- il y a 2 ans
Le Cateau - Dakar, un périple fait par quelques catésiens en 1970...
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00:00 Le kato Dakar c'était le 26 janvier 1970.
00:04 Nous comptions rallier Dakar en dix jours.
00:08 Nous sommes neufs sur quatre voitures, trois Méharis et une camionnette de chevaux.
00:14 La France et l'Espagne sont traversées à marche forcée en deux jours et deux nuits.
00:18 À Algérie-Iras nous prenons le ferry pour Ceuta.
00:22 Nous sommes en Afrique.
00:27 Au Maroc, après un arrêt à Casablanca à 170 km d'Agadir, c'est le groupe épeint.
00:34 Un conducteur s'endort et met une Méhari au décor.
00:37 La voiture est inutilisable, le radio sanctionné et renvoyé en France.
00:42 Découragé et commotionné par le choc, je pense abandonner.
00:47 Après concertation du groupe, nous délestons les voitures et le voyage continue.
00:52 Nous sommes huit sur trois voitures, plus ravitaillement, essence, eau, munitions et campement.
00:58 Direction El Ayun, capitale du Sahara espagnol qui attend sa prochaine indépendance.
01:03 Et bien sûr cette formidable aventure nous la devons à Xavier Boitremé, marchand de chaussures à le kato, un rêve d'enfant.
01:11 Qui a passé des heures, des nuits, des jours et même des années à organiser cette expédition.
01:18 Avec bien sûr le choix des personnes l'accompagnant.
01:23 Alors bien sûr à ses côtés son premier voisin, Monsieur Andedip pour sa bonne humeur et surtout caméra incontestable.
01:34 Pour filmer les bons et les mauvais souvenirs.
01:37 Après votre serviteur Roger Wonegg pour les réparations des voitures.
01:42 Et bien sûr comme vous le voyez, après le chef Cuisto, c'est celui-là que l'on voit.
01:50 Le chef Cuisto, vous aviez le taxi d'Hermie pour empailler éventuellement les petits serpents, les petits trucs.
02:01 Et les deux chasseurs, l'équipe appel Raymond et son fils.
02:07 Et Monsieur Proulx avec sa voiture.
02:10 Alors pas d'avion de surveillance bien sûr, pas de buffet campagnard, pas de campement organisé.
02:15 Ce n'est pas le Paris-Dakar que nous voyons depuis quelques années.
02:18 Par contre on retrouve les mêmes paysages, le sable, la caillasse et les lunes.
02:23 Pas question de foncer à 170 à l'heure.
02:26 Au meilleur de la piste on ne dépasse pas 70.
02:30 Après un peu d'expérience on commence à déjouer les pièges de la nature.
02:34 Pêche, pêche impahable et rocher caché dans le sable qui coupe les pneus.
02:40 Et comme vous voyez quand il y a un petit peu de large, tout le monde prend son petit chemin.
02:47 Et on se retrouve au gasto sur un campement avec toutes les petites négresses autour de nous.
02:54 Et beaucoup les enfants surtout qui viennent collecter un bidon en plastique, un petit truc quelconque pour les attirer.
03:04 Après avoir fait le plein de flotte et d'essence, on va monter sur la voie ferrée.
03:12 Après un comptage, nous partons vraiment à l'aventure.
03:17 On nous prévient, on nous conseille de monter sur la voie ferrée du chemin de fer du Sahara.
03:26 L'Amiferma, l'un des plus lourds du monde.
03:29 On va les voir tout à l'heure. Alors à Zuherat, après avoir fait les pleins, on monte sur la voie ferrée pour faire un bond de 300 km.
03:39 Une voie ferrée.
03:43 Alors là sur la carte on voit qu'on est parti d'Elayun, du très mauvais passage.
03:50 On est toujours au Sahara espagnol et là bientôt nous rentrons en Mauritanie.
03:56 On roule de jour, de nuit.
04:01 On est épaulé par un guide.
04:05 Qui nous a perdu.
04:08 Et qu'on a bien payé.
04:10 Oui, alors voilà. Rouler sur la voie ferrée c'est pas de la tarte.
04:13 Les bords des rails coupent comme des rasoirs.
04:17 Et en plus il y a des pièges parce que pour éviter que toutes les voitures roulent sur la voie ferrée,
04:22 les chemins de fer ont posé des pieux.
04:27 Alors il s'agit de les éviter.
04:29 Alors les chemins de fer, il s'en va, on va le prendre que pendant 300 km malheureusement.
04:36 On va être obligé de redescendre dans le sable mou et embaver comme des russes.
04:42 Le chemin de fer d'ailleurs qui sont entretenus, qui étaient entretenus à l'époque par les français.
04:47 D'ailleurs nous avons retrouvé des copains du chemin de fer du coin.
04:52 Qui nous ont très bien accueilli et remonté le moral un petit peu sur tout ça.
04:58 Et vous voyez les indigènes profitent aussi de ces lourds.
05:05 Et on voit au premier plan, monsieur Xavier Vautronnet, qui compte les wagons.
05:10 Qui sont d'ailleurs à quelques centaines.
05:14 Le matériel souffre et je souffre pour le matériel.
05:18 Heureux celui qui n'a rien engagé dans cette galère et parfois je doute.
05:23 Est-ce que les voitures vont tenir ?
05:26 Voilà surtout dans le dernier parcours ici, jusqu'à tard.
05:32 Là vous voyez encore une zone très très mauvaise.
05:35 Là on va se planter.
05:37 Et alors est-ce que les voitures vont tenir ?
05:40 On les tire, on les hisse, on les répare.
05:43 Les deux chevaux ne roulent plus, elles rampent sur le sable.
05:46 Et elles tiennent surchargées avec en plus un guide mauritanien.
05:51 Les fins de pistes.
05:53 La tonde ondulée.
05:54 La tonde ondulée, les fins de pistes où on roule un peu mieux mais enfin étant secoué.
06:01 Voilà ces deux chevaux qui sont formidables et qui nous donnent leur maximum.
06:08 Alors ici les vues sont prises au ralenti tellement la route est mauvaise.
06:13 Alors explique, annonce simplement, on va te voir l'oeuvre.
06:17 Bah oui c'est-à-dire que ça c'est la force.
06:20 On avait tout pour nous parce qu'il y avait des têtes de pipe pour nous tirer de là.
06:25 Alors chacun pousse, tout le monde pousse.
06:27 On avait des grilles mais on ne s'en est pas servi d'ailleurs parce que le sable c'est du sel.
06:33 Vous tombez dedans, on s'affaisse dedans.
06:36 C'est partout, c'est un sable jeune qui s'incruste sur nos peaux, dans nos vêtements, dans les voitures.
06:45 Il y a des voitures d'ailleurs qui voyaient les temps un peu.
06:48 Ça roule quand même, ça fait beaucoup de poussière mais on est d'attaque.
06:55 Alors tous les filtres et révision des voitures sont faits tous les jours.
07:00 Il s'agit de vider les filtres, ils sont pleins, engorgés de sable.
07:03 Et voilà une opération de changement de roues, ça se faisait sans prix bien souvent.
07:10 Le cas de tous, cinq personnes ont levé la voiture et puis au bon moment on remettait la roue en place.
07:15 On n'a pas eu assez de rustines, on a découpé des chambres à air.
07:20 Heureusement pour nous on avait assez de colle.
07:22 Alors explique-nous ça en détail.
07:25 Oui bien sûr, votre serviteur ainsi que Michel Preux, tout le monde met la main à la pote.
07:32 L'équipe a été engagée pour s'entraider, il ne fallait pas tirer au flanc.
07:38 Quelquefois pour une orange à un petit bidon d'eau, il y avait des petits accros.
07:48 Non, dans l'ensemble il y avait une bonne ambiance.
07:52 Bien sûr il y avait des coups durs.
07:55 Quand on arrive, vous allez voir dans les images qui vont arriver, d'un seul coup ça y est on est délivré, on est sur le goudron.
08:04 Alors ça c'est formidable, c'est la débandade.
08:09 Alors le goudron, on l'a jusqu'à Saint-Louis, on va l'avoir tout le long.
08:14 Maintenant le plus dur est passé, on va traverser comme vous allez voir le fleuve à Rousseau
08:20 et descendre jusque Dakar où on va rechercher les deux chasseurs qui sont arrivés par avion.
08:26 On retournera dans le delta du Sénégal faire une grosse partie de chasse, moins long que prévu.
08:34 Et on repartira sur Dakar où on prendra le bateau pour Casablanca,
08:39 récupérer la voiture accidentée et remonter par l'Espagne et la France.
08:45 Voilà, alors maintenant je vais te laisser la parole pour la chasse.
08:49 La chasse, on tirerait un petit peu tout ce qu'on voyait.
08:53 Oui, il ne faut pas oublier de dire qu'on a été reçu chez Leblanc,
09:00 c'est à dire le frère du directeur du Tour de France qui était de Preux-aux-Bois.
09:05 Et on a eu un accueil formidable, il nous a fait un méchoui sur la plage de Saint-Louis,
09:10 vous allez le voir dans quelques instants.
09:13 Voilà.
09:15 Ah c'est le petit vin de palme là.
09:18 Là on s'est régalé, on a oublié tous nos misères.
09:21 Et vous voyez, c'est appétissant.
09:25 Vous voyez, il y a même des dames qui nous accompagnent.
09:29 Là c'est notre fameux...
09:31 Taxidermiste.
09:32 Taxidermiste.
09:34 Basio.
09:35 Basio, docteur Basio et son épouse.
09:38 Non, non, non, c'était Madame Leblanc.
09:40 Ah, Madame Leblanc.
09:41 Qui était originaire dans le Noix d'ailleurs.
09:43 C'est un couscous en poisson.
09:52 Oui, oui, on goûte les plombes.
09:54 Une spécialité.
09:55 Alors là c'est formidable, une partie le long de la mer.
09:59 Je crois que c'est la Presqu'île aux oiseaux.
10:03 Alors c'est une plage de sable fin, mais il ne faut pas l'oublier, on est au mois de février.
10:10 Et la flotte, elle fait...
10:13 Elle n'arrive pas à 20 degrés.
10:16 Il n'y en a pas beaucoup qui se mouillent la tête là.
10:19 Là on a toujours Basio.
10:23 Par contre cette côte est très poissonneuse.
10:28 Et Saint-Louis vit beaucoup de son poisson et ses pêcheries.
10:33 Puis du poisson fumé qui sèche sur les plages, c'est affreux.
10:39 D'ailleurs oui, l'odeur était vraiment épouvantable.
10:43 Mais enfin on s'est habitué à tout ça.
10:47 Bien obligé.
10:49 On n'avait pas quand même le confort.
10:52 Alors là ce n'est pas les caisses du club méditerranéen, c'est le village de...
10:56 Je ne me souviens plus du nom.
10:58 Où le chef était très gentil, nous accueillit.
11:01 Et d'ailleurs, il a dirigé les chasseurs dans des très beaux coins.
11:07 Alors petite anecdote, c'est qu'on avait donné sûrement un pourboire...
11:14 Le futur One X.
11:16 On avait sûrement donné un pourboire un peu trop fort au guide de chasse.
11:22 Et ça s'est su par le tam-tam.
11:25 Ce n'était pas les portables qu'on avait maintenant.
11:28 Et on a vu arriver des chasseurs français.
11:31 Ils ont dit "C'est honteux, vous gâchez le métier, vous donnez trop d'argent aux noirs qui vous pilotent".
11:36 Alors on croyait qu'on n'avait pas donné beaucoup d'argent.
11:40 Et on en avait donné beaucoup trop.
11:42 Vous voyez, à cette époque-là, ils étaient déjà encore bien exploités.
11:47 Et là on se retrouve en famille presque.
11:51 Chaka fait sa petite tambouille.
11:54 On prépare les fusils.
11:57 Et là ça va être la grande expédition.
12:00 Et voilà parti.
12:02 Et vous allez voir tout à l'heure le retour.
12:05 Parce qu'en fin de compte, on a tué beaucoup.
12:09 Mais on ne pouvait pas les manger.
12:11 Le lendemain, c'était infernal.
12:13 On ne pouvait pas conserver de viande.
12:15 Et après en dernier temps, celui qui les tirait, il devait faire le trou pour les enterrer.
12:20 Alors chacun y regardait à sa cartouche.
12:23 Voilà la mémoire surchargée de ces pauvres.
12:32 Oui mais c'est bien joli.
12:35 On aurait pu nourrir le village.
12:38 Mais ces indigènes, enfin, ils ne sont pas loin de la Mauritanie.
12:43 Ils sont tous musulmans.
12:45 Et compte tenu que le facochère passe pour eux par du porc,
12:48 comme les sangliers,
12:50 impossible, ils n'ont pas voulu de la viande qu'on leur offrait.
12:54 C'est dommage.
12:56 Alors un retour de chasse.
12:59 Mais ceux-ci ont eu moins de chance quand même.
13:02 Ils sont stupéfaits.
13:04 Oui de voir.
13:06 Alors là, c'est ce qu'on va ramener simplement, les têtes.
13:13 Les coupeurs de têtes.
13:15 Les coupeurs de têtes.
13:17 Et là, on les débite.
13:19 Le cuistot prend les meilleurs morceaux, bien sûr.
13:22 Après on récupère les cornes, on récupère les têtes.
13:26 Avec le taxidermie, il fait le nécessaire.
13:29 D'ailleurs, c'était son travail.
13:31 On avait tous son travail, d'ailleurs.
13:34 Il ne s'agissait pas de tirer au flanc.
13:37 Alors on essaie de...
13:39 Le pauvre, on essaie de le récupérer.
13:41 Mais c'est pour le cinéaste.
13:43 C'est pour la caméra.
13:46 C'est pour notre ami André.
13:48 Pour les fournis.
13:50 Alors là, c'est la nièce du chef.
13:54 Parce qu'ils sont tous chez toute la famille.
13:56 Alors vous voyez les pierdros.
13:58 Ah, ça c'est d'autres cadavres.
14:00 Mais ça c'est les cadavres qu'on a ramenés de Dakar.
14:02 Parce qu'on était sponsorisé par la maison Petford.
14:06 Petford, oui.
14:08 Qui faisait aussi Pepsi-Cola.
14:10 On a visité les installations.
14:12 Alors tiens, là t'es en pleine action.
14:14 Oui, il y avait sûrement un cardan démoli.
14:17 Et là, une petite révision complète.
14:20 Là, on pile le mille.
14:22 En bonne compagnie, bien sûr.
14:25 Et c'était pas marrant pour les voitures.
14:31 Surtout parce qu'on réparait avec un bout de fil de fer.
14:36 Une pièce quelconque.
14:38 On essayait de sauver au maximum.
14:42 C'est pour ça d'ailleurs que le retour n'a pas été envisagé sur les pistes.
14:47 Et que vous avez vu, les voitures réintégrées.
14:50 S'envoler dans le ciel pour descendre dans les entrailles du bateau.
14:55 Alors, petite aussi anecdote.
15:00 On s'était enfoncé de quelques kilomètres déjà dans le désert.
15:05 Et c'était déjà les grosses catastrophes.
15:07 Toi, ton pot d'échappement, il fallait le transformer et le diriger vers le haut.
15:12 Il raclait tout.
15:14 Malgré les colles de protection.
15:16 Citroën nous avait très bien conseillé d'ailleurs pour toutes les pièces de rechange.
15:22 Les ventilateurs en plastique.
15:27 Les filtres spéciaux.
15:29 On a été très bien quand même conseillé.
15:32 Après, c'était à nous de se débrouiller parce que...
15:36 Mais dans un choc rude, un cardan c'est complètement déboîté par exemple.
15:40 Exactement.
15:42 Après un saut de bodé, le cardan est sorti de sa gorge.
15:48 Alors, il fallait repositionner la voiture à la même hauteur.
15:53 À la même hauteur.
15:54 On n'avait rien pour l'enlever.
15:56 Oui, pour l'enlever, il y avait du monde.
15:59 Il y avait les bras.
16:02 Quand on a cassé une suspension.
16:04 Ah oui, la suspension.
16:06 Ah ça, c'est le retour.
16:08 Ah d'accord.
16:10 On remonte dans le bateau.
16:13 C'était un bateau qui avait été au carnaval de Rio.
16:17 Donc, il y avait pas mal de touristes qui étaient descendus pour visiter Dakar.
16:21 Ils remontaient et repartaient en France.
16:23 Et nous, à Casablanca, on est allés récupérer la voiture à Agadir.
16:28 Oui, on est allés jusqu'en...
16:30 On est partis en deux.
16:32 André et moi, nous sommes allés chez les réparateurs qui avaient ressoudé le châssis provisoirement.
16:40 À la main.
16:41 Oui, oui.
16:42 Tout avait été refait à la main.
16:44 Alors, la tôle étant allongée, elle roulait sur trois roues.
16:48 Voilà nos engins qui montent dans le ciel pour être descendus dans la colle.
16:53 C'était très impressionnant.
16:58 En conclusion, on s'en est quand même pas mal sortis.
17:01 Moi, j'ai eu peur, j'ai pas eu peur de le dire.
17:04 Il fallait être inconscient.
17:06 C'est l'équipe qui a sauvé le truc.
17:10 C'est l'ensemble et l'organisation qui était quand même formidable de Xavier Wautremier.
17:26 Eh bien, après ce beau voyage à travers le désert, nous revenons dans le cœur névralgique de Befrovision, au studio.
17:35 Alors que nous venons de réaliser la post-production avec les deux commentateurs qui sont également les deux membres de l'expédition.
17:43 Au kato, André Dippe et Roger Vaneg.
17:47 Alors, monsieur Vaneg, venir de Neuilly, partir avec sa 2 chevaux camionnette, aller jusque Dakar et retour.
17:55 C'est quelque chose qui ne s'oublie pas.
17:57 C'est un truc formidable.
17:59 Ça reste en crise et on a de la chance d'avoir des images formidables pour nous remettre dans le bain.
18:06 Parce que c'est quand on voit ça qu'on reprend.
18:09 Ça vous sert.
18:10 Maintenant, c'est plus rien parce qu'à l'époque, il y a 30 ans, il fallait le faire.
18:16 Monsieur Vaneg, quand vous voyez ces organisations considérables, plus de 300 voitures, je crois,
18:22 prendre le chemin du désert à 170 à l'heure ou 200 à l'heure dans les dunes, vous trouvez que c'est fantastique ?
18:29 Là, c'est de la conscience.
18:31 On se demande où ça va aller parce que c'est des avions, ils ont des moyens exceptionnels que nous, on ne s'en est même pas.
18:44 Ça nous dépasse tout ça.
18:46 Alors, on a des belles images pour la télévision quand même.
18:49 On est en direct, les hélicoptères, on a vu la plage de Dakar, on la voit avec les voitures qui foncent pour l'arriver.
18:58 Ça te fait toujours quelque chose aussi André ? Je peux me permettre de te tutoyer ?
19:01 Oui, bien sûr, la plage de Dakar, c'était la fin du voyage.
19:06 En plus, là, on était sauvés parce que tout le long du chemin, on n'avait pas les hélicos qui surveillaient.
19:13 On n'avait pas des balises comme ils ont maintenant, qui vous donnent exactement la position.
19:18 On n'était pas sûr d'arriver.
19:20 Ça, c'était la hantise.
19:22 Bien sûr, on a été perdus, on ne voit pas tellement la possibilité, mais on n'avait qu'à couler une bielle.
19:32 Et même en rentrant, on s'est aperçu qu'on avait une pièce indispensable qui était défectueuse.
19:39 Oui, alors une des vedettes de l'expédition, il y avait les hommes, bien sûr.
19:44 On a vu Michel Preux, on a vu M. Ouattremet, le grand organisateur.
19:48 C'est avant tout la maison Citroën.
19:51 Alors cette 2 chevaux camionnette, avant de partir de Neuvi-Hy, elle avait déjà combien de kilomètres, M. Baneg ?
19:56 Presque 100 000.
19:59 Bon, et alors elle a supporté le choc, et elle a fait combien encore après ?
20:03 Elle n'a pas été mise au rencard quand elle est rentrée à Neuvi-Hy ?
20:05 Elle en a fait autant, elle en a fait 100 000 après.
20:10 Bon, alors Bruno Ribérault, on peut dire que les 2 chevaux, c'était sensationnel.
20:14 Oui, oui, oui, et les Méharis, les Méharis étaient beaucoup plus jeunes, pratiquement neuves.
20:20 Oui, oui, c'était les mêmes pièces.
20:23 Alors une chose qu'on a oublié de dire, c'est qu'au Maroc, on n'a pas trouvé les pièces Citroën.
20:30 Pour la bonne raison, c'est que le roi du Maroc, ayant 20 Méharis dans son golfe,
20:36 il ne prétendait pas avoir une Méhari au Maroc, donc les pièces détachées, on n'en a pas trouvé.
20:42 Alors bon, ce souvenir, l'accueil des populations, on a vu dans les villages,
20:48 des dames magnifiquement parées de leurs boubous, les enfants,
20:52 aussi des hommes qui vous ont bien accueillis, il y avait une bonne ambiance, c'était sympathique.
20:59 On a vu un homme aussi à un Touareg, je pense, en bleu.
21:03 Oui, en plein désert, oui. Dans le jour, on ne voyait personne,
21:07 mais le soir, la nuit, il y en avait partout.
21:10 Ça surgissait, ça sortait du sable.
21:13 Une anecdote, vous m'avez dit, en plein désert, on a vu un gars à mobilette.
21:17 Oui, un gars à mobilette, dans une vallée, avec ses pneus crevés, bien sûr, avec du Sparadrap,
21:23 on l'a dépanné, et puis il descend, il poussait sa petite mauve.
21:28 On a vu aussi un camion complètement chargé de marchandises,
21:33 avec dessus peut-être 10-12 personnes, des enfants en bas âge,
21:38 on leur a donné du lait, ils réclamaient à boire, le camion était en panne,
21:42 ils sont fligmatiques, ils sont là, ils sont en panne, ils attendent la pièce qui arrivera,
21:48 alors ça dure parfois une heure ou deux.
21:50 Là, on regarde, pendant que nous parlons, on regarde encore,
21:52 Pierrot qui est à la caméra,
21:54 alors les pneus, la hantise, combien de crevaison, Roger Lalègue ?
21:59 Plus de 100 crevaison.
22:01 Un jour, on en fait 27.
22:03 En une journée.
22:05 Ça peut-être, dans les documents, ça a peut-être été,
22:09 enfin d'après les rustines qu'on avait emmenées,
22:13 on va faire le compte facilement, mais il y a 30 ans quand même,
22:17 c'est des très beaux souvenirs, mais on a oublié les plus mauvais.
22:22 On regarde toujours les belles images.
22:25 Oui, c'est vrai, c'est toujours les...
22:27 Là, on voit une mary qui fonce.
22:29 Non, on rit des mauvais souvenirs, mais à l'époque...
22:32 La hantise, c'était surtout l'eau.
22:35 L'essence, on avait de quoi ?
22:38 L'essence, si on avait pu, on se débrouillait avec une voiture,
22:42 on finissait avec une voiture, on vient d'eux,
22:44 mais le principal essentiel, c'était l'eau.
22:47 Là, c'était primordial, chaque litre d'eau était serré à pleine main,
22:53 ça, c'était la hantise.
22:55 Bien, alors, il y avait aussi, il y a eu la guerre en Mauritanie,
22:59 dans le Sahara occidental, le Sahara espagnol,
23:02 vous, vous avez quand même eu une période où c'était à peu près calme,
23:06 et je crois que pendant des années, on n'a pas pu passer dans ce coin-là.
23:09 Oui, au moins pendant 10 ans, le Sahara espagnol, il y a eu un conflit,
23:13 les Algériens, vous voulez...
23:15 Les Marocains.
23:16 Les Marocains, oui, les Marocains l'ont envahi,
23:19 et les Algériens voulaient aussi déboucher sur la Méditerranée,
23:23 donc ça fait un conflit, cette zone-là était impraticable pendant longtemps,
23:28 il n'y a que depuis quelques années qu'on peut refaire cette piste.
23:32 Avant, il fallait descendre...
23:34 Alors, une chose qui nous a surpris, quand on regardait la carte,
23:37 on se dit, mais au fait, pourquoi est-ce qu'on ne passe pas le long de l'Atlantique,
23:40 qu'on se fait obliger de prendre comme ça par l'intérieur ?
23:42 Il n'y a pas de route le long de l'Atlantique ?
23:44 Non, mais c'est la côte, au débarquement, la côte c'était un problème,
23:50 tant qu'on avançait, ça allait, la côte c'est les oueds qui se vident,
23:55 qui creusent jusqu'à la mer, des fossés infranchissables, des falaises,
24:00 donc c'est des pistes qui sont marquées, très dangereuses et interdites même.
24:05 Donc il n'y avait rien à faire, il faut rentrer dans l'intérieur.
24:08 Il faut rentrer dans l'intérieur pour avoir du plat, des surfaces planes où on peut avancer.
24:12 Alors aussi, retrouver des gars du chemin de fer d'Hollenois,
24:16 en pleine Mauritanie, pour le minerai de fer qui repart à Dunkerque finalement,
24:22 bon, c'était quand même quelque chose.
24:25 On a d'ailleurs stationné une nuit dans Azur-Eyrott.
24:31 Oui, dans une station de nu par des cheminots d'Hollenois.
24:36 Et à Laayoune aussi. Le moral était remonté tout le long du chemin par des gens qu'on croisait,
24:43 qu'on disait "on en a marre, c'est mauvais, est-ce que ça va encore durer ?"
24:47 Et là, on a trouvé une Arletty à Laayoune, qui avait l'accent titi parisien,
24:54 qui nous a dit "les copains, vous verrez, demain ça va aller mieux, ça marche bien, vous voulez ?"
25:00 Oui, vous avez été passé, pendant que j'étais dans la garage en train de ressouder une pièce,
25:05 vous, vous étiez tranquillement avec cette dame qui vous a payé le Ricard et tout, et compagnie.
25:10 C'est une nuit de... une journée, pas une nuit.
25:15 Alors, Roger Van Eyck, c'était vraiment la mécanique, la mécanique, mais il n'y a pas eu de gros pépins alors.
25:19 J'ai eu des problèmes avec ma femme, mais doucement, tu es sur la télé là.
25:22 Chacun avait un but, chacun avait une chose, il n'y a rien à faire.
25:27 Chacun avait son poste. C'était l'organisation militaire dans le bon sens du terme. Bien organisé.
25:33 Oui, c'était serré. Il ne s'agit pas...
25:35 Alors, on présente donc notre amical salut à M. Ouattremet, qui doit nous regarder,
25:40 ainsi qu'à tous les membres de l'expédition qui verront ce reportage,
25:45 qui est une exclusivité de Béprovision. On remercie toute l'équipe.
25:48 André Dippe, qui a fait le film "16mm", et M. Ouattremet, qui a accepté que nous vous présentions ces images.
25:55 Voilà, dans quelques instants, la suite de nos programmes, avec le journal en particulier, avec Bruno Villain.
26:01 Au revoir, à la semaine prochaine.
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