00:00 Le lauréat est une éducation orientale de Pierre-Julian.
00:06 J'ai voulu raconter six années, c'est 69 à 75,
00:16 donc j'ai entre 10 ans et 16 ans, où je découvre le monde extérieur
00:20 et Beyrouth, puisque j'arrive d'Irak.
00:22 Et là, je me retrouve au Liban sans mes parents, sans nos parents,
00:27 je devrais dire, puisqu'il y a mon frère, mon grand frère,
00:30 qui a six ans de plus que moi et ma grand-mère qui vont s'occuper de moi.
00:33 Et je découvre donc Beyrouth, cet endroit qui va devenir
00:37 de plus en plus chaotique au fur et à mesure qu'on va se rapprocher
00:40 de 1975, la date du début de la guerre civile.
00:44 J'ai voulu raconter cette période-là et mettre cette période en vis-à-vis
00:49 du présent, de tout ce qui secoue cette ville de Beyrouth au présent,
00:54 donc surtout depuis l'explosion du 4 août 2020 dans le port.
00:59 Ce pays, c'est une histoire continue de débordement de tous les problèmes,
01:04 que ce soit les flux migratoires des Syriens ou des Palestiniens,
01:09 mais aussi d'être pris dans un engrenage de violence
01:15 qui parfois est importé dans le pays, mais parfois part du pays même.
01:19 C'est une histoire continue, chaotique, où dans le livre, je dis,
01:23 c'est comme si le chaos était une manière de fonctionner aussi.
01:27 Le prix Wolinsky pour moi, ça signifie d'abord une espèce de parrainage
01:33 de la part de Wolinsky.
01:34 Surtout de me rapprocher de cette personne que j'avais admirée
01:43 pour son travail, pour son travail de dessinateur,
01:45 mais aussi de rédacteur en chef et pour le fait de m'avoir
01:49 complètement tourné la tête quand je suis arrivé en France en 1975.
01:53 C'est l'histoire de ma famille, c'est un portrait de mon grand frère
02:02 qui me manque énormément.
02:04 Ce qui me touche beaucoup, c'est d'avoir réussi à faire un portrait
02:09 de ma grand-mère et de mon grand-père, dont l'élégance de l'un et de l'autre,
02:15 la beauté de l'âme, diffusent finalement à travers mon livre.
02:19 C'est ça que je reçois en premier et qui est très important pour moi.
02:22 J'ai vraiment l'impression dans ces cas-là d'avoir réussi ma mission,
02:25 d'avoir fait ce portrait de ces deux personnes qui m'ont construit
02:29 et qui m'ont donné une éducation à ce qu'elle est orientale.
02:33 Oui, puisqu'on est au Proche-Orient à ce moment-là,
02:37 mais qui est surtout très riche.
02:38 C'est mon frère qui est devenu réalisateur de films.
02:41 Il a réalisé La Cité de la Peur.
02:43 C'est mon frère qui m'a communiqué l'amour du cinéma, l'amour de la musique.
02:48 C'est lui ma vraie figure paternelle.
02:51 ♪ ♪ ♪
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