00:00 - Et allez, on va aller dans les grands grands tubes de Didier Barbelevien, mais on voulait démarrer avec cette chanson.
00:05 - Mais un chagrin d'amour, c'est l'amour sans amour.
00:09 - Ça c'était qui ? Les Nuls ? - Est-ce que vous vous souvenez ?
00:12 - Attends, c'est les Nuls ? - C'est la parodie ? Non, c'est pas les Nuls, c'est les Inconnus.
00:14 - Les Inconnus, pardon. - Un chagrin d'amour.
00:17 - C'est l'amour sans amour. - Exactement.
00:19 - Vous l'aviez aimé cette parodie ? - Mais j'aime toutes les parodies, moi j'aime rire.
00:22 - Vous vous souvenez comment ils vous avaient appelé ?
00:24 - Barbe... Non, Barbe Lavi et... - Et Félix Grave.
00:30 - C'était magnifique. Alors vous avez écrit et composé des milliers de chansons, on a dit à peu près 2500, c'est ça ?
00:35 - Peut-être plus même. - Mais alors, vous les avez composées pour vous, mais aussi pour les autres,
00:39 beaucoup pour les autres, Didier Barbelevien, mais il paraît que votre préférée c'est celle-ci.
00:43 - Oui, c'est en fait partie de mes préférées. - Pourquoi celle-ci ?
00:48 - Parce que je l'ai écrite quand j'avais 17 ans, c'est là...
00:51 Et puis je revois ma fiancée de l'époque et tout, là, Rue Pasquier, quand j'allais au cinéma,
00:57 je lui emmenais voir les films de Jean-Pierre Mocky et tout ça.
01:00 Je me souviens très bien, j'ai une mémoire de chien.
01:02 - Elle s'appelait vraiment Michel ? - Non, Florence.
01:04 - Ah oui, mais il y avait trois syllabes, donc ça ne marchait pas. - Non.
01:07 - Florence aurait pu marcher, ouais. - Non, mais Michel c'était joli sur la musique qui rappelait celle des Beatles,
01:13 c'était le plus drôle. - Et alors votre premier grand succès, c'est avec Gérard Lenormand.
01:19 - Ah ça, c'est ma chanson préférée de toute ma chanson.
01:25 - Là, vous avez 22 ans, quand elle sort. - Oui, mais pareil, je l'ai écrite en révisant mon bac.
01:31 - Comment vous vous êtes mis d'ailleurs à écrire, à composer des chansons ?
01:33 - À force de m'ennuyer, de regarder par la fenêtre quand j'étais petit, ça a fini par m'inspirer.
01:41 Tiens, moi, j'étais celui qui regardait dehors. J'étais au fond, en général,
01:46 et je me racontais des histoires en regardant par la fenêtre.
01:49 Dans ma tête. Et à force de me les raconter, un jour je les ai écrites sur un papier, au début pas terrible,
01:56 puis petit à petit j'ai amélioré le score.
01:59 - C'est marrant, on m'a dit ça de mon fils l'autre jour, il regarde trop par la fenêtre votre fils,
02:03 et ben voilà, c'est peut-être prometteur. - Et ben il sera auteur.
02:05 - J'espère, j'espère, un jour. On a une question sur Twitter pour vous.
02:07 - Oui, une question d'Isabelle, Didier Barbelivien pour vous.
02:10 Qu'est-ce qui est le plus difficile, écrire une chanson ou écrire un roman, comme la seule façon d'aimer ?
02:15 - Oh, ça n'a rien à voir, et pourtant, je procède un peu de la même façon, parce que
02:22 les chansons, j'y pense extrêmement longtemps avant de les écrire.
02:26 - Ah oui ? - Non pas que ça m'empêche de dormir, mais
02:29 en marchant, moi je suis un type qui marche beaucoup dans le parc Monceau ou à la campagne,
02:33 et je me raconte la chanson d'un ananas.
02:35 Et ça, j'ai mis 7 ans à me la raconter, la seule envie d'aimer.
02:39 - Seule façon d'aimer. - Pas la seule envie, la seule façon d'aimer.
02:42 Mais, parce que je l'ai écrite par épisode, il y a 59 chapitres.
02:48 Il m'en venait une nouvelle, et j'ai dit "Allez, j'inclus celle-là, je retire l'autre".
02:53 J'ai peut-être 14 versions de ce roman.
02:55 - Et vous parliez de l'envie d'aimer, et c'est vrai que vous avez écrit également pour lui, pour Johnny.
03:01 - Ses cheveux blancs serrés, dans un chignon mal fait,
03:05 elle pense à Dieu, c'est quoi ? Le soleil disparaît.
03:09 - C'est un grand hit, ça. - C'est une histoire merveilleuse, j'ai 24 ans.
03:15 C'est impressionnant, 24 ans, on rencontre Johnny Hallyday, on est numéro 1 de 8 par aile.
03:19 - Mais vous ne saviez pas qu'elle serait chantée par Johnny Hallyday ?
03:21 - Non, pas du tout.
03:23 - Comment ça se passait à l'époque ? Vous écriviez plein de chansons, et puis c'était coupé ?
03:26 - J'étais un type assez désordonné, je ne vais pas tellement changer.
03:33 Quand j'étais jeune, je donnais des chansons droite à gauche.
03:37 - On ne peut pas choisir qui va chanter ses propres mots ?
03:40 - Heureusement que c'est l'interprète qui choisit ce qu'il veut.
03:44 Et Johnny a aimé ça d'entrée de jeu, alors que moi je n'y croyais pas du tout.
03:51 Cette histoire de mec qui vit à la campagne, qui voit partir sa gonzesse,
03:56 et qui doit fâner, qui doit soigner le cheval et aller couper les foins,
04:03 non, ça ne va pas le faire. Eh bien si.
04:05 - Un autre tube que vous avez écrit, "Fantastique Tube" ?
04:07 - Soyez pas trop jaloux, mademoiselle pas du tout, mademoiselle chante le blues.
04:17 - Alors celle-là, j'ai attendu 14 ans avant de l'écrire.
04:20 J'avais vu "The Lady Sings the Blues", que M. Benkemoun connaît, au cinéma,
04:26 avec Diana Ross dans le rôle de...
04:28 - Je ne sais plus.
04:28 - Il ne s'est pas réveillé ce matin, Billy Holiday.
04:30 Dans le rôle de Billy Holiday, et voilà.
04:34 Et en sortant du cinéma, je me suis dit,
04:35 "C'est très bien d'écrire une chanson qui s'appelle 'Mademoiselle Chante le Blues'".
04:38 Et puis ça m'est resté dans la tête, et puis un jour, elle est ressortie.
04:42 - C'est fou. Et vous écrivez très vite en général.
04:44 - Très très vite.
04:46 Par contre, je me la raconte, l'arrivée en notre enfance,
04:50 je suis resté peut-être un an à me réciter le refrain.
04:53 - Il y a tellement de styles, tellement de différences.
04:56 Mais à quand un barbe olivien symphonique ?
05:00 - Tiens, c'est drôle que Olivier parle de ça.
05:03 - Mais parce que j'ai entendu tout à l'heure,
05:04 si on entend dans votre chanson préférée, Didier,
05:06 - Oui, et moi je chante.
05:08 - Oui, bien sûr.
05:09 Et juste symphonique, avec d'autres orchestrations, etc.
05:13 - C'est drôle que tu parles de ça,
05:15 parce que quand j'étais jeune, donc inconscient,
05:18 j'ai pas beaucoup évolué d'ailleurs,
05:20 j'avais 13 ans, je voulais être chef d'orchestre d'un sympho.
05:26 - Ah oui.
05:26 - J'ai pas pu parce que j'avais pas le sens de la mesure.
05:29 Je compte très mal les mesures.
05:31 - Peut-être le prochain album, Didier Barbe Olivien,
05:33 vous pourrez vous faire aider pour ça.
05:34 Et vous avez sorti un album il n'y a pas si longtemps que ça.
05:36 - Il y a deux ans.
05:37 - Il y a deux ans, avec douze chansons inédites.
05:40 On va écouter l'une...
05:41 - Un an et demi.
05:42 - Il y a un an et demi, on va écouter l'une de ses chansons.