- il y a 2 ans
Aujourd'hui dans "Punchline", Laurence Ferrari et ses invités débattent de l'arrivée de Gabriel Attal au poste de Premier ministre et des messages envoyés derrière cette nomination.
Retrouvez "Punchline" sur : http://www.europe1.fr/emissions/punchline
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00 Il est 18h02, on se retrouve dans Punchline sur CNews avec l'actualité du jour,
00:04 cette nomination de Gabriel Attal, le plus jeune Premier ministre,
00:08 nommé par le plus jeune président de notre histoire.
00:10 On est avec nos invités, Louis de Ragnel, chef du service politique d'Europe 1.
00:14 Bonsoir Louis. - Bonsoir Laurence.
00:15 Rachel Khan, essayiste et juriste.
00:17 Bonsoir.
00:18 Florian Tardif, du service politique de CNews.
00:20 Bonsoir Laurence.
00:21 Nous sommes avec François Pipponi, ancien député.
00:23 Bonsoir François.
00:24 Alexandre Devecque, du Figaro.
00:25 Bonsoir Alexandre.
00:25 Eric Revelle, journaliste.
00:26 Bonsoir.
00:27 À Valeurs Actuelles,
00:28 on est avec Gabriel Attal, qui est le plus jeune Premier ministre.
00:33 Ça ne lui a pas échappé.
00:33 Écoutez ce qu'il a dit tout à l'heure dans la cour de l'hôtel de Matineau
00:36 lors de la passation des pouvoirs.
00:38 À l'heure où je prends mes fonctions,
00:41 c'est d'abord au président de la République
00:44 que j'adresse mes remerciements les plus sincères.
00:48 Cela a été dit ces dernières heures, j'ai pu le lire ou l'entendre.
00:52 Le plus jeune président de la République de l'Histoire
00:54 nomme le plus jeune Premier ministre de l'Histoire.
00:57 Je ne veux y voir qu'un seul symbole,
01:00 celui de l'audace et du mouvement.
01:03 Le symbole aussi, et peut-être surtout, de la confiance.
01:07 Voilà, c'est important, Louis Noragnel,
01:08 cette jeunesse, cette nouvelle génération
01:12 que l'on met comme ça en première ligne,
01:13 qu'Emmanuel Macron met en première ligne.
01:15 Alors moi, j'ai toujours considéré que l'âge
01:17 n'était pas un argument politique en soi.
01:19 Non, mais vous avez des gens qui sont jeunes
01:21 et qui sont déjà très vieux dans leur tête,
01:23 et vous avez des personnes plus âgées
01:25 qui sont bien plus aptes que certains jeunes à travailler
01:28 et surtout à relever des défis comme celui que...
01:30 Là, on parle de gouverner le pays.
01:31 ...de diriger le pays.
01:32 Non, mais moi, tant mieux.
01:35 Et je trouve que Gabriel Attal coche énormément de cases.
01:37 Évidemment, c'est un argument qu'Emmanuel Macron utilise,
01:41 mais c'est un argument qui est risqué en face de lui
01:43 pour les européennes et peut-être pour la prochaine présidentielle.
01:46 Il y a aussi Jordan Bardella,
01:47 qui est encore plus jeune que Gabriel Attal.
01:50 Il a 28 ans.
01:53 C'est une arme anti-Bardella, Gabriel Attal, Louis Draynel ?
01:58 Pour reprendre aussi les arguments d'Alexandre de Vevecchio,
02:00 c'est un missile à double tête.
02:02 La première tête vise effectivement à polariser le duel
02:06 avec Jordan Bardella dans le but des européennes
02:09 pour essayer de réduire l'écart, en tout cas qui est aujourd'hui,
02:12 qui apparaît dans les sondages,
02:13 entre la liste de la majorité et la liste du Rassemblement national.
02:17 Et puis, la deuxième tête, évidemment, c'est Édouard Philippe.
02:20 Quand Édouard Philippe était Premier ministre,
02:23 on va le dire clairement, comme les choses ont existé,
02:26 il ne considérait pas beaucoup Gabriel Attal.
02:28 D'ailleurs, Gabriel Attal, je crois, n'a jamais été reçu en tête à tête
02:31 par Édouard Philippe quand il était son secrétaire d'État.
02:34 Et plusieurs fois, il aurait aimé avoir peut-être plus de considération.
02:37 Ambiance fraîche entre les deux.
02:38 Et en plus de ça, ça ringardise un peu Édouard Philippe.
02:41 Si véritablement, l'objectif d'Emmanuel Macron
02:44 est de permettre à Gabriel Attal de se lancer
02:48 dans l'orbite de la présidentielle de 2027.
02:51 On va se poser des questions concrètes ce soir, François Puponi.
02:53 Qu'est-ce qu'incarne Gabriel Attal ?
02:55 Est-ce que Matineau, c'est un tremplin ou un toboggan ?
02:58 D'abord, qu'est-ce qu'il incarne à vos yeux, Gabriel Attal ?
03:01 Effectivement, c'est de jeunesse.
03:02 Mais on recommence un peu ce qui s'est passé
03:04 avec l'élection d'Emmanuel Macron, c'est-à-dire,
03:06 on va réarmer ce pays, l'éducation, régénérer,
03:12 redonner du souffle, de la jeunesse.
03:14 - Et du sens. - Et du sens.
03:15 Et avec un calcul qui est simple, effectivement,
03:18 A.G. Carly nous le disait tout à l'heure,
03:19 l'électorat jeune va plutôt vers la radicalité,
03:22 soit vers l'Assemblée nationale, soit vers la France insoumise.
03:25 Donc Emmanuel Macron a bien compris que pour l'avenir,
03:27 il fallait aussi récupérer une partie de la jeunesse
03:29 qui ne croit plus à ce gouvernement
03:30 et qui n'est plus réenchanté par ce gouvernement
03:32 et par ce président de la République.
03:34 Donc voilà, c'est ce pari-là.
03:35 Il faut le désenchanter même, on peut le dire, les Français.
03:37 Oui, oui, voilà.
03:38 Donc on va donner un nouveau souffle, etc.
03:42 Et puis après, effectivement, c'est la compétence,
03:45 c'est-à-dire dire aux jeunes, on peut y arriver.
03:47 C'est ça aussi, c'est le message de dire,
03:49 on peut être jeune et être compétent, y arriver,
03:50 donc croyez en votre destin, etc.
03:52 C'est tout ce message-là qui est passé.
03:54 Alors après, est-ce que c'est un tremplin ou un toboggan ?
03:56 Ben l'avenir le dira.
03:57 S'il réussit, effectivement, à Matignon
03:59 dans les six, sept mois qui viennent,
04:01 il est en orbite pour 2027.
04:02 Si dans sept mois, il est déjà, comme certains le prédisent,
04:06 et peut-être vont l'aider à le devenir, carbonisé,
04:09 il aura de l'eau.
04:10 Ce qu'on lui disait d'ailleurs quand il est arrivé à l'éducation nationale,
04:12 on avait dit, c'est une erreur, il va carboniser en trois semaines,
04:16 et lui, forcément, se dit,
04:18 tout le monde me prédisait l'enfer de l'éducation nationale,
04:20 pour l'instant, ça se passait très bien pour lui,
04:23 peut-être qu'il reproduira les mêmes effets à Matignon.
04:25 Rachel Gann, qu'est-ce qu'il incarne pour vous, Gabriel Attal ?
04:27 Pour moi, il incarne le fond, la forme, la cohérence,
04:30 et effectivement, la méritocratie républicaine.
04:34 Donc sans essentialiser,
04:35 parce qu'on aurait pu essentialiser aussi Elisabeth Borne,
04:38 simplement en disant que c'est une femme, c'est une femme,
04:40 et lui, c'est un jeune, c'est un jeune, mais il n'y a pas que ça.
04:43 C'est-à-dire qu'il y a effectivement
04:45 ce qu'il a pu incarner, alors son ascension est fulgurante,
04:48 mais ce qu'il a incarné ces derniers mois, dès la rentrée,
04:51 avec des marqueurs extrêmement forts,
04:53 et c'est pour ça que dans son discours,
04:55 il reprend cette devise républicaine,
04:57 liberté, égalité, fraternité, avec des exemples, et laïcité.
05:02 Ça fait du bien de l'entendre aujourd'hui,
05:04 en ce jour, juste une petite incise,
05:06 où on commémore l'hypercachère.
05:09 Oui, alors l'hypercachère, rappelez-nous, évidemment, ce...
05:12 - Quatre tueurs, une tuerie, quatre morts,
05:14 des personnes qui allaient simplement
05:16 faire leur course dans une supérette,
05:19 et qui sont tombées sous un barbare islamiste,
05:23 un terrorisme.
05:24 François Bivoni, important de rappeler,
05:26 - C'est fondamental, en plus, il y a deux jeunes de Sarcelles
05:28 qui sont morts dans l'hypercachère,
05:30 il y avait un employé, Johan Cohen,
05:32 et le fils du rabbin Atab, qui était venu de Tunisie,
05:35 et qui maintenant est devenu le rabbin inter-rabbin de Sarcelles,
05:38 que je vais rejoindre après l'émission.
05:40 - Alexandre Devecchio, vous êtes journaliste au Figaro.
05:42 La nomination de Gabriel Attal,
05:44 c'est un coup politique d'Emmanuel Macron.
05:47 Il se met en...
05:49 Il est raccord avec le pays, avec les attentes du pays, ou pas ?
05:51 - En tout cas, il donne un second souffle.
05:54 On a souvent dit qu'il était disruptif,
05:56 je ne sais pas si j'aime bien ce mot,
05:57 mais là, pour le coup, il l'est,
06:01 il fait quelque chose d'inattendu,
06:03 et j'avoue que moi, j'ai perdu tous mes paris,
06:05 parce que je pensais qu'Elisabeth Borne allait rester,
06:07 je pensais que psychologiquement, pardonnez-moi,
06:09 c'était trop dur pour Emmanuel Macron de supporter quelqu'un
06:12 qui lui ferait un peu d'ombre.
06:14 Donc là, il fait preuve d'humilité, le président de la République,
06:17 il faut le souligner.
06:19 Maintenant, comment je définirais Gabriel Attal ?
06:21 Je ne suis pas sûr qu'il incarne spécialement,
06:24 pour le moment, la méritocratie, même s'il a été vide.
06:27 Je ne suis pas sûr qu'il ait vraiment une idéologie,
06:30 si vous voulez, très affirmée.
06:32 Par contre, il a deux choses dont on manque singulièrement
06:35 et dont manquait singulièrement ce gouvernement
06:37 et l'entourage d'Emmanuel Macron,
06:38 c'est-à-dire qu'il a des instincts populaires
06:40 et des instincts politiques.
06:41 Emmanuel Macron était entouré de technos coupés du réel
06:45 qui étaient dans leur fichier Excel
06:47 et qui n'étaient que dans des logiques comptables.
06:49 C'était le cas d'Elisabeth Borne.
06:52 Gabriel Attal, qui pourtant a eu un parcours météorique,
06:56 n'a jamais vraiment travaillé, passé de Sciences Po au gouvernement,
07:00 quasiment, je résume.
07:02 Malgré tout, semble plus connecté, je dirais,
07:04 à la réalité du terrain et des Français, mieux les comprendre.
07:07 Et ça, c'est quand même un avantage,
07:09 c'est-à-dire que dans un royaume politique
07:13 où le bon sens a totalement disparu,
07:15 en avoir un tout petit peu est déjà un grand avantage.
07:19 Ensuite, c'est aussi un royaume politique très impuissant
07:21 à régler les problèmes.
07:22 Et Gabriel Attal a pris une décision politique simple,
07:25 c'était d'interdire la baïa.
07:26 Ce n'était pas très compliqué.
07:28 Ça nécessitait en vérité pas beaucoup de courage
07:29 parce que tous les Français étaient pour,
07:31 mais c'est le seul à l'avoir fait.
07:32 Les autres regardaient leurs chaussures
07:35 et n'étaient pas capables de prendre une décision.
07:37 Donc voilà, il y a une forme de volontarisme
07:39 qu'attendent les Français.
07:40 Il est en ce moment sur le terrain, dans le Pas-de-Calais,
07:42 Gabriel Attal, premier déplacement
07:44 aussitôt qu'il a été nommé à Matignon.
07:46 On va écouter l'échange qu'il a eu avec des habitants
07:49 il y a quelques instants, notamment une buraliste.
07:51 Il dit assez sinistré, "Personne ne va vous oublier".
07:54 Je voulais être sûre qu'on ne m'oublie pas encore
07:58 parce qu'après, on se dit, deux mois sans travailler,
08:01 les gens sont partis ailleurs.
08:03 Personne ne va vous oublier.
08:04 Vous savez, moi, j'ai été dans des précédentes fonctions
08:06 ministre des Buralistes puisque j'étais
08:09 ministre du budget et je sais à quel point
08:11 vous avez une importance absolument majeure
08:13 pour un village, pour un territoire.
08:16 Les Français sont attachés à vous
08:17 et je sais que vous retrouverez vos clients.
08:19 J'aimerais boire un café avec vous.
08:21 - Moi, ça va. - Avec plaisir.
08:24 Voilà Gabriel Attal sur le terrain il y a quelques instants,
08:26 Éric Revelle, il a été effectivement ministre du budget,
08:29 ministre des douanes, il s'occupait de tout
08:31 ce qui était le trafic de tabac.
08:33 Il a une certaine expérience du terrain,
08:35 mais pas évidemment une immense expérience du terrain.
08:37 Oui, les mots qu'il dit, pardonnez-moi,
08:39 mais c'est un grand classique.
08:41 Enfin, on ne va pas vous oublier, on va vous aider.
08:46 Il fait de la politique.
08:47 Bon, moi, la principale qualité que je lui trouve
08:49 à Gabriel Attal, c'est qu'il a une maturité politique,
08:54 une expérience politique finalement,
08:55 qui est bien plus importante que l'âge
08:57 qu'il affiche sur sa carte d'identité.
08:59 Et ça, c'est un point important parce que quand vous voyez
09:01 un jeune ministre arriver, vous n'avez pas forcément
09:04 en tête que c'est un sniper, que c'est quelqu'un
09:07 qui connaît la politique et qui fait de la politique.
09:09 Donc ça, c'est quand même important.
09:12 Maintenant, quand même, souvenez-vous des postes
09:16 qu'il a occupés, des idées qu'il a lancées,
09:18 des diagnostics qu'il a posés, par exemple,
09:22 lorsqu'il était ministre des Comptes publics,
09:24 lorsqu'il a institué le SNU, lorsqu'il a commencé
09:27 à taper du poing sur la table au ministère
09:29 de l'Éducation nationale.
09:31 Mais en fait, on n'a jamais le temps,
09:32 avec l'ange Gabriel, de voir...
09:34 - Ah, très joli, l'ange Gabriel.
09:37 - On n'a jamais le temps de voir quels sont
09:39 les résultats des diagnostics qu'il pose.
09:40 - C'est les miracles.
09:41 - Il a une carrière tellement brillante
09:42 qu'il passe à autre chose rapidement.
09:44 Donc là, Amatignon, pour le coup, il est un peu au pied du mur.
09:47 Là, il y a de la communication, mais il va falloir
09:49 maintenant qu'il délivre, comme disaient les Anglais.
09:51 - Bien sûr.
09:52 - Il va falloir qu'il délivre.
09:53 - Florian Tardif, quelle est la feuille de route
09:56 de Gabriel Attal ?
09:57 Est-ce qu'on sait déjà ce que le président lui a dit
10:00 pour l'économie, pour la culture, pour la constitution,
10:03 pour le sociétal, le régalien ?
10:05 - Je pense qu'ils auront l'occasion de nouveau d'échanger ensemble
10:08 pour déterminer cette feuille de route
10:11 de manière un peu plus précise.
10:12 Néanmoins, ce sujet a été abordé ce matin
10:14 lors d'un échange assez long qu'ils ont pu avoir
10:18 après 8h30, petit déjeuner organisé à l'Elysée
10:21 entre Gabriel Attal et Emmanuel Macron,
10:25 avant donc l'officialisation de sa nomination
10:27 à la tête de ce prochain gouvernement.
10:30 Petit déjeuner qui a duré un peu plus de deux heures.
10:32 Mais ce qui est intéressant, pour rebondir un peu
10:34 sur vos propos respectifs, c'est qu'on dit depuis hier,
10:38 maintenant, que Gabriel est jeune.
10:40 Moi, je trouve que c'est un vieux briscard,
10:43 justement, de la politique.
10:44 - À 34 ans ?
10:45 - Non, mais lorsque l'on regarde la manière
10:48 dont il fait de la politique, il fait de la politique
10:50 comme on faisait de la politique d'antan.
10:52 Et il a très bien compris cela.
10:54 Il a appris dans l'Ancien Monde.
10:56 Lorsque l'on voit qu'il va sur le terrain,
10:58 qu'il utilise effectivement des vieilles formules,
11:00 mais des formules qui marchent.
11:02 Lorsque l'on voit effectivement la réception
11:05 que Gabriel Attal peut avoir dans ce petit village
11:08 du Pas-de-Calais, ces gens qui vont à la rencontre
11:12 du Premier ministre, et d'ailleurs,
11:14 Gabriel Attal, à l'instant, vient de les remercier
11:17 en leur disant "Je suis content ce soir
11:20 que vous veniez à ma rencontre".
11:22 Il inverse, entre guillemets, la situation.
11:25 En général, c'est plutôt l'inverse qu'on entend
11:27 dans la bouche des politiques.
11:28 "Je viens à votre rencontre pour vous apporter de l'aide."
11:30 Non, là, c'est l'inverse.
11:32 "Je suis là pour vous écouter et pour être à vos côtés."
11:35 Et ça, il l'a très bien compris.
11:36 Il fait de la vieille politique.
11:37 - François Piloni, il utilise les méthodes
11:39 des vieux briscards, c'est ça ?
11:40 - Complètement.
11:41 Je répète, il a été formé,
11:42 il était de bord pour être le ministre Scala,
11:44 le président royal.
11:45 Il a appris la politique dans l'Ancien Monde.
11:47 Ce n'est pas Emmanuel Macron qui l'a formé.
11:49 Il a été formé précédemment.
11:51 Et donc, il applique ça.
11:53 À chaque fois qu'il y a un problème,
11:54 il y va et il est dans l'écoute.
11:56 Et ça, c'est sa grande force.
11:58 Il ne vient pas pour livrer un discours,
12:00 il est pour écouter et donner le sentiment,
12:02 et je pense que c'est vrai,
12:04 d'être à l'écoute des gens.
12:05 Et les gens ont le sentiment,
12:07 parce que je pense que c'est sincère.
12:09 Et ça, c'est sa force.
12:10 Après, attention, la preuve d'autorité
12:12 qu'il avait faite, parce qu'il y a le problème
12:14 de la baïa, mais là où il était très, très bon
12:16 dans l'éducation nationale, c'est lorsqu'il y a eu
12:18 cette fameuse lettre de l'arrectrice de Versailles
12:20 sur cet enfant qui se suicidait,
12:22 où il avait dit sur le perron du ministère
12:24 "c'est un scandale".
12:25 Et il a fait en sorte qu'elle soit sanctionnée derrière.
12:27 C'est-à-dire que là, il a fait preuve aussi
12:29 d'une très forte autorité,
12:30 en remettant en cause son administration,
12:32 ce qui est très, très rare de la part d'un ministre.
12:33 Rachel Khan, ça c'est à mettre à son actif,
12:35 à Gabriel Attal, la fermeté dont il a fait preuve
12:37 lorsqu'il était à l'éducation nationale.
12:39 Absolument, sur cette question du harcèlement
12:41 qui est un fléau.
12:42 En plus, il a incarné le fait que
12:44 la jeunesse et l'école étaient une priorité nationale.
12:47 Et je pense que c'est effectivement
12:49 le socle commun pour avoir une République
12:52 à la fois unie et debout.
12:54 Je trouve, par rapport au nom de Gabriel Attal,
12:58 assez ridicule par ailleurs,
13:00 la petite musique qu'on a entendue
13:02 bien avant la nomination,
13:03 la petite musique de la gauche,
13:05 alors qu'il n'y avait aucune nomination de fait,
13:08 qui était déjà sur les rangs de
13:10 "on va faire une motion de censure
13:12 à l'Assemblée nationale".
13:14 Justement parce qu'il incarne quelque chose.
13:16 L'extrême gauche, notamment,
13:19 est totalement désincarnée,
13:21 fait de la politique désincarnée,
13:23 alors que Gabriel Attal l'incarne
13:25 une politique et une ligne.
13:26 Écoutons d'ailleurs Mathilde Penne,
13:27 présidente du groupe La France insoumise
13:28 à l'Assemblée nationale,
13:29 sur la nomination de Gabriel Attal.
13:31 Gabriel Attal est celui qui a commencé
13:35 une rentrée scolaire,
13:36 rentrée scolaire qui est catastrophique
13:37 puisque des centaines de milliers,
13:40 voire des millions d'enfants
13:41 manquent des millions d'heures de cours
13:42 parce qu'il y a des professeurs non remplacés,
13:44 en préférant se focaliser sur l'habit
13:46 de jeunes femmes et notamment
13:47 sur l'interdiction de la baïa.
13:49 Gabriel Attal est celui qui cherche
13:51 à mettre la jeunesse au pas,
13:52 notamment en défendant
13:53 le service national universel.
13:55 Nous ne croyons pas une seule seconde
13:57 qu'en mettant, bon,
14:00 un espèce de M. Macron junior,
14:02 celui qui s'est spécialisé dans l'arrogance
14:04 et dans le mépris,
14:05 quelque chose changera dans le pays.
14:07 Ce sont des spécialistes qui parlent,
14:08 Louis Doreignel.
14:09 Je trouve que c'est assez insignifiant
14:11 qu'a fait Mathilde Pannot dans sa vie.
14:13 Enfin, je...
14:14 Elle a été élue députée.
14:15 Non, mais tout ça est très excessif.
14:18 En fait, je trouve que moi,
14:20 si j'étais député La France Insoumise,
14:23 je trouve qu'il y a des angles d'attaque
14:24 contre... Comment ?
14:26 Vous n'auriez pas eu d'investiture.
14:27 Oui, ça aurait été un peu compliqué.
14:28 Il y a des angles,
14:29 il y a des manières d'attaquer Gabriel Attal.
14:31 Je trouve que là, tout est facile.
14:33 Elle enfonce des portes ouvertes.
14:34 Rachel, pourquoi...
14:35 Ça manque un peu de subtilité, de travail.
14:37 Ah bon ? Vraiment ?
14:38 Oui, et puis en plus,
14:39 dans cette période,
14:40 soulignée en faisant un petit geste
14:42 de la main sur l'habit concernant les femmes,
14:45 que Gabriel Attal aurait finalement censuré
14:49 les femmes de porter leurs vêtements, etc.
14:51 Dans cette période où on a
14:53 un contexte international extrêmement douloureux,
14:56 on n'a pas du tout entendu Mathilde Pannot
14:58 être vent debout par rapport à la barbarie du Hamas.
15:02 C'est encore plus abject et très bas.
15:05 Mais il doit jubiler.
15:06 Florian Tardif.
15:07 Moi, je serai Gabriel Attal,
15:08 je verrai les réactions
15:10 de mes différents opposants politiques,
15:12 que ce soit au Rassemblement national,
15:15 où on estime que je serai
15:17 l'un des meilleurs ministres de Marine Le Pen,
15:20 ou là, avec la France insoumise,
15:22 où on voit bien que Mathilde Pannot
15:24 peine à trouver un angle d'attaque
15:26 pour pouvoir justement critiquer
15:28 la nomination de Gabriel Attal.
15:30 Il a gagné.
15:31 Alors, il a gagné, je ne sais pas.
15:32 En tout cas, il est sur le terrain en ce moment,
15:33 dans le Pas-de-Calais,
15:34 auprès des inondés.
15:36 Écoutez les mots qu'il emploie
15:38 pour parler aux personnes qu'il rencontre en ce moment même.
15:40 Si je suis là,
15:42 et si j'ai voulu que mon premier déplacement
15:43 ce soit ici,
15:44 c'est pour marquer à la fois la solidarité
15:46 de tout le pays avec vous et derrière vous.
15:49 Parce que ce que vous vivez
15:51 est extraordinairement difficile,
15:53 matériellement,
15:55 avec des habitations et des commerces
15:56 qui sont totalement saccagés,
15:59 et puis psychologiquement,
16:00 parce que c'est démoralisant
16:02 de revivre ça quelques mois après le premier épisode.
16:04 Et vraiment, je veux vous dire
16:06 que c'est pour ça que je vais
16:08 avoir une réunion avec les élus
16:09 pour avancer sur un certain nombre de grands chantiers.
16:11 On est là à vos côtés,
16:12 on continuera à l'être.
16:13 On continuera à suivre de très près cette situation.
16:16 Avec des points très réguliers,
16:17 je reviendrai ici pour m'assurer que tout ça avance.
16:20 Voilà, Gabriel Attal au chevet,
16:21 des inondés sur les poignets.
16:23 Moi, j'ai vu plusieurs de ses déplacements.
16:25 Il est sincère.
16:26 Et ça, les gens le sentent.
16:28 C'est sa grande force.
16:29 Après, on verra comment il traite les dossiers,
16:31 mais cette sincérité,
16:32 il l'exprime régulièrement,
16:33 il dit les choses telles qu'il les ressent.
16:35 Il sent ce que pensent les Français.
16:36 Il comprend la détresse de ses habitants.
16:38 Il l'exprime.
16:39 Il l'exprime avec sincérité.
16:40 Et je pense que c'est sa première qualité.
16:42 - Ma grande question,
16:43 alors on ne connaît pas encore le gouvernement,
16:44 Éric Revelle.
16:45 On ne connaît pas la composition
16:46 du gouvernement qu'il va former.
16:47 Il va prendre peut-être quelques jours
16:48 pour former son équipe.
16:50 Mais comment est-ce qu'il va faire le point
16:52 par rapport à des Bruno Le Maire,
16:54 des Gérald Darmanin,
16:55 des Sébastien Lecornu,
16:56 qui sont plus âgés que lui,
16:57 qui ont plus d'expérience que lui.
16:59 Est-ce qu'ils vont accepter
17:00 cette tutelle surprenante pour eux ?
17:03 Comment va se jouer le rapport de force ?
17:05 Parce que c'est ça qu'on a envie de savoir.
17:06 - Alors moi je trouve que c'est une excellente question
17:07 parce que je vais faire une comparaison
17:08 qui va vous sembler complètement délirante
17:09 parce que le monde politique
17:10 n'est pas celui de l'entreprise.
17:12 Mais en matière de gestion des ressources humaines,
17:14 précisément, dans une entreprise
17:17 à de rares, très rares exceptions près,
17:19 on ne pourrait pas assister à ce qui s'est passé là.
17:22 Parce que dans une entreprise,
17:25 la politique de RH,
17:26 c'est de récompenser l'efficacité,
17:29 c'est de récompenser l'attachement à l'entreprise,
17:33 le temps passé dans l'entreprise
17:35 pour accéder à des postes importants.
17:37 Là, c'est tout le contraire qui se passe.
17:39 Donc mettez-vous à la place de Bruno Le Maire,
17:41 de Gérald Darmanin,
17:42 peut-être même de M. Dupond-Moriti,
17:44 mais lui, il s'est tellement pris
17:46 depuis son tapis que je pense que lui,
17:48 il espère plus grand-chose,
17:49 peut-être juste garder son Marocain.
17:52 Mais mettez-vous à la place
17:53 de ce qu'on a appelé des poids lourds
17:55 qui, en réalité, ne pèsent pas extrêmement lourds
17:58 parce que même s'ils ont manifesté,
17:59 même s'ils sont montés au créneau
18:01 pour dire que tout ça est scandaleux,
18:03 comment est-ce qu'ils vont pouvoir travailler
18:06 avec un garçon brillant qui a 34 ans,
18:10 qui va leur expliquer qu'il est le Premier ministre
18:12 et qui va leur dire quoi faire
18:14 et que dorénavant,
18:15 ils ne reporteront plus sans doute directement
18:17 au Président de la République.
18:18 Mais à lui.
18:19 Mais à lui directement.
18:20 En matière de RH, c'est compliqué.
18:22 Faut installer le rapport de force,
18:23 Alexandre Nevechio, tout de suite.
18:24 Non, mais je pense que ça peut être aussi
18:26 des avantages de Gabriel Attar.
18:29 C'est-à-dire que s'il y a,
18:31 pardonnez-moi l'expression,
18:32 mais la congération des vieux cons
18:34 en face de lui,
18:35 il va s'attirer via la sympathie du public.
18:40 Les vieux politiques,
18:41 apparatchiks et gris, pas efficaces.
18:45 Donc, je doute que ce soit la bonne stratégie
18:48 pour eux de s'opposer à lui.
18:52 D'ailleurs, on voit Bruno Le Maire
18:54 posé en photo avec lui.
18:56 Donc, je pense qu'il va y avoir, au contraire,
18:58 un Gabriel Attar mania.
19:01 Ils vont tout d'un coup tous devenir fans
19:03 de Gabriel Attar.
19:04 On conseillera un peu moins bien pour lui.
19:07 Ce sera peut-être le moment pour eux d'attaquer.
19:09 Je pense même qu'il faudrait faire preuve d'autorité.
19:12 Il va s'imposer tout de suite.
19:14 Dans l'intérêt de tout le monde.
19:16 Il n'a pas intérêt à laisser pourrir une situation.
19:19 Il va montrer qu'il est le maire.
19:21 Il laisse naître des ambiguïtés.
19:22 Et s'ils acceptent d'être dans son gouvernement,
19:24 il faudra qu'ils acceptent qu'il est le patron
19:26 et qu'il passe par lui.
19:27 Ce qui va être aussi hallucinant,
19:28 c'est la visite à laquelle on va oublier Elisabeth Pornes.
19:31 Tout de suite, on est déjà dans un autre temps.
19:33 C'est la logique de la politique.
19:35 Elle a dit qu'elle serait un nouveau député.
19:38 C'est une forme d'humilité de revenir à la base
19:41 après avoir été première ministre.
19:42 Ollivoui voulait dire quelque chose
19:43 avant qu'on écoute un son de Gérald Darmanin.
19:45 Ministre de l'Intérieur.
19:46 Vous êtes bien discipliné.
19:48 Je vous reconnais là.
19:49 Gérald Darmanin qui dit qu'il y a encore
19:51 beaucoup de choses à faire.
19:52 Place Beauvois. Écoutez-le.
19:53 Je pense que chacun a vu que je n'avais pas fini
19:55 ma mission au ministère de l'Intérieur.
19:57 Et que je ne suis pas homme à me dérober
19:59 quand il y a des policiers, des gendarmes, des préfets
20:02 qui, il y a quelques jours,
20:03 on est à 100 jours du relais de la flamme,
20:04 on est à 200 jours des Jeux Olympiques,
20:06 vont risquer leur vie,
20:08 mettre leur réputation en jeu.
20:10 Moi, je suis un homme d'honneur,
20:11 je suis un homme de devoir.
20:12 Et vous savez, de là où je viens,
20:14 d'une province, d'une famille populaire,
20:16 on aime bien terminer ce qu'on fait.
20:18 Après, il appartient au président de la République
20:20 de disposer, évidemment, des postes ministériels.
20:22 Je suis à sa disposition.
20:23 Mais je veux dire aux policiers et aux gendarmes
20:25 que je n'ai pas l'habitude de compter
20:27 sur un quelconque avenir personnel
20:29 lorsque je les ai engagés dans une voie.
20:31 C'est clair, en même temps.
20:33 On voit bien qu'il dit "c'est clair, honnête et précis".
20:35 Qu'ils le disent comme ça publiquement,
20:37 c'est qu'il a un signe de fragilité.
20:39 S'il n'est pas retenu ministre de l'Intérieur,
20:42 il dit "c'est pas moi, moi je voulais,
20:43 c'est le Premier ministre qui n'a pas voulu".
20:44 Donc, quelque part, il prend les devants.
20:46 S'il était sûr de lui,
20:48 je ne pense pas qu'il aurait tenu ses propos.
20:50 Et puis, en gros, il y a une forme de critique
20:52 de Gabriel Attal.
20:53 Moi, je l'entends comme ça, parce qu'il dit
20:55 "moi, je finis ma mission".
20:56 On a dit tout à l'heure que Gabriel Attal
20:58 était passé d'un ministère à l'autre.
21:00 Il a rappelé encore ses origines populaires.
21:02 On sait que Gabriel Attal est plutôt quelqu'un
21:04 de la bourgeoisie,
21:06 qui a peut-être moins eu un parcours d'élu local
21:09 difficile que Gérald Darmanin.
21:11 Donc, il commence une stratégie de distinction.
21:13 Je ne suis pas sûr que ce soit la bonne stratégie
21:15 parce qu'on l'a dit, je pense que Gabriel Attal
21:17 a de l'autorité.
21:18 Donc, il le fait même avant d'entrer au gouvernement.
21:20 Donc, ça laisse augurer
21:23 d'une situation tendue.
21:25 - Eric Revelle, s'il est maintenu ?
21:27 - Que doit éprouver le ministre de l'Intérieur ?
21:29 Parce que, comme le rappelait tout à l'heure,
21:30 le policier, c'est un géop terrible,
21:31 le ministre de l'Intérieur, c'est pas simple.
21:33 Au-delà de ça, je pense qu'il est en fragilité
21:35 depuis plusieurs mois, en réalité.
21:37 - Gérald Darmanin ? - Mais oui.
21:38 Souvenez-vous quand même qu'au moment du vote
21:40 de la motion de rejet à l'Assemblée nationale
21:42 sur la loi immigration,
21:43 il propose sa démission au président de la République,
21:45 qui la refuse.
21:46 Mais il la propose.
21:47 Donc là, c'est "retenez-moi ou je fais un malheur"
21:49 parce que là, il est plutôt en position de force,
21:51 mais il veut tester quand même l'attachement,
21:52 sans doute, du président ou de la première ministre
21:54 de l'époque à sa personne et au ministère qui l'occupe.
21:58 Et puis, deuxième sujet de fragilité,
22:00 mais je sais même pas comment il va s'en mettre,
22:02 c'est que, vous l'avez dit tout à l'heure...
22:03 - Les chiffres de l'insécurité.
22:04 - Mais attendez, les chiffres de l'insécurité,
22:05 c'est la politique mise en place par Gérald Darmanin.
22:08 Comment est-ce qu'il voulait sortir de ça ?
22:10 Ça, c'est le mur de la réalité.
22:11 C'est le mur de la réalité.
22:13 Donc, vous êtes Gabriel Attal, vous le convoquez
22:16 pour lui demander comment ça va,
22:17 et puis vous lui dites "comment, monsieur le ministre,
22:19 vous jugez les chiffres qui ont été publiés
22:21 par votre ministère ?
22:22 Ils sont mauvais ou très mauvais ?"
22:24 Et là, à mon avis, les choses sont dites.
22:26 - On va continuer sur la sécurité dans un instant,
22:28 mais d'abord, le terrain, priorité au terrain.
22:30 On rejoint Thomas Bonnet, notre envoyé spécial
22:32 avec Charles Bagé à Clermaray,
22:33 où se trouve le Premier ministre, Gabriel Attal.
22:36 Qu'est-ce qui se passe en ce moment, Thomas ?
22:37 Expliquez-nous.
22:40 - Écoutez, Laurence, le Premier ministre
22:42 vient d'arriver à la deuxième étape
22:43 de son déplacement dans le Pas-de-Calais,
22:45 dans cette salle polyvalente,
22:47 où il va rencontrer des élus locaux et des habitants.
22:50 La suite, donc, de ce premier déplacement
22:52 pour le nouveau Premier ministre
22:54 qui a décidé d'aller sur le terrain,
22:56 à peine nommé à Matignon.
22:58 Évidemment, on est dans la comparaison
23:00 avec sa prédécesseure, Elisabeth Borne.
23:03 Elle, elle avait attendu trois jours
23:04 avant d'aller sur le terrain et sur la forme.
23:07 On a également vu, hein, Gabriel Attal
23:09 dans l'empathie, dans la compassion
23:11 avec ses habitants qui ont été touchés
23:13 par des catastrophes naturelles
23:15 depuis maintenant plusieurs jours,
23:17 avec ses crus.
23:18 Voilà donc pour le Premier ministre
23:20 et beaucoup d'élus locaux,
23:21 beaucoup d'habitants ici qui sont réunis
23:23 pour assister à cet entretien, à cette réunion.
23:25 - Merci beaucoup, Thomas Bonnet.
23:26 Charles Bagé dans le Pas-de-Calais.
23:28 On va suivre cette visite de Gabriel Attal,
23:31 je vais y arriver, décidément,
23:33 en ce premier jour, ces premiers pas
23:36 de Premier ministre.
23:37 Il a 44 ans quand même, Louis de Raguenel, on le rappelle.
23:39 Un ministre de l'Education nationale
23:41 qui quitte sa fonction avec regret,
23:43 c'est ce qu'il a dit tout à l'heure.
23:45 Peut-être on peut en écouter un extrait
23:47 de ce qu'il a dit, parce qu'il a dit,
23:49 "Je veux emmener cette priorité,
23:50 "les actes forts qu'il a posés
23:52 "à l'Education nationale,
23:53 "il veut les amener avec lui à Matignon."
23:55 Et c'est vrai que c'est important,
23:56 c'est une cause qui lui tient à cœur,
23:58 en tout cas qu'il a embrassé à bras le corps.
24:00 On va l'écouter dans un instant.
24:01 Rachel Khan, vous avez noté
24:03 le fait qu'il a été très clair, très ferme
24:05 sur les dossiers de la baïa, de la laïcité.
24:08 C'est à mettre à son crédit,
24:09 le harcèlement scolaire aussi, exactement.
24:11 Je ne sais pas si on a Gabriel Attal, on l'écoute.
24:13 Ces derniers mois, j'ai consacré toute mon énergie
24:17 à redonner espoir,
24:19 à chercher à redonner espoir
24:21 à cette génération, à ses parents,
24:23 en œuvrant pour l'école de la République.
24:25 Je le dis d'emblée,
24:27 mesdames et messieurs,
24:29 j'emmène avec moi, ici, à Matignon,
24:31 la cause de l'école.
24:33 Je réaffirme l'école
24:35 comme étant la mère de nos batailles,
24:37 celle qui doit être au cœur de nos priorités
24:39 et à qui je donnerai,
24:41 comme Premier ministre,
24:43 tous les moyens d'action nécessaires
24:45 pour sa réussite.
24:46 Elle sera l'une de mes priorités absolues
24:48 dans mon action à la tête du gouvernement.
24:50 En prenant des décisions fortes sur la baïa,
24:52 en prenant des décisions fortes sur la laïcité,
24:55 c'est pour la liberté que je me suis engagé.
24:57 En prenant des décisions fortes
25:00 sur l'exigence et sur le choc des Savoies,
25:02 c'est pour l'égalité que je me suis engagé.
25:04 En prenant des décisions fortes
25:06 dans la lutte contre le harcèlement,
25:08 c'est pour la fraternité que je me suis engagé.
25:11 Liberté, égalité, fraternité.
25:14 Cette devise de l'école
25:16 est aussi celle de la République
25:18 et ce sera toujours ma boussole.
25:20 - Le plurientardif, c'est une cause
25:22 dont on peut se dire qu'il va continuer
25:24 à la surveiller de très près,
25:26 la cause de l'éducation nationale,
25:28 du choc des Savoies...
25:30 - Autant plus que c'est l'une des priorités
25:32 à l'agenda du président de la République.
25:34 Il a donné rendez-vous aux Français
25:36 d'ici une petite dizaine de jours maintenant
25:38 pour un nouveau grand rendez-vous.
25:40 Très peu de choses ont fuité
25:42 concernant ce dernier.
25:44 Néanmoins, on semble se diriger
25:46 vers un grand rendez-vous pour parler éducation.
25:48 Et tout à l'heure,
25:50 Gabriel Attal a débuté son discours
25:52 lors de la passation de pouvoir
25:54 en abordant ce premier sujet
25:56 qui est selon lui la priorité absolue.
25:58 Donc oui, on attend de lui
26:00 qu'il, en reprenant ses mots,
26:02 qu'il y ait une forme de continuité
26:06 entre son départ du ministère
26:08 de l'Éducation nationale,
26:10 où certes, il a annoncé beaucoup de choses
26:12 sur un certain nombre de sujets,
26:14 que ce soit les savoirs, le retour de l'autorité à l'école
26:16 ou encore la laïcité,
26:18 et le ministre qui prendra la suite
26:20 et qui, lui, devra traduire
26:22 ses annonces en actes forts
26:24 dans les années à venir.
26:26 Et c'est aussi assez habile de la part de Gabriel Attal
26:28 parce que l'école,
26:30 c'est le ministère, enfin l'Éducation nationale,
26:32 c'est le ministère qui lui a permis de se révéler,
26:34 de faire une véritable percée dans l'opinion publique
26:36 et d'aller toucher un public
26:38 que jusqu'à aujourd'hui, il n'avait pas touché.
26:40 Et donc, il essayait aussi
26:42 d'emporter avec lui ce capital.
26:44 Quand on regarde les enquêtes d'opinion,
26:46 Gabriel Attal est extrêmement populaire
26:48 globalement dans toutes les catégories de population,
26:50 mais particulièrement
26:52 dans toutes les familles de droite,
26:54 que ce soit Rassemblement national,
26:56 Reconquête et chez Les Républicains.
26:58 Donc c'est aussi un message
27:00 qu'il envoie à cet électorat-là.
27:02 Je ne vous oublie pas et j'emporte cette méthode-là
27:04 que je vais essayer de répliquer.
27:06 D'ailleurs, il en parle de cette méthode,
27:08 il dit que cette méthode consiste à poser des diagnostics.
27:10 Du coup, je rebondis sur ce que disait
27:12 Éric Crevel tout à l'heure.
27:14 La méthode de Gabriel Attal, ça a été beaucoup de poser des diagnostics,
27:16 d'essayer d'expliquer
27:18 les solutions. Maintenant,
27:20 il sera jugé, et je pense que ce public-là
27:22 de droite, qui l'apprécie
27:24 beaucoup et qui a mis beaucoup d'espoir en lui,
27:26 maintenant, regardera avec
27:28 beaucoup d'intérêt les résultats,
27:30 le bilan de Gabriel Attal.
27:32 C'est ce qu'il est attendu là-dessus.
27:34 - Absolument. Et on aura dans un instant le résultat
27:36 d'un sondage qu'on a fait faire
27:38 exclusivement pour CNews,
27:40 et donc Europe 1, par CSA.
27:42 Julie Gayot était avec nous, bonsoir. On verra dans un instant
27:44 est-ce que les Français font ou non confiance à Gabriel Attal.
27:46 C'est la question qu'on leur a posée aujourd'hui.
27:48 On aura les résultats dans un instant. Éric Crevel,
27:50 vous voulez rajouter quelque chose ? - Oui, je veux dire une chose, parce qu'on en a pas parlé,
27:52 dans son discours
27:54 lors de la passation des pouvoirs,
27:56 il a employé à plusieurs reprises
27:58 un mot important, qui est celui des
28:00 classes moyennes. Les classes moyennes en France,
28:02 il l'a martelé à plusieurs reprises.
28:04 Alors je dis que c'est important, parce que ces classes
28:06 moyennes-là, elles ont le sentiment
28:08 depuis très longtemps d'être
28:10 dédaignées.
28:12 Et je suis toujours étonné que la classe politique
28:14 ne soit pas emparée du thème plus tôt.
28:16 Aliot-Marie Michel avait publié
28:18 un livre qui s'appelait "La grande peur des classes moyennes".
28:20 - C'est un peu dans le désordre, Aliot-Marie Michel,
28:22 mais c'est pas grave. C'est le tiercé, mais pas dans l'ordre.
28:24 - Je sais qu'elle s'appelle Michel et le mari.
28:26 - Revalérie, vous écoutez. - Et plus récemment,
28:28 Maurice Lévy, l'ancien patron
28:30 de Publicis, avait publié un petit opuscule
28:32 qui s'appelait "Ouvrez les yeux", dans lequel
28:34 il disait, en fait, le problème
28:36 de ce pays, c'est le risque
28:38 de dégradation des classes moyennes et la peur
28:40 qu'ont ces classes moyennes pour leurs propres
28:42 enfants et leur devenir. - Entièrement d'accord. - Et bien, en utilisant
28:44 le mot "classes moyennes", je pense
28:46 que Gabriel Attal
28:48 trace une voie. - 18h30,
28:50 le rappel des titres de l'actualité sur CNews
28:52 et sur Europe 1 avec Simon Guylain. - Simon. - Julie Gaillot
28:54 est avec nous de l'Institut de sondage CSA.
28:56 Bonsoir Julie. On a posé la
28:58 question aux Français aujourd'hui. Est-ce que vous faites confiance
29:00 à Gabriel Attal, le nouveau
29:02 Premier ministre
29:04 de cette ère Emmanuel Macron ?
29:06 Quelle est la réponse des Français, Julie ?
29:08 - 48% des Français font
29:10 confiance à Gabriel Attal en tant que
29:12 Premier ministre, versus 52%
29:14 d'avis contraires. Donc vous avez
29:16 somme toute à peine un Français sur
29:18 deux qui lui fait confiance. Alors,
29:20 comparé aux autres...
29:22 - Alors, c'est bien ou c'est pas bien ? - C'est
29:24 plutôt une bonne cote, en fait.
29:26 C'est plutôt un bon matelas
29:28 de démarrage. Cela étant,
29:30 quand vous comparez par exemple...
29:32 On a posé exactement la même question
29:34 quand Elisabeth Borne a été nommée
29:36 Première ministre à l'époque, les
29:38 17 et 18 mai 2022.
29:40 Eh bien, on arrivait à 53% de confiance.
29:42 - Donc elle avait plus de confiance que lui ? - Oui.
29:44 Mais, alors, si on est tout à fait honnête, il faut quand même
29:46 rappeler qu'elle bénéficiait malgré tout
29:48 du souffle de la réélection
29:50 d'Emmanuel Macron. Alors, on pouvait pas parler
29:52 d'état de grâce, puisque c'était sa réélection
29:54 faite dans des conditions qui étaient quand même
29:56 un peu compliquées. Mais malgré tout,
29:58 Elisabeth Borne, 53,
30:00 Gabriel Attal, 48.
30:02 Vous avez à peine... Enfin, il fait quand même
30:04 5 points de moins qu'elle. Alors, la
30:06 moitié des Français, c'est bien.
30:08 Mais peut-être que, finalement,
30:10 de la part de la personnalité
30:12 politique préférée des Français,
30:14 qui caracole en tête de tous les sondages
30:16 depuis le mois de décembre... - C'est Édouard Philippe,
30:18 la personnalité préférée des Français dans le
30:20 baromètre Paris Match. - Oui.
30:22 - Les personnalités politiques. - Certes.
30:24 Mais vous voyez, il a fait
30:26 un bond incroyable suite à sa
30:28 nomination à l'Éducation nationale,
30:30 et les dernières mesures du mois de décembre,
30:32 le donnaient soit à touche-touche,
30:34 soit devant. Vous voyez, peut-être
30:36 qu'on aurait pu s'attendre à mieux, c'est bien.
30:38 Mais, vous voyez, on aurait
30:40 pu s'attendre peut-être à une nouvelle vague,
30:42 à une inversion de tendance.
30:44 Et finalement, vous avez malgré tout
30:46 52 % de Français qui ne lui font pas confiance.
30:48 - Qui ne lui font pas confiance, a priori.
30:50 Julie Gayeux, de l'Institut de sondage CSA.
30:52 En fonction de l'appartenance politique
30:54 des personnes à qui vous avez posé la question,
30:56 comment est-ce que ça se découpe un peu ?
30:58 - On voit que, à droite
31:00 comme à gauche, les résultats, finalement, sont
31:02 assez mitigés. Vous avez 44 %
31:04 des sympathisants de gauche
31:06 qui lui accordent sa confiance.
31:08 Donc, vous voyez,
31:10 il n'y a pas de rejet fort, ni de mouvement
31:12 d'enthousiasme. Mais parce que ça masque
31:14 des mouvements de fond
31:16 chez les sympathisants de gauche, parce que,
31:18 vous l'avez bien compris, ils sont quand même rarement d'accord.
31:20 Vous avez d'un côté les sympathisants socialistes,
31:22 qui sont 51 %
31:24 à lui faire confiance. Bon, peut-être que,
31:26 vu qu'il vient plutôt du camp socialiste,
31:28 il y a peut-être une prime
31:30 de sympathie. Alors que de l'autre
31:32 côté, chez les sympathisants
31:34 de la France Insoumise, le rejet est
31:36 clair et net. Ils sont que
31:38 30 % à lui faire confiance. Donc, vous voyez,
31:40 il y a des mouvements contradictoires
31:42 au sein du camp de gauche, mais également au sein
31:44 du camp de droite. - Et il y a le centre aussi.
31:46 C'est très intéressant, le chiffre du centre.
31:48 - Le centre, les sympathisants
31:50 du parti présidentiel, ils sont
31:52 2/3 à lui accorder sa confiance. - 63 %.
31:54 - Voilà, encore une fois, c'est bien.
31:56 - Pas de surprise. - Bah,
31:58 si, la surprise, c'est que c'est pas incroyable.
32:00 Rappelons qu'Elisabeth Borne,
32:02 quand on l'a mesurée, elle était à
32:04 90 % quand elle a
32:06 été nommée. Il a quand même...
32:08 Là, il y a quasiment 30 points de différence
32:10 entre la cote
32:12 d'Elisabeth Borne à sa nomination
32:14 et la cote de Gabriel Attal à sa nomination.
32:16 - C'est intéressant. - Il a perdu
32:18 un matelas. Parce que
32:20 finalement, je pense que c'est
32:22 aussi le fait de faire partie
32:24 maintenant du couple exécutif,
32:26 c'est plus la même histoire. Et
32:28 quelque part, il subit aussi, en
32:30 quelque sorte, le rejet
32:32 de la politique d'Emmanuel Macron.
32:34 - Tout simplement. Alexandre Devecchio, rapidement.
32:36 - Ça traduit aussi une grande impopularité de la classe
32:38 politique en général. Parce que quand on fait
32:40 l'enquête sur les plus populaires parmi les
32:42 Français, la plupart n'ont même pas
32:44 50 % de cote de
32:46 popularité. Donc, c'est ce qui
32:48 est difficile. Ensuite, les Français ne sont pas naïfs. Ils ont
32:50 de la sympathie pour Gabriel Attal.
32:52 Ils lui reconnaissent du volontarisme, d'avoir bien
32:54 agi sur l'école. Mais ils savent que
32:56 ce qu'ils attendent, c'est un changement de ligne
32:58 politique d'Emmanuel Macron. Pour l'instant, on ne sait
33:00 pas quelle est la ligne de Gabriel Attal.
33:02 On ne sait pas quel est son gouvernement. Et si c'est
33:04 juste un changement de tête, un rajeunissement
33:06 et une meilleure communication, ils savent que ça ne va pas non plus
33:08 changer leur quotidien.
33:10 - Ils ne sont pas dupes. - Plurientardé.
33:12 - Ils sont un peu comme Saint-Thomas. Ils ne croient
33:14 que ce qu'ils voient. Et on en parlait tout à l'heure
33:16 avec Eric Reuvel. C'est-à-dire que, certes,
33:18 c'est un bel objet
33:20 en matière de communication.
33:22 Il plaît, Gabriel Attal.
33:24 Mais ensuite, est-ce que ma vie
33:26 va changer ? C'est ce que... - Bien sûr.
33:28 - C'est la question que se posent ce soir
33:30 les Français. Et pour cela,
33:32 j'imagine qu'ils attendent. Donc, est-ce qu'ils
33:34 ont la totale confiance
33:36 en la personne de Gabriel Attal ?
33:38 Non. On l'a très clairement
33:40 compris ce soir. Après,
33:42 reste à voir ce qu'il adviendra ces prochains
33:44 mois. C'est-à-dire
33:46 qu'il a quand même commencé à prendre des engagements,
33:48 on en parlait tout à l'heure, vis-à-vis des classes moyennes.
33:50 Est-ce que, compte tenu de
33:52 l'inflation qui vient grignoter
33:54 un peu plus chaque semaine, leur pouvoir
33:56 d'achat, il va y avoir une amélioration
33:58 dans les prochains mois ? Reste à voir.
34:00 Est-ce que, dans le domaine éducatif,
34:02 il va y avoir un rehaussement des
34:04 savoirs ? Là encore, va se voir.
34:06 Donc, voilà. S'il a un bilan
34:08 à présenter dans six mois,
34:10 voire un an, je pense que,
34:12 potentiellement, sa cote de popularité pourrait être bien
34:14 supérieure. - Rachel Kahn, un mot sur ce
34:16 sondage très intéressant. C'est ça pour ces nouvelles retraites.
34:18 - Très intéressant, mais on est...
34:20 Effectivement, vous l'avez souligné, on n'est pas
34:22 du tout dans le même contexte que
34:24 en 2022. Tout a été extrêmement
34:26 vite, à tel point qu'on oublie
34:28 des événements, alors même que ça s'est passé
34:30 il y a quelques mois.
34:32 Après, j'ai l'impression aussi que ce
34:34 Premier ministre, dans son discours,
34:36 c'est un discours
34:38 du réel, malgré tout.
34:40 Donc, on ne va pas être pessimiste
34:42 et garder justement
34:44 cet espoir pour les générations futures.
34:46 - OK. Alexandre de Léquiau ?
34:48 Rien à rajouter ?
34:49 Non.
Commentaires