00:00 On a aujourd'hui un peu moins de 100 000 médecins généralistes.
00:04 On en a perdu 6 000 en 10 ans. C'est ça la réalité.
00:08 Et malgré le fait qu'en 2018, j'ai décidé de rouvrir le numerus clausus
00:14 et donc de créer plus de places, on met 10 ans à former des médecins.
00:18 Et on a environ 25 à 30 % de nos médecins généralistes qui ont plus de 60 ans.
00:23 C'est pas compliqué. On a un problème.
00:25 Et à côté de ça, on a une population qui vieillit,
00:27 qui a de plus en plus de maladies chroniques.
00:29 C'est ça le problème. Il est assez simple.
00:32 Et il aurait dû être anticipé il y a 15, 20, 30 ans.
00:36 Donc on doit créer plus de postes.
00:37 Et donc, et ça, ça va se faire à travers le temps,
00:40 mais là, pour nous, les 5 à 7 ans qui viennent,
00:43 le seul moyen, c'est d'organiser différemment les choses.
00:46 Alors est-ce que la contrainte, c'est la bonne solution ?
00:49 Ma réponse est non.
00:51 Je vous parle, je suis d'une famille de médecins,
00:54 je suis le seul mauvais élève de ma famille qui n'ait pas fait ça.
00:58 Quel est le problème aussi qu'on a ?
00:59 Pourquoi on n'a pas assez d'offres de soins ?
01:01 Parce que les médecins qui font plus de 10 ans d'études,
01:04 ils vous disent à juste titre quand ils finissent,
01:06 vous me posez des contraintes pour la convention, pas la convention,
01:09 en fait, j'ai contribué à l'effort national,
01:11 j'ai fait tourner l'hôpital comme externe et comme interne,
01:13 ce qui est vrai dans notre système.
01:16 Vous n'allez pas me dire que je vais m'installer là ou là.
01:18 Parce que qu'est-ce qui va se passer ? Je vous le signe.
01:21 Ils quitteront.
01:22 Et l'un des problèmes qu'on a d'ailleurs aujourd'hui,
01:24 c'est qu'à cause, les habitudes ont changé là aussi,
01:26 les mœurs se changent.
01:27 Beaucoup des médecins qu'on a formés arrêtent leur activité de médecine.
01:31 Ils vont vers le secteur privé,
01:33 c'est-à-dire dans l'entreprise, dans des laboratoires,
01:35 ils changent d'activité.
01:36 Quand ils sont à deux, parfois, il y en a un qui se met en activité partielle.
01:39 Ils ne veulent pas travailler comme leurs aînés.
01:42 Ils ne veulent plus être le médecin de campagne ou le médecin de ville
01:44 qui prend des rendez-vous à longueur de temps et qui est réveillable la nuit.
01:47 Et donc, il faut qu'on s'adapte au changement d'époque.
01:49 Et donc, c'est une solution qui paraît plus simple,
01:52 mais je n'y crois pas compte tenu de, aujourd'hui,
01:55 la manière dont les étudiants sont formés
01:58 et dont l'équilibre même de notre hôpital tient.
01:59 Si on voulait faire ça, il faudrait complètement changer
02:01 le système des externes, des internes et autres.
02:03 Par contre, je suis sûr d'une chose,
02:04 on a une révolution de l'organisation à faire.
02:06 Je crois que ça, c'est beaucoup plus audacieux que de les obliger à aller.
02:09 Là aussi, où je crois peu à l'obligation d'installation,
02:11 c'est qu'il n'y a quasiment plus d'endroits où il n'y a pas de désert médical.
02:15 Et quand on pense qu'il y a des nirvana surdotées,
02:18 c'est vrai dans certaines zones très urbaines, très riches,
02:20 où l'héliotropisme joue dans certaines spécialités.
02:23 Médecin généraliste, ce n'est plus tellement vrai.
02:26 Donc, qu'est-ce qu'il faut faire ?
02:27 Il faut libérer du temps de médecin.
02:30 Un, aller vers une rémunération plus intelligente.
02:33 Sans doute, en fait, aux patients plutôt qu'à l'acte.
02:37 Ce qui permettra de mieux intégrer la prévention.
02:40 Aujourd'hui, vous n'êtes pas incité à faire de la prévention
02:41 ou du bon travail de prévention.
02:43 Vous êtes plutôt incité à faire le maximum d'actes.
02:45 Deux, faire beaucoup plus travailler ensemble la ville et l'hôpital,
02:48 comme on l'a fait en période Covid.
02:50 Trois, déléguer des actes.
02:51 On l'a fait pendant le Covid.
02:53 On a fait ensemble des petites révolutions.
02:54 D'abord, on a développé la téléconsultation.
02:57 Ça permet de libérer du temps de médecin
02:58 et d'aller face aux déserts médicaux.
03:00 Permettre que des vaccinations, des renouvellements d'ordonnances,
03:04 dans le cadre d'un réseau de soins organisé,
03:06 soient faits par votre pharmacien ou votre pharmacienne de référence,
03:09 par l'infirmier ou l'infirmière.
03:11 De déléguer des actes à des paramédicaux
03:15 qui permettent de libérer du temps et de prendre plus de patients.
03:19 Permettre aussi de mieux organiser les choses
03:22 dans ces maisons de santé,
03:24 qui, entre professionnels médicaux et paramédicaux,
03:26 permettent de mieux organiser le travail.
03:29 Et puis, on a un vrai problème sur ce qu'on appelle le soin non programmé.
03:32 C'est ce qui fait que nos urgences sont engorgées.
03:34 Là, il faut mieux organiser ces accès aux soins.
03:38 Là-dessus, qu'est-ce qu'on a fait ?
03:39 On a déjà doublé en six ans le nombre de maisons de santé.
03:42 On a près de 70% de notre population
03:44 qui est couverte par la régulation téléphonique médicale
03:47 et la réponse aux aides d'urgence, ces fameuses SASS.
03:49 Donc, on a beaucoup progressé.
03:50 Il faut aller au bout de ça.
03:52 Il faut aller au bout de ce qu'on a commencé à faire.
03:54 On y est quasiment, on est à 95%,
03:55 mais que les patients en affections de longue durée
03:57 et les plus âgés aient un médecin de référence.
03:59 Et il faut démultiplier cette logique de terrain.
04:04 Et c'est ça ce qu'on fait.
04:05 La solution, elle est sur le terrain.
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