00:00 J'essaie de qualifier les émeutes qu'on a eues l'été dernier.
00:03 D'abord, je veux redire que ces émeutes,
00:05 elles ont eu en face d'elles une réponse implacable de l'Etat.
00:09 Des forces de sécurité intérieure,
00:11 pendant les 3 nuits, et de la justice.
00:13 C'est un record d'interpellation et de condamnation.
00:18 Donc la réponse a été implacable.
00:20 Et sans qu'on ait besoin de déclarer
00:21 quelque état d'urgence ou autre.
00:23 Il n'y a pas eu de molesse.
00:24 Maintenant, j'essaie de voir ce qu'il y a,
00:25 parce qu'on a voulu tout de suite dire
00:26 c'est un problème d'immigration,
00:27 c'est un problème de ceci, de cela.
00:29 500 villes ont connu ces émeutes.
00:33 La moitié étaient des villes avec des quartiers politiques
00:35 de la ville, la moitié, non.
00:38 Donc quelque chose s'est passé qui n'était quand même pas
00:40 totalement dans notre cartographie habituelle.
00:43 Est-ce que c'est un problème d'immigration, comme j'ai dit ?
00:46 Je ne fais pas partie de ceux qui disent
00:47 qu'il n'y a pas de problème d'immigration,
00:48 c'est pour ça que j'ai assumé qu'on porte une loi.
00:50 C'est un sujet, il faut mieux maîtriser nos frontières,
00:52 lutter contre l'immigration clandestine.
00:53 Est-ce que c'est la réalité, ce qu'on a vu sur le terrain ?
00:55 Non.
00:57 C'étaient des jeunes de nationalité française
00:59 pour une quasi-totalité nées en France.
01:01 Qu'il y ait un problème d'intégration derrière, oui.
01:04 Pas besoin des émeutes pour le savoir.
01:06 Oui.
01:08 Et qui va des 2 côtés,
01:09 parce qu'on a encore trop d'assignations à résidence
01:11 et parce qu'on n'a pas été assez rigoureux sur certains points.
01:14 Et ce qu'on mène en matière de rénovation urbaine,
01:17 en matière d'éducation, en matière d'accès à la culture,
01:19 au sport et en matière, justement, aussi
01:21 d'opportunité économique, pour moi, doit y continuer.
01:24 Mais c'est plus compliqué, ce qui s'est passé.
01:27 Quand je fais parler aux maires dans les 500 communes
01:29 où il y a eu ces émeutes,
01:31 d'abord, elles sont intervenues fin juin.
01:34 C'était beaucoup de très jeunes qui étaient dans les rues.
01:38 Et c'était des jeunes, c'est une erreur qu'on a commise,
01:41 qui étaient souvent sans école depuis le mois d'avril.
01:45 Réforme du brevet, réforme du baccalauréat,
01:48 l'organisation commune, le système tel qu'il marche,
01:52 plus de classes, noisiveté.
01:56 Vous savez, les vieux préceptes, parfois, disent beaucoup.
01:58 C'était des jeunes qui n'ont pas la chance d'avoir des familles
02:00 qui les emmènent à la mer, à la montagne,
02:02 qui, justement, n'ont pas assez accès à la culture, au sport.
02:07 Ils s'ennuyaient.
02:09 Il y a eu un événement déclencheur, la mort d'un jeune.
02:12 Je ne parlerai pas de ce qui est en cours.
02:14 Et c'était dans le cadre d'une opération policière,
02:17 on s'en souvient tous, du jeune mal.
02:19 Et l'enquête est en cours,
02:20 donc je ne veux pas en dire plus là-dessus,
02:22 mais ça a été l'élément déclencheur.
02:24 Mais il y avait ça.
02:26 Des jeunes sans activité, très jeunes.
02:28 Et ensuite, les écrans ont eu un rôle très important
02:31 qu'on n'avait jamais vu.
02:32 C'est-à-dire, en quelques minutes, on voyait
02:34 des centaines d'actions se déployer,
02:36 des rendez-vous donnés sur telle ou telle,
02:38 je ne ferai pas de stigmatisation, réseau social par l'écran.
02:41 Et il y a eu une forme de mimétisme
02:43 qui a conduit à un embrasement totalement déraisonné.
02:47 Et ça a été une forme d'émeute totalement nouvelle qu'on a vécue,
02:50 des jeunes très jeunes qui n'allaient pas à l'école,
02:53 qui étaient tous derrière leurs écrans,
02:54 qui utilisaient les écrans pour se rassembler
02:56 et qui, en quelque sorte, se lançaient des défis par écran,
03:00 et qui étaient cette génération un peu que j'évoquais tout à l'heure.
03:02 Donc vous voyez bien que la réponse,
03:05 elle ne peut pas être univoque.
03:06 C'est pour ça que je n'ai pas voulu céder à l'injonction du moment.
03:09 Est-ce que la réponse, c'est l'immigration ?
03:11 C'est la lutte contre l'immigration ? Non.
03:14 Il faut l'apporter, mais ce n'est pas une réponse aux émeutes.
03:16 Est-ce que la réponse, c'était plus de policiers ?
03:18 Non, on avait recréé déjà, et dans ces villes,
03:21 elles avaient toutes plus de policiers que 2 ans avant, toutes.
03:24 Est-ce que la réponse, c'était plus d'investissements politiques
03:26 de la ville ?
03:27 On me disait de l'autre côté, "Ce n'est pas vrai."
03:30 On avait plus de programmes
03:31 de l'Agence nationale de rénovation urbaine
03:32 dans toutes ces villes.
03:34 Il n'y a jamais eu autant de grues dans ces villes, jamais.
03:37 J'ai plus que doublé le budget de l'ANRU
03:39 durant le 1er mandat.
03:40 Il est passé de 5 à 12 milliards d'engagement.
03:43 Donc les réponses faciles de gauche et de droite,
03:45 classiques, que j'ai vues selon les orientations des après,
03:48 sont tout faux.
03:50 Réponse plus compliquée.
03:51 Et donc la réponse, c'est de se dire,
03:53 1, on doit réengager avec les familles.
03:55 C'est ce que je disais.
03:56 Je ne veux pas ici rentrer dans le détail, il y a trop long.
03:58 Accompagner les familles pour les aider.
04:00 Parce qu'on a commencé avec les 1 000 premiers jours,
04:02 mais on a besoin d'accompagner certaines familles.
04:05 60 % de ces jeunes venaient de familles monoparentales.
04:11 Ca, c'est un continent caché.
04:12 On a commencé à y répondre dans le 1er quinquennat
04:14 avec les aides, parce que beaucoup de ces mamans seules,
04:17 95 % sont des mamans.
04:19 Souvent, on ne leur payait pas la pension,
04:21 on a apporté des réponses par nos réformes,
04:22 mais on voit bien,
04:24 quand une famille monoparentale élève un jeune, deux jeunes,
04:27 trois adolescents, c'est très dur.
04:30 Et donc on doit les aider et les responsabiliser.
04:32 Ensuite, on a un sujet sur l'accompagnement des jeunes
04:35 qui commence à décrocher.
04:37 Avoir une réponse plus adaptée dans le système scolaire,
04:40 mais aussi avoir une réponse, je dirais, pré-pénale puis pénale,
04:43 qui est plus claire.
04:46 Ca fait partie des choses qu'on est en train de préparer.
04:49 On a l'accès au sport et à la culture,
04:51 essentiel pour ces jeunes.
04:53 On a réorganisé déjà,
04:54 ça, c'est une réponse à ces émeutes, le temps scolaire.
04:57 Ils iront tous jusqu'en juillet.
05:00 Il n'y aura plus de temps scolaire qui est perdu en mai et en juin.
05:03 Et ça, c'est essentiel de le tenir.
05:05 Les écrans, la réponse arrive.
05:08 Et donc c'est un ensemble.
05:11 C'est un problème beaucoup plus compliqué.
05:12 Dans ce contexte-là, oui, le service national universel
05:15 fait partie de l'INFOM, c'est pourquoi j'aurai l'occasion
05:17 d'y revenir dans les prochaines semaines.
05:19 Mais nous irons vers la généralisation
05:21 du service national universel en seconde.
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