alarme,
03:46 le soir même, je me suis sentie en sécurité
03:48 en me disant que si quelqu'un essaie de rentrer,
03:51 on sera prévenu, on le saura.
03:53 Mon cerveau l'a très vite assimilé
03:55 et j'ai dormi toute la nuit.
03:57 -L'installation a coûté 600 euros
04:02 et près de 40 euros d'abonnement mensuel,
04:04 un budget conséquent pour une famille au revenu modeste.
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