00:00 C'est l'un des ministres les plus clivants du gouvernement.
00:02 "Darmanin démission !"
00:04 Un tacticien politique qui a le sens de la formule.
00:06 "Cela relève de l'éco-terrorisme."
00:08 Et de la polémique.
00:09 "Non mais calmez-vous madame, ça va bien se passer."
00:11 C'est Gérald Darmanin et voici son portrait en trois minutes.
00:14 Gérald Darmanin est né à Valenciennes en 1982.
00:17 Son grand-père était un tirailleur algérien, sa mère était concierge
00:20 et son père, tenancier de bar.
00:22 Des origines populaires dont il n'a jamais hésité à faire une arme politique.
00:25 "Ma très chère mère, qui est femme de ménage."
00:27 "Mon deuxième prénom est Moussaï."
00:29 "Mon grand-père, priez à Allah."
00:31 Étudiant à Sciences Polyl, le jeune Darmanin se fait rapidement remarquer
00:34 par les figures de la droite locale lorsqu'il s'oppose au blocus de l'école pendant le CPE.
00:38 "J'attends au moins que les cours soient délocalisés dans d'autres locaux."
00:41 Gérald Darmanin fait ses armes en politique dans le Nord
00:43 aux côtés du très polémique Christian Van Est.
00:45 En 2012, il lâche son mentor et rafle l'investiture de l'UMP
00:48 pour la 10e circonscription du Nord.
00:51 A l'Assemblée, il prend notamment position contre le mariage pour tous.
00:53 "Je pense que le mariage c'est un homme et une femme
00:56 et qu'un enfant est né d'un homme et d'une femme."
00:58 Des propos qu'il regrettera quelques années plus tard.
01:00 "J'aurais dû voter pour le mariage pour tous."
01:01 En 2014, il est élu maire de Tourcoing.
01:03 Puis pour la primaire de la droite, il soutient d'abord Nicolas Sarkozy
01:07 avant de se rallier au vainqueur François Fillon.
01:09 Pendant cette campagne, il tient des propos très durs envers Emmanuel Macron.
01:12 "Il va dans une région, il insulte les habitants de la région.
01:14 C'est quelqu'un qui ne connaît pas le pays."
01:15 Mais face au déboire de son candidat, il quitte le navire.
01:18 Et entre les deux tours, il se rallie à Emmanuel Macron face à Marine Le Pen
01:21 et prend ses distances avec les Républicains.
01:24 "Les Républicains, ils ont quitté leur âme en ne choisissant effectivement pas
01:27 entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen."
01:29 Un revirement que ses anciens alliés ne lui pardonneront pas.
01:32 "Le fond de ma pensée, c'est qu'on n'a plus rien à voir ensemble."
01:35 Qu'importe, le nouveau ministre du Budget façonne son image politique,
01:38 celle d'un homme de province, proche du peuple, maire d'une commune populaire,
01:42 aux prises avec le quotidien des électeurs.
01:43 "On comprend les inquiétudes des Français.
01:45 Je retourne extrêmement souvent dans ma commune à Tourcoing
01:47 où les classes sont populaires et travailleuses."
01:49 Mais en pleine ascension politique, l'ambitieux Darmanin est rattrapé par la justice.
01:53 Deux femmes portent plainte respectivement pour viol et abus de faiblesse.
01:56 Et l'accusent de les avoir obligés à des relations sexuelles en échange de faveurs.
02:00 Des affaires qui ont abouti pour l'une à un non-lieu, pour l'autre à un classement sans suite,
02:04 mais qui ont fait de Darmanin la cible des mouvements féministes.
02:07 "Ca et sa conflit !"
02:09 Plusieurs fois accusé de sexisme, Darmanin est un habitué des polémiques.
02:12 "Calmez-vous madame, ça va bien se passer."
02:14 "Ca va bien se passer ?"
02:15 "Et elle va bien se passer."
02:16 "Il y a 30% de baisse."
02:17 "Oh, je vous demande pardon, comment vous parlez ?"
02:19 Représentant de l'aile droite de la Macronie,
02:21 Gérald Darmanin flirte parfois avec le vocabulaire de l'extrême droite.
02:24 "Certaines parties de la société connaissent ce qu'on appelle l'ensauvagement."
02:27 Tout en se posant comme un rempart face au Rassemblement National.
02:30 "Madame Le Pen, c'est l'irresponsabilité faite femme."
02:33 "Et si on veut que les électeurs de Mme Le Pen arrêtent de voter pour elle,
02:35 il faut leur dire qu'on a compris quelle était leur difficulté de vie."
02:38 Un parti contre lequel il ne retient pas ses coups.
02:40 "Madame Le Pen, dans sa stratégie de dédiabolisation,
02:42 on revient à être quasiment un peu dans la mollesse.
02:45 Je vous trouve, il faut vous reprendre des vitamines."
02:47 Depuis qu'il est à l'intérieur, le premier flic de France n'a eu de cesse de défendre ses troupes.
02:51 "Que s'est-il passé à gauche pour qu'on confonde casseurs et policiers ?"
02:54 Quitte à accumuler les contre-vérités.
02:56 "Non, les gendarmes n'ont pas lancé de LBD en quad."
02:59 Ou les formules controversées.
03:01 "Quand j'entends le mot 'violence policière', moi, personnellement, je m'étouffe."
03:05 Après le camouflet sur le texte immigration qu'il porte depuis des mois,
03:08 le ministre apparaît affaibli.
03:10 "Quand on a un échec, c'est un échec."
03:12 Mais Darmalin, comme le surnomme ses proches,
03:14 pourrait rapidement rebondir dans sa ligne de mire 2027.
03:18 Sous-titrage Société Radio-Canada
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