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00:02 RTL
00:06 Les trois questions du petit matin. Et on accueille sur RTL ce matin Maxime Toubard. Bonjour monsieur. Bonjour.
00:12 Vous êtes le président du syndicat général des vignerons de champagne. On va parler de cette étude
00:16 Nielsen qui donc révèle que les ventes de champagne sont
00:20 selon leur étude à la baisse de 14% si on prend les mois de novembre, décembre en incluant
00:26 également noël, -14% c'est donc selon le produit de luxe, le produit de fête de fin d'année qu'elle puisse baisser
00:32 même si on compare par rapport au foie gras ou au saumon fumé par exemple. Est-ce que ça vous inquiète cette baisse de consommation ?
00:39 Alors d'abord vous dire que ce qui est important c'est par rapport à quoi on compare. Quand on compare par rapport à 2022 en effet c'est
00:45 en forte baisse puisque 2022 avait été exceptionnel.
00:49 Nous avions fait 323 millions de bouteilles en 2022, nous allons faire autour de 300 millions de bouteilles cette année donc
00:56 on est à un retour à des chiffres normaux
01:00 que nous connaissions juste avant le Covid. Donc nous avons eu
01:03 une forte évolution en volume en 2022 donc c'est un retour à la normale. Donc il n'y a pas de panique,
01:09 on est attentif à ce qui se passe parce que ce qu'il faudrait c'est que on ait quand même en
01:13 2024 une belle année. Donc nous ne sommes pas très inquiets, nous sommes
01:19 attentifs. Et comment vous l'expliquez alors ? On comprend que c'est plutôt un retour à la normale qu'une
01:26 baisse
01:27 brutale selon vous et selon votre analyse.
01:29 Que vous disent vos clients ? Est-ce que vous avez d'autres retours quand même qui peuvent
01:35 montrer que ça baisse un peu quand même ?
01:37 Alors il y a eu une évolution du prix, c'est évident. Les Champenois ont
01:42 ajusté leur prix, on a pris en compte l'évolution de nos charges, on a eu une évolution du prix. Et puis je pense que
01:52 la consommation moyenne mondiale de champagne c'est autour de 300 millions de bouteilles. On en produit entre 300 et
01:57 315 millions de bouteilles par an. Donc on est à un juste retour.
02:01 On ne pourrait pas vendre plus de 315 millions de bouteilles, 320 millions de bouteilles par an.
02:05 Donc on est sur un équilibre, une stabilité autour de 300 millions. Et quand vous dites une hausse des prix
02:11 effectivement dans le contexte de l'inflation, les producteurs l'ont répercuté
02:17 à la fois dans la production ou dans les livraisons avec le transport. C'est de l'ordre de combien sur une bouteille de champagne en moyenne ?
02:23 On n'a pas encore les chiffres.
02:25 C'est encore un peu trop tôt. Sur une année, ce qu'on sait c'est qu'on va être entre 5 et 8 % d'augmentation du prix.
02:31 Vous l'avez dit, les transports mais pas que. Il y a la bouteille vide qui a
02:34 explosé au niveau du tarif. Il y a aussi toutes nos charges de main d'oeuvre, de personnel, de matériel.
02:43 Donc les matières sèches bien sûr, carton, bouchons, bouteilles. Et puis toutes les charges
02:48 induits par le travail à la fois de la ville mais aussi en cave. Et ça qui a évolué fortement.
02:53 On peut d'ailleurs toujours voir des bouteilles de champagne
02:58 peut-être autour des 20, 25 euros. Est-ce que cette stratégie du champagne plus accessible
03:03 c'est la stratégie de l'avenir ? Ou vous pensez que ce soit
03:06 une politique assumée, d'un produit de luxe et donc cher ? Parce qu'en fait on entend souvent l'argument
03:13 chez les cavistes par exemple "Mieux vaut un bon vouvret, un bon crément qu'un mauvais champagne pas cher".
03:18 Cet argument on l'entend de plus en plus. Est-ce que vous le prenez en compte ça ?
03:21 - Là encore on est attentif.
03:24 Ce qui est important c'est que la champagne reste
03:27 le vin de la célébration, de la fête, des victoires mais aussi le vin de table, de la gastronomie.
03:34 Il y a beaucoup de tarifs en champagne. Il y a d'abord des champagnes de vignerons, vous l'avez dit, très accessibles.
03:39 Des champagnes de producteurs donc qui
03:42 proposent à leur clientèle un champagne de terroir, de tradition. Et puis il y a en effet des marques plus
03:49 internationales, plus tournées vers les grands pays. Exports en particulier, je pense aux USA, je pense à l'Angleterre, au Japon.
03:55 Où là en effet on a une différence un peu de prix
03:58 suivant si l'on est petit producteur ou grande maison mais aussi sur
04:02 le marché sur lequel on se développe. Le marché français est un marché plus de prix
04:06 avec des prix un peu plus accessibles, vous l'avez dit, autour de 20 euros.
04:10 Donc il y a en fait différents prix selon différentes catégories, selon différentes distributions.
04:14 - Mais est-ce qu'on trouve du bon champagne à 20 euros ?
04:17 - Oui, c'est encore accessible et on est un excellent rapport qualité-prix. Je pense que le vin de champagne est
04:23 le meilleur des rapports qualité-prix qu'on peut trouver aujourd'hui.
04:26 - Les chiffres que vous pouvez regarder, j'imagine, en tant que président du syndicat des vignerons, ce sont les chiffres par exemple du
04:34 Procheco ou du Crément ? Pour le coup ils ont plutôt une
04:38 courbe à l'inverse, ils augmentent les ventes ?
04:41 - Alors je vais vous dire, pour être complètement honnête avec vous, c'est une bonne nouvelle.
04:45 C'est-à-dire qu'on estime qu'aujourd'hui beaucoup de consommateurs à travers le monde
04:49 découvrent la bulle par des produits type Procheco, type cocktail, type Crément, puis ensuite
04:56 se font un peu le palais comme on dit et puis passent au champagne. On a aujourd'hui, et on le voit bien,
05:02 une prémiumisation sur le champagne, sur les vins à bulles.
05:06 Donc de plus en plus d'amateurs de bulles à travers le monde
05:09 n'ont pas de souci à passer
05:13 d'un Crément, d'un Procheco, d'un Sparkling Wine à ensuite
05:17 des vins de champagne. C'est plutôt une bonne nouvelle pour nous. Il y a de la place pour les vins de champagne.
05:22 Je crois que
05:25 10% du volume des effervescents c'est le champagne.
05:27 Donc on a encore des marges de progrès,
05:29 en sachant que, je vous le dis, on a une limite en termes de volume. Notre ambition n'est pas de faire 400 millions de bouteilles,
05:35 on ne sait pas faire. Par contre c'est de continuer à prémiumiser et puis rester
05:39 en haut de la pyramide des effervescents.
05:41 Assumer quand même une stratégie du haut de gamme. Merci beaucoup.
05:45 On l'entend, vous êtes attentif, mais pas de panique dans le monde du champagne, malgré ces chiffres qu'on a évoqués. Merci beaucoup Maxime Toubard,
05:52 président du syndicat général des vignerons de champagne. Merci d'avoir été avec nous sur RTL. Très bonne journée à vous.
05:58 ROUF !
05:59 Merci à tous !
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