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  • il y a 1 jour
L'usine Polytechnyl de Valence fermera définitivement ses portes jeudi 30 avril. Quatre mois après le redressement judiciaire, le site est placé en liquidation. Un fonds d'investissement américain va reprendre seulement la marque et les brevets de l'entreprise, et uniquement 72 salariés sur les plus de 500 que comptent les usines du Rhône et de la Drôme. Aucun poste conservé à Valence, 88 emplois disparaissent.

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00:00Ici Dromardèche, actus locales, musique et bonne humeur, ici Matin.
00:05L'usine Polytechnique de Valence et ses 88 emplois vont disparaître, la décision est tombée hier.
00:11On en parle avec notre invité ce matin, Emmanuel Champal.
00:14Bonjour Sébastien Sauve, délégué CGT, vous faites partie des 88, votre usine placée en liquidation judiciaire.
00:21Un fonds de pension américain reprend la marque et les brevets de l'entreprise qui fait du fil polyamide à
00:26Valence.
00:27Elle ne veut plus de vous, comment ça va ce matin franchement ?
00:31C'est le cœur serré et en colère qu'on a appris la nouvelle qui est tombée hier au tribunal
00:37de commerce et d'industrie à Lyon.
00:41On s'attendait plus ou moins, au moins comme ça c'est acté, on sait que les deux sites sont
00:46en liquidation judiciaire.
00:48Saint-Fonds aussi ?
00:49Saint-Fonds, oui.
00:50Valence et Saint-Fonds ?
00:51Valence et Saint-Fonds, ça fait 550 salariés sur le carreau.
00:56Le repreneur en reprend en 72, il ne vient chercher que les brevets, ce qui l'intéresse en fait.
01:02Nous on avait un repreneur, Shaima, et il avait déposé une offre, mais jusqu'à aujourd'hui, hier, on ne
01:09sait pas ce qu'il est devenu.
01:10Pourquoi ça n'a pas fonctionné ?
01:12Parce qu'il voulait un délai plus important de 3-6 mois.
01:16Un repreneur chinois ?
01:17C'est ça, Shaima.
01:19Donc on a demandé le soutien de l'État français, voire même européen, ils ne nous ont pas soutenu.
01:28Ils préfèrent injecter de l'argent dans les pays étrangers au lieu de sauver l'industrie française.
01:35Et voilà, je pense qu'ils ne veulent plus d'industrie en France, et qu'on soit France Travail.
01:40Qu'est-ce que vous lui dites à Emmanuel Macron ce matin ?
01:42Je le remercie du fond du cœur, parce qu'il ne fait rien pour la France, au contraire.
01:49Je pense qu'il est en train de tout détruire, les industries, le savoir-faire, le social, l'humain.
01:58Voilà, on est dégoûtés.
02:01Le député européen de la Drôme, Pierre Jouvet, l'a dit hier, la fin de Polytechnique, c'est une nouvelle
02:06étape dans l'abandon de notre souveraineté industrielle.
02:10Ça va totalement à l'encontre de ce que dit le chef de l'État, en fait. C'est ce
02:12que vous dites ce matin ?
02:13Tout à fait, tout à fait. Je ne comprends pas les discours qu'il a, et il fait à l
02:18'envers de ce qu'il devrait faire.
02:19Le repreneur américain, qui a donc été choisi, pourquoi est-ce qu'il ne vous reprend pas ? Pourquoi est
02:24-ce qu'il ne veut pas de l'outil de production ?
02:25Vous travaillez mal, vous n'êtes pas bon ? C'est quoi le problème ?
02:28Non, non, lui, en fait, l'ANSTA, l'américain, il est venu chercher que ce qui l'intéressait, c'est
02:36-à-dire les brevets de Stymphon et les brevets de Valence,
02:40et tout ça pour une dizaine de petits millions, alors que c'est une fortune, c'est de l'or,
02:47c'est tout un...
02:50Voilà, c'est de l'or, et pas 10 millions d'euros, c'est donné, en fait.
02:57Tout ça s'est passé très vite, le redressement judiciaire pour Polytechnique, c'était au mois de janvier, début janvier,
03:03moins de 5 mois après, l'usine va fermer quand, très concrètement, à Valence ?
03:09Donc, le 30 avril, jeudi.
03:12Jeudi soir, c'est clé sous la porte.
03:13Voilà, c'est fini, fini, fini.
03:17On entend ce matin votre... Alors, vous êtes au-delà de la colère, on a l'impression que vous êtes
03:21un peu résigné, vos collègues sont dans le même état que vous ?
03:25Oui, on est fatigué, épuisé de ces 4-5 mois-là. On est un repreneur, on n'en a pas,
03:32les réunions successives en CSE centrale, très compliquées, donc oui,
03:42et les collègues de Valence sont très fatigués aussi, en colère, fatigués, épuisés. Voilà.
03:49La moyenne d'âge des 88 de Valence, c'est combien en gros ?
03:52C'est entre 40 et 55 ans.
03:54Hommes et femmes ?
03:55Hommes et femmes.
03:56Avec quel espoir de reclassement ? Avec quel espoir pour la suite ?
04:00On va aller à la plus grande entreprise de France, à France Travail, donc oui, ils nous disent de faire
04:08des formations, mais bon, personnellement, je n'ai pas la tête à ça en ce moment,
04:14je pense que je vais prendre du temps avant de rebondir et savoir ce que je vais faire plus tard.
04:19Il va falloir digérer.
04:20Digérer, oui, c'est exactement le mot, c'est digérer, oui.
04:23Vous avez prévu quelque chose pour le dernier jour, j'ai dit ?
04:26Donc la direction nous a convoqués à 10h pour prendre un café tous ensemble sur le site de Valence.
04:36Et donc après ce café, on ira devant le portail à l'extérieur du site où il y aura les
04:47médias pour débriefer de ce dernier moment passé ensemble sur le site de Valence.
04:54Dans la zone des Auréas, on vous sent ému ce matin Sébastien Sauve.
04:58C'est une page professionnelle qui se tourne.
05:01C'est ça, tout à fait.
05:03C'est 25 ans de votre vie ?
05:04Oui.
05:06Oui.
05:07Organiser plein de choses au point de vue social, des voyages, le ski pour les enfants, tout ça, je faisais
05:17ça avec énormément de cœur.
05:20Voilà.
05:21Il va falloir digérer, on l'entend bien et on entend bien votre émotion Sébastien Sauve, délégué CGT de l
05:27'usine Polytechnique de Valence qui va donc fermer ses portes définitivement jeudi soir.
05:33Merci à vous d'avoir été là ce matin et bon courage pour la suite.
05:36Merci.
05:37Ici Dromardèche
05:39Actu locale, musique et bonne humeur
05:42Ici Matin
05:42C'est bon courage pour la suite.
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