Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 ans
Le tabagisme est le principal facteur de risque du cancer du poumon… Mais il n’est pas le seul. Tout comme la maladie peut se manifester sous différentes formes. En compagnie du Dr Safae Terrisse, oncologue à l’hôpital Saint-Louis, nous allons reprendre les bases pour tenter de comprendre ce qu’est un cancer du poumon.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00 [Musique]
00:09 Le tabagisme est le principal facteur de risque du cancer du poumon,
00:14 mais il n'est pas le seul,
00:15 tout comme la maladie peut se manifester sous différentes formes.
00:19 En compagnie du Dr Safa Teri, soncologue à l'hôpital Saint-Louis,
00:23 nous allons reprendre les bases pour tenter de comprendre ce qu'est le cancer du poumon.
00:28 Bonjour docteur.
00:29 Bonjour, merci pour votre invitation.
00:31 Alors pour commencer docteur, peut-être une définition simple de ce qu'est le cancer du poumon.
00:36 Alors le cancer du poumon, c'est une transformation de la cellule normale
00:41 qui compose le poumon en une cellule qui va croître et proliférer de manière anarchique.
00:47 Elle va avoir cette capacité à envahir localement le poumon, mais également.
00:51 Et là, ce qu'on appelle un potentiel métastatique,
00:53 c'est qu'elle est capable d'aller au-delà du poumon pour donner des métastases.
00:57 Alors quels sont les patients les plus exposés au cancer du poumon ?
01:01 Le cancer du poumon, il peut survenir chez tout le monde.
01:06 Dans la majorité des cas, c'est les personnes qui ont fumé.
01:08 Donc le tabac étant le premier facteur de risque du cancer du poumon, mais pas que.
01:12 On a d'autres types de cancers du poumon,
01:15 notamment les cancers liés aux expositions professionnelles,
01:18 les expositions environnementales.
01:20 Et puis, 15 à 20% de ces cas sont liés à des mutations.
01:25 Ce sont des mutations qui ne sont pas transmissibles,
01:28 mais qui peuvent générer un cancer également.
01:32 Alors, on dit que cette maladie diminue chez les hommes,
01:35 enfin la prévalence diminue chez les hommes,
01:37 tandis qu'elle a tendance à augmenter dans la population féminine.
01:41 Comment on explique ces disparités ?
01:42 Alors d'abord, c'est vrai qu'en cancérologie, on va raisonner en termes d'incidence.
01:46 Donc l'apparition de nouveaux cas par an sur souvent 100 000 habitants.
01:51 C'est comme ça qu'on va raisonner sur le plan épidémiologique.
01:54 Il y a une diminution de l'incidence globale du cancer du poumon,
01:59 et ça c'est une bonne nouvelle.
02:00 Il y a également une diminution de la mortalité sur la population générale.
02:03 C'est également une bonne nouvelle.
02:05 Maintenant, en effet, on voit que cette diminution concerne plus les hommes que les femmes.
02:11 Alors tout simplement, ça peut s'expliquer par le fait
02:14 que les femmes ont commencé à fumer plus tard que les hommes.
02:17 Donc on a entre 20 et 30 ans de différence de tabac et des conséquences du tabagisme.
02:24 Et alors du coup, comment on peut expliquer aussi
02:27 que certaines régions soient plus exposées que d'autres ?
02:30 Ça paraît quand même étrange.
02:31 Probablement, ça serait lié au mode alimentaire, au mode de vie.
02:35 Est-ce que le fait d'être plus exposé à la pollution pourrait être un facteur important ?
02:40 On a l'impression, en tout cas sur le plan épidémiologique,
02:44 que la partie nord du pays est un petit peu plus exposée.
02:46 Donc est-ce que c'est lié en incluant l'île de France,
02:50 donc un taux de pollution qui est probablement plus important,
02:52 et le mode de vie également, qui pourrait jouer sur cette disparité entre les territoires ?
02:57 Il existe deux types de cancers du poumon.
03:00 Il y a ceux dits à petites cellules et ceux qui sont au contraire non à petites cellules.
03:05 Quelles sont les différences et est-ce qu'ils concernent des profils différents ?
03:08 Quand on regarde la cellule tumorale au niveau d'un microscope,
03:12 donc quand on regarde le cancer au niveau du microscope,
03:14 on a des différences d'aspects, des différences de marqueurs.
03:18 Alors, ils vont être orientés en deux grandes familles.
03:23 En effet, il y a les cancers à petites cellules,
03:24 ces cancers sont beaucoup plus agressifs,
03:27 ils répondent plus facilement à certaines thérapeutiques,
03:29 et notamment à la chimiothérapie,
03:31 mais la durée de réponse est la plus courte.
03:33 Donc l'efficacité des traitements est moins bonne.
03:38 Après, il y a l'autre type de cancer, qui sont les cancers non à petites cellules,
03:43 ils sont les plus fréquents.
03:45 Et dans ces cancers-là, on peut voir pas uniquement des cancers liés au tabac,
03:51 ou à certaines maladies professionnelles, ou à certaines expositions environnementales,
03:55 mais également des cancers des non-fumeurs.
03:58 Ce qu'on peut dire aussi, docteur, c'est que la recherche a avancé à pas de géant quand même,
04:03 il faut le dire, dans la prise en charge de cette maladie.
04:07 Quelles sont les avancées les plus notables
04:09 qui ont un petit peu révolutionné la prise en charge que vous évoquiez ?
04:12 La révolution, elle s'est faite à différents niveaux.
04:14 Elle s'est faite au niveau des traitements au stade précoce de la maladie cancéreuse,
04:20 dès la chirurgie, déjà les techniques chirurgicales ont évolué.
04:25 On passe d'une chirurgie assez agressive,
04:29 on ouvrait le thorax pour ouvrir le cancer du poumon,
04:32 ce qui se fait de plus en plus rarement actuellement.
04:35 On va utiliser la vidéo-assistance, même de l'assistance avec robot.
04:39 Donc déjà, la prise en charge chirurgicale, elle a évolué.
04:43 Il y a également tout ce qui est traitement médicamenteux,
04:46 que ce soit la chimiothérapie, qui reste quand même un traitement standard,
04:51 mais également des traitements de type immunothérapie
04:54 qui vont avoir comme objectif de booster le système immunitaire
04:58 pour que chaque patient puisse se défendre lui-même contre son cancer
05:03 grâce à la stimulation par ces nouvelles thérapeutiques.
05:08 Pour rester avec moi, docteur, on passe immédiatement aux questions des internautes.
05:12 Est-ce qu'avoir de l'asthme ou une maladie des poumons peut influer sur un cancer du poumon ?
05:18 Clairement, je peux dire que l'asthme n'est pas une maladie qui prédispose au cancer.
05:24 Par contre, il y en a d'autres, en effet, notamment ce qu'on appelle les BPCO,
05:28 les brancopneumopathies chroniques obstructives,
05:33 qui vont... celle-ci, elle prédispose.
05:35 Alors, est-ce que c'est une prédisposition qui est liée à la pathologie elle-même
05:40 ou bien juste parce qu'on est devant un patient ou une patiente fumeuse ?
05:43 La part des choses est un petit peu compliquée à dire.
05:47 Il y a également d'autres pathologies, notamment des maladies infectieuses.
05:51 Et je pense à la tuberculose,
05:53 qui peut être un nid également au développement de certains cancers du poumon.
05:57 Est-ce qu'il y a des signes d'alerte à côté desquels on ne peut pas passer ?
06:01 Parce que c'est vrai qu'on a beaucoup de cancers qui sont silencieux, quand même.
06:03 La majorité des cancers du poumon sont malheureusement diagnostiqués à des stades tardifs,
06:08 c'est-à-dire plus de 80% des cancers du poumon sont diagnostiqués à des stades avancés, métastatiques,
06:14 ce qui veut dire que jusque-là, ils étaient silencieux.
06:17 Est-ce qu'il y a des éléments qui vont nous alerter ?
06:19 Alors, il y a différents types de symptômes.
06:22 On a des symptômes qui sont plus communs, comme de la toux, de la perte de poids,
06:27 de la fatigue excessive et qui ne s'améliore pas.
06:30 Il y a également d'autres symptômes qui, eux, sont un petit peu moins spécifiques,
06:34 qui vont être de l'ordre de, par exemple, ce qu'on appelle des hypocratismes digitales.
06:40 Ça paraît étonnant comme mot,
06:42 mais c'est tout simplement une modification au niveau de l'aspect des ongles,
06:46 qui vont avoir un épaississement, et c'est très particulier comme aspect.
06:52 Ça, ça peut se voir dans les cancers du poumon.
06:55 Il peut y avoir des symptômes auto-illusions en lien avec des métastases, des douleurs.
06:59 On peut avoir des paralysies, des choses plus graves,
07:03 en lien, encore une fois, avec des métastases, par exemple, qui se sont mises au niveau du cerveau.
07:09 Voilà, c'est difficile de faire la part des choses.
07:12 C'est pour ça que, dès qu'il y a un doute, il ne faut pas hésiter à aller voir votre médecin traitant,
07:18 le médecin de proximité, qui va vous orienter
07:21 et faire les examens nécessaires pour aller plus loin dans le diagnostic.
07:25 – Alors, merci docteur, mais j'ai quand même une dernière question.
07:28 Si mon père a eu un cancer du poumon et que moi-même, je suis fumeur,
07:32 est-ce que je suis plus exposée encore ?
07:35 – Ce n'est pas établi pour le cancer du poumon.
07:37 Ce n'est pas pareil qu'un cancer du sein ou un cancer de l'ovaire
07:40 où on a des mutations génétiques transmissibles.
07:43 Maintenant qu'il y a une prédisposition familiale, c'est totalement possible.
07:48 Mais ce que j'entends dans cette question, c'est surtout tabac.
07:50 Et je pense que c'est le facteur qui va écraser tout le reste.
07:54 – Donc le message, si j'ai bien compris docteur, c'est arrêtez de fumer, arrêtons de fumer.
08:00 Merci beaucoup docteur Thérisse.
08:02 – Merci à vous.
08:03 – Merci à vous tous de nous avoir suivis
08:05 et je vous dis à très vite pour de nouvelles expertises santé.
08:09 [Musique]
08:13 Pour mieux comprendre et agir face au cancer du poumon,
08:15 participez aux journées d'information Cap Poumon, organisées par MSD.
Commentaires

Recommandations