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00:06 Les trois questions du petit matin.
00:08 Et on vous retrouve donc Véronique Lefloch, je rappelle que vous êtes la présidente de la coordination rurale, rebonjour.
00:12 Bonjour.
00:13 Et vous êtes aussi éleveuse laitière. Alors que le gouvernement va annoncer aujourd'hui des mesures pour les agriculteurs,
00:20 que le mouvement se durcit, le mouvement des agriculteurs, qu'est ce que vous attendez concrètement de Gabriel Attal aujourd'hui ?
00:27 On sait déjà qu'il va certainement annoncer des mesures de très court terme, celles qui concernent nos trésoreries.
00:33 Mais tout ça, ça aurait dû déjà être annoncé.
00:36 Qu'il paye les sommes qui sont dues aux différents agriculteurs touchés par les crises sanitaires, par les crises climatiques.
00:43 Parce que ces indignités ne sont toujours pas versées.
00:46 Eh bien bien évidemment, vous avez des agriculteurs chez qui il manque encore 150 000 euros de la crise sanitaire par rapport à la grippe aviaire.
00:53 Donc que tous ces agriculteurs sont en détresse financière, tous ces agriculteurs
00:57 assument eux-mêmes les déficits de l'état,
01:01 quand les banques veulent bien encore les suivre.
01:04 Donc ça, ce sont des mesures qu'ils vont annoncer par rapport au GNR, au gasoil non routier,
01:10 certainement une simplification par rapport au remboursement de la part que l'on peut prétendre.
01:16 Alors pour le GNR, la taxe augmente depuis le 1er janvier, elle va augmenter progressivement jusqu'en 2030.
01:22 Alors si rien n'est fait, c'est quand même 600 millions d'euros qui seront de nouvelles charges pour les agriculteurs.
01:28 Vous demandez l'annulation de cette hausse de taxes ?
01:30 Nous on demande la détaxation totale.
01:32 C'est pas normal que nous autres agriculteurs qui utilisons du gasoil pour tourner dans nos champs, on paye des taxes,
01:39 alors qu'on nous fait venir des moutons de Nouvelle-Zélande, ou de la viande d'ailleurs, et qu'il n'y a pas de taxes sur ces cargos.
01:44 Donc ça c'est...
01:46 Ça c'est des mesures immédiates que vous demandez, maintenant ?
01:50 Ce sont celles que nous avons demandées.
01:52 Tout ce qui est normes, l'Europe, Bruxelles, tout ça, évidemment ce ne sera pas réglé aujourd'hui.
01:56 Ah ça ne sera pas réglé aujourd'hui, mais...
01:58 En fait, ont-ils vraiment envie de régler le problème ?
02:01 Et de nous trouver des solutions de long terme ?
02:04 On n'intègre pas les principaux responsables, les principaux problèmes, que sont les distributeurs et les industriels.
02:12 On ne les entend sur aucun plateau.
02:14 Or, ces industriels et ces distributeurs, contrairement à nous qui finançons nos outils sur 20 ans et bientôt 30 ans,
02:23 eux les financent, leurs grosses infrastructures, sur 4 ans, 7 ans.
02:28 Ils ne pourraient pas faire un effort et passer aussi à 30 ans ?
02:31 Juste parce qu'on a envie de comprendre aujourd'hui si le mouvement, il va stopper, ou s'il va continuer.
02:35 Donc aujourd'hui, si Gabriel Attal ne répond pas précisément à ces mesures que vous demandez,
02:40 règlement immédiat, qu'est-ce qui se passe ?
02:45 Est-ce que le mouvement continue ? Est-ce qu'il prend de l'ampleur ?
02:47 Alors, la coordination rurale avait appelé à une journée de manifestation nationale.
02:51 Mais les mouvements avaient démarré bien avant.
02:53 Et on a sur certains secteurs des agriculteurs qui sont rejoints par d'autres personnes de tous horizons,
03:01 et qui justement ont décidé de ne pas quitter les sièges.
03:05 Et l'hypothèse de monter sur Paris trotte dans l'idée de plus en plus d'agriculteurs.
03:12 La fatigue est là, mais on ne veut rien lâcher.
03:16 Ça a déjà commencé, les jeunes agriculteurs et la FDSEA qui appellent à un blocus de Paris.
03:21 Vous approuvez cette méthode ?
03:23 C'est pas que je n'approuve pas, c'est que, quelque part, quelle autre solution ?
03:29 À un moment, on ne demande pas des aides de l'État.
03:34 Nous, on nous a mis dans un système dépendant de la PAC, la politique agricole commune.
03:40 Un système qui nous a asservi, qui a engressé justement tous ces industriels
03:46 qui ont vu qu'ils n'avaient plus besoin de nous payer.
03:49 Du coup, nous, eux, ont été engressés.
03:52 Nous, on est vraiment amaigris.
03:55 Tout le monde vit sur notre dos.
03:57 Et des solutions dans ce sens ne sont pas apportées.
04:00 Donc tous les syndicats sont d'accord, c'est ce que dit la présidente de la coordination rurale que vous êtes.
04:04 Alors, je n'ai pas entendu la Confédération Paysanne,
04:07 mais je pense que sur ce point-là, il faut des solutions qui nous apportent des revenus, des prix.
04:13 Et pour nous, ce sont les industriels qui nous payent.
04:16 Dernière question Véronique Lefloch, on vous dit le mouvement proche du Rassemblement National.
04:21 On est à quelques mois des Européennes, il y a beaucoup de politique autour de ce mouvement.
04:25 Est-ce que ce qu'on dit est vrai ou pas ?
04:28 Alors, heureusement que ça n'est pas vrai.
04:30 La coordination rurale est un syndicat apartisan, apolitique.
04:35 Et justement, je pense que c'est parce qu'on parle beaucoup de nous aujourd'hui,
04:38 qu'on veut déjà détruire nous autres qui représentons le seul syndicat 100% agriculteurs.
04:45 Vous ne craignez pas d'être récupéré politiquement ?
04:48 Ce n'est pas la solution.
04:50 Ce problème-là, il est un problème créé par l'État, par nos politiques, beaucoup plus haut.
04:58 Et c'est à nos gouvernants de nous trouver des solutions.
05:01 Bon, premières annonces aujourd'hui de Gabriel Attal, cet après-midi normalement en Haute-Garonne.
05:05 Merci beaucoup Véronique Lefloch, présidente de la coordination rurale.
05:09 Merci d'être passée nous voir ce matin sur RTL.
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05:15 [Musique]
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