00:00 je regarde autour de nous, dans toutes les démocraties européennes,
00:03 y compris chez nos voisins allemands,
00:05 où on pensait impossible le retour de l'extrême droite,
00:07 elle est là.
00:08 Donc je pense qu'il ne faut pas le voir simplement
00:11 avec nos yeux franco-français.
00:13 Quelque chose se passe.
00:15 Moi, je pense qu'il faut, pour éviter le retour des extrêmes,
00:19 mais en particulier de l'extrême droite,
00:20 s'attaquer à ce qui fait voter pour eux.
00:23 La première chose, c'était le chômage de masse.
00:26 C'était une spécificité française.
00:29 Nous étions à coup sûr la grande économie
00:31 qui n'avait pas réussi à endiguer celui-ci.
00:34 On est en train de le faire.
00:36 Et on va continuer.
00:38 La désindustrialisation, on le voyait dans nos territoires
00:40 de l'Est comme du Nord, avait beaucoup nourri
00:41 le Rassemblement national, le Front national, d'ailleurs.
00:44 On est en train d'y répondre, on améliore d'ailleurs
00:46 les choses dans ces territoires.
00:47 Est-ce que c'est suffisant ? Non.
00:50 Deuxième élément, l'immigration.
00:54 Lutter contre l'immigration clandestine,
00:58 c'est, je pense, une des réponses au Rassemblement national.
01:01 C'est pourquoi j'assume totalement la politique
01:03 au niveau européen et français qu'on a menée.
01:05 Pas de naïveté, mais le faire dans le cadre
01:07 de notre République, nos principes,
01:09 ce que je défends.
01:11 Mais il faut s'attaquer à ce qui, dans certaines régions,
01:14 les nourrit.
01:15 Puis la troisième chose qui, je pense, les nourrit,
01:16 c'est une forme de sentiment de dépossession.
01:19 Beaucoup de nos compatriotes se disent,
01:20 au fond, le pays ne marche plus,
01:22 on a tout essayé, on ne les a pas essayés.
01:24 Et ma crainte, et ce contre quoi je me bats,
01:26 parce que je ne suis pas là pour craindre, vous me direz,
01:29 c'est que tout le monde s'habitue à ça.
01:31 Et plus personne ne dit que le Rassemblement national,
01:34 comme toutes les extrêmes droites en Europe,
01:36 c'est surtout et avant tout le pays de l'appauvrissement collectif.
01:40 C'est le pays, c'est le parti de l'appauvrissement collectif.
01:44 C'est le parti du mensonge, et ça continue de l'être.
01:46 C'est le parti qui a le programme
01:48 qu'il a complètement piqué à l'extrême-gauche.
01:50 C'est le parti qui continue à vous expliquer
01:51 que la retraite à 60 ans est possible
01:53 sans vous expliquer comment la financer.
01:54 C'est le parti qui vous explique qu'il faut augmenter le SMIC
01:57 sans vous expliquer comment ça désindustrialisera pas le pays.
02:00 C'est le parti qui continue de vous expliquer
02:03 des choses impossibles sur le plan économique et social
02:05 pour affaiblir.
02:06 Si on ne s'attaque pas pied à pied à l'incohérence de leur programme,
02:12 les gens se disent des trucs faciles.
02:14 L'opposition, c'est beaucoup plus facile que le gouvernement.
02:17 Donc il faut aller au réel sur ce qu'ils proposent.
02:20 Et ça, c'est notre responsabilité collective,
02:22 ce n'est pas que la mienne seule.
02:24 Mais tant qu'on continuera à avoir un discours politique
02:26 qui, parfois, est déréalisé,
02:29 c'est pas populaire de faire une réforme des retraites
02:30 ou de l'assurance chômage.
02:32 Mais si on continue à aller voir les gens
02:33 et qu'on trouve que c'est formidable
02:34 et que c'est une réponse politique de leur dire
02:37 "On va continuer de vous aider,
02:38 "on va vous remettre la retraite à 60 ans
02:40 "et tout va bien se passer", ou à 62 ans maintenant.
02:42 Puis la 2e chose, c'est le parti du transformisme.
02:46 C'est-à-dire qu'il y a 6 ans et demi,
02:49 il était pour sortir de l'Europe et de l'euro.
02:51 Et maintenant, il est pour y rester,
02:53 mais pour ne plus en respecter les traités,
02:54 comme l'extrême-gauche.
02:56 Même programme.
02:58 C'est le Frexit caché.
03:00 C'est l'appauvrissement de la France aussi.
03:01 C'est-à-dire que c'est des gens qui vous disent
03:03 "Je suis plus trop sûr de vouloir sortir de l'euro
03:04 "et de l'Europe comme Naguère."
03:07 Mais enfin, nous, on respectera pas les traités.
03:09 Avec nous, rassurez-vous.
03:10 Vous pensez que vous connaissez vos décopropriétés
03:13 où on continue à vous payer l'eau et le gaz,
03:15 mais vous respectez rien ?
03:17 C'est ça, leur programme.
03:19 Il faut le dire.
03:21 Il faut se battre.
03:22 Et dans un monde en bascule, comme je viens de l'évoquer,
03:24 face à la Chine, aux Etats-Unis d'Amérique,
03:25 vous pensez qu'une France toute seule
03:27 dans une Europe affaiblie, c'est une bonne chose ?
03:29 C'est ça, le programme du Rassemblement national.
03:32 Mais si tout le monde s'habitue en disant
03:33 "Ils sont devenus sympathiques",
03:35 en fait, ils disent plus des choses qui nous heurtent,
03:39 parce qu'on sait plus trop ce qu'ils disent.
03:41 Moi, je vois le débat public, on sait plus trop ce qu'ils disent.
03:43 Mais enfin, ils sont contre ce que fait le gouvernement,
03:44 ça a l'air sympa.
03:47 Alors là, à ce moment-là, on rentre dans une forme
03:53 de zone de danger qu'on voit dans tous les pays européens,
03:56 parce qu'on ne se bat plus pied à pied
03:57 sur ce qui est la réalité de nos principes.
03:59 C'est pour ça que moi, j'assume
04:02 de continuer à présider au réel avec un certain sens de l'idéal,
04:06 et de dire quand les gens ont un problème,
04:07 on essaie de le résoudre, au concret, au réel,
04:10 qu'on essaie de tendre le coup aux mensonges,
04:12 qu'on a besoin en effet d'une France plus forte et plus juste,
04:14 mais qui s'appuie sur des réalités,
04:16 d'une politique économique qui a des résultats
04:18 parce qu'elle a un sens et une cohérence,
04:20 que ne propose pas un rassemblement national,
04:22 d'une politique écologique qui a un sens et une cohérence
04:24 parce qu'elle est compatible avec la création d'emplois,
04:26 d'une politique d'ordre républicain, juste et ferme,
04:31 et qui respecte nos traités et notre Constitution.
04:33 C'est tout l'inverse du rassemblement national.
04:35 Donc on va continuer de se battre,
04:36 mais je vois partout en Europe celui-ci qui monte
04:39 par une forme de fascination du désastre,
04:41 mais par un affaiblissement du débat collectif,
04:44 parce qu'on oublie tous de revenir au réel
04:46 à la réalité de leurs arguments.
04:48 Et là, on va avoir un vrai débat européen.
04:52 Je suis pas heureux de les voir en tête des sondages,
04:54 parce que moi, j'ai beaucoup fait pour qu'on soit plus forts,
04:57 nous, Français, en Europe, depuis 5 ans,
05:00 et que notre Europe a beaucoup avancé.
05:02 Mais rassurez-vous, l'Europe du rassemblement national,
05:04 c'est pas celle qui vous permettra d'avoir les vaccins.
05:07 Or, je le rappelle, pendant la crise Covid,
05:08 on a eu des vaccins dans notre pays parce qu'il y avait l'Europe.
05:11 On a pu faire un plan de relance parce qu'il y avait l'Europe.
05:14 On peut aujourd'hui peser face à la Chine,
05:16 aux Etats-Unis d'Amérique, parce qu'il y a l'Europe.
05:19 Parce qu'il y a une Europe qui porte nos valeurs,
05:21 où on s'est poussé nos projets et notre ambition,
05:23 mais parce qu'elle est là.
05:24 C'est l'inverse de ce que porte le rassemblement national.
05:26 Et au fond, le rassemblement national
05:28 est devenu le parti de la colère facile.
05:33 "Dieu, on n'a pas tout essayé", ça paraît sympathique.
05:37 Ne nous habituons pas.
05:39 Agissons.
05:41 Faisons.
05:43 Bousculons les choses et les habitudes
05:44 pour montrer qu'en effet, ce bloc central
05:47 qui rassemble les démocrates, les républicains,
05:50 les écologistes qui croient dans l'Europe,
05:52 peut agir et changer les choses et le quotidien des gens.
05:55 Ayons parfois l'honnêteté de dire quand ça marche,
05:57 la lucidité de dire quand ça marche pas et avançons.
05:59 C'est ça, pour moi, la bonne réponse.
06:00 Je me battrai jusqu'au dernier quart d'heure.
06:02 Je me suis toujours battu comme ça,
06:04 pas avec des leçons de morale,
06:06 en regardant le pays tel qu'il est,
06:07 en essayant de convaincre avec des arguments,
06:09 des actions et du réel.
06:11 C'est ça, le meilleur moyen d'éviter les extrêmes.
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