00:00 Sud Radio Regarde Femmes, Michel Vianesse.
00:03 Bonjour Michel.
00:04 Bonjour Jean-Marie.
00:05 Fondatrice et présidente de l'organisation non gouvernementale Regarde Femmes.
00:09 Aujourd'hui Michel, vous nous parlez d'une étude de l'Institut des politiques publiques.
00:14 Ça concerne les inégalités entre les filles et les garçons.
00:17 Et ça vous montre une chose, c'est que le décrochage des filles en mathématiques,
00:22 en fin de compte ça commence dès le CP.
00:24 C'est vachement tôt Michel.
00:25 Oui, à la demande justement de l'association Femmes et Sciences, l'Institut des politiques
00:32 publiques s'est appuyé sur les évaluations nationales qui ont eu lieu entre 2018 et 2022
00:38 en début de CP, au milieu du CP et en début de CEMA sur 2,5 millions d'élèves scolarisés
00:46 en France.
00:47 Donc on n'est pas plus sur un sondage, on est sur la réalité.
00:50 Et donc ces évaluations mesurent la capacité des élèves à additionner, lire, écrire,
00:57 compter et comparer les nombres et puis aussi à avoir un début géré de notion de quantité.
01:03 Alors qu'au début du CP, le décalage est inexistant, un écart en faveur des garçons
01:10 apparaît et se creuse en mathématiques au cours du CP.
01:14 Et ce décrochage des filles est observé pour toutes les notions qui sont évaluées.
01:19 Alors est-ce que ça concerne toutes les filles et sinon qui sont celles qui décrochent ?
01:24 Eh bien, ce décrochage de filles se produit sur l'ensemble du territoire, dans tous les
01:31 types d'écoles et dans tous les milieux familiaux.
01:34 Et quelle que soit d'ailleurs la configuration scolaire, soit une école publique, une école
01:38 privée, que ce soit en éducation prioritaire, de réseau prioritaire ou en pédagogie dite
01:44 alternative, on a toujours ce décrochage.
01:48 Et puis, quelle que soit la famille, que les parents soient de catégorie A, Z, qu'ils
01:54 soient de profession scientifique, les familles monoparentales, on a pu tout contrôler, vérifier,
02:02 et aucune ne permet d'éviter l'apparition d'un écart très tôt, au niveau du CP,
02:08 dans la scolarité en mathématiques et toujours en défaveur des filles.
02:12 Je fais quand même la remarque qu'en revanche, l'avantage sur les garçons en français
02:16 demeure globalement stable pour les filles durant toute l'année de CP.
02:20 Et ça, si j'ose dire, c'est pas juste.
02:22 Je parle en tant que garçon, évidemment.
02:23 Alors, est-ce que, Michel, au moins, l'étude permet de donner des pistes pour réduire
02:27 le décalage ?
02:28 Pas vraiment.
02:29 Le décalage est moindre si, à la fois, l'enseignant est une enseignante et s'il y a plus de
02:37 filles que de garçons dans la classe.
02:39 Il est moindre également dans les réseaux d'éducation prioritaire.
02:42 Le réseau d'éducation prioritaire, c'est caractérisé par la taille de classe réduite,
02:47 davantage de soutien scolaire, des équipes pédagogiques dont pas un ou une enseignante
02:52 seule face aux élèves, tout ça renforcé.
02:55 Mais le décrochage des filles est toujours présent et toujours significatif.
03:00 Donc, c'est bien la preuve que les stéréotypes sexuels sont présents dans l'ensemble de
03:04 la société et que les blocages qu'ils induisent ont des effets gravissimes.
03:08 Donc, le travail est indispensable aussi bien sur les familles que sur les enseignants.
03:13 On va voir ça.
03:14 Combien font 6 x 7, Michel Viannes ?
03:16 42, que je sache.
03:18 Vous voyez comme quoi le décrochage n'est pas inéluctable.
03:21 Merci beaucoup, Michel Viannes.
03:22 J'en profite pour donner un autre chiffre.
03:24 Il est très important, spécialement pour la lyonnaise, que vous êtes 105,8.
03:29 105,8 comme le 105,8 FM, c'est la nouvelle fréquence de Sud Radio sur tout Lyon et le
03:35 Grand Lyon.
03:36 Vous voyez, vous pouvez nous écouter en FM entre Rhône et Saône.
03:39 Vous pouviez déjà en DAB+ et sur Internet, mais on arrive en FM sur le 105,8 FM.
03:45 Bienvenue à l'écoute de Sud Radio à Mille Lyonnais.
03:47 Et puis n'oubliez pas, parlons vrai.
03:49 A très bientôt, Michel Viannes.
03:51 A très bientôt, Jean-Marie.
03:53 [SILENCE]
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