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00:02 RTL matin 7h 9h
00:24 Bonjour Pascal Obispo, vous bibliez aujourd'hui "Le beau qui pleut", c'est votre 14e album.
00:30 Il marque vos 30 ans de carrière que vous allez fêter sur scène.
00:33 On va le découvrir avec Steven Bedrick, je salue.
00:35 Bonjour à tous.
00:36 Derrière ce titre un peu énigmatique, "Le beau qui pleut", il y a vos souvenirs d'adolescence.
00:41 12 années de vie en Bretagne, vous y découvrez le rock et puis la pluie bretonne.
00:45 Je vous cite "J'aime les camaïeux de bleu et de gris, j'aime le beau qui pleut et le ciel qui plie".
00:51 Vous préférez les ciels tourmentés à l'été ?
00:53 Bizarrement l'adolescence nous marque au fer blanc.
00:57 C'est vrai que je crois que je préfère, oui effectivement.
01:00 C'est une période extrêmement romantique où je me suis construit en tant qu'homme.
01:04 Et c'est vrai que quand on se construit avec la bruine, avec les falaises, avec le ciel gris et les tuiles anthracites,
01:11 ça reste et on a tendance à préférer.
01:14 Même si je suis un enfant de l'océan Atlantique, je suis partagé entre les deux mais ça se ressemble finalement.
01:20 C'est un climat extérieur qui est devenu un climat intérieur.
01:22 C'est un album sur la beauté dites-vous ? Vous arrivez encore à avoir de la beauté dans notre époque ?
01:26 Justement, je suis là pour en amener un petit peu plus.
01:30 Avec Pierre-Dominique Burgo, mon nouvel auteur avec qui je travaille,
01:33 on avait envie de parler de beauté, sublimée, de parler de beauté qu'on assassine.
01:38 A notre époque c'est compliqué mais je pense qu'elle existe mais on veut nous faire croire qu'elle n'est plus là.
01:41 En fait on veut la détruire alors qu'elle est bien présente.
01:44 Pascal, dans ce disque il y a une chanson qui s'appelle "J'étais pas fait pour le bonheur" dévoilée en préambule au printemps.
01:49 J'étais pas fait pour le bonheur et puis voilà
01:53 Quoi ? Soudain que le monteur parle de moi
01:57 Que je me reconnais dans ses belles paroles
02:00 Et qu'il n'avait que des idéaux vitrioles
02:04 Si c'est pas malheureux
02:08 De n'avoir su avant être heureux simplement
02:13 Si c'est pas malheureux
02:15 Si c'est pas malheureux d'avoir su aussi peu simplement être heureux.
02:18 Vous dévoilez une face un peu plus sombre de votre personnalité dans cet album.
02:22 Vous avez fui le bonheur parfois ?
02:24 On a du mal dans notre société anxiogène par les informations.
02:29 On a du mal à voir le verre à moitié plein en fait.
02:31 Le bonheur existe, en tout cas des moments de bien-être ça existe.
02:34 Il suffit simplement de changer l'angle de vue.
02:36 Mais est-ce que vous êtes un mélancolique ?
02:38 Je suis un peu effectivement mélancolique.
02:40 J'ai gardé mes points d'ancrage et j'y reviens souvent.
02:43 Notamment quand j'ai peint par exemple.
02:45 Je me souviens, il y a quelqu'un qui est venu et j'étais en train d'écouter quelque chose de très sombre.
02:49 J'avais le sourire. J'écoutais une musique très triste.
02:51 Mais ces musiques-là me correspondent à des moments de ma vie où j'étais heureux.
02:54 D'ailleurs il y a une chanson qui raconte un peu cet état.
02:56 Elle s'appelle "Au fond j'étais heureux".
02:58 Vous parlez de votre égo bancal dans ce titre.
03:00 Est-ce qu'il vous a joué des tours cet égo en trois décennies de musique ?
03:04 Je n'ai jamais vraiment eu le sentiment d'avoir un énorme égo.
03:07 Dans le sens où je suis quelqu'un dans la vie qui aime me rire.
03:11 Qui se moque un peu de sa condition de chanteur etc.
03:13 Donc l'ego, je ne sais pas.
03:16 Je suis quelqu'un qui a beaucoup travaillé.
03:18 Mais je n'ai jamais été au bispo.
03:19 J'ai toujours eu, comme disait mon camarade Etienne Rodagil, le syndrome de l'usurpateur.
03:23 Non, l'ego ne m'a pas joué de tour.
03:25 C'est surtout l'ego des autres qui m'a joué des tours.
03:27 Mais à nos confrères du JDD, vous venez de confier qu'être un chanteur populaire a toujours été un peu compliqué pour vous.
03:32 Moi je viens du rock.
03:34 Je viens d'une musique qui n'avait rien à voir avec la variété.
03:37 Et on l'a rejetée quand on était jeune.
03:39 Quand je suis arrivé à Paris et quand il a fallu vivre de sa musique.
03:42 J'ai quand même aimé ça.
03:43 J'ai aimé faire des chansons.
03:44 J'ai aimé faire des chansons populaires.
03:46 Travailler avec des artistes avec lesquels je n'aurais jamais pensé travailler.
03:49 Comme Florent Pagny.
03:50 C'était carrément une abomination de pouvoir penser ça à l'époque.
03:53 Quand j'écoutais "Clash" ou "Killing Joke".
03:55 Et puis finalement, on les rencontre.
03:56 Je me suis aperçu que c'était juste de la posture d'adolescence.
03:59 Un problème générationnel ou un problème de culture.
04:02 Et c'était plutôt ridicule.
04:03 Dans ce nouvel album, Pascal, une thématique émerge.
04:05 Celle du "Temps qui file".
04:07 Jamais on ne sera jamais aussi jeune qu'aujourd'hui, dites-vous dans un morceau.
04:10 Autre titre, "Le temps qu'il me reste".
04:12 *Musique*
04:14 *Musique*
04:42 En janvier 2025, vous aurez 60 ans.
04:45 Ça ne vous obsèderait pas un petit peu ?
04:47 Je vais te balancer le verre dans la figure.
04:49 J'essaie d'étirer le temps comme dans les longueurs.
04:52 Chanson de mon album.
04:53 J'essaie de faire le maximum de choses possibles.
04:55 Pour ne pas avoir le moindre regret possible.
04:57 Je sais que la voix s'en va.
04:58 Quand on vieillit, elle change.
05:00 Donc en ce moment, je suis en pleine maîtrise de ma voix.
05:02 J'ai l'impression que j'ai enfin appris à chanter depuis quelques mois.
05:06 Grâce à cette application aussi.
05:08 Parce que je fais des albums souvent.
05:11 Vous partez en tournée dès le 6 octobre.
05:13 Concert anniversaire, 30 ans de carrière.
05:15 Vous serez très sur scène.
05:17 Vous chanterez aussi les chansons que vous avez écrites pour les autres.
05:19 Surtout.
05:20 Vous les aimez autant que les vôtres ?
05:22 Je les aime beaucoup plus.
05:23 Parce que j'étais derrière.
05:24 Et parce que je suis un créateur plus qu'un interprète.
05:27 J'adore créer, j'adore donner.
05:30 Je me souviens d'ailleurs à l'époque,
05:32 quand j'avais donné "Savoir aimer" à Florent.
05:34 Je m'étais fait pourrir par ma maison de disques.
05:36 "Pourquoi t'as donné sa chanson ?"
05:38 Mais je ne vais pas donner une chanson de tiroir.
05:41 Vous le dites, vous travaillez tout le temps.
05:43 Il y a à peu près 40 albums sur votre application.
05:45 Il y a l'album d'Adjani qui arrive.
05:46 Il y a les 10 commandements qui reviennent l'année prochaine.
05:48 Et dans ce nouvel album, Pascal,
05:50 il y a une chanson qui s'appelle "Mon piano s'est jeté par la fenêtre".
05:53 Mon piano s'est jeté par la fenêtre.
05:56 T'as rien à dire de plus que ça.
06:00 Votre opinion, si je peux me permettre,
06:05 ne m'intéresse pas.
06:09 La dernière chanson qu'on a jouée,
06:14 c'était pas fameux.
06:16 "Je n'y suis pour rien", promettez-vous, dans le titre.
06:18 Il a sauté pourquoi ?
06:19 Votre piano en a marre de vous, Pascal ?
06:22 Non, parce que quelquefois, je fais de la merde.
06:25 Je fais n'importe quoi avec.
06:27 L'idée de cet instrument,
06:30 c'est qu'il est devenu mon double, mon confident,
06:33 celui avec qui je ris, avec qui je pleure.
06:36 C'est vraiment la personne,
06:38 puisque c'est une personne, un piano.
06:40 C'est mon double,
06:42 et c'est la personne avec qui je me confie
06:44 et qui entend tous mes problèmes.
06:46 Je suis capable de pleurer sur un piano
06:49 sans même faire aucune note.
06:51 En essayant de travailler.
06:53 Donc, quand ça se passe mal,
06:55 on est capable aussi de s'engueuler.
06:57 Je suis capable de le jeter par la fenêtre,
06:59 parce qu'il n'arrive pas à me soigner de mes blessures.
07:01 Mais au fil des années, on a vraiment cette connivence.
07:04 Vous lui avez donné un prénom ?
07:05 Ne le prenez pas pour un fou non plus.
07:07 Merci beaucoup d'être venu nous voir aujourd'hui.
07:09 "Le beau qui pleut", votre nouvel album,
07:11 paraît dès aujourd'hui.
07:12 On a été heureux de vous accueillir.
07:13 Merci.
07:14 *Bruit de pet*
07:14 [Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org]
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