00:00 [Musique]
00:10 Troisième cancer le plus fréquent en France, le cancer du poumon est donc répandu.
00:15 Quand on est considéré comme personne à risque, faut-il prendre des mesures particulières
00:20 pour surveiller son état de santé ?
00:22 C'est le sujet que nous allons aborder aujourd'hui avec le professeur Anne-Claire Tauffard,
00:27 pneumologue au CHU de Grenoble.
00:29 Alors professeur Tauffard, la recherche a avancé à pas de géant ces dernières années.
00:34 Est-ce que justement c'est le cas dans le cancer du poumon ?
00:37 Comment traitait-on finalement le cancer il y a 30 ans du poumon et comment le traite-t-on aujourd'hui ?
00:42 Alors il y a 30 ans, on avait peu d'options thérapeutiques.
00:45 Pour les cancers localisés, on avait la chirurgie et la radiothérapie.
00:49 Et puis pour les cancers métastatiques, on avait la chimiothérapie.
00:53 Depuis les années 2000 et surtout 2010, il y a d'autres classes thérapeutiques
00:58 qui sont venues augmenter notre arsenal.
01:01 Est-ce que justement cet arsenal qui a augmenté concerne les deux types de cancers ?
01:05 Dans le cancer du poumon, on a ceux qui ont des petites cellules et ceux qui n'ont pas de petites cellules.
01:11 Est-ce que ces avancées concernent ces deux types de maladies ?
01:14 Alors l'immunothérapie, qui est une des avancées,
01:19 oui ça concerne les deux types de cancers, les cancers non à petites cellules et les cancers à petites cellules.
01:25 En situation métastatique, l'association de chimiothérapie et d'immunothérapie est le standard de première ligne.
01:32 Un autre type d'innovation qui est les thérapies ciblées,
01:35 qui sont des traitements qui vont aller cibler la mutation qui fait que le cancer est cancer.
01:39 Et ça, ça ne concerne que les cancers non à petites cellules et plutôt les adénocarcinomas.
01:44 Alors vous parliez d'immunothérapie et on rappelle que c'est vraiment une révolution de ces dernières années et qu'on en a beaucoup parlé.
01:51 Qu'est-ce que ça a changé, professeure ?
01:53 Ça a changé le pronostic des patients, c'est-à-dire que nos patients métastatiques,
01:57 ils avaient une espérance de vie médiane d'une année
02:01 et aujourd'hui nos patients ont une espérance de vie qui dépasse les deux ans.
02:05 Et on a même le sentiment qu'il y a certains patients qui peuvent être guéris,
02:09 c'est-à-dire qu'on suit depuis 5, 6, 7 ans pour lesquels le cancer ne revient toujours pas.
02:15 Et ça, c'est une révolution en termes d'espérance de vie pour les patients,
02:18 mais aussi pour nous dans nos consultations parce qu'on a des patients qui vont beaucoup mieux qu'il y a 10, 15 ans en arrière.
02:24 On est obligé évidemment de parler des effets secondaires, des effets indésirables.
02:29 C'est souvent ce qui peut perturber dans la prise médicamenteuse.
02:32 Est-ce que ces immunothérapies sont bien tolérées ?
02:35 Et est-ce qu'on a également progressé dans la prise en charge des effets secondaires ?
02:40 Alors, l'immunothérapie, pour parler des effets secondaires, il faut expliquer un peu comment ça marche.
02:44 L'immunothérapie, ça marche en réveillant nos soldats, en réveillant des globules blancs qui s'appellent les lymphocytes.
02:51 Et c'est ces lymphocytes qui vont aller s'attaquer à la tueur.
02:54 Et donc les effets secondaires peuvent être liés à une hyperactivation de nos lymphocytes
02:58 qui vont aller attaquer tous les organes.
03:00 Donc la liste de ces effets secondaires, elle est longue.
03:03 Ce sont des effets secondaires qu'on appelle d'origine inflammatoire
03:05 qui peuvent se rapprocher de certaines maladies auto-immunes.
03:08 Par contre, la fréquence est bien moindre qu'avec la chimiothérapie.
03:12 Et le traitement de ces effets secondaires est plutôt simple
03:15 parce qu'on met des corticoïdes et ça permet de corriger la plupart des effets secondaires.
03:20 Pour les effets secondaires plus endocriniens, notamment au niveau de la thyroïde ou du cortisol,
03:25 il suffit qu'on remplace l'hormone défaillante.
03:28 Et à ce moment-là, l'effet secondaire est traité.
03:30 Alors, terminons sur une note d'espoir, mais on y était déjà dans l'espoir, professeur.
03:35 Est-ce que ces avancées ont eu une incidence sur la survie des patients ?
03:38 Et finalement, vous y avez un petit peu répondu tout à l'heure,
03:41 aujourd'hui on envisage même la guérison.
03:44 C'est ce qu'on a l'impression, effectivement.
03:45 Un patient avec un cancer métastatique, quand on le voit au début,
03:48 on lui explique que l'objectif du traitement, ça ne peut pas être la guérison,
03:51 mais d'endormir la maladie le plus possible et le plus longtemps possible.
03:55 Et on a l'impression que certains patients peuvent guérir.
03:58 Donc, on n'arrive pas encore à les identifier, mais c'est vrai que c'est un vrai espoir pour nous.
04:02 Alors, vous restez avec nous encore quelques minutes, professeur.
04:05 On va passer aux questions de nos internautes.
04:07 Dans quel cas peut-on recourir à la chirurgie robot assistée ?
04:11 Et qu'a-t-elle changé dans la prise en charge ?
04:13 La chirurgie par robot, c'est pour des tumeurs plutôt de petite taille.
04:18 Et l'intérêt pour les patients, c'est que c'est des chirurgies moins invasives.
04:21 C'est-à-dire que la chirurgie ouverte, qu'on appelle, il y a une grande incision entre les côtes.
04:26 La chirurgie par robot, c'est deux, trois petits trous par lesquels le chirurgien met les trocars,
04:31 met les caméras, met ses pinces.
04:33 Et donc, les suites post-opératoires sont bien moins lourdes.
04:37 Est-ce qu'une prise en charge précoce associée aux nouvelles thérapeutiques
04:41 permet désormais d'augmenter les chances de guérison ?
04:44 Évidemment, c'est oui.
04:45 La prise en charge précoce, c'est surtout qui augmente les chances de guérison.
04:50 On espère surtout qu'elle arrivera lorsque le dépistage sera autorisé
04:55 et mis en place de façon standardisée pour diagnostiquer le cancer,
04:59 un cancer de petite taille, opérable et donc guérissable.
05:02 Si une immunothérapie est mal tolérée, est-ce qu'on peut avoir accès à une autre ?
05:06 Est-ce qu'il y a plusieurs molécules d'immunothérapie qui sont disponibles ?
05:10 Bien sûr, il y a plusieurs molécules d'immunothérapie qui sont disponibles.
05:14 Les effets secondaires peuvent souvent être partagés entre les différentes immunothérapies,
05:19 même si ce n'est pas toujours le cas.
05:20 Si on arrête le traitement parce que le patient a des effets secondaires,
05:24 tant que le cancer reste contrôlé, il n'y a pas d'indication à changer d'immunothérapie.
05:29 Souvent, quand le patient a des effets secondaires, c'est que ses lymphocytes se sont hyperactivés
05:35 et ils sont aussi hyperactivés contre le cancer.
05:38 Il y a des patients pour lesquels on a dû arrêter l'immunothérapie au bout de six mois
05:41 et pour lesquels un ou deux ans plus tard, le cancer reste totalement contrôlé.
05:46 Donc, il ne faut pas aller trop vite dans le changement de molécules.
05:49 Merci infiniment, professeure Taufard.
05:52 Merci à vous pour l'invitation.
05:54 Merci à vous tous de nous avoir suivis.
05:56 Je vous dis à très vite pour de nouvelles expertises santé dédiées au cancer du poumon.
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06:04 Pour mieux comprendre et agir face au cancer du poumon,
06:07 participez aux journées d'information Cap Poumon, organisées par MSD.
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