00:00 Il va être installé demain, Julie, cet écran, pour effectivement suivre, entre autres, ce discours de politique générale de Gabriel Attal,
00:07 et aussi pour suivre BFMTV et l'actualité autour de ces blocages. L'idée, c'est vraiment de bloquer 7 à 4 dans les deux sens jusqu'à jeudi soir minimum.
00:18 Il faut du concret. Juste un clin d'œil, il y a des bourriches d'huîtres qui ont été emmenées par des habitants de Coulomiers il y a un instant,
00:25 des yaourts faits maison par des habitants de la zone. Donc beaucoup de solidarité ici des gens du coin pour ces agriculteurs de Seine-et-Marne.
00:36 On va aller voir un couple d'agriculteurs. Enfin, le monsieur est agriculteur, il est céréalier, et il est marié à une femme qui s'appelle Fleur.
00:43 Il me tourne le dos, il se réchauffe les mains dans ce brasero. On a donc Fleur et on a Pierre-Edouard. Pierre-Edouard est céréalier, Fleur, c'est sa femme.
00:52 Fleur, je commence par vous. Est-ce que c'est difficile d'être femme d'agriculteur ? Quel est votre quotidien à vous aujourd'hui ?
01:00 Alors, c'est difficile, oui, mais c'est quelque chose qu'on a en nous quand on est passionné. Passionné comme mon mari, que je vois tous les jours.
01:10 C'est compliqué de ne pas savoir réellement s'il va rentrer le soir ou pas. C'est compliqué de le voir partir à des heures très tôt le matin.
01:19 Le sacrifice dans votre vie quotidienne, c'est quoi ?
01:22 Des fois, de devoir gérer la maison toute seule et des fois, de se dire que c'est qu'un salaire qui va faire qu'on puisse vivre aussi.
01:29 Parce que des fois, il ne peut pas se tirer de salaire, malheureusement.
01:32 Vous disiez tout à l'heure que vous hésitiez à faire des enfants à cause de ça.
01:35 Pas spécialement, non. C'est juste que j'ai peur que mes enfants ne puissent pas voir leur père pendant qu'ils vont grandir.
01:44 Pierre-Edouard, je disais tout à l'heure que très peu d'agriculteurs ici n'allaient tenir compte forcément de ce qu'allait dire Gabriel Attal demain.
01:53 C'est votre cas aussi ?
01:54 Tout à fait. Malheureusement, aujourd'hui, nos politiciens nous promettent beaucoup de choses, malgré une grande liste qu'on attend tous.
02:06 Mais vendredi dernier, il y a eu des promesses de tenue. Mais le problème des agriculteurs aujourd'hui français, c'est qu'on en a marre des promesses.
02:13 On veut des actes. Et tant qu'il n'y aura pas des actes, on ne bougera pas d'ici parce qu'il y en a marre de promettre et de rien recevoir.
02:22 On est déterminés à rester parce que c'est un ensemble de choses qui font qu'on en a ras le bol.
02:28 On est pris à la gorge. On est tenu. On ne sait pas où on va, que ce soit aujourd'hui, demain ou après-demain.
02:34 Et comme un compagne disait, avoir des enfants aujourd'hui, c'est compliqué, dans le sens où demain,
02:38 on ne sait pas où est-ce qu'on les amènera, malgré que ce soit une passion familiale de nos parents ou de nos grands-parents.
02:43 — Une dernière question. Hier, on parlait de faire le siège de Paris. Je me fais l'avocat du diable. On est loin de Paris.
02:50 On a 35 km. Et la circulation est plutôt correcte depuis cet après-midi. Pourquoi ? Vous êtes prêts à aller plus loin quand même ?
02:57 Parce que c'est un peu décevant par rapport à l'annonce d'hier. — On est prêts à aller plus loin.
03:02 — S'il faut aller sur Paris, on ira. S'il faut aller sur Paris, on ira. Et on ira revendiquer ce qu'on a envie d'avoir, au final.
03:11 — Le blocage de Paris, c'est ce qui va arriver de toute façon, parce qu'aujourd'hui, on est dans un mouvement où on bloque.
03:19 Mais malgré tout, les gens peuvent circuler difficilement. Nous, notre but, c'est pas de déranger les gens, loin de là.
03:27 On bloque le monde, c'est sûr. Mais on n'est pas entendus encore assez. Donc s'il faut aller sur Paris, on ira sur Paris,
03:35 de manière à ce qu'on se fasse entendre. Et je pense que c'est qu'en bloquant Paris complètement que le monde agricole se fera entendre.
03:43 — Eh ben écoutez, le message est passé, Julie. En tout cas, Fleur et Pierre-Edouard, vous l'avez compris, sont déterminés.
03:49 Et sans doute d'aller à Paris dans les prochains jours.
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