00:00 C'est une décision à la base de permis de construire. La mémoire, on en discutera
00:05 éventuellement autrement dans le débat politique, dans la salle historique, en conseil municipal.
00:09 Là, il s'agit d'une décision de permis de construire pour restaurer une oeuvre et la
00:14 procédure prévue pour restaurer les oeuvres d'art, les immeubles, les édifices classés
00:18 historiques, donc un permis de construire, de travaux, de restauration a été utilisé
00:23 pour faire une dépose. C'est illégal, c'est un détournement de procédure. C'est tout.
00:26 C'est pas plus compliqué que ça. Après, libre à Madame Marais, je dois organiser
00:31 un débat sur la vision de la ville à terme. Il n'y a aucune difficulté à ce qu'on puisse
00:36 considérer qu'un espace public doit changer de configuration. Mais on utilise au moins
00:40 les procédures qui sont faites pour ça. Et pour enlever la statue, il faut d'abord
00:43 demander à la commission qui a procédé à son classement si elle considère qu'il
00:46 y a un intérêt particulier à démolir. Après, l'autorité administrative peut considérer
00:50 que la vie de cette commission qui est faite d'historiens, de gens qui pratiquent la matière,
00:53 qui ont fait toute leur vie, étudient l'histoire. Moi, je fais du droit, je n'étudie pas l'histoire.
00:56 C'est pour ça qu'il y a des commissions et des historiens. Si ces gens-là viennent
00:59 dire qu'il n'y a aucune utilité de la garder, le préfet ou le maire peut prendre cet avis
01:03 en considération dans le cadre de la procédure. Il peut même prendre une décision contraire,
01:07 qui à ce moment-là est à nouveau soumise au tribunal. Mais on n'utilise pas le détournement
01:11 de procédure. C'est ça qui est scandaleux au niveau de la gestion de la mairie de cette
01:15 affaire, c'est qu'elle a détourné la procédure de son objet. Si elle voulait démonter la
01:19 statue, il faut d'abord qu'elle demande au ministre si finalement elle ne la classera
01:23 pas. Ensuite, qu'elle retourne voir le préfet en disant qu'on voudrait un déclassement,
01:27 qu'elle ne soit plus inscrite, qu'elle ne soit plus aminable, qu'il y ait à nouveau
01:30 des statues. Il faut qu'elle fasse délibérer son conseil municipal pour savoir ce qu'on
01:33 fait de cette œuvre d'art une fois qu'elle est redevenue immobilière. Il faut qu'elle
01:37 saisisse le ministre de la Culture, parce que le ministre de la Culture va être concerné
01:40 sur les biens culturels des communes. Vous imaginez la ville de Paris qui vendrait le
01:43 Louvre ? Qui vendrait l'hôtel de Paris ? Il y a la mairie qui vient de vous dire « maintenant
01:47 on va faire une piscine ». Le ministre de la Culture, il va se prononcer. C'est un
01:50 bien culturel de la commune de Paris, la ville de Paris. Donc voilà toutes ces procédures,
01:56 mais elles prendront deux ou trois ans ces procédures. Et dans chacune de ces procédures,
02:00 il y a des actes administratifs qui seront susceptibles d'être défaits de l'aujure
02:04 pour voir si la loi a été correctement appliquée. Donc rien n'est figé. Mme Marèche, elle
02:09 va aller au bout de son objectif. La loi n'est pas faite pour l'empêcher de transformer
02:13 les villes. Toutes les villes ont été transformées. La ville de Nîmes, autour des arènes de
02:18 Nîmes, sont deux mille ans d'histoire. Il y a des bâtiments modernes, il y a des hôtels
02:21 modernes. C'est pas que si les villes peuvent se transformer, mais vous le faites en respectant
02:26 toutes les procédures qui sont prévues pour ça. Et le code du patrimoine qui est interdit
02:30 dans ce dossier, c'est ça l'élément le plus essentiel. Le code du patrimoine c'est
02:34 quoi ? C'est un code qui est destiné pour préserver et conserver. Ça dit bien ce que
02:38 ça veut dire. Vous avez une belle maison, l'endroit où nous sommes aujourd'hui, le
02:42 tribunal est une ancienne maison esclavagiste, que je sache. Puisqu'il date de 1841, il
02:47 n'y avait pas. Donc sans doute que les ouvriers qui ont fait l'emmarchement, qui ont fait
02:51 la construction, ils étaient esclaves. Et aujourd'hui on en a fait un tribunal. Les
02:55 choses ne sont pas restées figées. Et quand vous regardez, c'était tout inscrit sur
02:58 la plaque à l'entrée du tribunal, l'entrée de la maison était de l'autre côté. Parce
03:02 qu'il y avait un jardin qui venait de faire la même chaleur de clair. Elle a été retournée.
03:05 Les choses ont été changées. Mais l'État a suivi toutes les règles qu'il fallait
03:09 pour rétablir un bâtiment, un tribunal administratif dans un ancien monument historique. À l'époque
03:14 au Louvre, il y avait le ministère des Finances. Le Louvre avait été aménagé pour recevoir
03:18 le ministère des Finances. Après il a redéménagé, ils sont allés à Bercy. Les choses peuvent
03:22 changer. Mais on suit les procédures. Et les garde-fous qui sont mis sur ces procédures,
03:27 c'est pour empêcher les fous. Ceux qui en un instant, dogmatiques, considérant que
03:31 le soleil s'est levé pour eux le matin, décident que l'histoire c'est moi et c'est
03:34 moi qui décide comment je l'écris maintenant. C'est ce qu'elle vient de dire, réécrire
03:37 un mémoire. Mais si elle veut réécrire un mémoire qu'elle nous en parle à tous,
03:40 il n'y a pas que sa mémoire qui est concernée, il y a les nôtres. Et les nôtres, regardez
03:44 il y a des Prosperev qui étaient là ce matin, il y a quand même une certaine unité. On
03:47 n'est pas dans un débat identitaire, on n'est pas dans un débat spécialement idéologique.
03:51 On est sur le débat de la conservation des patrimoines réunionnaires. On n'en a pas
03:54 énormément. Mais qu'on prenne soin de ce qu'on a.
03:57 Moi je suis intervenu à cette procédure parce que j'estime que ce démolonnage est tout
04:01 à fait scandaleux. J'accuse les cabarets d'assassinats mémoriels. Non seulement contre
04:07 Maïd Labourdonnet mais aussi contre Sardar Gariga. Parce qu'on s'en prend à Maïd
04:13 Labourdonnet qui a été un immense homme d'État de l'époque avec les côtés sombres,
04:18 l'histoire elle est honteuse et glorieuse à la fois. Mais on s'en prend aussi à la
04:22 mémoire de Sardar Gariga parce que c'est à cet endroit même, au pied de ce statut,
04:27 que des milliers d'esclaves ont fêté leur liberté. Et ce crime mémoriel on ne peut
04:33 pas le laisser passer. Aujourd'hui la folie wokiste s'est emparée de la mairie de Saint-Denis.
04:39 On veut effacer l'histoire. On veut gommer l'histoire. On veut la réviser. Ne dit-on
04:44 pas que ceux qui ont pris l'histoire sont condamnés à la religion. Et je ne pouvais
04:50 pas donc rester le taisant car je suis un spectateur, un simple Tunisien, mais vous
04:55 savez aussi que je suis un spectateur engagé pour prendre la formule de Rémy Moiron. C'est
05:01 la raison pour laquelle j'ai souhaité m'associer à cette procédure qui vise de la part de
05:06 la mairie de Saint-Denis à manipuler l'opinion. C'est une dérive autoritaire pour enfermer
05:12 les consciences dans une prison que je ne peux pas accepter en tant que libre penseur,
05:18 en tant qu'amoureux de l'histoire de la Réunion et de l'histoire de mon pays, la France.
05:22 [Musique]
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