00:00 Vous êtes sur RTL.
00:02 Bonsoir.
00:04 Vincent Parizeau, Marion Calais.
00:06 Et le deuxième invité d'RTL Bonsoir est avec nous, c'est l'invité pour tout comprendre et c'est maintenant.
00:11 Tout comprendre ce soir au Téléthon. Il débute aujourd'hui jusqu'à demain.
00:15 30 heures d'antenne sur France Télévision pour récolter des dons, dons qui doivent financer la recherche contre les maladies rares.
00:22 Alors on va faire un point ce soir sur les progrès permis par le Téléthon et sur le chemin qu'il reste à parcourir.
00:28 Voilà et n'oubliez pas 36, 37, ça sera le numéro pour faire des dons et on est avec Frédéric Réva.
00:34 Bonsoir.
00:35 Bonsoir.
00:36 Directeur général de Généthon.
00:37 Le Généthon c'est un labo de pointe financé en grande partie par le Téléthon.
00:42 Et votre laboratoire, il recherche des traitements pour plus de 7000 maladies rares et notamment pour la myotrophie spinale.
00:49 On vous en parlait ce matin sur RTL à travers l'histoire d'Ibrahima.
00:52 Ibrahima, il a deux ans et demi et il bénéficie d'un traitement développé par Généthon.
00:57 Agathe Landel a rencontré avec sa mère.
00:59 On ne dirait pas du tout qu'il est malade.
01:01 Comme on peut le voir grâce à la thérapie génique, il n'y a pas de souci.
01:05 Il est en pleine forme.
01:07 Il adore faire du vélo, il adore courir partout.
01:10 C'est très difficile de le rattraper dans les magasins.
01:12 C'est qui le champion ?
01:13 C'est moi.
01:14 Alors on a ici un exemple très parlant.
01:17 Concrètement, qu'est-ce qu'il permet ce traitement dans la vie d'Ibrahima, ce traitement que votre laboratoire a développé ?
01:23 Ibrahima, il est atteint d'une maladie neurologique qui est gravissime.
01:27 Ça ne s'entend pas parce qu'aujourd'hui il est en pleine forme.
01:30 Il est en pleine forme parce que justement il a reçu ce traitement.
01:33 Mais sa maladie est gravissime.
01:35 C'est une maladie qui touche les motoneurones, ces cellules qui commandent les muscles.
01:39 Et chez les enfants qui sont atteints de la maladie d'Ibrahima, en réalité, ils n'ont pas de force.
01:44 Ils ne peuvent pas se redresser.
01:46 Souvent ils ont besoin d'assistance respiratoire.
01:48 Et dans 95% des cas, ils décèdent avant l'âge de 2 ans.
01:52 Et Ibrahima, ce qu'il a reçu, c'est un traitement de thérapie génique.
01:55 C'est-à-dire qu'on lui a apporté le gène qui chez lui est manquant, ou qui chez lui est muté.
02:00 Donc on lui a apporté une version de ce gène qui permet à nouveau à ses motoneurones de fonctionner.
02:05 Et comment on lui a apporté ce gène ?
02:06 Alors c'est le principe de la thérapie génique.
02:08 Le principe est simple, mais en réalité la mise en œuvre est extrêmement compliquée
02:12 parce qu'un gène ne rentre pas spontanément dans les cellules.
02:15 Et pour le faire rentrer dans les cellules, il faut y accrocher un transporteur.
02:20 Et ce transporteur, qu'est-ce que c'est ?
02:22 Ce vecteur, ce sont des composantes de virus qu'on aura reconstituées en laboratoire
02:26 parce que ces composantes de virus savent faire rentrer les gènes dans les cellules.
02:29 Et c'est bien pour ça que la thérapie génique est quelque chose d'extrêmement complexe.
02:33 Quand on s'est lancé là-dedans à la fin des années 90,
02:36 tout le monde nous a dit "ça ne marchera jamais, c'est trop difficile, ça ne donnera pas de résultat".
02:42 Aujourd'hui on voit Ibrahima, et il y a 3500 enfants qui comme Ibrahima ont reçu ce traitement.
02:48 Donc on voit la thérapie génique dans le cas d'Ibrahima,
02:50 et pour beaucoup d'autres maladies, aujourd'hui la thérapie génique, ça sauve des vies.
02:54 J'imagine que c'est une grande fierté évidemment pour tous ceux qui travaillent dans votre labo.
02:57 Vous l'avez dit, c'est extrêmement complexe, donc ça coûte très très cher.
03:02 Les dons, et surtout ceux du Téléthon, sont vitaux pour votre laboratoire ?
03:07 Oui, les dons sont vitaux parce que la recherche a besoin de moyens.
03:13 Quand on voit le chemin parcouru, on voit Ibrahima,
03:16 mais il y a aujourd'hui un peu moins d'une vingtaine de médicaments
03:21 à différents stades de développement à Genethon.
03:23 Et puis des traitements de thérapie génique, il y en a aussi.
03:25 Toutes ces technologies qu'on a contribué à mettre en oeuvre, à développer,
03:29 elles sont utilisées pour des cancers,
03:31 elles sont utilisées dans des développements pour la dégénérescence maculaire liée à l'âge,
03:34 c'est pas nous qui le faisons, mais toutes ces technologies servent également des maladies fréquentes.
03:39 Et pour nous, maintenant, l'enjeu c'est d'accélérer.
03:42 On voit que la thérapie génique, ça marche, on sauve les vies,
03:45 on inverse le cours du destin et le cours de la maladie,
03:48 mais pour accélérer et pour répondre à l'attente de toutes ces familles,
03:53 c'est 95% de toutes les maladies rares qui n'ont pas aujourd'hui de traitement.
03:58 Les maladies rares, c'est 6 à 7000 maladies, c'est 3 millions de Français qui sont concernés.
04:03 - La spécificité du généthon et de son financement, notamment à travers le téléthon,
04:08 c'est très important parce que ce sont des maladies rares,
04:12 et donc forcément qui n'intéressent pas directement les autres laboratoires.
04:17 - Mais oui, c'est en ça, il y a une double révolution à généthon,
04:20 une double révolution grâce au téléthon, c'est la révolution scientifique,
04:23 la révolution médicale de la thérapie génique,
04:25 mais aussi la révolution qui consiste à dire, c'est pas parce que vous avez une maladie rare
04:28 qu'on va vous laisser sur le bord du chemin.
04:30 Personne ne doit rester sur le bord du chemin.
04:33 Et tout ce qu'on fait pour les maladies rares sert également aux maladies fréquentes.
04:36 Et là, je pense que c'est aussi quelque chose qu'il faut bien comprendre.
04:39 - Et au-delà de la thérapie génique, il y a eu d'autres accomplissements
04:41 par d'autres biais face à toutes ces maladies ?
04:44 - Le téléthon, grâce au téléthon, on poursuit également,
04:47 alors là c'est dans d'autres laboratoires que le généthon,
04:49 mais on poursuit d'autres approches.
04:52 On poursuit la thérapie cellulaire, où cette fois-ci,
04:55 on n'apporte pas un gène réparateur mais des cellules réparatrices,
04:58 c'est le laboratoire ISTEM.
05:00 Et puis on a aussi, ponctuellement, quelques approches pharmacologiques
05:03 plus classiques, quand on pense que ça peut répondre
05:06 aux questions qui sont posées par ces maladies rares.
05:09 - Ce sont des progrès qui donnent de l'espoir, mais vous l'avez souligné,
05:12 95% des maladies rares sont toujours sans traitement.
05:15 Quels sont les prochains paliers à franchir pour la recherche ?
05:18 Qu'est-ce qu'on peut faire de plus ?
05:21 - On a montré que la thérapie génique, ça fonctionnait.
05:24 On a mis en place ces technologies.
05:27 Développer de nouveaux produits, faire améliorer les technologies,
05:30 avoir des produits plus puissants, et puis surtout,
05:33 pour plus de patients et pour plus de maladies.
05:36 Et c'est là que, évidemment, les ressources, le financement,
05:39 est fondamental. - On a beaucoup parlé au moment du COVID
05:42 des vaccins, de l'apport de l'ARN messager.
05:46 Est-ce que ça aussi, ça fait partie, pour vous,
05:49 des pistes vers de nouveaux traitements ?
05:52 - Oui, absolument. Nous, on a des programmes sur l'ARN messager.
05:55 Nous, ça fait des années qu'on travaille aussi dessus.
05:58 Et je pense que si les vaccins ARN messager ont marché
06:01 si vite, si bien, alors c'est d'une part parce qu'il y a eu des financements
06:04 massifs, mais c'est aussi parce que le terrain a été préparé
06:07 et que tous ces travaux dans le domaine de la thérapie génique avaient bien préparé le terrain.
06:10 Donc oui, on a des programmes sur l'ARN messager pour les maladies rares.
06:14 - Et là, vous avez deux grosses journées et deux grosses soirées
06:17 en perspective. Merci beaucoup,
06:20 Frédéric Réva, directeur général de Geneton, d'avoir été avec nous
06:23 ce soir. Et puis alors, rappel, donc, pour le Téléthon,
06:26 pour donner, qu'est-ce qu'on fait, Marion ?
06:29 - Eh bien, on compose le 36-37 sur le téléphone
06:32 ou on va sur Internet sur don.téléthon.fr
06:36 - Voilà, ce sera tout le week-end. Merci beaucoup, Frédéric Réva,
06:39 directeur général de Geneton. Dans un instant,
06:42 RTL Inside... - Sur le chantier de la cathédrale Notre-Dame de Paris.
06:45 - Tout en haut, tout en haut.
06:48 RTL. Bon sang.
06:50 [SILENCE]
Commentaires