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00:06 Les trois questions du petit matin. Bonjour Jean-Daniel Lévy. Bonjour. Directeur délégué
00:11 Aris Interactive France, merci d'être avec nous en direct ce matin sur RTL. Un nouveau visage à la tête d'un nouveau gouvernement
00:18 mais quel visage ? Réponse normalement dans les heures qui viennent.
00:21 D'abord le choix de se séparer d'Elisabeth Borne après 20 mois est-il habile pour tenter de créer un nouveau souffle ?
00:29 En tout cas c'est une manière d'essayer d'exprimer une forme de
00:33 nouveau rebond à l'égard des français. Il faut rappeler que
00:37 Elisabeth Borne est auréolée
00:40 aux yeux d'une partie de l'opinion de la capacité à pouvoir plus faire adopter la réforme des retraites d'un côté, avoir pu faire
00:48 adopter la réforme de l'immigration de l'autre mais dans un même élan
00:53 elle est apparue avec entre guillemets deux difficultés. La première difficulté c'est un usage assez fréquent
00:59 au 49.3 et on sait que ça l'a profondément marqué. Et puis le deuxième aspect, une forme de
01:05 singularité entre guillemets qui n'a pas tout à fait été identifiée.
01:09 Elle vient de la gauche, elle a un positionnement qui est un positionnement à caractère social
01:14 et cet aspect là n'a jamais vraiment d'un point de vue d'opinion complètement
01:20 été identifié et été porté au crédit de l'action du gouvernement.
01:24 Mais c'est ça que veulent les français aujourd'hui quand vous les interrogez ? Ils veulent un remaniement ?
01:28 Ils ne veulent pas du tout un remaniement et c'est pas un des points vers lequel ils se
01:32 prononcent de manière assez spontanée. Vous vous souvenez que nous avons pour vous un baromètre annuel
01:37 que nous réalisons en fin d'année. A aucun moment
01:40 les français nous ont dit en ce début d'année on aimerait qu'il puisse y avoir un remaniement ou un changement de premier ministre.
01:45 C'est d'une manière ou d'une autre la perception que l'action est impulsée de la part du président de la République Emmanuel Macron
01:53 qu'il s'agit pas d'une forme de singularité par rapport à la présence ou non d'Elisabeth Borne mais depuis son arrivée à l'Elysée c'est-à-dire
02:01 depuis 2017 les principales orientations sont quand même portées de la part du président de la République
02:07 Emmanuel Macron. Donc il n'y a pas de focalisation autour d'Elisabeth Borne, il n'y a pas de ras-le-bol d'un point de vue d'opinion.
02:15 Il n'y avait pas non plus en fait de l'idée de se dire qu'il fallait absolument
02:19 trouver un premier ministre nouveau pour donner une nouvelle impulsion, une nouvelle direction, une nouvelle orientation.
02:24 Alors le favori on le disait c'est Gabriel Attal.
02:27 A 34 ans il deviendrait le plus jeune premier ministre de la Ve République. C'est un ovni, c'est ce que disait tout à l'heure
02:33 William Galibert.
02:35 Qu'est-ce que vous pensez de ce choix s'il se confirme dans les heures qui viennent ?
02:38 Je pense que s'il s'est fait ce choix il ne faudrait pas que ce soit uniquement la question de la jeunesse
02:44 qui soit mise en avant.
02:46 Et on sait que les français ont tendance à considérer que on peut très bien accorder des responsabilités à des personnes qui sont jeunes sans forcément
02:54 dire que c'est parce qu'ils sont jeunes qu'on va leur donner des responsabilités.
02:57 La chance entre guillemets de Gabriel Attal c'est qu'il n'est pas identifié uniquement par son âge mais il est également aujourd'hui
03:03 identifié au regard de prises de position politique qui apparaissent comme étant relativement fortes. On peut rappeler
03:12 que c'est un des responsables politiques qui a vu sa cote de confiance croître de manière non seulement
03:20 rapide mais également extrêmement nette en un temps qui est un temps court. Il n'est ministre de l'éducation nationale que depuis quelques mois
03:28 et il a clairement des positionnements politiques qui ont été
03:33 identifiés concernant le respect de la réplique d'un point de vue général
03:39 et des prises de position relativement fortes concernant l'éducation et le principe éducatif.
03:44 Donc il n'arriverait pas forcément uniquement au réaulet de sa jeunesse
03:48 mais également autour d'orientation et de valeur qui le portent.
03:52 Et là on peut vous dire ce sont des prises de position c'est de la communication mais il n'y a pas d'action derrière pour l'instant.
03:57 Absolument mais on sait que les français sont parfois
03:59 déjà extrêmement sensibles au verbe, aux mots, aux thèmes qui sont posés et aux valeurs qui incarnent les responsables politiques.
04:08 Lorsque Jean Castex était arrivé par exemple à Matignon, il était déjà identifié comme étant une personne qui n'avait pas forcément fait des choses
04:15 mais qui avait au moins le caractère d'une personne qui avait vécu en province
04:19 qui avait un accent qui apparaissait comme étant plus proche des gens d'Emmanuel Macron et que dans ce contexte là
04:25 l'arrivée de Jean Castex à cette époque là était perçue comme étant un bon complément des défaillances
04:30 d'opinion du président de la République de l'époque.
04:32 Dernière question Jean-Daniel Lévy, le problème de fond il demeure. La majorité à l'assemblée reste relative.
04:37 Que ce soit Gabriel Attal ou quelqu'un d'autre, il faudra tout de même batailler avec les ondes composantes de l'assemblée.
04:42 Ça c'est absolument certain que ça ne va pas changer la composition de l'assemblée nationale et qu'il y aura
04:49 la nécessité de parvenir à trouver des arrangements avec
04:53 soit les républicains d'un côté, soit une partie des députés de la NUPES. Ça ne changera évidemment pas
05:00 fondamentalement le principal problème qui se pose aujourd'hui d'un point de vue technique
05:05 pour l'exécutif, il ne dispose pas de majorité absolue à l'assemblée nationale.
05:10 Merci beaucoup Jean-Daniel Lévy.
05:12 [SILENCE]
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