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00:02 RTL ÉVÉNEMENT
00:06 C'est aujourd'hui la journée de lutte contre le harcèlement scolaire et événements.
00:10 Ce matin RTL vous dévoile ce qu'on dit aux policiers, celles qui ont harcelé l'INSEE.
00:14 Cette adolescente de 13 ans qui s'est suicidée le 12 mai dernier, c'était dans le Pas-de-Calais.
00:18 Bonjour Planar Adénovic.
00:20 Bonjour Amandine, bonjour à tous.
00:21 Vous avez eu accès au PV d'audition. Que disent-elles exactement ?
00:24 Alors ce qui est marquant en lisant les déclarations des quatre harceleuses supposées, c'est deux choses.
00:28 D'abord, elles s'accusent mutuellement. Deuxièmement, il n'y a pas vraiment de regrets.
00:32 A aucun moment, elles n'envisagent être en partie responsables du suicide de l'INSEE.
00:36 Et pourtant, leur récit peut paraître accablant.
00:39 Premier exemple, une des mises en examen raconte au policier le jour du suicide,
00:43 deux des filles ont appelé l'INSEE en appel masqué. Lorsqu'elle décroche, elle l'incite à se suicider.
00:48 Autre extrait de ces garde-à-vue, une harceleuse reconnaît,
00:51 "Oui, j'ai lancé du coca sur l'INSEE pendant qu'une fille filmait la scène avec son téléphone."
00:56 Et puis, il y a les échanges après le suicide de l'INSEE.
00:59 L'une des harceleuses envoie un message à une autre, "Je vous lis ce message, je m'en veux de ouf,
01:04 je lui ai dit qu'elle crève lorsqu'elle a fait le malaise."
01:07 Et quand un policier demande si ce message, cela veut dire que les jeunes filles expriment des regrets,
01:12 "Non, ça ne traduit pas de regrets", dit la harceleuse.
01:14 Voilà, ce qui ressort de ces auditions, c'est qu'aucune ne ressent une part de responsabilité dans le suicide de l'INSEE.
01:20 Et j'imagine que ce n'est évidemment pas le sentiment de la famille de l'INSEE.
01:23 Alors non, bien sûr, parce que face à ces auditions, les enquêteurs ont analysé le téléphone de l'INSEE
01:28 et c'est comme ça que son oncle a découvert l'ampleur du harcèlement.
01:31 "C'était tous les jours sans cesse des messages, des faux comptes qui provenaient de l'adresse IP de ses filles,
01:37 des messages vraiment horribles, "Tu baises, sale pute, tu mérites de mourir", etc. etc. etc."
01:47 Des messages répétés qui blessent, mais en garde à vue, les harceleuses répondent que l'INSEE se défendait,
01:52 ce que reconnaissent son oncle et ses proches.
01:54 "L'INSEE, ce n'est pas quelqu'un qui se laisse faire. Si elle se faisait insulter, elle allait répondre.
01:57 Si elle se faisait taper, elle allait se défendre."
02:00 Voilà en partie pourquoi aujourd'hui, il est compliqué pour les juges de démêler les responsabilités de chaque camp, entre guillemets.
02:05 C'est ce que me dit une source proche du dossier.
02:07 Et c'est là tout le drame de ces affaires de harcèlement.
02:09 Il est souvent très difficile d'établir un lien des responsabilités.
02:13 Claire pour chacun.
02:14 Oui, c'est ça. Et d'ailleurs, il y a la mère d'une des harceleuses parmi les mises en examen de ce dossier,
02:19 poursuivie pour menace de mort. Cette maman répond qu'elle voulait protéger sa fille qui a été tapée par l'INSEE.
02:25 Ce n'est pas simple, mais l'avocat de la famille de l'INSEE veut faire de ce dossier un exemple.
02:29 Pierre Debuisson estime que la justice n'est pas à la hauteur.
02:33 "La mère de Négamine, qui avait harcelé et menacé de mort la famille de l'INSEE et l'INSEE,
02:37 elle aurait dû, ne serait-ce que d'un point de vue symbolique,
02:40 et pour mettre un coup d'arrêt à ses agissements, être placée en détention provisoire quelques semaines ou quelques mois.
02:45 Nous sommes conscients que les juges n'ont pas pris cette affaire au sérieux,
02:48 et donc nous ne nous attendons pas à ce que les choses évoluent favorablement.
02:52 Ça terminera probablement en eau de boudin."
02:54 "En eau de boudin", dit l'avocat, et il fait référence à une autre affaire, celle du petit Lucas, qui s'est pendue.
02:59 Or, il y a quelques jours, la justice a relaxé les supposés harceleurs de ce garçon.
03:03 Motif ? L'enquête n'a pas établi de lien direct entre le harcèlement scolaire et le suicide.
03:08 Et c'est d'où l'enjeu de ces affaires. Comment prouver le lien entre la souffrance des victimes et les actes des harceleurs ?
03:14 On y reviendra à 7h40, puisque je vous le rappelle, le ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, est ce matin l'invité de RTL. Merci beaucoup.
03:20 Coupe.
03:21 [SILENCE]
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