00:00 C'était essentiellement juridique, donc il a fallu fournir aux avocats,
00:08 multiplier les requêtes devant le conseil d'État.
00:12 Moi j'avais jamais été en tant que journaliste devant le conseil d'État,
00:14 ce serait assez rare.
00:16 Le premier travail ça a été de répondre à toutes ces...
00:20 Comment dire...
00:21 Ce qui s'apparentait à une censure, mais qui prenait pour prétexte des indicateurs,
00:27 qui était plein de chicanes, peu de choses scientifiques,
00:33 et surtout une volonté qu'on n'ait plus accès aux données,
00:38 tout simplement aux données d'activité des établissements de soins.
00:41 Alors ça nous a pris deux ans, c'est un gros travail,
00:43 mais enfin on voit bien que ça paye.
00:44 Le 16-13 qui est le comité d'antichambre scientifique de la CNIL,
00:49 nous a donné cette fois un avis favorable.
00:51 Parce que tout partait de l'avis défavorable qu'on avait eu il y a deux ans.
00:54 Donc ça veut dire que si on réserve,
00:59 que la CNIL va sans doute mettre du même avis,
01:01 et que donc on aura ensuite accès à nouveau aux données,
01:05 qu'on pourra enfin travailler.
01:06 C'est en 2016, Marisol Touraine a introduit une nouvelle loi.
01:13 C'est six ans que ça ne toucherait pas les journalistes,
01:15 c'est là où bon, il faut quand même entendre nos politiques.
01:18 Ça ne nous toucherait pas, on avait démontré notre professionnalisme,
01:21 on était formidables.
01:23 Ça ne nous a pas empêché d'écrire à l'époque qu'on n'était pas dupe,
01:25 que c'était une censure qui s'installait,
01:27 et qui s'est installée puisque six ans après,
01:30 cinq ans après, c'était fini.
01:31 Donc oui, la volonté c'est, il faut cacher au grand public,
01:35 c'est une tendance française, mais il faut cacher ce qui se passe.
01:38 Et puis surtout il y a un problème avec ce qu'on fait, faire les meilleurs.
01:42 Ce qu'on nous reproche c'est vider les petits hôpitaux.
01:44 Mais moi je ne cache pas que malheureusement,
01:46 vu ce qui se passe dans certains petits hôpitaux, c'est sanitaire.
01:49 Et c'est ça aussi qu'on veut empêcher,
01:51 surtout à un moment où la crise s'intensifie,
01:55 manque de personnel, manque de moyens,
01:57 et où on ne mène pas les restructurations qu'il faudrait mener
01:59 pour que le système soit efficient.
02:02 On a les données pour trois ans, et puis par ailleurs,
02:06 nous avons introduit un recours devant la Cour européenne des droits de l'homme,
02:09 parce que nous estimons,
02:11 même si nous acceptons de passer sous les forces polides aujourd'hui,
02:15 nous estimons que de toute façon,
02:17 la censure à laquelle c'est libre et de cesse reste,
02:19 la censure préalable, est inacceptable.
02:21 Au point de vue du droit de la presse.
02:23 Donc c'est ça qui est fondamental.
02:24 Et on n'est pas à l'abri que ça se reproduise,
02:26 et qu'on durcisse les règles qui se sont durcies au fur et à mesure.
02:29 On pourrait même aller plus loin,
02:31 éventuellement, mais ça c'est par tropisme juridique,
02:34 parce que ces derniers temps on en fait beaucoup,
02:36 on pourrait aussi bien dire, est-ce que cette loi est bien légitime ?
02:39 Bref, il y a tout un travail juridique à faire sur ces lois,
02:42 parce qu'effectivement c'est trop facile.
02:44 On dit, vous allez faire des bêtises, comme vous en faites depuis 20 ans,
02:47 donc vous n'avez pas accès aux données.
02:49 Mais c'est inimaginable.
02:50 Surtout des données publiques.
02:52 Donc c'est quand même complètement consternant.
02:55 Alors, heureusement, le droit fait que, et la loi fait que,
02:58 aujourd'hui, quand même, en argumentant, on y arrive.
03:01 On espère pouvoir publier comme on l'a toujours fait,
03:07 ou souvent fait, à la fin août 2024.
03:12 C'est ce qu'on souhaite, c'est ce qu'on espère.
03:14 Mais nous, l'équipe a changé aussi,
03:15 il y a eu beaucoup de changements,
03:17 il y a eu du changement au sein du journal,
03:19 de la direction de la rédaction, de l'équipe elle-même.
03:23 Donc on repart sur de nouvelles bases, avec aussi de nouvelles idées.
03:26 Et comme tu le disais, François,
03:28 on va améliorer évidemment le palmarès des hôpitaux,
03:32 mais ça ne nous empêchera pas de continuer à enquêter sur tout le reste,
03:36 sur tout ce qui ne va pas.
03:37 Sur les petits hôpitaux, comme l'a fait François,
03:40 ce n'est plus possible qu'on laisse des gens mourir
03:42 dans les petits hôpitaux pour des raisons obscures.
03:45 On ne lâche pas les enquêtes pour autant.
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