00:00 Pour l'heure, la revue de presse d'Europe 1, Olivier Delagarde dans les journaux, l'on reparle de l'Ukraine ce matin.
00:07 Oui parce que c'est vrai que depuis un mois et cette attaque du Hamas sur Israël, cette guerre aux portes de l'Europe a été un peu oubliée.
00:13 Et les nouvelles ne sont pas bonnes, à la une du Figaro, l'Ukraine dans l'impasse après l'échec de la contre-offensive titre Le Quotidien.
00:21 Il y a cinq mois, rappelle le journal, les forces de Kiev s'élançaient dans une reconquête de son territoire que certains prédisaient décisive.
00:28 Finalement, l'armée ukrainienne a repris 400 km² et même si Moscou aura perdu au moins 150 000 hommes, selon le commandant en chef des armées ukrainiennes, les défenses russes auront tenu.
00:41 À l'heure du bilan, la guerre n'est pas perdue, écrit Philippe Gelly dans son éditorial, mais cette bataille décisive l'est bel et bien.
00:48 À Moscou, Poutine se frotte les mains, il a mis la Russie en posture de guerre longue, il voit les occidentaux distraits à Gaza et isolés dans leur soutien à Israël, tandis qu'il joue avec succès la carte du Sud global.
01:01 - Alors retour en Israël, un mois tout juste après l'attaque des terroristes du Hamas.
01:05 - Et un mois après donc, les combats continuent à faire rage dans la bande de Gaza.
01:09 Dans le Monde, Jean-Philippe Rémy et Majid Zerouki citent le témoignage d'une cinéaste palestinienne qui raconte le quotidien des Gazaouis sur Instagram.
01:18 Elle décrit une population paniquée et désormais affamée alors que les dernières boulangeries ont fermé.
01:24 "Nous avons survécu aux bombardements au phosphore, mais il n'y a plus de nourriture, il n'y a plus d'eau", explique-t-elle, "il ne nous reste plus que l'eau salée de la mer".
01:34 Quant au combat, le Hamas est accusé d'ouvrir le feu sur les civils palestiniens pour les empêcher de quitter l'enclave,
01:41 et l'armée israélienne est accusée de tirer depuis ses bâtiments en mer sans discrimination, explique le Monde.
01:48 - Et dans la société israélienne, le traumatisme est encore très vif.
01:52 - La guerre paraît avoir envahi tout l'espace mental de ce pays, raconte aussi Raphaël Baké.
01:57 Dans les maisons, les cafés, les épiceries, des écrans diffusent des images du conflit vu par les Israéliens.
02:04 Supplications des familles d'otages, engueulades entre ex-généraux de l'armée, discours guerrier de Benjamin Netanyahou et des luches de critiques contre ce même Premier ministre.
02:15 Dans l'humanité, Christophe Deroubais en raconte aussi le quotidien d'une famille israélienne qui habite à Jérusalem Ouest,
02:21 Leveitz Hurwitz, le père et l'ancien directeur artistique du Festival de jazz de Tel Aviv.
02:27 Il parle de l'énorme pierre qui pèse constamment sur sa poitrine.
02:32 "Nous nous sentons très seuls", explique-t-il, un sentiment d'isolement renforcé par une lettre, envoyée par la direction du réseau européen du jazz à ses membres.
02:41 Elle condamne tous les actes de violence, qu'ils soient israéliens ou palestiniens.
02:46 "J'ai imploré le président d'être plus spécifique en vain. Je suis d'accord avec le discours sur la responsabilité d'Israël et de sa politique", déclare-t-il,
02:56 "mais qu'est-ce qui empêchait de formaliser le soutien aux victimes et de nommer le Hamas ?"
03:01 Et en France, c'est la question du soutien à la communauté juive qui interroge.
03:06 "Oui, nos grands silences inquiètent nos amis juifs", explique Christine Clerc dans le Figaro, dont la longue tribune publiée est peut-être symptomatique d'un remord français.
03:18 "Comment Ahmed Merah a battu des enfants juifs à Toulouse ? Nous ne sommes pas descendus dans la rue pour afficher notre indignation et notre fraternité", écrit-elle.
03:27 "Depuis, 273 Français sont tombés sous les coups des islamistes et nous n'avons manifesté notre soutien qu'une seule fois au lendemain de l'attentat de Charlie Hebdo."
03:36 "C'est-à-dire qu'il y aura bientôt 9 ans. La flamme républicaine, ce serait-elle depuis éteinte ou bien l'antisémitisme, si souvent déguisé en compassion pro-palestinienne, aura-t-il progressé à une vitesse foudroyante ?"
03:50 Voilà, on en était là de nos lectures quand, en libération, on découvre que, finalement, Olivier Faure a bien décidé d'envoyer un courrier à tous les partis politiques pour leur proposer de marcher contre l'antisémitisme, tous les partis sauf le Rassemblement National.
04:05 Mais on va terminer avec la bataille dernière année annuelle du petit monde de l'édition.
04:10 Le concours, bien entendu, c'est aujourd'hui à 13h que sera dévoilé le nom du lauréat au terme d'un cérémonial bien huilé et savamment beurré.
04:20 Libération nous raconte d'ailleurs l'effervescence dans les cuisines du restaurant Drouant.
04:25 Les couverts en vermeil sur lesquels ont été gravés les noms des jurés pour le menu, raconte Kim Uloguio, on sait juste qu'il y aura 6 plats.
04:33 La tradition veut qu'il y ait un gibier à poêle ou à plume, selon les années père ou impère.
04:39 Il y a aussi toujours des huîtres, en hommage à Charles Drouant, et du homard, car Colette adorait cela.
04:45 Ce qui est compliqué, signale aussi le directeur, qui va vivre une longue matinée, c'est qu'il y a des jurés végétariens ou végétaliens.
04:53 Et c'est bien cela le problème, semblait aussi expliquer Éric Nolot dans le JDD dimanche dernier.
04:59 Si vous ne l'avez pas fait, lisez vraiment son papier, qui ne s'embarrasse pas de circonlocutions pour raconter les turpitudes des jurés,
05:07 les petits arrangements avec les éditeurs, et en prise idéologique, féministe, wok, végane, au sein d'un jury de plus en plus pusillanime.
05:16 Nolot croit d'ailleurs connaître déjà le lauréat.
05:19 Éric Reinhardt signe le livre le plus faible de cette ultime sélection, écrit-il, mais il coche avec tant de soin toutes les cases de la doxa féministe,
05:28 qu'il apparaît comme le favori du scrutin.
05:31 Bon, alors si vous cherchez du plus consensuel, lisez aussi dans la Croix le papier de Marianne Meunier, sous le titre "Prix littéraire, pourquoi on adore les détester".
05:40 Elle rappelle que les polémiques sont aussi anciennes que le prix lui-même, et c'est vrai qu'on ne va pas s'énerver finalement,
05:47 parce qu'au regard de l'actualité du moment, réjouissons-nous de vivre dans un pays où l'on se bat en duel à coup de plume d'oie,
05:55 pour l'honneur de quelques remands d'idées.
05:58 - C'est joliment dit. Merci Olivier Delagarde, à la Rebusse Presse d'Europe, à chaque jour, 9h45.
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