00:00 Je suis ému d'avoir ce poste-là aujourd'hui.
00:03 Il y a quelques années, ce n'était pas forcément un objectif
00:07 d'être capitaine de la Coupe des 10.
00:08 J'ai arrêté ma carrière en 2017.
00:11 J'ai pris pas mal de recul aussi
00:13 par rapport à ma passion que j'ai eue depuis tout petit.
00:16 C'était important aussi de tirer un trait.
00:18 C'est ma carrière de joueur de tennis.
00:19 Et quand on m'a demandé de rejoindre la Fédération française de tennis
00:23 il y a plus de deux ans et demi,
00:24 j'ai longtemps hésité à me relancer dedans.
00:27 J'ai décidé de le faire.
00:29 Et comme à mon habitude, avec beaucoup de passion,
00:31 beaucoup d'envie,
00:33 la plupart d'entre vous savent que je suis aussi un grand travailleur.
00:37 J'ai commencé cette mission en tant que directeur du haut niveau
00:42 en recréant des liens avec les joueurs du circuit,
00:46 recréer du lien aussi au CNE.
00:49 J'ai eu la chance aussi d'intégrer le staff de l'équipe de France.
00:52 D'ailleurs, je passe le message à Sébastien,
00:54 même s'il ne nous entend pas, de le remercier
00:57 de m'avoir permis d'être entraînant de l'équipe de France.
01:00 Et effectivement,
01:01 suite à cette nomination d'être entraînant de l'équipe de France,
01:04 petit à petit, je me suis dit, pourquoi pas,
01:07 un jour, postuler pour être capitaine.
01:10 Bien évidemment, jamais je ne me serais positionné
01:12 pendant qu'il y avait un capitaine en place.
01:15 L'opportunité s'est présentée
01:16 parce que Sébastien a décidé de quitter l'aventure
01:20 pour entraîner ma Arthur Fils, comme vous le savez tous.
01:23 Effectivement, j'ai été très motivé pour prendre la suite.
01:27 Je suis très fier d'avoir été choisi
01:29 parce qu'il y a eu beaucoup de candidats,
01:32 plus que légitimes, qui se sont présentés.
01:34 Je suis conscient que j'ai aussi beaucoup de responsabilités,
01:38 bien évidemment.
01:39 On part de la Coupe Davis,
01:40 mais c'est aussi l'année olympique l'année prochaine.
01:43 Pour moi, c'est vraiment très important
01:45 et c'est un objectif qui est là et bien présent.
01:48 J'ai créé... Qu'est-ce que je peux vous dire d'autre ?
01:52 J'ai créé du lien avec pas mal de joueurs.
01:55 Il y a une vraie émulation qui s'est créée
01:56 entre les plus jeunes, les moins jeunes
01:59 et encore des plus âgés,
02:00 et qui est hyper intéressante.
02:03 On avait un doute, il y a quelques années,
02:05 quand je suis arrivé, de remplir le quota pour les Jeux olympiques.
02:08 Aujourd'hui, je ne prends pas de risque
02:10 en disant qu'on va remplir ce quota-là,
02:12 mais j'espère vraiment qu'on va aller chercher aussi une médaille.
02:15 Je suis très ambitieux pour tous ces garçons.
02:18 Je ne parle pas d'équipe, je parle d'équipe,
02:20 mais cette équipe, elle comporte plus d'une dizaine de joueurs.
02:23 Je pense qu'il n'y a pas de limite pour eux.
02:26 J'ai eu l'occasion d'en discuter avec eux individuellement
02:29 lors de mes missions précédentes.
02:32 Je suis très confiant et je suis fier de pouvoir porter cette équipe
02:38 pour les rencontres de Coupe d'Evis
02:40 et pour les prochains Jeux olympiques.
02:42 Ma nomination, elle est toute récente.
02:44 Effectivement, ça va être une année chargée avec la Coupe d'Evis
02:47 et c'est comme je l'ai dit, les Jeux olympiques qui se profilent très rapidement.
02:50 Je pense qu'il faut qu'on soit vraiment les plus compétitifs possible,
02:53 qu'on se donne le maximum de chances de remporter la rencontre
02:56 et de remporter des médailles.
02:58 Pour ça, bien évidemment, mon objectif et mon souhait,
03:01 c'est de mettre les meilleurs joueurs sur le terrain.
03:04 Créer des équipes dès maintenant, c'est toujours un petit peu risqué
03:08 parce qu'on ne sait pas, aujourd'hui, on ne connaît pas les quatre qualifiés
03:12 encore qui vont participer aux Jeux olympiques.
03:14 L'idée, aujourd'hui, c'est de créer un accompagnement
03:18 pour les joueurs de double spécifique avec nos meilleures chances de médailles.
03:23 Comme je l'ai dit, ma nomination est très récente.
03:26 On en discute avec Ivan.
03:27 On a discuté depuis quelques semaines avant ma nomination
03:30 en tant que responsable de niveau ce qu'on pouvait mettre en place
03:33 concernant le double.
03:35 Je pense qu'on va approfondir le sujet les prochains jours, les prochaines semaines,
03:40 mais c'est quelque chose qu'on voudrait mettre en avant
03:42 parce qu'aujourd'hui, on sait que le double,
03:44 c'est un point qui est souvent crucial lors des rencontres de Coupe d'Élise.
03:48 Vous le savez tous.
03:49 C'est aussi une chance de médaille qu'on peut avoir aux prochains Jeux olympiques.
03:53 Il y a une grosse densité dans le top 100.
03:55 Comment tu as l'intention de travailler avec eux ?
03:57 Est-ce que tu auras des priorités ?
03:58 D'abord les jeunes et on pense aux autres après ou pas ?
04:01 Non, je pense qu'aujourd'hui, tous les joueurs sont importants.
04:04 Comme je l'ai dit, j'ai envie de mettre les meilleurs joueurs sur le terrain
04:08 déjà lors des rencontres de Coupe d'Élise.
04:11 Ensuite, bien évidemment, j'aurai une discussion avec chacun d'eux.
04:14 Pour les Jeux olympiques, c'est un peu différent
04:16 parce que c'est eux qui s'inscrivent.
04:20 Il n'y a pas une vraie sélection qui est faite.
04:23 Ensuite, c'est une continuité du travail aussi
04:24 que je fais depuis deux ans à plein temps au sein de la fédération.
04:28 C'est d'avoir ce lien avec les joueurs, avec leur staff aussi,
04:32 de les écouter.
04:33 Je suis quelqu'un de très ouvert d'esprit.
04:36 Aujourd'hui, je travaille à la fédération,
04:37 mais vous savez tous que j'étais hors du système à un moment donné.
04:41 Je me suis entraîné aux États-Unis.
04:42 Je pense que ces temps d'échange sont très importants avec eux.
04:46 Effectivement, ce lien à l'année est primordial
04:49 pour créer un état d'esprit aussi de cohésion.
04:54 Mon but, c'est de fédérer le maximum de joueurs
04:58 et qu'on aille tous dans le même sens.
05:00 Est-ce que le fait d'avoir été joueur aujourd'hui,
05:03 d'avoir une longue carrière et d'avoir été en équipe de France un moment,
05:07 suffit à faire à mon capitaine étant donné que
05:10 ton expérience de coaching est forcément limitée
05:14 et que le rôle de capitaine, c'est du management et du coaching ?
05:16 Tu y mets des doutes sur ma capacité d'être capitaine ?
05:19 Non, pas du tout. C'est une question ouverte.
05:21 Il y a souvent des anciens joueurs qui deviennent capitaines.
05:24 Je pense que j'en ai largement les capacités
05:29 parce que sinon, jamais, je n'aurais osé postuler pour ce poste.
05:33 Effectivement, mon expérience d'ancien joueur m'aide énormément.
05:38 Le passé que j'ai aussi sur le circuit pendant ces 20 dernières années,
05:41 j'ai pris plus de 20 ans sur le circuit.
05:43 Et aussi, depuis deux ans, maintenant,
05:46 moi qui suis à plein temps au sein de la fédération
05:47 et en contact permanent avec les joueurs,
05:50 et d'abord peut-être avec les plus jeunes,
05:52 j'ai eu cette envie de transmission dès que je suis arrivé à la fédération.
05:56 C'est quelque chose qui m'a plu.
05:59 Ce partage d'expérience, c'est quelque chose...
06:01 Alors peut-être, je ne sais pas si je devrais le dire,
06:03 mais que j'aurais souhaité davantage quand moi, je jouais.
06:06 Parfois, j'ai eu des discussions avec des joueurs
06:09 qui ont été un petit peu difficiles,
06:11 parce qu'il faut les mettre face à leur réalité.
06:14 Mais j'aurais aimé qu'on ait eu ces discussions avec moi-même par le passé.
06:17 Je pense que vraiment, je peux avoir une plus belle vue par rapport à ça.
06:21 Et je me sens complètement apte aujourd'hui
06:23 de rêver cette équipe de France le plus loin possible,
06:28 que ce soit en coup de télévise ou aux Jeux olympiques.
06:31 Ça, c'est une certitude.
06:32 Et aujourd'hui, mon interlocuteur, Ivan, est là.
06:37 Sur Adrien Manarino,
06:40 qu'as-tu l'intention de faire avec lui ?
06:42 Il a pris position sur les Jeux olympiques.
06:45 Tu connais sa position. Elle est plutôt honnête.
06:47 Il faut bien le reconnaître.
06:49 - Je l'ai pas vue, moi. - Comment ?
06:51 Je l'ai pas vue. Je lis pas le...
06:52 Tu connais sa position. Tu sais très bien qu'il compte te dire
06:56 que je suis tellement nul sur terre battue qu'il n'a aucune chance...
06:59 Un peu de respect, s'il te plaît.
07:01 ...qu'il préférerait que quelqu'un d'autre prenne sa place.
07:04 Qu'est-ce que tu as l'intention de faire avec lui ?
07:07 Et la deuxième chose,
07:08 je voudrais que tu nous parles de la formule actuelle de la Coupe Davis,
07:12 de savoir ce que tu en penses, si tu l'aimes ou pas.
07:14 Et si tu l'aimes pas, est-ce que tu as l'intention
07:17 de rencontrer d'autres capitaines, maintenant que tu es au poste,
07:20 pour essayer d'influencer ce changement de formule ?
07:24 Sur la première question, ça va être très rapide.
07:27 Effectivement, Adrian Manarino s'est prononcé, effectivement,
07:31 sur le fait qu'il se sentait pas vraiment capable
07:34 de gagner des matchs sur terre battue.
07:35 Je dois avoir une discussion avec lui.
07:37 Bien évidemment, là, c'est tout récent,
07:39 donc j'ai pas eu le temps de l'appeler,
07:41 mais j'aurai le temps de le voir et de discuter.
07:43 C'est pas du tout mon intention, aujourd'hui,
07:47 de faire jouer des joueurs sous contrainte.
07:50 Voilà, donc c'est une discussion poussée que j'aurai avec lui.
07:52 Et encore une fois, sur les Jeux olympiques,
07:55 il y a une inscription qui rentre en ligne de mire.
07:59 C'est eux qui s'inscrivent.
08:00 Voilà, s'il estime qu'il a aucune chance,
08:04 eh bien, on verra.
08:05 Donc j'aurai cette discussion avec lui.
08:08 Concernant le format de la Coupe des Liges,
08:10 vous me doutez, comme j'ai pu le dire,
08:13 il y a quelques minutes, que non,
08:14 j'étais pas forcément fan de cette nouvelle formule
08:17 depuis quelques années.
08:18 Rien ne remplace les home and away.
08:21 Voilà, on a encore ces home and away sur les premiers tours.
08:25 Je pense que c'est très important de pouvoir jouer,
08:29 si on arrive à jouer à la maison,
08:31 parce que ça permet aussi de faire la promotion de notre sport.
08:34 Quand ça a été enlevé, c'était une vraie déception.
08:36 Ensuite, effectivement, se réunir avec les capitaines,
08:38 essayer de voir ce qu'on peut faire.
08:40 Après, les décisions, elles nous appartiennent pas non plus.
08:42 Je sais qu'il y a forcément des discussions en cours,
08:46 mais à partir forcément de 2025,
08:48 on sait qu'à partir de 2024,
08:50 le calendrier est complètement établi.
08:53 Le président de l'ITF a été réélu.
08:55 Voilà, effectivement, je vais m'intéresser,
08:58 et on va essayer de s'intéresser de plus près
09:00 sur ce qu'il compte faire, effectivement, les prochaines années.
09:03 Aujourd'hui, les deux meilleurs joueurs de double français
09:05 ont quasiment 80 piges à eux deux.
09:08 Ils prévoient plus ou moins de jouer ensemble
09:12 en début de saison dans l'optique des Jeux.
09:13 Et derrière, t'as pas beaucoup de spécialistes.
09:15 T'as une paire de spécialistes, Reboul Doumbia,
09:19 qui est dans les 15 meilleures paires mondiales,
09:21 et qui a jamais été aujourd'hui associée à un rassemblement,
09:23 un regroupement fédéral particulier.
09:26 Est-ce que t'as l'intention de créer un pool double
09:31 et de faire des rassemblements ?
09:33 Comment tu comptes gérer cette relève éventuelle ?
09:37 Ouais, on verra.
09:39 C'est encore un peu tôt, effectivement, pour en discuter.
09:41 C'est vrai que Nicolas et Edouard, c'est pas les plus jeunes.
09:44 Nicolas a mon âge, donc on n'est pas tous jeunes.
09:48 Effectivement, y a pas vraiment de spécialistes de double derrière.
09:53 Oui, à voir.
09:54 C'est pour ça qu'il faut pousser ce sujet un peu plus loin,
09:57 voir s'il y a une école de double à mettre en place ou pas.
10:01 Je sais qu'il y a des choses qui ont été mises en place
10:02 aussi pour les plus jeunes.
10:04 Voilà, c'est pour ça que je parlais d'accompagnement.
10:09 Essayer d'accompagner certains joueurs en vue des Jeux olympiques.
10:12 Aussi inciter, et c'est important, c'est à eux de prendre la responsabilité,
10:16 d'inciter les joueurs de simple à jouer de plus en plus le double.
10:19 Parce qu'on sait que ce point est souvent crucial lors des rencontres.
10:23 Aujourd'hui, s'il y a un joueur de double qui est baissé,
10:24 il faut qu'on puisse avoir une alternative.
10:28 Et on a beaucoup plus de chances d'être productifs
10:32 et si les joueurs de simple arrivent à y jouer le plus régulièrement durant l'année.
10:36 Donc c'est à nous de leur faire passer ce message-là,
10:40 d'essayer de les faire jouer ensemble.
10:43 Ensuite, c'est aussi eux les seuls responsables.
10:45 C'est eux qui décident effectivement s'ils veulent jouer ou pas.
10:48 Mais en tout cas, j'aurais cette discussion avec eux.
10:51 Et on les a déjà depuis quelque temps.
10:54 – Je ne sais pas, on ne doit pas être nombreux à t'avoir vu ce jour de 2002 à Bercy.
11:00 Je voudrais savoir, est-ce que ce serait un petit pied de nez,
11:03 une revanche personnelle de pouvoir soulever à nouveau le saladier ?
11:07 Quel rapport tu entretiens avec ce saladier d'argent
11:09 alors que tu l'avais approché du doigt il y a combien de temps ?
11:14 – Merci Eric, tu vas encore remuer le couteau.
11:18 [Rires]
11:20 La Coupe Davis a toujours représenté énormément de choses pour moi.
11:25 C'est vrai, aujourd'hui, pourquoi j'ai joué au tennis,
11:28 c'est pour la Coupe Davis, pour Roland-Garros.
11:31 J'ai un souvenir qui est très fort.
11:33 J'avais assisté à une rencontre des Français,
11:38 c'était contre les Hongrois, semble à Besançon.
11:41 J'avais 12 ans, j'avais discuté avec Arnaud Böttch à la fin de la rencontre.
11:46 Et depuis ce jour-là, j'ai eu envie de jouer pour l'équipe de France.
11:49 C'est ce qui m'a donné envie de jouer.
11:51 J'ai toujours eu un lien très fort avec cette compétition.
11:57 Oui, tu pars de 2002, ce serait un pied de nez.
12:01 Oui et non, ce n'est pas pour ça qu'aujourd'hui,
12:03 j'ai postulé capitaine pour prendre une revanche sur quoi que ce soit.
12:09 Bien évidemment, je serais fier qu'on puisse à nouveau soulever ce saladier d'argent.
12:15 Même si on le sait tous, le format est bien différent par rapport au passé.
12:20 Mais j'ai vécu des moments qui ont été très intenses lors de ces rencontres.
12:27 Des moments très difficiles, comme en 2002, je n'ai pas à le cacher.
12:33 Mais aussi des moments très joyeux
12:35 où j'avais pu apporter le point de la victoire chez moi à Strasbourg.
12:39 Ou quand j'avais battu Carlos Moyar en Espagne chez lui à Alicante.
12:44 J'ai toujours eu quelque chose de très fort avec cette compétition.
12:51 Je suis d'autant plus fier aujourd'hui d'être capitaine de cette équipe.
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